Annexe 42-9-1

L’armée de terre allemande en France à la veille de l’opération Torche

(1er septembre 1942)

 

Petite histoire d’un Mur

Le 16 Juillet 1940, la directive n°16 (Die Weisung Nr. 16) est consacrée à la préparation d’une opération de débarquement en Grande-Bretagne, l’opération Seelöwe (lion de mer). Dans le but de lui fournir un puissant soutien d’artillerie, des canons de gros calibres sur voie ferrée sont déployés dans le Pas-de-Calais, le long des côtes de la Manche. A Calais, la batterie Oldenburg (2 x 240 mm). A Sangatte, les batteries Grossdeutschland (3 x 406 mm) et Prinz Heinrich (2 x 280 mm). A Haringzelle, la batterie Siegfried (4 x 380 mm). A La Trésorerie, la batterie Friedrich August (3 x 305 mm). Mais après l’échec de la Luftwaffe face à la RAF lors de la Bataille d’Angleterre, l’opération Seelöwe est définitivement ajournée, reléguant les puissantes batteries du Pas-de-Calais à un rôle défensif.

 

En 1941 commence la construction de bases pour protéger les U-Boote dans tous les grands ports de l’ouest de l’Europe occupés par l’Allemagne. En France, cinq grandes bases (U-Bunker) ont été établies les côtes de l’Atlantique : Lorient, Brest, Saint-Nazaire, La Palice. Elles s’ajoutent aux bases de Norvège, à Trondheim et Bergen, et à celle d’Allemagne, sur l’île d’Heligoland . Des bases de vedettes rapides (S-Boots) sont construites à Cherbourg, le Havre, Dunkerque, Ostende, Rotterdam et Ijmuiden, celle-ci pouvant abriter également des dragueurs de mines (R-Boots). D’autres U-Bunker seront construits par la suite à Kiel, Hambourg et Brême, et des batteries de gros calibre dans les îles anglo-normandes et en Norvège.

 

Le 23 mars 1942, la directive n°40 (Die Weisung Nr. 40) intitulée Kustenverteidigung (défenses côtières) donne naissance à Der Atlantikwall et à Der Languedocwall. Hitler y décrit la politique de défense des côtes européennes : organisation, pouvoirs de commandement et rôles respectifs des différentes armes. Trois modèles d’organisations défensives sont définis : la zone de défense, Verteidigungsbereiche, le groupe de points d’appuis, Stützpunktgruppe, et le point d’appui, Stützpunkt.

 

Le 13 Août 1942, Hitler constate que malgré les énormes travaux déjà entrepris, les défenses sont insuffisantes dans certains secteurs. Il décide l’extension des défenses méditerranéennes à la Côte d’Azur – Der Azurwall, et la construction « d’une ligne de feu solide et continue le long des côtes. » Il fixe le chiffre de 15 000 ouvrages à bâtir « de Kirkenes (Cap Nord) aux Pyrénées et de la frontière espagnole aux cols italiens. » Pour effectuer ces travaux, l’Organisation Todt à recours à plusieurs types de main-d’oeuvre :

– troupes spécialisées en fortifications, ou Festungspioniere ;

– main d’œuvre locale réquisitionnée dans le cadre du STO (Service du travail obligatoire) ;

– prisonniers de guerre soviétiques, polonais, français, belges…

– entreprises de génie civil ;

– unités du Reichsarbeitsdienst ou RAD (service du travail du Reich).

 

 

L’ordre de bataille de la Heer au 1er septembre 1942

Cet ordre de bataille donne une fausse impression de puissance. En effet, toutes les divisions ne sont pas effectivement présentes du fait de l’opération Barbarossa en URSS. D’une part, des unités ont pu être détaché de leurs Armeekorps respectifs pour être envoyées à l’est (jusqu’à quatre divisions par armée).

D’autre part, nombre d’unités qui ont participé aux premiers combats à l’est sont en train de se refaire une santé. Elles sont encore en sous-effectifs, et souvent en cours de rééquipement avec du matériel plus moderne.

Au total, la force réelle de l’armée de terre allemande en France est d’environ quinze divisions pleinement opérationnelles, mais la présence d’éléments de nombreuses autres peut permettre une rapide montée en puissance.

De plus, l'OHW a prévu une rotation des divisions à l’est, permettant de déployer, pour quelques mois de repos, cinq à six divisions d’infanterie et deux divisions blindées supplémentaires.

 

 

OB West : General Carl-Heinrich von Stülpnagel

Chef d’État-Major : Generalleutnant Hans Speidel

 

Réserve d’état-major de l’OB West :

– LXXXVIII. Armeekorps : General der Infanterie Hans Wolfgang Reinhard

347.Infanterie-Division : Generalleutnant Wolf Trierenberg

719.Infanterie-Division : Generalmajor Carl Wahle

16.Luftwaffefeld-Division : Generalmajor Karl Sievers

 

 

Heeresgruppe B : Generaloberst Hans von Blumentritt

 

15.Armee : Genob Hans von Salmuth

LXXXIX.Armeekorps : General der Infanterie Werner Freiherr von und zu Gilsa

48.Infanterie-Division : Generalleutnant Karl Casper

70.Infanterie-Division : Generalleutnant Wihelm Daser

712.Infanterie-Division : Generalleutnant Friedrich Wilhelm Neumann

 

LXXXII.Armeekorps : General der Artillerie Johann Sinnhuber

18.Luftwaffe-Feld-Division : Generalleutnant Joachim von Tresckow

47.Infanterie-Division : Generalleutnant Otto Elfeldt

49.Infanterie-Division : Generalleutnant Sigfrid Macholz

 

LXVII.Armeekorps : Genlt Alfred Gause,

344.Infanterie-Division : Generalleutnant Eugen-Felix Schwalbe

348.Infanterie-Division : Generalleutnant Paul Seyffardt

 

LXXXI.Armeekorps : General der Panzertruppe Adolf Kuntzen

245.Infanterie-Division : Generalleutnant Erwin Sander

17.Luftwaffe-Feld-Division : Generalleutnant Hans Kurt Hoecker

711.Infanterie-Division : Generalleutnant Josef Reichert

 

7.Armee : Genob Friedrich Dollmann

LXXXIV.Armeekorps : General der Artillerie Erich Marcks

319.Infanterie-Division : Generalmajor Rudolf graf von Schmettow

352.Infanterie-Division : Generalleutnant Dietrich Kraiss

709.Infanterie-Division : Generalleutnant Karl-Wilhelm von Schlieben

716.Infanterie-Division : Generalmajor Wilhelm Richter

Ostregimentstab 752 : Oberst Julius Coretti

 

LXXIV.Armeekorps : General der Infanterie Erich Straube

77.Infanterie-Division : Generalleutnant Rudolf Stegmann

266.Infanterie-Division : Generalleutnant Karl Spang

 

XXV.Armeekorps : General der Artillerie Wilhelm Fahrmbacher

265.Infanterie-Division : Generalleutnant Walther Duevert

275.Infanterie-Division : Generalleutnant Hans Schmidt(jr)

343.Infanterie-Division : Generalleutnant Erwin Rauch

 

II.Fallschirmjäger-Korps : General der Fallschirmjäger Eugen Meindl

3.Fallschirmjäger-Division : Generalleutnant Richard Schimpf

5.Fallschirmjäger-Division : Generalleutnant Gustav Wilke

 

 

Heeresgruppe G : Generaloberst Johannes Blaskowitz

 

1.Armee : General der Panzertruppe Joachim Lemelsen

LXXX.Armeekorps : General der Artillerie Curt Gallenkamp

158.Reserve-Infanterie-Division : Genlt Ernst Haeckel

708.Infanterie-Division : Generalleutnant Hermann Wilck

 

LXXXVI.Armeekorps : General der Infanterie Hans von Obstfelder

276.Infanterie-Division : Generalleutnant Kurt Badinski

159.Reserve-Infanterie-Division : Generalleutnant Hermann Meyer-Rabingen

 

19.Armee : General der Infanterie Georg von Sodenstern

IV.Luftwaffe-Feldkorps : General der Flieger Erich Petersen

271.Infanterie-Division : Generalleutnant Paul Danhauser

272.Infanterie-Division : Generalleutnant Friedrich August Schack

277.Infanterie-Division : Generalleutnant Albert Praun

 

LXXXV.Armeekorps : General der Infanterie Baptist Kniess

244.Infanterie-Division : Generalleutnant Hans Schaefer

338.Infanterie-Division : Generalmajor Rene de l’Homme de Courbiere

 

LXII.Reserve-Armeekorps : General der Infanterie Ferdinand Neuling

242.Infanterie-Division : Generalmajor Johannes Baessler

157.Reserve-Infanterie-Division : Generalmajor Karl Pflaum

148.Reserve-Infanterie-Division : Generalmajor Alfred Gause

 

– 13.Flak-Division (DCA du littoral du Languedoc)

– 2.Fliergerdivision (entretien du Kampfgruppe 77, à Orange, et du Kampfgruppe 30, à Istres, ainsi qu’un Staffel du KG 76, tous équipés de Ju 88 A4).

 

 

Panzergruppe West : General der Panzertruppe Leo Geyr freiherr von Schweppenburg

 

I.SS-Panzerkorps : Obergruppenfuhrer Josef “Sepp” Dietrich

1.SS-Panzer-Division : SS-Oberfuhrer/Brigadefuhrer Theodor Wisch

17.SS-Panzergrenadier-Division : SS-Oberfuhrer Werner Ostendorff

Panzer-Lehr-Division : Generalmajor Fritz Bayerlein

 

LVIII.Reserve-Panzerkorps : General der Panzertruppe Walter Krueger

2.SS-Panzer-Division : SS Brigadefuehrer Heinz Lammerding

9.Panzer-Division : Generamajor Erwin Jolasse

189 Reserve-Infanterie-Division : Generalmajor Richard von Schwerin

 

LXVI.Reserve-Armeekorps : General der Panzertruppe Hans freiherr von Funck

2.Panzer-Division : Generalleutnant Heinrich freiherr von Luettwitz

11.Panzer-Division : Generalmajor Wend von Wietersheim

21.Panzer-Division : Generalmajor Edgar Feuchtinger

116.Panzer-Division : Generalleutnant Gerhard Graf von Schwerin