Annexe 42-8-1
Forces en présence dans la région de Smolensk le
1er août 1942, peu avant le début de la bataille du saillant de
Smolensk
Le saillant de Smolensk, créé par l’offensive allemande de juillet 1942,
s’étend sur les deux rives du Dnepr, de Dubrowna jusqu’à 35 km à l’est de Smolensk. En sa partie la
plus large, il occupe environ 20 km sur chaque rive.[1]
En amont (à l’est) d’Orsha, la rive droite (nord)
s’élève progressivement vers des collines tenues par les Soviétiques. La
campagne est relativement dégagée, avec de larges zones boisées au nord et au
sud du saillant, dans les zones contrôlées par les Soviétiques.
I – Forces terrestres soviétiques
1er Front de Biélorussie, Général d’Armée G.K. Joukov (QG à Vyazma et Yartsevo)
a) De Velikiye Louki à la Dvina occidentale (assurant la liaison avec le 2ème
Front de la Baltique) :
20ème Armée (Lt-Général P.A. Kourochkine) :
cinq divisions soutenues par deux Régiments
indépendants d’Artillerie.
b)
De la Dvina occidentale à l’est de Roudn’a (extrémité nord du saillant de Smolensk) :
24ème Armée (Major-Général K.I. Rakoutine) :
91ème,
107ème, 119ème, 133ème, 166ème et
178ème Divisions de Fusiliers, toutes entre 40 et 50% de leurs
effectifs théoriques.
100ème, 103ème, 120ème, 309ème
Divisions de Fusiliers et 102ème Division Motorisée, toutes venant
des réserves de la Stavka et à 90% de leurs effectifs
théoriques.
Appui : 214ème Brigade Blindée Spéciale (lourde), 219ème
Brigade Blindée, 241ème Division d’Artillerie, 367ème et
370ème Brigades d’Artillerie, 208ème et 209ème
Régiments indépendants d’Artillerie à grande puissance, 66ème
Brigade Spéciale de Mortiers.
c) Couvrant la partie nord-est du saillant jusqu’à l’ouest de Dorogobouj :
49ème Armée (Lt-Général L.G. Zakharkine) :
247ème, 251ème, 256ème, 259ème et 272ème Divisions de Fusiliers.
Appui : 121ème
Corps Blindé, 212ème Brigade Blindée Spéciale (lourde), 363ème,
366ème et 372ème Brigades d’Artillerie, 63ème
Brigade Spéciale de Mortiers.
d) Couvrant la partie sud-est du saillant de l’ouest de Dorogobouj à l’ouest de
la voie ferrée Roslav-Smolensk :
50ème Armée (Lt-Général K.D. Goloubev) :
217ème, 279ème, 290ème et 293ème Divisions de Fusiliers, 301ème D.I. Motorisée.
Appui : 364ème
et 365ème Brigades d’Artillerie, 210ème Régiment
indépendant d’Artillerie à grande puissance.
e) Couvrant le sud du saillant à l’ouest de la 50ème Armée :
43ème Armée (Lt-Général Eremenko) :
262ème, 265ème, 274ème, 291ème et 295ème Divisions de Fusiliers.
Appui : 215ème
Brigade Blindée Spéciale (lourde), 296ème Brigade Blindée, 368ème
et 371ème Brigades d’Artillerie, 201ème et 202ème
Régiments indépendants d’Artillerie à grande puissance.
f) Au sud-ouest du saillant (assurant la liaison avec le 2ème Front
de Biélorussie du Général Boldine).
29ème Armée (Lt-Général Maslennikov) :
223ème, 227ème, 243ème, 248ème et 253ème Divisions de Fusiliers.
Appui : 387ème
et 389ème Brigades d’Artillerie, 361ème et 363ème
Brigades Antichars.
Note sur la composition des forces
soviétiques – La plupart des divisions et brigades engagées dans la
bataille du saillant de Smolensk sont des unités fraîches venant des réserves
de la Stavka. Seules six divisions de fusiliers (les
91ème, 107ème, 119ème, 133ème, 166ème
et 178ème, de la 24ème Armée de Rakoutine)
ont déjà combattu, et ne sont plus qu’à 50 ou 60% de leurs effectifs nominaux.
– A cette époque, une division de
fusiliers compte en théorie 12 000 hommes, 31 chars légers (en général
des T-50 dans les unités de réserve), 24 obusiers de 152 mm, 36 obusiers
de 122 mm, 44 x 76 mm de campagne, 34 x 45 mm antichars, 54
fusils antichars PTRD ou PTRS de 14,5 mm, 8 x 37 mm AA, 4 x
76 mm AA, 12 mortiers de 120 mm, 36 mortiers de 82 mm.
– Une brigade blindée comprend deux
bataillons de chars (chacun à trois compagnies de 10 chars et un char de
commandement, soit 31 T-34), un bataillon d’infanterie mécanisée (avec 4
mortiers de 82 mm), une compagnie d’artillerie de campagne (8 x
76 mm), un groupe de reconnaissance (deux compagnies motocyclistes), une
compagnie de DCA (4 x 37 mm, 8 affûts quadruples de 7,62 mm), une
compagnie du génie, une de réparation et reconstruction, une de transport et
police, une peloton médical, une compagnie de QG avec 3 T-34 et deux pelotons
de transmissions.
Total : 1770 hommes, 65 x T-34, 8 x 76 mm, 4 x mortiers de
82 mm, 4 x 37 mm AA.
– Une brigade blindée spéciale (lourde)
a une structure similaire, mais les bataillons de chars possèdent chacun trois
compagnies de 7 chars KV-1, un peloton de soutien de 3 chars KV-2 et un KV-1 de
commandement, soit en tout 22 KV-1 et 3 KV-2. Le groupe de reconnaissance a une compagnie de 10 T-34 et la compagnie de QG compte 3
KV-1.
Total : 1650 hommes, 63 chars (47 KV-1, 6 KV-2, 10 T-34), etc.
– Le 121ème Corps Blindé
est une variante de l’unité de début 1942 avec 13 100 hommes environ et
192 chars (171 T-34, 21 T-50), 16 canons d’assaut SU-45, 31 autos blindées
lourdes BA-10 ou BA-32, 24 obusiers de 122 mm, 52 x 76 mm de
campagne, 32 x 45 mm antichars, 8 x 85 mm AA, 20 x 37 mm AA, 12
mortiers de 120 mm, 20 mortiers de 82 mm, 16 lance-roquettes multiples
BM-13.
– Une brigade d’artillerie compte
deux régiments d’artillerie, chacun avec deux bataillons de 12 obusiers de
152 mm et deux bataillons de 12 x 122 mm de campagne A-19, un
régiment de “mortiers spéciaux” (servis par des membres du NKVD) avec deux
bataillons de 12 lance-roquettes multiples BM13.
Total : environ 4 500 hommes, 48 obusiers de 152 mm, 48 x 122 mm de campagne, 24 x BM13.
–
Une division d’artillerie est
utilisée au niveau du Front pour s’assurer la supériorité du feu sur l’axe
principal de pénétration. Celle affectée ici à la 24ème Armée de Rakoutine comprend deux régiments d’artillerie de campagne
avec 48 x 122 mm A-19 chacun, trois régiments d’obusiers avec 48 x
152 mm chacun, trois régiments antichars avec 48 x 45 mm ou 57mm
antichars chacun, un bataillon de DCA, un régiment du génie de campagne
spécial, des unités de commandement, contrôle et logistique.
Total : 144 obusiers de 152 mm, 96 x 122 mm de campagne, 144 x
45 mm ou 57 mm de campagne, 16 x 37 mm AA et 8 x 76 mm ou
85 mm AA.
– Un régiment indépendant d’artillerie est en général composé de 72 obusiers
ML-30 de 152 mm.
– Un régiment indépendant d’artillerie à
grande puissance (lourde) est aussi utilisé au niveau du Front, en général
à l’initiative de la Stavka. Il est en général composé
de 24 à 48 obusiers de 203 mm.
– Une brigade de “mortiers spéciaux”
(lance-roquettes) est servie par des membres du NKVD. A l’été 1942, elle
comprend trois bataillons légers, chacun avec 12 lanceurs 8-36 (BM-8) pour des
roquettes de 82 mm sur camions ZIL-6 ; deux bataillons moyens, chacun
avec 12 lanceurs 13-16 (BM-13) pour des roquettes de 132 mm sur camions
ZIL-6 ; un régiment logistique, des unités de commandement et de contrôle.
Total :
1 296 roquettes de 82 mm et 384 de 132 mm prêtes à tirer.
Selon la doctrine tactique soviétique, les lance-roquettes doivent tirer des
demi-salves contre les cibles d’opportunité (afin de pouvoir reporter
rapidement le tir sur une autre cible) et des salves complètes contre les
positions de défenses préparées, ou en situation défensive. La roquette de
82 mm a une portée de 5 500 m et celle de 132 mm une portée
de 8 500 m. La brigade transporte assez de roquettes pour quatre
salves complètes avant de devoir être ravitaillée.
Logistique soviétique – Les forces soviétiques peuvent compter sur deux
importantes lignes de chemin de fer, l’une allant de Moscou à Vyazma, l’autre d’Orel et Bryansk
à Roslav. Chaque ligne peut supporter 10 à 15 trains
par jour, les gares de Vyazma et Roslav
étant relativement bien équipées.
II – Forces terrestres allemandes
Groupe d’Armées Centre (Heeresgruppe “Mitte”), FeldMaréchal von Bock (QG à Minsk)
Les forces allemandes ont une structure similaire à celle de 1941. Cependant,
en dehors des divisions de la réserve de l’OTH, les unités sont descendues
entre 75% et 60% de leur effectifs normaux en
opérations depuis les batailles de juin et juillet. Le 8 août, la 10ème
Panzer Division n’a plus que 112 chars (74 Pz-III, 22 Pz-IV et 16 Pz-II) sur un
total normal de 147 chars.
a)
9ème Armée (Colonel-Général
Strauss, QG à Vitebsk)
Secteur : entre Velikiye Louki
et Orsha.
– Entre Velikiye Louki et
la Dvina Occidentale, VIII. Armeekorps (Général Heitz) :
8.
Infanterie-Division (Hohne), 28. Infanterie-Division
(Sinnhuber), 161. Infanterie-Division (Wilck).
– Entre la Dvina Occidentale et le nord-est de Roudn’a, XLII. Armeekorps (Général Kuntze) :
102. Infanterie-Division (Ansat), 129.
Infanterie-Division (Rittau), 87. Infanterie-Division
(von Studnitz).
– De l’ouest de Roudn’a à 35 km à l’est de Smolensk
(rive nord du Dnepr), XX. Armeekorps (Général Materna) :
112. Infanterie-Division*, 162. Infanterie-Division (Francke),
15. Infanterie-Division*, 256. Infanterie-Division (Kauffmann).
(*: divisions de réserve de l’OKH affectées à la 9ème
Armée)
– Réserve du HeeresGruppe
“Mitte” (en théorie sous l’autorité de von Rundstedt mais en pratique affecté à la 9ème
Armée, sous le commandement de Strauss) :
LIII. Armeekorps : 293. Infanterie-Division (autour de
Vitebsk).
Le Dnepr sépare la 9ème Armée de Strauss
de la 4ème Armée de von Kluge.
b) 4ème Armée (Fedl-Maréchal von Kluge, QG à Moghilev)
Secteur : du Dnepr supérieur à Gomel.
– Rive sud du Dnepr, de la pointe est du saillant à
sa partie la plus au sud, IX. Armeekorps (Général Geyer) :
137. Infanterie-Division (Bergmann), 263. Infanterie-Division (Haeckel), 292. Infanterie-Division (Dehmel).
– De Gorki à Slavgorod, VII. Armeekorps (Général Fahrmbacher) :
7.
Infanterie-Division (von Gablenz),
23. Infanterie-Division (Hellmich), 258.
Infanterie-Division (Henrici), 268.
Infanterie-Division (Straube).
– De Slavgorod à Tchatchorsk, XIII. Armeekorps (Général Felber) :
17.
Infanterie-Division (Loch), 78. Infanterie-Division (Gallenkamp).
– A Orsha, réserve
de la 4ème Armée :
XLIII. Armeekorps (Général
Heinrici) : 131. Infanterie-Division (Meyer-Bürdorf), 134. Infanterie-Division (von Cochenhausen), 252. Infanterie-Division (von Böhm-Bezing).
XLVI. Panzerkorps (Général von Vietinghoff-Scheel) –
redéployé de Gomel vers le nord de la tête de pont sur le Dnepr
à Shklov, appartenant au PzG-2mais affecté à la 4ème
Armée comme réserve mobile : Infanterie-Regiment
(motorisé) Grossdeutschland
(von Stockhausen), 10. Panzer-Division (Schaal), SS-Division Das Reich (Hausser).
c)
Réserve de l’OKH (Minsk) :
XXXV. Armeekorps :
52. Infanterie-Division et 197. Infanterie-Division.
Logistique allemande – L’Armée
allemande peut utiliser deux lignes de chemin de fer. L’une va de Vilnius et Polotsk à Vitebsk en traversant la zone du Groupe d’Armées
Nord et sa section Vitebsk-Smolensk est coupée par les Soviétiques à Roudn’a. L’autre va de Minsk à Orsha,
mais la section Orsha-Smolensk a été détruite
mi-juillet et, même si on la réparait, serait au sud de Roudn’a
à portée de l’artillerie soviétique.
Etant
donné la violence des combats et l’étendue des destructions lors des batailles
pour Vitebsk et Orsha en juillet, les deux zones sont
début août de très faibles maillons de la chaîne logistique. On estime qu’à
cette période, chaque jour, deux trains au maximum peuvent relier Vilnius à Vitebsk
et peut-être trois Minsk à Orsha.
De plus, il faut rappeler que les forces allemandes ont seulement commencé à
absorber leurs renforts et n’ont pas encore récupéré des combats de juillet,
alors que la plupart des divisions soviétiques engagées dans l’opération
viennent du Front de Réserve de la Stavka et ont eu
presque un mois pour s’entraîner avant d’être déployées en zone de combat.
III – Forces aériennes soviétiques
La 1ère Armée Aérienne,
commandée par le Major-Général T.F. Koutsevalov,
soutient les deux Fronts de Biélorussie.
201,
202, 234, 235 IAD (137 Yak-1, 38 Yak-1M, 88 MiG-3, 32 LaGG-3)
213, 214, 215 BAD (129 Pe-2, 26 SB)
231, 232 ShAD (78 Il-2, 154 I-153)
Deux RAP séparés (7 Yak-4, 21 MiG-3R, 19 Pe-2R, 20 Su-1)
Total : 295 chasseurs, 155 bombardiers, 232 appareils d’attaque au sol et
67 avions de reconnaissance. Soit 749 avions de combat (dont 500 déployés dans
le secteur du saillant).
La 6ème Armée Aérienne,
commandée par le Major-Général Stepanov, est
entièrement consacrée au secteur du saillant de Smolensk.
220, 283, 284 IAD (141 Yak-1, 63 MiG-3U, 28 La-5)
221, 262 BAD (89 Pe-2, 29 SB)
228, 291 ShAD (76 Il-2, 151 I-153)
1 RAP séparé (9 Yak-4, 10 MiG-3R)
Total : 232 chasseurs, 118 bombardiers, 227 appareils d’attaque au sol et
19 avions de reconnaissance. Soit 596 avions de combat.
ADD (aviation à long rayon d’action)
affectée à l’opération de Smolensk :
81 BAD (121 DB-3F).
Total dans le secteur du
saillant : 1 217 avions.
IV – Forces
aériennes allemandes
La Luftflotte
2, qui soutient le Groupe d’Armées Centre, est commandée par le
Colonel-Général Von Richtofen. Elle compte 442 avions au 7 août 1942.
QG (48 avions)
F/122 (11 Ju-88)
JG-53 (37 Bf-109)
14ème FliegerKorps,
Lt-Général Grauert (188
avions)
JG 51 (48 Bf-109F)
SKG 211 (25 Bf-110)
KG-57 (26 Ju-88)
KG-61 (29 He-111 H-6)
StG 79 (29 Ju-87)
KG zbV 101 (31 Ju-52)
8ème FliegerKorps,
Lt-Général Fiebig (167
avions)
JG-27 (41 Bf-109F)
ZG 26 (11 Bf-110, 10 Ju-88C)
KG-2 (15 Ju-88, 7 Do-217)
StG-1 (19 Ju-87 et 9 Hs-123 de l’ancien II/LG2)
StG-2 (25 Ju-87)
IV/KG zbV-1 (17 Ju-52)
2 (F)/11 (4 Ju-88, 3 Do-217)
Observation du champ de bataille (39
avions)
4.(H)/23 (12 Hs-126B et 9 Fw-189)
2.(H)/31 (8 Hs 126B et 10 Fw-189)
[1] Il faut rappeler au lecteur que le Dnepr court d’est en ouest jusqu’à Orsha, puis tourne pratiquement de 90° et descend ensuite vers le sud. La rive gauche est donc la rive sud (et la rive droite la rive nord) en amont d’Orsha, alors qu’elle est la rive est (et la rive droite la rive ouest) en aval de cette ville.