Annexe 42-5-1b

Opération Barbarossa (II)

Le Grand Nord

 

La situation opérationnelle

A la veille de Barbarossa, il était clair dans les deux camps que, dans le Grand Nord, les opérations de la guerre qui approchait comme sur le reste du front devraient obéir aux caractéristiques spécifiques de ce théâtre. Ce fait était plus important encore pour le commandement allemand, qui n’avait pas à sa disposition d’infrastructures civiles et militaires du même niveau que celles (voies ferrées comprises) développées du côté soviétique.

 

Au printemps 1941, Hitler avait fixé ce qu’il pensait être « des objectifs limités » aux forces allemandes opérant dans le nord de la Norvège : assurer la sécurité des mines de nickel finlandaises de Petsamo et couper la voie ferrée reliant Mourmansk au reste de l’URSS. La tâche devait échoir aux forces d’Eduard Dietl, qui protesta que la logistique de l’opération serait un cauchemar et qu’il fallait se limiter à la création d’une zone tampon protégeant Petsamo. Dietl savait que ses troupes devraient opérer à l’extrémité de la “route 50” allant de Narvik à Petsamo, mais que cette route était incapable de soutenir un trafic vraiment dense. Les délais successifs imposés à Barbarossa en 1941 empêchèrent de régler la question. Puis vint l’hiver nordique, interdisant de transférer des forces importantes vers le Grand Nord.

En février 1942, on se remit à dresser des plans. Cependant, Dietl avait dû se laisser dépouiller d’une division d’infanterie de montagne, envoyée en Grèce. Une fois de plus, au début de 1942, il fit le voyage de Berlin pour tenter de faire revoir sa mission à la baisse. Mais il semble que le Führer ait considéré Mourmansk comme un objectif important – sans doute parce qu’il se souvenait que les Alliés avaient utilisé ce port durant la Première Guerre pour ravitailler la Russie. Hitler affirma alors à Dietl que les cent kilomètres qui séparaient ses bases norvégiennes de Mourmansk étaient « risibles » ! Il accepta cependant de laisser Dietl adapter ses unités de soutien. Ainsi, le bataillon blindé indépendant qui l’appuyait reçut un nombre important de Pz-38t (tchèques), considérés plus manœuvrables sur les ponts et les pistes étroites.
En revanche, Dietl ne put rien faire pour remédier à la faiblesse relative de la Kriegsmarine dans la région. Les opérations dans la Baltique devaient fixer une grande partie de ses unités de surface et l’Amiral Doenitz se refusait obstinément à soustraire le moindre sous-marin à la lutte contre les lignes de communications alliées.

De son côté, l’état-major général soviétique avait planifié des opérations dans le Grand Nord jusqu’en juin 1941. Une incertitude majeure était l’attitude de la Finlande. Joukov avait pris la précaution de renforcer le District Militaire de Leningrad afin d’avoir assez de forces en Carélie (entre le golfe de Finlande et la Mer Blanche) pour faire face à toute éventualité dans ce secteur. Cependant, la défense du Grand Nord était elle aussi importante. Molotovsk (aujourd’hui Severodvinsk) devait devenir un grand chantier naval dans les années à venir et la région de Mourmansk était considérée comme la zone de défense avancée de Molotovsk. Mourmansk et Polyarni étaient aussi les bases de la Flotte du Nord et la seule fenêtre vers l’Atlantique dont disposait l’URSS.

Les opérations prévues furent décrites lors d’une réunion de la RKKA, tenue fin 1941, comme la protection de la zone de défense extérieure de Mourmansk contre toute infiltration ennemie, la rupture des communications ennemies par terre et par mer, l’interruption du commerce du minerai de nickel, vital pour l’industrie allemande, puis la création des conditions pour une offensive réussie en direction du secteur de Petsamo-Kirkenes.
Le Général Frolov, conformément aux instructions de l’état-major général, avait dissous ses Corps d’Infanterie et organisé une défense sur plusieurs lignes, conservant deux divisions d’infanterie et une partie de son Corps Blindé comme réserve mobile. La ligne de bunkers et les fortifications permanentes le long de la frontière avec la Norvège avaient été achevées. Un groupe de réserve (MP-42) devait être créé à Belomorsk lors de la mobilisation pour garder le contact avec les unités opérant en Carélie  et protéger le flanc sud de la 14ème Armée. De plus, les opérations prévues impliquaient un niveau de coopération jamais vu jusqu’alors entre l’Armée, l’Aviation et la Marine.
La défense aérienne de la région devait être significativement renforcée. En effet, le Général Novikov, chargé d’organiser cette défense aérienne, ne tarda pas à relever des défauts dans l’entraînement des troupes et dans les infrastructures. La couverture aérienne de la partie nord du District Militaire de Leningrad avait toujours été relativement négligée. Pour pouvoir coopérer avec la Marine, qui s’activait à renforcer sa Flotte du Nord, des efforts significatifs furent accomplis. Les rapports avaient établi qu’au début de juin 1941, aucun avion moderne n’était déployé dans le Grand Nord. Novikov réclama des chasseurs et des bombardiers modernes, un entraînement plus poussé et une DCA plus puissante. Des BAO (bataillons d’aérodromes) nouvellement créés commencèrent à améliorer les infrastructures de la région Mourmansk-Polyarni.
La Marine soviétique accrut elle aussi ses capacités d’appui aux troupes de l’Armée. Des rapports datant de mai-juin 1941 avaient indiqué que la base navale de Polyarni ne disposait que de 16 mines et 24 torpilles de réserve. Début mai 1942, ces chiffres étaient passés à 320 mines et 155 torpilles, ce qui était encore inférieur aux normes réglementaires (normativ) de 500 mines et 250 torpilles, mais plus adapté aux exigences des combats. La Flotte du Nord était la seule de la Marine Soviétique à opérer sans un seul croiseur ni destroyer-leader. Il était prévu qu’une fois les nouveaux grands croiseurs légers Chapayev et Jelezniakov achevés à Leningrad, quelques grandes unités de la Flotte de Baltique pourraient être envoyées à Polyarni. Cependant, les croiseurs étaient trop grands pour passer par le canal de la Mer Blanche. La Flotte du Nord serait donc surtout constituée de destroyers, de patrouilleurs et de sous-marins.
La brigade sous-marine de la Flotte fut renforcée et les submersibles de classe K concentrés en une division. C’était certainement les sous-marins soviétiques les mieux adaptés à l’environnement des eaux nordiques. Ils eurent la bonne fortune de bénéficier d’un commandant de division très compétent, le Capitaine de Second Rang Magomet Gajdev, qui accentua fortement l’entraînement dans les mois précédant Barbarossa. Les publications soviétiques devaient affirmer que le Capitaine Gajdev avait été le premier commandant de sous-marin à organiser un ravitaillement en carburant en mer et « en opérations » (sous-entendu, en temps de guerre), entre le K-21 et un petit bâtiment de classe Shch, auquel le K-21 (Capitaine Lunin) avait transféré 15 tonnes de carburant. En réalité, ce n’était pas le premier ravitaillement en carburant d’un sous-marin en mer et il avait eu lieu en temps de paix, lors des manœuvres de septembre 1941 en Mer Blanche. Néanmoins, cela n’enlève rien au fait que Gajdev était un novateur et certainement l’un des officiers les plus compétents de la flotte sous-marine soviétique. Malheureusement, Gajdev ne pouvait rien changer aux tactiques en vigueur, bien trop rigides. Pourtant, des doutes à leur sujet s’étaient fait jour dès 1941 ; l’Inspection des Sous-marins avait tenu deux réunions de travail sur « les enseignements à tirer de la guerre sous-marine en cours entre les pays capitalistes », mais ces réunions s’étaient achevées sans que des décisions nettes soient prises.
L’Amiral Golovko avait aussi la responsabilité de couvrir les lignes maritimes soviétiques sur un théâtre d’une étendue considérable. On ne connaît guère, en Occident, l’importance pour l’économie soviétique de la “Voie Arctique”, c’est-à-dire des lignes maritimes qui relient, durant les mois d’été, le Pacifique à la Mer de Barents sous la forme de convois conduits par de grands brise-glaces. Ces navires devaient être protégés et la Flotte du Nord avait besoin d’un grand nombre de patrouilleurs et d’escorteurs. La Marine soviétique construisit quelques patrouilleurs (SKR) en utilisant des coques de gros chalutiers (Tral’shik), mais elle prépara aussi la conversion rapide, dès le début des hostilités, de chalutiers opérant pour le Département des Pêcheries en bateaux de lutte ASM. D’autres chalutiers devaient être utilisés comme patrouilleurs ou comme piquets de surveillance ; ceux-ci devaient conserver leur matériel de pêche : ils étaient supposés reprendre leur travail du temps de paix quand ils ne seraient pas de garde. Les bateaux prévus pour la lutte ASM avaient reçu une partie de leur armement avant même le début des hostilités et tous étaient considérés comme rapidement convertibles aux chantiers Molotovsk. Certains chalutiers, arborant toujours le pavillon de la marine civile, prirent part aux manœuvres navales de septembre 1941 et mars 1942. Ces nombreux petits bâtiments de patrouille et d’escorte étaient considérés comme nécessaires pour compenser le nombre relativement faible de destroyers disponibles dans la Flotte du Nord, mais, ignorant que l’Amiral Doenitz avait refusé d’envoyer des sous-marins en Arctique, le commandement soviétique nourrissait des craintes sur leur efficacité.
Lors du déclenchement des hostilités, l’Amiral Golovko était en revanche plus tranquille du côté de son Aviation Maritime. Dans ce domaine, la situation s’était considérablement améliorée en 1941 et au début de 1942. En juin 1941, l’aviation de la Flotte du Nord (VVS-MF – SF) ne comptait que 118 avions et hydravions, pour la plupart dépassés. Au 17 mai 1942, ce chiffre était monté à 220, ce qui restait très inférieur à l’effectif autorisé de 374 appareils. La modernisation du matériel avait aussi accru l’efficacité des forces de la VVS-MF. Des hydravions GSP (en fait, des PBY-5 construits sous licence à Taganrog) avaient été mis en ligne et les anciens chasseurs avaient été remplacés par des avions modernes. En revanche, la composante d’attaque (bombardiers poseurs de mines et torpilleurs) restait relativement faible, car renforcer la chasse avait reçu une priorité très supérieure.
Globalement, la situation des forces soviétiques s’était beaucoup améliorée dans l’année précédant l’ouverture des hostilités. Or, comme le gros de ces changements s’était effectué dans le plus grand secret, le commandement allemand était loin d’imaginer la force réelle de ses adversaires.

D’après Frédéric Dey, Blitzkrieg ! – L’affrontement germano-soviétique, Paris, 1998.
Les ordres de bataille au 17 mai 1942

I. Forces allemandes

Rappelons que les Allemands comptaient sur le soutien des Finlandais, qui ne devait pas se concrétiser, grâce à l’intervention de la diplomatie américaine.

 

I.1 – Forces terrestres
Armée de Norvège (GeneralOberst Nikolas von Falkenhorst)
Corps de Montagne Norvège (Gen. Mtn Tr. Eduard Dietl)
– 2ème Division de Montagne (GeneralMajor Ernst Schlemmer)
– Division SS “Nord” (SS Brigadenführer Karl-Maria Dernelhuber)
– 169ème Division d’Infanterie (GeneralMajor Kurt Dittmar)
– 40ème Bataillon Panzer (56 chars)
Stab./40: 5 Pz. III ; 1/40: 17 Pz. 38t ; 2/40: 5 Pz.II et 12 Pz. 38t ; 3/40: 10 Pz.IV et 7 Pz.III. Note – Il s’agit de la seule unité blindée de Norvège : au mieux deux compagnies, les 1/40 et 2/40, seront déployées dans le Grand Nord.
– 688ème Bataillon de Flak (motorisé)
21 x 20 mm, 15 x 20 mm quadruples, 9 x 37 mm, 12 x 88 mm.

I.2 – Forces aériennes (293 avions et hydravions)
Luftflotte 5, opérant en soutien de l’Armée de Norvège (Major-General Stumpff)

– QG d’Oslo (57 appareils) :
KG zBV 108 (37 Ju-52)
Transpstaffel 9./III./KG zbV 108 See (8 Bv-138 A, 2 Do-26)
JagdStaffel/77 (10 Bf-109 T2).
Fliegerfürher Norvège (154 appareils répartis entre le sud, le centre et le nord du pays) :
I./JG/77 (30 Bf-109 E et T2)

3/JG 5 (31 Bf-109F)

IV (St)/LG1 (32 Ju-87)

5/KG30 (44 Ju-88)

1 (F)/120 (17 Ju-88).
* 83 avions de la Luftflotte 5 constituent le Groupe PlatinFuchs (Col. Andreas Nielsen) :

2nd Stf KG zBV 108 (10 Ju-52)
1st Stf. 3/JG 5 (11 Bf-109F)
JagdStaffel 14/JG77 (10 Bf-109 E)
IV (St)/LG1 (32 Ju-87)
1er et 2ème Stf. 5/KG30 (20 Ju-88).
– Unités de coopération navale (82 hydravions)
Seenotstaffel 5 : 7 He-59, 4 He-60 (Bödo et Narvik)
Seenotstaffel 9 : 8 Do-24 T1 and T2 (Tromsö)
Seenotstaffel 10 : 6 Do-24 T (Hammerfest/Petsamo)
KüGr. 506. (Bergen et Trondheim) : Küstenstaffel 1./KüGr 506 (11 He-115) et Küstenstaffel 2./KüGr 506 (6 He-115 et 4 Bv-138B)
KüGr. 406 (Trondheim et Tromsö) : GruppenStab/KüGr 406 (3 Bv-138 C et 3 Ar-196) ; Küstenstaffel 1./KüGr 406 (10 He-115) ; Küstenstaffel 2./KüGr 406 (6 Bv-138)

Küstenstaffel 3./KüGr 906 (Narvik) : (6 Do-18)
Bordstaffel 1./BoGr 196 : 8 Arado 196 A-2.

I.3 – Forces navales (Vice-Amiral Ciliax)

PB (cuirassé de poche) Admiral Scheer (amiral) (Trondheim)
3ème Flottille de destroyers (Kptn z.See Gadow) : Z-23, Z-24, Z-26 et Z-28 (Oslo) – Cette flottille sera rappelée dans la Baltique le 25 juillet 1942.
6ème Flottille de destroyers (Kptn z. See Schulze-Hinrichs)
Z-14 Friedrich Ihn, Z-15 Erich Steinbrinck et Z-29 – Cette flottille, stationnée à Kiel, sera envoyée en Norvège sur ordre de Hitler. Elle arrivera à Narvik le 12 septembre 1942.
8ème Flottille de destroyers (Kptn z.See Pönitz)
Z-4
Richard Beitzen, Z-5 Paul Jakobi, Z-7 Hermann SchoemannCette flottille, stationnée à Kiel, sera envoyée en Norvège sur ordre de Hitler. Elle arrivera à Trondheim le 11 septembre 1942 (en route, le Z-7 sera endommagé par des avions du Coastal Command).
2ème Flottille de torpilleurs : T-15, T-16 (Trondheim)
6ème Flottille de S-Boots (Bergen)
11ème Flottille ASM (huit chalutiers convertis en escorteurs ASM et patrouilleurs)
5ème , 7ème et 21ème Flottilles de Dragage de mines (M-151, 152, 153, 154, 155, 156, Ra-201, 202, 203, 204)
Flottille de Transport “Nord” (12 barges de débarquement MFP et 3 Ferries armés AFP)

 

II. Forces soviétiques

 

II.1 – Forces terrestres
14ème Armée (LtGénéral V.A. Frolov)
14ème Division d’Infanterie, 52ème D.I., 104ème D.I. et 122ème D.I.
1er Corps Blindé
104ème Régiment d’Artillerie (24 canons A-19 de 122 mm, 24 canons-obusiers M-37 de 152 mm)
Corps de Réserve (Belomorsk) : 88ème, 263ème et 289ème D.I. (unités de réserve activées entre le 17 mai et début juin 1942)
7ème MPB (Brigade d’Infanterie de Marine – activée en mai 1942)

II.2 – Forces aériennes (524 avions et hydravions)
II.2.1 – VVS-KA (Maj.Gén. A. Kouznetsov)
Note – Ces unités doivent couvrir toute la zone allant de Mourmansk à Belomorsk et Arkhangelsk.
Eléments de la 7ème Armée Aérienne (Maj.-Gén. I.M. Sokolov)
205 avions (143 chasseurs et 62 bombardiers et avions d’attaque au sol)
– 258ème IAD (couvrant Mourmansk et Polyarni)
19ème IAP (35 Yak-1, 7 I-152), 147ème IAP (26 Mig-3, 8 MiG-3U)
– 259ème IAD (couvrant Belomorsk et Molotovsk)
152ème IAP (36 LaGG-3), 760ème IAP (16 Yak-1, 15 I-16)
– 2ème BAD (Mourmansk)
260ème ShAP (10 Il-2, 17 I-152), 261ème BAP (34 DB-3)

II.2.2 – VTA-KA (aviation de transport, principalement composée d’avions et d’équipages de l’Aeroflot – 30 avions et hydravions)
12 PS-84 (DC-3 construits sous licence)
11 G-2 (TB-3M civils)
7 ARK-3 (hydravions)

II.2.3 – VVS-PVO (57 avions sous le commandement opérationnel du Maj.Gén. Kouznetsov) (Molotovsk-Arkhangelsk)
3ème IAD-PVO (43 MiG-3, 14 I-153)
Note – La PVO constituait aussi deux régiments de défense anti-aérienne (DCA) déployés à Mourmansk et Molotovsk. Chaque régiment mettait en œuvre 48 canons (12 x 85 mm et 36 x 76,2 mm) et 12 affûts quadruples de 7,62 ou 12,7 mm, ainsi que 6 projecteurs et 16 ballons de barrage. Les aérodromes étaient protégés par un bataillon mixte comptant en général 8 x 37 mm et 4 affûts quadruples de 12,7 mm. Un régiment de VNOS (deux bataillons) était aussi déployé, mais n’avait que des détecteurs soniques.
Le 72ème ORB du 2ème Corps de PVO (District Militaire de Leningrad) avait déployé un radar RUS-1 à Mourmansk. Le 17 mai, ce radar était en cours de remplacement par un RUS-2 “Pegmatit” (ou RUS-2/42 “Redout-C”), mais ce dernier ne pourrait être opérationnel avant les derniers jours de mai 1942. Un RUS-2/41 “Redout-B” avait été déployé pour l’entraînement à Molotovsk durant l’hiver 1941-42, mais avait été renvoyé à Leningrad. La PVO prévoyait de déployer un RUS-2 “Pegmatit” à Molotovsk en juin 1942.

II.2.4VVS-MF – Aviation de la Flotte du Nord (220 appareils déployés de Polyarni, Arkhangelsk et Molotovsk)
80 chasseurs (20 LaGG-3, 32 MiG-3, 28 I-16)
80 bombardiers et bombardiers-torpilleurs (32 DB-3F, 25 SB, 23 Pe-2)
20 avions de reconnaissance (4 Pe-2R, 6 SB, 6 DB-3F, 4 MiG-3R)
40 hydravions du 118ème MRAP (17 MBR-2, 11 ARK-3, 12 GSP [PBY])

II.2.5 – Escadrille d’hydravions spéciale (appareils opérant à partir des grands brise-glaces)
12 Shavrov Sha-2
Note – Ces petits hydravions étaient mis en œuvre par Aeroflot en temps de paix et n’étaient pas comptés dans le tableau des forces des VVS-MF, mais il furent attribués aux VVS-MF au début des hostilités.

II.3 – Forces navales

Flotte du Nord (Vice-Amiral Arseni G. Golovko)

Brigade de Destroyers
1ère Division : DD récents (types 7 et 7U)
Gnevnyi, Gordyi, Gromkyi, Grozyashchnyi, Sokrushitelnyi, Stremitelnyi
2ème Division : DD anciens (classe Novik)
Valerian Kujbyshev, Karl Libknekht, Stalin, Urickij
3ème Division : DE (avisos et patrouilleurs de classe Uragan)
Burja, Purga, Smerch, Sneg, Toucha, Uragan
– Division de Dragage de Mines (dragueurs côtiers de classe Tral aussi utilisés come navires de garde)
T-219, T-220, T-221, T-222, T-223, T-224

Brigade de chasseurs de sous-marins
– 1ère Division (classe Artillerist[1])
BO-131 Shturman, BO-132 Rulevoj, BO-133 Mekhanik, BO-134 Mashinist, BO-135 Motorist, B0-136 Turbinist, BO-138, BO-140, BO-141, BO-142
– 2ème Division (classe MO-4, utilisant des coques de vedettes rapides de type D3)
MO-121, 123, 131,132, 133, 141, 142, 143
– 3ème Division (classe MO-4, utilisant des coques de vedettes rapides de type D3)
MO-151, 152, 153, 161, 162, 163
– Division de vedettes lance-torpilles, Type D3 (Capitaine de 3ème rang V.N. Alekseyev)

N°11, 12, 13, 14, 15, 112, 126, 172, 176.

Brigade de patrouille (patrouilleurs du NKVD et de la Marine, opérant comme SKR avant la mobilisation)
– 1ère Division de bateaux de garde (ex NKVD), classe Brillant
Brillant, Jemchug, Rubin, Sapfir
– 2ère Division de bateaux de garde (SKR, bâtiments construits sur des coques de chalutiers)
Briz, Bouran, Grad, Mousson, Passat, Shtil[2]

– 3ème Division de bateaux de garde (SKR, bâtiments construits sur des coques de chalutiers, donnant en général 10 nœuds et armés de 2 x 76 mm)
Ajsberg, Spartak (1 200 tonnes) ; Kujbyshev, Tyman, SKR-62, SKR-63, SKR-64 (1 200 tonnes) ; Chkalov, Krab, Mgla, Zarja (1 500 tonnes) ; Dimitrov (1 700 tonnes).

1ère Brigade d’Escorte et de Patrouille (mobilisation)
Note – Chalutiers prévus pour la mobilisation, dont les équipages étaient considérés comme faisant partie des forces de réserve navale, étaient régulièrement rappelés pour des manœuvres et étaient censés être entraînés à la lutte ASM et au dragage des mines.[3]
1ère Division (navires opérationnels 4 jours après la date de mobilisation)
T-879, T-880, T-881, T-882, T-883, T-884, T-885, T-886 ;
2ème Division (navires opérationnels 4 jours après la date de mobilisation)
T-887, T-888, T-889, T-890, T-891, T-892, T-893, T-894 [le T-893 est non standard, il ne fait que 470 tonnes] ;
3ème Division (navires opérationnels 4 jours après la date de mobilisation)
T-895, T-896, T-897, T-898, T-899.

2ème Brigade d’Escorte et de Patrouille (mobilisation)
Note – Chalutiers appartenant au ministère des Pêches et mobilisés comme patrouilleurs, ils doivent pêcher en revenant de leur zone de patrouille.
4ème Division de mobilisation (navires opérationnels 3 mois après la date de mobilisation)
T-901 à T-907 ;
5ème Division de mobilisation (navires opérationnels 3 mois après la date de mobilisation)
T-908 à T-911 ;
6ème Division de mobilisation (navires opérationnels 3 mois après la date de mobilisation)
SKR-15, 16, 20, 22, 23, 25, 26, 31.[4]

Division de Brise-glaces
Yosif Stalin, Lazar Kaganovich

Brigade de Sous-marins de la Flotte du Nord

(Capitaine de 1er rang Nikolai I. Vinogradov
– 1ère Division (de mai à octobre 1942)
Shch-402, Shch-403, Shch-404, Shch-421, Shch-422
– 1ère Division (Capitaine de 2ème rang Magomet Gadjev)
K-1, K-2, K-3, K-21, K-22, K-23, K-51, K-52
– 2ème Division (Capitaine de 2ème rang Ivan A. Kolyshkine)
S-17, S-18, S-19, S-45, S-46, S-48, S-58, S-59, S-60

Sous-marins détachés de la Brigade
4ème Division
M-171, M-172, M-173, M-174, M-175, M-176
– Division d’entraînement
S-47, K-53, K-54 (à l’entraînement jusqu’en 1943)
D-3 (utilisé pour le chargement des batteries)

 

Notes – Les K-3, K-21, K-22, K-23, K-51, K-52 et K-53 arriveront en octobre-novembre 1942 de la Flotte de la Baltique.
Les Shch-401, Shch-402, Shch-403, Shch-404, Shch-421, Shch-422 seront au même moment envoyés en Baltique.



[1] 249 tonnes, 3 600 CV, 22 nœuds, 1 x 85 mm, 2 x 37/1, 2 x 12,7 mm, 24 grenades, 49 hommes.

[2] 800 tonnes, 12,5 nœuds, 2 canons de 45 mm, 42 hommes.

[3] Gros chalutiers de 1 030 à 1 200 tonnes, armés de 1 ou 2 x 76 mm, parfois 1 x 37 mm ou 1 x 45 mm, 2 à 4 12,7 mm ou 7,62 mm, grenades ASM et matériel de dragage de mines.

[4] Les bateaux des 4ème et 5ème divisions devaient seulement recevoir 1 x 76 mm et servir de piquets de surveillance ; les bateaux de la 6ème division, un peu plus gros, recevaient 2 x 85 mm et 2 à 4 x 12,7 mm.