La réorganisation des opérations et des constructions des sous-marins japonais
15 juillet 1945
Rapport du Renseignement Naval, Flotte d’Extrême-Orient
A:
Amirauté
Ecole des sous-marins, Portland
Officiers de liaison, RN, pour distribution
Officiers de liaison, MN, pour distribution
Australian Commonwealth Naval Board, pour distribution
Vous trouverez ci-après le contenu d’un document de
Nous savions déjà que
Par ailleurs, il apparaît qu’à la lumière d’une collaboration étroite avec
Notons pour conclure que l’évolution technologique de la flotte sous-marine
japonaise s’est heurtée à la faiblesse des capacités de l’outil industriel du
Japon (par exemple, les graves insuffisances qualitatives des batteries n’ont
commencé à recevoir un début de solution qu’au retour de l’expédition en
Atlantique de 1942, soit dans les premiers mois de 1943). Il est évidemment
heureux que les projets de construction de sous-marins rapides n’aient jamais
pu se concrétiser plus tôt et à plus grande échelle Les sous-marins océaniques
K6C et les sous-marins côtiers HA auxquels nous avons eu affaire ont en effet
été de redoutables adversaires.
(signé)
Contre-Amiral, US Navy, Flotte d’Extrême-Orient
De: Commandant de la
6ème Flotte (Vice-Amiral Shimuzu)
A : Commandant de
Commandant de la 2ème Flotte
(Vice-Amiral Kondo)
Commandant de la 1ère Flotte Aéronavale (Vice-Amiral Nagumo)
7 avril 1942
Recommandations de
La première phase des opérations contre l’ennemi a dégagé de nombreuses leçons
sur l’utilisation opérationnelle des sous-marins de manière efficace et
productive. Il apparaît que nous pourrions utilement employer contre l’ennemi
certaines de ses propres méthodes.
Dans le même esprit, je me suis mis en relation avec l’Attaché Naval d’Allemagne, qui m’a aidé à partager notre expérience avec celle du Vice-Amiral Doenitz et de son état-major.
Notre doctrine d’emploi de nos forces sous-marines, qui nous a déjà permis de remporter un certain nombre de succès, pourra ainsi être encore perfectionnée.
Attaque des ports ennemis
Nous sous-marins de poche de Type A ont fait preuve de réussite à
Singapour. Nous savons grâce au rapports de nos agents que les attaques menées
par des unités de ce modèle ont coulé le porte-avions Hermès et
endommagé les cuirassés Rodney et Ramillies. Nous disposons même
de photographies des dégâts infligés, prises par des agents infiltrés dans le
chantier naval.
Malheureusement, toutes les unités de ce type engagées dans l’opération ont été perdues. L’un des sous-marins a été récupéré intact par l’ennemi. Il est à craindre que celui-ci puisse à présent s’en protéger plus facilement. Nous avons un nombre important de ces modèles en service et, si nous sommes persuadés qu’une ou deux actions analogues peuvent encore être couronnées de succès, leur valeur opérationnelle diminuera rapidement. A ce moment-là, les sous-marins de poche de type A et B devront être limités aux missions d’entraînement. Six Type A de première génération ont d’ores et déjà été assignés comme cibles d’entraînement à la nouvelle école de lutte anti-sous-marine. Ils sont bien adaptés à ce rôle.
Embuscades à proximité des bases ennemies
Nous avons fait de gros efforts pour embusquer des sous-marins aux abords des
bases ennemies, dès le début du conflit.
Près d’Oahu, l’opération n’a pas donné de résultat positif et nous avons perdu un sous-marin.
Près de Singapour, les observations transmises par les bâtiments concernés ont été utiles à deux reprises sur le plan tactique, bien qu’aucun navire de guerre ennemi n’ait été coulé. Les sous-marins impliqués dans cette opération ont été attaqués à plusieurs reprises, mais aucun n’a été perdu.
Lignes de surveillance
Le positionnement de nos sous-marins en lignes de surveillance statiques n’est
pas aussi fructueux que nous l’avions espéré, sauf par bonnes conditions
météorologiques.
Nos alliés allemands affectent une zone de patrouille relativement étendue à chaque bâtiment, avec mission de la sillonner et d’attaquer tout ce qui s’y trouve en fonction des conditions du moment. Cette idée a été accueillie avec beaucoup d’intérêt par beaucoup des commandants de nos submersibles, en particulier les plus jeunes. Il n’est pas impossible que nous décidions d’assouplir les consignes données à nos sous-marins en mission de surveillance. Dans ces conditions, le contrôle d’une escadre pourrait (comme en Allemagne) être assuré à terre, et la construction de très grands sous-marins de commandement d’escadre perdrait son intérêt, puisqu’ils n’auraient plus à remplir leur mission spécifique de contrôle.
Opérations contre les flottes ennemies en haute mer
En dehors des opérations contre la flotte ennemie basée à Singapour, nous
n’avons eu depuis quatre mois que peu d’occasions d’attaquer les grandes unités
ennemies avec nos sous-marins. Malheureusement, les sous-marins ennemis ont
bénéficié durant cette période de cibles bien plus nombreuses.
Notre succès le plus important a été la destruction du
cuirassé HMS Malaya, peu après la
bataille de Mer de Chine Méridionale, fin décembre. Le commandant du sous-marin
vainqueur, le I-
La Deuxième Flotte (à qui nous avions fourni un officier de liaison
expérimenté), a transmis beaucoup d’informations utiles à
Les sous-marins allemands sont conçus pour être aussi petits
que possible, plonger très rapidement, et descendre jusqu’à environ
Cependant, malgré leurs inconvénients, nous avons toujours
confiance dans nos sous-marins à très grand rayon d’action pour des raids à
longue distance. Pour le prouver, une opération extrêmement lointaine a été
planifiée.
Opérations contre les transports ennemis
Les Allemands insistent sur le fait que, selon eux, les navires de transport
sont également des cibles importantes, particulièrement dans le Pacifique, où
tous les approvisionnements doivent être acheminés par voie maritime. De leur
point de vue, un transport chargé de matériel militaire est une sorte de navire
de guerre, concept dont je leur laisse naturellement la responsabilité.
Néanmoins, l’utilisation de nos sous-marins à grande autonomie dans des
missions dirigées contre le trafic marchand ennemi aurait un double intérêt.
Elle permettrait d’utiliser efficacement des navires relativement anciens et de
détourner l’attention de l’ennemi des zones essentielles où nous porterons le
gros de nos efforts grâce à nos bâtiments les plus modernes, en préparation de
la bataille décisive, contre la flotte de bataille ennemie.
Coopération tactique avec les unités d’autres Flottes
La coordination tactique avec une Flotte de surface peut se faire, comme l’a
montré notre collaboration avec
Utilisation des sous-marins dotés d’un hangar destiné à un hydravion
embarqué
L’utilisation intensive du radar par l’ennemi va bientôt rendre l’utilisation
d’hydravions embarqués complètement dépassée. Ces appareils à faibles
performances ne peuvent espérer survivre si l’ennemi les repère facilement.
(i) Sous-marins ravitailleurs de sous-marins ou d’hydravions
Les Allemands nous ont informés qu’ils sont en train de
construire des sous-marins spéciaux destinés à ravitailler en carburant,
vivres, fournitures et torpilles leurs sous-marins moyens de type VII. Cela
permet d’étendre leur rayon d’action et leur endurance, un sous-marin
ravitailleur pouvant ainsi “transformer” six ou huit sous-marins moyens en
bâtiments à long rayon d’action.
Nous sommes en train d’essayer ce concept en transformant un ancien submersible
équipé d’un hydravion en ravitailleur, conjointement avec quelques sous-marins
de type RO également anciens dans le cadre d’opérations contre la côte
australienne. En théorie, cette opération est prometteuse. Une fois que tous
les approvisionnements destinées aux RO
auront été distribués, le ravitailleur pourra également passer à
l’attaque (alors que les sous-marins ravitailleurs allemands ne sont pas
armés).
Le ravitaillement d’hydravions est une autre mission possible pour nos grands submersibles équipés de hangars.
(ii) Transport de commandos pour des attaques spéciales
Ceci est une autre utilisation possible pour nos grands submersibles équipés de hangars, et que nous avons l’intention de tester. L’identification de cibles appropriées est en cours. Le débarquement des commandos par des canots à moteur puissants spécialement conçus ou par des bateaux pneumatiques d’assaut rapides est possible.
Alors que les premiers mois de la guerre n’ont pas permis à
nos équipages de montrer toutes leurs qualités, l’attaque d’une cible symbolique pourrait être une excellente façon de donner à
Activités stratégiques de la Sixième Flotte
La coordination tactique des activités d’une escadre de sous-marins sur de
larges étendues en haute mer est très difficile. Cela ne veut pas dire que la
coordination stratégique organisée par
Nouveaux matériels
1 – Les sous-marin moyens dérivés de
la classe K6
Les unités de la classe K6 actuelle sont de bons sous-marins moyens (RO),
qu’il est possible d’adapter en fonction des nouvelles données.
K6 standard
960 tonnes
2 diesels de 2 100 chevaux, 19,75 nœuds en surface
2 électriques de 600 chevaux, 8 nœuds en plongée
Autonomie : 11 000 milles à 12 nœuds (surface) ; 45 milles à 5 nœuds (plongée)
Armement : 4 tubes avant de
Profondeur maximale :
61 hommes d’équipage
K6A
Bâtiments de type K6 équipés de carénages pour améliorer leurs performances en
plongée. Dans le même but, le canon est supprimé et le kiosque est aussi réduit
que possible. Ces modifications sont possibles même pour des bâtiments à un
stade avancé de leur construction.
950 tonnes
2 diesels de 2 100 chevaux, 19 nœuds en surface
2 électriques de 600 chevaux, 10 nœuds en plongée
Autonomie : 11 000 milles à 12 nœuds (surface) ; 65 milles à 5 nœuds et 12 milles à 10 nœuds (plongée)
Armement : 4 tubes avant de
Profondeur maximale :
57 hommes d’équipage
K6B
Bâtiments de type K6 dotés d’une nouvelle coque extérieure
nécessitant moins de matériaux, des diesels moins puissants, des moteurs
électriques plus puissants et des batteries supplémentaires (installées sous la
salle des machines diesel). Ces modifications peuvent être introduites à la
phase initiale d’assemblage. La coque épaisse reste celle du type d’origine,
limitant leur profondeur maximale à
920 tonnes
2 diesels de 1 200 chevaux, 15 nœuds en surface
2 électriques de 1 800 chevaux, 15,5 nœuds en plongée
Autonomie : 14 000 milles à 12 nœuds en surface, malgré une capacité de carburant plus réduite, grâce à des moteurs moins puissants et un meilleur profilage ; 100 milles à 5 nœuds et 20 milles à 15 nœuds en plongée
Armement : 4 tubes avant de
Profondeur maximale :
57 hommes d’équipage
K6C
Bâtiments de type K6B dotés d’une coque intérieure plus épaisse et de
batteries à hautes performances d’une capacité doublée par rapport au type K6
d’origine. Ce type est appelé à remplacer complètement le type I d’attaque
actuellement en production, car il lui est supérieur sur tous les points.
980 tonnes
2 diesel de 1 200 chevaux, 15 nœuds en surface
2 électriques de 2 500 chevaux, 19,5 nœuds en plongée
Autonomie : 14 000 milles à 12 nœuds en surface ; 200 milles à 5 nœuds et 25 milles à 19 nœuds en plongée
Armement : 4 tubes avant de
Profondeur maximale :
55 hommes d’équipage
Remarque : on envisage une variante équipée de
torpilles de
Construction – Des capacités de
construction très importantes seront libérées grâce à l’annulation des
fabrications des modèles I. Les chantiers ont assuré à mon état-major que les
nouvelles techniques de préfabrication et de soudure permettront très
rapidement une augmentation de la cadence de fabrication. Des commandes de
séries importantes permettront d’obtenir une productivité élevée de la part du
personnel des chantiers navals. Des réunions entre Mitsubishi (Kobé), Sasebo et
Zoshenzo (Tamano) ont conduit à la décision de centraliser la construction chez
Mitsushibi (Kobé).
Les deux premiers type K6A peuvent être achevés à bref délai :
RO-39 (Sasebo) : août 1942 ;
RO-40 (Mitsubishi) : novembre 1942.
Le lancement de la construction des bâtiments de type K6B nécessitera
évidemment de pouvoir disposer de moteurs électriques de 1 800 chevaux en
nombre correspondant.
Le lancement de la construction des bâtiments de type K6C exigera de résoudre
la question de la fabrication de moteurs électriques de 2 500 chevaux en
nombre correspondant, et celle de la mise au point et de la fabrication de
batteries à haute performance en nombre correspondant.
L’objectif fixé est de produire dès que possible deux à quatre bâtiments par mois.
2 – Les sous-marins côtiers
Il est évident, à la lumière de l’évolution du conflit, que nous allons
être impliqués dans au moins deux opérations majeures de guerre sous-marine
côtière dans des eaux vitales pour nos intérêts. Il s’agit de
Le type KS existant actuellement est un sous-marin moyen (RO) de taille et de
masse réduites. Neuf unités sont en cours de construction et neuf autres sont
en commande, presque tous aux chantiers navals Kawasaki (Kobé). Ce type de
bâtiments est prévu pour la défense côtière de bases insulaires et n’a qu’une
autonomie très limitée.
Le premier sous-marin de ce type, le RO-100, est actuellement en construction
au chantier naval de Kure. Il a été lancé et sera achevé en septembre 1942,
dans sa conception d’origine. Les huit autres unités en cours de fabrication ne
sont pas trop avancées pour empêcher les modifications et peuvent être
améliorées par l’installation de moteurs électriques plus puissants, si l’on en
dispose, ainsi que par un meilleur profilage (type KS-A).
Même avec ces modifications, l’expérience de nos alliés, dont nous avons pu
profiter grâce à l’envoi par le chemin de fer trans-sibérien de techniciens et
de matériel, montre qu’il est possible de réaliser un sous-marin d’un nouveau
type, dit HA, qui rendra le type KS actuel dépassé. Le HA sera plus petit, avec
un équipage moins nombreux, mais il aura une puissance de feu quasi-équivalente
et davantage de torpilles, tout en possédant de meilleures performances en
plongée et une autonomie supérieure.
Kawasaki devra d’abord modifier les types KS en cours de fabrication, comme
indiqué ci-dessous.
Au moins un sous-marin expérimental sera nécessaire pour des essais hydrodynamiques et des recherches sur les batteries et les propulseurs électriques.
Dès que les résultats des essais seront satisfaisants et que les moteurs électriques de grande puissance et les batteries nécessaires seront disponibles, le chantier Kawasaki passera du type KS-A au nouveau modèle HA. Les unités de type KS-A déjà fabriquées pourront alors être reversées à une escadre d’entraînement.
KS
525 tonnes
2 diesel de 500 chevaux, 14,25 nœuds en surface
2 électriques de 380 chevaux, 8 nœuds en plongée
Autonomie : 3 500 milles à 8 nœuds (surface) ; 60 milles à 3 nœuds (plongée)
Armement : 4 tubes avant de
Profondeur maximale :
38 hommes d’équipage
Remarque : seul le RO-100 sera réalisé selon ces spécifications d’origine ; il sera achevé en septembre 1942 aux chantiers de Kure.
KS-A
535 tonnes
2 diesel de 500 chevaux, 14 nœuds en surface
2 électriques de 600 chevaux, 14 nœuds en plongée
Autonomie : 3 500 milles à 12 nœuds (surface) ; 100 milles à 3 nœuds et 15 milles à 14 nœuds (plongée)
Armement : 4 tubes avant de
Profondeur maximale :
33 hommes d’équipage
Remarque : l’installation de batteries d’un nouveau modèle ainsi que d’un compartiment de batteries supplémentaire placé à l’avant coûte l’emport de deux torpilles, malgré la longueur légèrement supérieure du type KS-A par rapport au type KS initial.
Dates d’achèvement des
exemplaires en construction, RO-101 à RO-108 : octobre
1942 à mars 1943.
Les neuf autres exemplaires prévus seront annulés si la fabrication des
sous-marins HA peut être lancée à temps.
Sous-marin expérimental
Les enseignements apportés par le N° 71 (désormais démantelé) ont été
nombreux, mais des recherches avancées sont toujours indispensables. Le
chantier naval de Kure a signalé que le groupe propulseur et la poupe du N° 71
avaient été préservés, puisque des travaux complémentaires sont toujours en
cours sur la base des informations fournies par ces éléments. La documentation
sur le N° 71 est bien sûr toujours disponible. Kure va travailler conjointement
avec nos propres équipes de recherche et celles de Kawasaki et de Mitsubishi
sur l’ensemble du programme d’expérimentations. Les éléments préservés du N° 71
seront transférés chez Kawasaki pour être réutilisés dans le nouveau sous-marin
de recherche, décrit comme suit :
N°72
Sous-marin non armé de recherche hydrodynamique et sur les batteries expérimentales
250 tonnes
Dimensions : 42 x
1 diesel de 1 200 chevaux, 14 nœuds en surface
1 électrique de 1 200 chevaux, 21,25 nœuds en plongée
Autonomie : 4 000 milles à 12 nœuds (surface) ; 50 milles à 7 nœuds (plongée)
Remarque : Lancement chez Kawasaki (Kobe) en mai 1942, achèvement en septembre 1942 grâce à la réutilisation de composants (groupe propulseur et proue, entre autres) du N° 71.
HA
265 tonnes
Dimensions : 45 x
1 diesel de 500 chevaux, 12 nœuds en surface
1 électrique de 2 500 chevaux, 22 nœuds en plongée
Autonomie : 5 000 milles à 12 nœuds (surface) ; 300 milles à 4 nœuds, 50 milles à 7 nœuds, 24 milles à 22 noeuds (plongée)
Armement : 4 tubes avant de
Profondeur maximale :
24 hommes d’équipage (26 pour les unités des commandants d’escadrille)
Construction chez Kawasaki
Kawasaki a indiqué à
Cela, bien entendu, sous réserve de disposer des moteurs électriques de
2 500 chevaux et des batteries nécessaires en nombre correspondant.
3 – L’entraînement des équipages
Si les questions de moteurs électriques et de batteries sont résolues, le
facteur limitant les possibilités de déploiement de ces nouveaux sous-marins
(K6-C et HA) sera la formation des équipages. Chaque équipage participera à la
construction et à l’équipement de son bâtiment pendant la deuxième moitié de sa
période de fabrication. Trois mois d’entraînement seront ensuite nécessaires
pour l’équipage d’une unité après son achèvement.
En raison d’un besoin mensuel de 98 hommes d’équipage, chaque bateau sera commandé par un maître principal ou par un jeune enseigne. Les escadrilles seront commandées par un lieutenant de vaisseau, les flottilles (réunissant 3 ou 4 escadrilles) seront commandées par un capitaine de corvette. Les commandants d’escadrille ou de flottille assureront également, sauf exception, le commandement de leur propre sous-marin.
Ecole des sous-mariniers d’Otake
Cette école doit se développer impérativement. Les infrastructures sont
suffisantes, mais les possibilités d’entraînement à la mer sont très loin de
l’être.
(i) L’école dispose actuellement des unités suivantes :
3 sous-marins de type K4 (RO-26, RO-27, RO-28), aptes aux croisières d’entraînement ;
3 sous-marins de type L3 (RO-57, RO-58, RO-59), aptes aux croisières d’entraînement.
(ii) Les bâtiments suivants sont à transférer immédiatement à l’école d’Otake :
3 sous-marins de type K4 (RO-30, RO-31, RO-32), aptes aux croisières d’entraînement.
(iii) Les bâtiments suivants sont à remettre en état pour servir à
l’entraînement en surface et à immersion périscopique :
I-51 ; RO-51 ; RO-14 (en surface
uniquement) ; RO-19 (en surface uniquement).
(iv) Huit sous-marins de poche (Type A, version 1), seront transférés au plus
tôt à Otake pour l’entraînement initial aux grandes vitesses en plongée.
Les bâtiments suivants seront transférés au plus tôt (d’ici trois à six mois) à Otake :
Unités de la classe L4 restantes (à ce jour RO-61, RO-62,
RO-63, RO-64, RO-65, RO-67, RO-68 ; les RO-66 et RO-60 ayant été
perdus) ;
Unités de la classe K3A restantes (à ce jour I-153, I-154, I-155, I-158) ;
Unités de la classe K3B restantes (à ce jour I-156, I-157, I-159, I-160).
4 – Le programme des croiseurs
sous-marins
Trois variantes de croiseurs sous-marins font partie du programme actuel :
– croiseurs sous-marins de reconnaissance, équipés d’hydravions
– croiseurs sous-marins amiraux, avec ou sans hydravions
– croiseurs sous-marins d’attaque.
Les bâtiments de ce type sont très aisément détectables en surface par les radars ennemis, ils plongent lentement et sont lents et peu manœuvrables en plongée. Dans la mission d’attaque des formations de navires de guerre ennemis, ils seront remplacés par les sous-marins moyens à grande vitesse en plongée (RO) de type K6-C.
Toutefois, nos grands croiseurs sous-marins ont toujours un rôle important à jouer. Ils seront utilisés pour porter la guerre au loin, aux portes mêmes de l’ennemi. La grande autonomie de ces bâtiments leur permettra de lancer des attaques là où l’ennemi s’y attend le moins. De plus, si l’intérêt de sous-marins équipés d’hydravions va déclinant, les capacités d’emport de ces unités pourront être utilisées dans le cadre d’autres missions.
Cependant, le programme de croiseurs sous-marins sera réduit pour libérer des ressources destinées aux autres programmes.
Modifications du programme de croiseurs sous-marins
KD7
– I-76, I-77 et I-78, achevés tel que conçus (respectivement en août, décembre
et décembre 1942).
– I-79, I-80, I-81 et I-82, modifiés en KD7-A pour une vitesse supérieure en
plongée.
– I-83, I-84 et I-85, annulés. Economies : 4 800 tonnes en
construction de sous-marins, 6 diesel de 4 000 chevaux.
KD7-A
I-79, I-80, I-81 et I-82.
Coque externe profilée
1 600 tonnes
2 diesels de 1 200 chevaux, 14 nœuds (en remplacement de 2 diesels de
4 000 chevaux, 23 nœuds)
2 électriques de 2 500 chevaux, 15 nœuds
Autonomie : 16 000 milles à 12
nœuds en surface (malgré une capacité de carburant plus réduite, grâce à des
moteurs moins puissants et un meilleur profilage) ; 25 milles à 14 nœuds et 200 milles à 3 nœuds en plongée
(grâce au nouveau type de batteries, les mêmes que sur le K6-C, l’autonomie en
plongée est doublée)
Armement : 6 tubes de
Profondeur maximale :
84 hommes d’équipage
Sous-marins de reconnaissance lointaine
(type B1)
Les 20 exemplaires prévus de ce type sont à un stade de construction trop
avancé pour pouvoir être modifiés. Ils seront achevés conformément aux
spécifications initiales.
Sous-marins de reconnaissance lointaine
(type B2)
6 exemplaires prévus, lancement du premier au chantier naval de Kure en
mars 1942. Commande annulée (premier exemplaire à démonter). Economies :
13 920 tonnes en construction de sous-marins, 12 diesels de 5 500 chevaux.
Sous-marins de reconnaissance lointaine
(type B3)
7 exemplaires prévus, lancement du premier au chantier naval de Yokosuka en juillet 1942. Commande annulée. Economies
: 14 980 tonnes en construction de sous-marins, 14 diesels de 2 350
chevaux.
Sous-marins de reconnaissance lointaine
(type C2)
6 exemplaires prévus, lancement du premier au chantier naval de Sasebo en
février 1942. Commande annulée, démontage du I-46. Economies : 13 104
tonnes en construction de sous-marins, 12 diesels de 6 200 chevaux.
Sous-marins de reconnaissance lointaine
(type C3)
5 exemplaires prévus, lancement du premier au chantier naval de Kure en mars
1942. Commande annulée (premier exemplaire à démonter). Economies : 10 475
tonnes en construction de sous-marins, 10 diesels de 2 350 chevaux.
Sous-marins porte-avions de type AM
4 exemplaires prévus, lancement planifié pour début 1943. Commande annulée.
Economies : 10 480 tonnes en construction de sous-marins, 10 diesels de
2 200 chevaux.
Sous-marins porte-avions de type STO
18 exemplaires prévus, lancement des premiers début 1943 à Kure et Sasebo.
– 4 à accélérer et à modifier. Lancement du premier au chantier naval de Sasebo
mi-1942, pour utilisation dans le cadre d’attaques de commandos, ainsi que
d’unités d’attaque spéciales, les hangars abritant les avions étant maintenus
pour abriter les embarcations de débarquement.
– 14 annulés. Economies : 49 420 tonnes en construction
de sous-marins, 56 diesels de 1 925 chevaux.
Sous-marins ravitailleurs d’hydravions
SH
3 exemplaires prévus, lancements à
Kure et Sasebo début 1943
– 2 à accélérer, lancement à Kure au
plus tôt pour le ravitaillement d’hydravions à grande distance. A réaliser
selon les spécifications d’origine (1940).
– 1 annulé. Economies : 2 650 tonnes en construction de sous-marin, 2
diesels de 1 850 chevaux.
Sous-marins amiraux (type A1)
2 exemplaires terminés, 1 en cours d’achèvement, à terminer selon
spécifications.
Sous-marins amiraux (type A2)
1 exemplaire commandé, lancement prévu à
Kawasaki fin 1942. Annulé. Economies : 2 390 tonnes en construction
de sous-marins, 2 diesels de 2 350 chevaux.
Economies totales :
127 124 tonnes en construction de sous-marins. Cette économie permettra de
construire de nombreux sous-marins moyens (RO) : environ 96 type K6-C et
124 type HA, à une cadence indicative de trois K6-C et quatre HA par mois, dès
que nous pourrons disposer des moteurs électriques de grande puissance (dix
moteurs de 2 500 chevaux par mois) et des batteries de grande capacité en
nombre correspondant. Les économies d’échelle envisagées permettront d’aller
au-delà.
Par ailleurs, cette refonte du plan de production libère de quoi équiper en
moteurs diesels plusieurs dizaines d’escorteurs “Kaibokan” avec une machine (ou
deux machines d’une puissance combinée) de 4 000 à 6 000 chevaux,
conformément aux recommandations du Vice-Amiral Kondo.
Opérations
expérimentales projetées avant fin 1942 par la Sixième Flotte
Opération Oni (27ème
et 33ème escadres de sous-marins)
Les croiseurs sous-marins I-5 (de type J1 modifié, construit en 1932 et disposant d’une autonomie de 24 000 milles) et I-6 (de type J2, construit en 1935 et disposant d’une autonomie de 20 000 milles) ont été détachés de la 8ème division de sous-marins. Les sous-marins moyens (RO), également anciens, de type L4 (RO-61, 62, 63, 64, 65, 66 et 67), leur ont été rattachés. Cette opération a déjà permis de vérifier la capacité de nos anciens croiseurs sous-marins (Junsen) à servir de ravitailleurs pour de plus petites unités afin d’étendre leur rayon d’action à des zones que ces petits bâtiments n’auraient pas été capables d’atteindre par leurs propres moyens. La cible choisie a été la côte orientale de l’Australie.
A l’heure actuelle, l’opération n’est pas achevée, mais elle a déjà permis de couler un nombre important de navires ennemis.
Opération Oni 2 (7ème
division de sous-marins)
Les quatre croiseurs sous-marins de type J1 I-1, 2,
3, 4 sont dépassés (ils ont été construits entre 1926 et 1929),
mais disposent d’une autonomie de 24 000 milles. Avec les I-5 et I-6,
ils forment les 7ème et 8ème divisions de sous-marins, 2ème
escadre de
Les trois bâtiments de la 7ème division de
sous-marins et le I-4 (de la 8ème division) vont être
modifiés pour pouvoir transporter chacun un sous-marin de poche de type A ou B
sur leur pont, derrière leur canon de
Après avoir récupéré les équipages des sous-marins de poche,
les croiseurs sous-marins attaqueront le trafic marchand local à la torpille et
au canon, puis se rendront à Lorient (France) pour y être réapprovisionnés avec
des torpilles allemandes avant de réattaquer
les navires marchands au large de la côte Est des Etats-Unis, puis
rentreront au Japon.
L’opération Oni 2 est destinée à obtenir un effet de surprise maximal, en
utilisant le stock de sous-marins de poche de type A (et l’unique type B) avant
qu’ils ne perdent tout intérêt. L’impact psychologique de cette attaque sur
l’ennemi comme sur le peuple japonais sera extrêmement important, ainsi que le
prestige qu’en retireront
Opération Oni 3
Le croiseur sous-marin I-10
(de type A1) sera détaché de la 2e escadre de sous-marins. Il
prendra le commandement d’un groupe composé, en plus de lui, de cinq croiseurs
sous-marins de la 1ère escadre de sous-marins (I-15, 17,
19, 21 et 22, tous de type B1). Le groupe se formera à
Kwajalein. Chaque bâtiment emportera dans son hangar à hydravion un canot
rapide à deux hélices de
Les canots seront entièrement préparés et les hommes y monteront à l’intérieur
des hangars ; puis les canots seront roulés sur leur berceau jusqu’à la
catapulte et désamarrés, moment où les sous-marins plongeront. A 30 nœuds, la
durée estimée du trajet jusqu’à la cible est d’environ 20 ou 25 minutes. Les
commandos de
Ces forces spéciales attaqueront
et détruiront les écluses de Miraflores sur le canal de Panama. Il y a quatre
écluses (deux paires d’écluses successives placées côte à côte), soit un total
de six portes. Les écluses se trouvent à
Deux sous-marins attendront à un point de rendez-vous au large pour récupérer les membres des commandos. Les quatre autres monteront la garde pour intercepter tout bâtiment ennemi se dirigeant vers le point de rendez-vous. Les hommes des forces spéciales qui ne pourraient rejoindre ce point se dirigeront vers les pays neutres voisins, d’où ils pourront rejoindre le Pérou, où réside une importante communauté japonaise. Ils seront ensuite rapatriés par sous-marin.
Aucune activité de nos sous-marins
n’a encore eu lieu sur la côte Ouest des Etats-Unis. Aucune autre opération de
Opération Oni 4
Le croiseur sous-marin I-11 est un nouveau croiseur sous-marin de commandement.
Quatre autres croiseurs sous-marins lui seront rattachés, et l’escadrille ainsi
formée sera mise à disposition de
Conclusion
Les plans avec lesquels
Nos observations ont été confirmées par l’expérience acquise par l’Allemagne et
l’Italie en matière de guerre sous-marine. La planification résumée ici est en
bonne voie. Elle promet une forme de guerre sous-marine aussi nouvelle que
fructueuse, et nos forces y obtiendront de nombreux succès.