Annexe 42-4-5

La Sixième Flotte change de cap

La réorganisation des opérations et des constructions des sous-marins japonais


15 juillet 1945
Rapport du Renseignement Naval, Flotte d’Extrême-Orient

A:
Amirauté
Ecole des sous-marins, Portland
Officiers de liaison, RN, pour distribution
Officiers de liaison, MN, pour distribution
Australian Commonwealth Naval Board, pour distribution

Vous trouverez ci-après le contenu d’un document de la Sixième Flotte de la Marine Impériale Japonaise. Récemment capturé, ce document date d’avril 1942. Il décrit les enseignements tirés à cette date par les sous-mariniers japonais depuis le début de la guerre et recommande un certain nombre d’actions pour remédier aux lacunes identifiées. Il éclaire l’évolution de la conduite des opérations de la force sous-marine japonaise.

Nous savions déjà que la Marine Impériale évaluait les forces des Alliés et notamment des Etats-Unis d’une façon beaucoup plus exacte que l’Armée, qu’elle n’était pas en faveur d’un conflit contre eux et que, au bout de moins de trois mois de guerre, le taux d’attrition de ses forces l’avait confirmé dans ses inquiétudes d’avant Pearl Harbor. Il apparaît que les sous-mariniers japonais, constatant le manque d’efficacité de leurs efforts, se virent en grand danger de perdre la face. L’état-major de la Sixième Flotte ordonna alors des évolutions tactiques, un changement d’orientation stratégique (en décidant d’accepter que leurs sous-marins attaquent aussi les transports) et des opérations allant d’actions raisonnables et militairement efficaces jusqu’à des aventures rocambolesques qui purent avoir quelque succès, mais dont le but premier était visiblement la propagande.


Par ailleurs, il apparaît qu’à la lumière d’une collaboration étroite avec la KriegsMarine, les Japonais lancèrent à cette époque un programme d’amélioration de leur production de sous-marins. Leur tâche fut considérablement facilitée par des échanges de matériels, de plans et même d’ingénieurs et de techniciens. Est-il besoin de rappeler que ces échanges furent d’autant plus importants qu’ils bénéficièrent de la bonne volonté de l’URSS, dont les Japonais purent exploiter pendant cinq mois la neutralité.


Notons pour conclure que l’évolution technologique de la flotte sous-marine japonaise s’est heurtée à la faiblesse des capacités de l’outil industriel du Japon (par exemple, les graves insuffisances qualitatives des batteries n’ont commencé à recevoir un début de solution qu’au retour de l’expédition en Atlantique de 1942, soit dans les premiers mois de 1943). Il est évidemment heureux que les projets de construction de sous-marins rapides n’aient jamais pu se concrétiser plus tôt et à plus grande échelle Les sous-marins océaniques K6C et les sous-marins côtiers HA auxquels nous avons eu affaire ont en effet été de redoutables adversaires.

 

(signé)
Contre-Amiral, US Navy, Flotte d’Extrême-Orient


De: Commandant de la  6ème Flotte (Vice-Amiral Shimuzu)
A : Commandant de la Flotte Combinée (Amiral Yamamoto)
Commandant de la  2ème Flotte (Vice-Amiral Kondo)
Commandant de la 1ère Flotte Aéronavale (Vice-Amiral Nagumo)

7 avril 1942


Recommandations de la Sixième Flotte suite à la première phase des opérations

La première phase des opérations contre l’ennemi a dégagé de nombreuses leçons sur l’utilisation opérationnelle des sous-marins de manière efficace et productive. Il apparaît que nous pourrions utilement employer contre l’ennemi certaines de ses propres méthodes.

Dans le même esprit, je me suis mis en relation avec l’Attaché Naval d’Allemagne, qui m’a aidé à partager notre expérience avec celle du Vice-Amiral Doenitz et de son état-major.

Notre doctrine d’emploi de nos forces sous-marines, qui nous a déjà permis de remporter un certain nombre de succès, pourra ainsi être encore perfectionnée.


Attaque des ports ennemis
Nous sous-marins de poche de Type A ont fait preuve de réussite à Singapour. Nous savons grâce au rapports de nos agents que les attaques menées par des unités de ce modèle ont coulé le porte-avions Hermès et endommagé les cuirassés Rodney et Ramillies. Nous disposons même de photographies des dégâts infligés, prises par des agents infiltrés dans le chantier naval. 

Malheureusement, toutes les unités de ce type engagées dans l’opération ont été perdues. L’un des sous-marins a été récupéré intact par l’ennemi. Il est à craindre que celui-ci puisse à présent s’en protéger plus facilement. Nous avons un nombre important de ces modèles en service et, si nous sommes persuadés qu’une ou deux actions analogues peuvent encore  être couronnées de succès, leur valeur opérationnelle diminuera rapidement. A ce moment-là, les sous-marins de poche de type A et B devront être limités aux missions d’entraînement. Six Type A de première génération ont d’ores et déjà été assignés comme cibles d’entraînement à la nouvelle école de lutte anti-sous-marine. Ils sont bien adaptés à ce rôle.


Embuscades à proximité des bases ennemies
Nous avons fait de gros efforts pour embusquer des sous-marins aux abords des bases ennemies, dès le début du conflit.

Près d’Oahu, l’opération n’a pas donné de résultat positif et nous avons perdu un sous-marin.

Près de Singapour, les observations transmises par les bâtiments concernés ont été utiles à deux reprises sur le plan tactique, bien qu’aucun navire de guerre ennemi n’ait été coulé. Les sous-marins impliqués dans cette opération ont été attaqués à plusieurs reprises, mais aucun n’a été perdu.


Lignes de surveillance
Le positionnement de nos sous-marins en lignes de surveillance statiques n’est pas aussi fructueux que nous l’avions espéré, sauf par bonnes conditions météorologiques.

Nos alliés allemands affectent une zone de patrouille relativement étendue à chaque bâtiment, avec mission de la sillonner et d’attaquer tout ce qui s’y trouve en fonction des conditions du moment. Cette idée a été accueillie avec beaucoup d’intérêt par beaucoup des commandants de nos submersibles, en particulier les plus jeunes. Il n’est pas impossible que nous décidions d’assouplir les consignes données à nos sous-marins en mission de surveillance. Dans ces conditions, le contrôle d’une escadre pourrait (comme en Allemagne) être assuré à terre, et la construction de très grands sous-marins de commandement d’escadre perdrait son intérêt, puisqu’ils n’auraient plus à remplir leur mission spécifique de contrôle.


Opérations contre les flottes ennemies en haute mer
En dehors des opérations contre la flotte ennemie basée à Singapour, nous n’avons eu depuis quatre mois que peu d’occasions d’attaquer les grandes unités ennemies avec nos sous-marins. Malheureusement, les sous-marins ennemis ont bénéficié durant cette période de cibles bien plus nombreuses.  

Notre succès le plus important a été la destruction du cuirassé HMS Malaya, peu après la bataille de Mer de Chine Méridionale, fin décembre. Le commandant du sous-marin vainqueur, le I-16, a vu le vaisseau ennemi en dehors du secteur qui lui était assigné et il en est sorti pour le couler, ce qui plaide en faveur de l’assouplissement des consignes évoqué plus haut.
La Deuxième Flotte (à qui nous avions fourni un officier de liaison expérimenté), a transmis beaucoup d’informations utiles à la Sixième Flotte. Elle nous a notamment révélé que l’ennemi semble utiliser couramment les systèmes de détection par ondes radio ou “radars”. Ce fait pourrait aider à expliquer pourquoi nos grands submersibles ont eu si peu de succès contre la flotte ennemie. Le “radar” permet en effet de détecter facilement ces grands sous-marins quand ils sont en surface. Malheureusement, ces bâtiments plongent lentement et ont de faibles performances en plongée. Ils sont nécessairement très vulnérables face à un ennemi équipé de radars sur de nombreux bâtiments, ainsi que de moyens de détection sous la surface efficaces.

Les sous-marins allemands sont conçus pour être aussi petits que possible, plonger très rapidement, et descendre jusqu’à environ 200 mètres de profondeur. L’Amiral Doenitz nous a fourni beaucoup d’informations sur les coques résistant à la pression (coques épaisses) et la conception des sous-marins, dont les plans complets de leur Type VII.  En contrepartie, nous leur avons fourni des informations sur le N° 71. En effet, si les Allemands ont beaucoup progressé dans leurs expérimentations avec les moteurs Walter à peroxyde d’hydrogène, nous sommes plus avancés dans le domaine des sous-marins à grande vitesse en plongée réellement utilisables.

Cependant, malgré leurs inconvénients, nous avons toujours confiance dans nos sous-marins à très grand rayon d’action pour des raids à longue distance. Pour le prouver, une opération extrêmement lointaine a été planifiée. 

Opérations contre les transports ennemis
Les Allemands insistent sur le fait que, selon eux, les navires de transport sont également des cibles importantes, particulièrement dans le Pacifique, où tous les approvisionnements doivent être acheminés par voie maritime. De leur point de vue, un transport chargé de matériel militaire est une sorte de navire de guerre, concept dont je leur laisse naturellement la responsabilité. Néanmoins, l’utilisation de nos sous-marins à grande autonomie dans des missions dirigées contre le trafic marchand ennemi aurait un double intérêt. Elle permettrait d’utiliser efficacement des navires relativement anciens et de détourner l’attention de l’ennemi des zones essentielles où nous porterons le gros de nos efforts grâce à nos bâtiments les plus modernes, en préparation de la bataille décisive, contre la flotte de bataille ennemie.


Coopération tactique avec les unités d’autres Flottes
La coordination tactique avec une Flotte de surface peut se faire, comme l’a montré notre collaboration avec la Deuxième Flotte, grâce à un officier de liaison expérimenté installé avec un petit nombre d’assistants sur le navire amiral de la Flotte de surface. Dans ce mode de collaboration, les sous-marins de la Sixième Flotte restent sous le commandement de la Sixième Flotte, mais leur contrôle opérationnel se fait par l’intermédiaire d’un groupe d’officiers de liaison de la Sixième Flotte attaché à l’état-major de la Deuxième Flotte. Grâce à leur expérience de sous-mariniers, ils permettent aux sous-marins placés sous leur contrôle d’atteindre dans les meilleures conditions les objectifs qui leurs sont assignés par la Deuxième Flotte. Un submersible d’état-major et quatre submersibles rapides peuvent ainsi travailler avec une division de cuirassés ou de grands croiseurs. Cette collaboration figure dans notre doctrine depuis 1935.

Utilisation des sous-marins dotés d’un hangar destiné à un hydravion embarqué
L’utilisation intensive du radar par l’ennemi va bientôt rendre l’utilisation d’hydravions embarqués complètement dépassée. Ces appareils à faibles performances ne peuvent espérer survivre si l’ennemi les repère facilement. La Sixième Flotte va continuer à les employer aussi longtemps que possible, mais les submersibles équipés de ces hydravions seront inévitablement amenés à les débarquer dans un futur plus ou moins proche, ce qui pose la question de l’utilisation de la place rendue disponible dans les hangars des appareils.

(i) Sous-marins ravitailleurs de sous-marins ou d’hydravions

Les Allemands nous ont informés qu’ils sont en train de construire des sous-marins spéciaux destinés à ravitailler en carburant, vivres, fournitures et torpilles leurs sous-marins moyens de type VII. Cela permet d’étendre leur rayon d’action et leur endurance, un sous-marin ravitailleur pouvant ainsi “transformer” six ou huit sous-marins moyens en bâtiments à long rayon d’action.
Nous sommes en train d’essayer ce concept en transformant un ancien submersible équipé d’un hydravion en ravitailleur, conjointement avec quelques sous-marins de type RO également anciens dans le cadre d’opérations contre la côte australienne. En théorie, cette opération est prometteuse. Une fois que tous les approvisionnements destinées aux RO  auront été distribués, le ravitailleur pourra également passer à l’attaque (alors que les sous-marins ravitailleurs allemands ne sont pas armés).

Le ravitaillement d’hydravions est une autre mission possible pour nos grands submersibles équipés de hangars.

(ii) Transport de commandos pour des attaques spéciales

Ceci est une autre utilisation possible pour nos grands submersibles équipés de hangars, et que nous avons l’intention de tester. L’identification de cibles appropriées est en cours. Le débarquement des commandos par des canots à moteur puissants spécialement conçus ou par des bateaux pneumatiques d’assaut rapides est possible.

Alors que les premiers mois de la guerre n’ont pas permis à nos équipages de montrer toutes leurs qualités, l’attaque d’une cible symbolique pourrait être une excellente façon de donner à la Sixième Flotte, et à toute la Marine, un prestige encore plus grand auprès de notre peuple. Dans ce but, la cible la plus prometteuse est représentée par les écluses de Miraflores, au débouché Pacifique du Canal de Panama.


Activités stratégiques de la Sixième Flotte
La coordination tactique des activités d’une escadre de sous-marins sur de larges étendues en haute mer est très difficile. Cela ne veut pas dire que la coordination stratégique organisée par la Sixième Flotte n’a plus de raison d’être. L’état-major de la Sixième Flotte a le premier rôle dans l’organisation de ses grandes missions, existantes ou nouvelles :

  1. l’attaque à longue distance de la flotte de guerre ennemie (mission existante)
  2. l’attaque de bases ennemies, y compris en eaux peu profondes (mission existante étendue)
  3. la surveillance lointaine (mission existante)
  4. le mouillage de mines offensif (mission existante, mais les Allemands ont proposé leur assistance pour le développement de mines mouillées par  les tubes lance-torpilles)
  5. les attaques spéciales du territoire ennemi par des commandos (nouvelle mission)
  6. l’attaque du trafic maritime ennemi de toute nature (nouvelle mission, de diversion)
  7. la défense de nos bases insulaires (mission existante pour laquelle des sous-marins spéciaux sont en cours de construction)
  8. l’entraînement de nos forces anti-sous-marines (nouvelle mission).


Nouveaux matériels

La Sixième Flotte a étudié attentivement ses opérations récentes et, si possible, celles de l’ennemi. Nous avons tenu compte des observations de la Seconde Flotte et des informations transmises par les Allemands. Il apparaît que de nouveaux types de sous-marins seront nécessaires pour remplir certaines missions. Les types existants auront besoin d’adaptations. Des modèles expérimentaux seront également nécessaires, ainsi que la réactivation de quelques unités anciennes pour l’entraînement. Annuler la construction de certaines unités actuellement prévues permettra de rester dans le cadre budgétaire actuel.


1 – Les sous-marin moyens dérivés de la classe K6
Les unités de la classe K6 actuelle sont de bons sous-marins moyens (RO), qu’il est possible d’adapter en fonction des nouvelles données.


K6 standard

960 tonnes

2 diesels de 2 100 chevaux, 19,75 nœuds en surface

2 électriques de 600 chevaux, 8 nœuds en plongée

Autonomie : 11 000 milles à 12 nœuds (surface) ; 45 milles à 5 nœuds (plongée)

Armement : 4 tubes avant de 533 mm (10 torpilles), 1 canon de 75 mm, 2 de 25 mm AA

Profondeur maximale : 80 m

61 hommes d’équipage


K6A
Bâtiments de type K6 équipés de carénages pour améliorer leurs performances en plongée. Dans le même but, le canon est supprimé et le kiosque est aussi réduit que possible. Ces modifications sont possibles même pour des bâtiments à un stade avancé de leur construction.

950 tonnes

2 diesels de 2 100 chevaux, 19 nœuds en surface

2 électriques de 600 chevaux, 10 nœuds en plongée

Autonomie : 11 000 milles à 12 nœuds (surface) ; 65 milles à 5 nœuds et 12 milles à 10 nœuds (plongée) 

Armement : 4 tubes avant de 533 mm (10 torpilles), 2 canons de 25 mm AA

Profondeur maximale : 80 m

57 hommes d’équipage


K6B

Bâtiments de type K6 dotés d’une nouvelle coque extérieure nécessitant moins de matériaux, des diesels moins puissants, des moteurs électriques plus puissants et des batteries supplémentaires (installées sous la salle des machines diesel). Ces modifications peuvent être introduites à la phase initiale d’assemblage. La coque épaisse reste celle du type d’origine, limitant leur profondeur maximale à 80 mètres.

920 tonnes

2 diesels de 1 200 chevaux, 15 nœuds en surface

2 électriques de 1 800 chevaux, 15,5 nœuds en plongée

Autonomie : 14 000 milles à 12 nœuds en surface, malgré une capacité de carburant plus réduite, grâce à des moteurs moins puissants et un meilleur profilage ; 100 milles à 5 nœuds et 20 milles à 15 nœuds en plongée 

Armement : 4 tubes avant de 533 mm (10 torpilles), 2 canons de 25 mm AA

Profondeur maximale : 80 m

57 hommes d’équipage


K6C
Bâtiments de type K6B dotés d’une coque intérieure plus épaisse et de batteries à hautes performances d’une capacité doublée par rapport au type K6 d’origine. Ce type est appelé à remplacer complètement le type I d’attaque actuellement en production, car il lui est supérieur sur tous les points.

980 tonnes

2 diesel de 1 200 chevaux, 15 nœuds en surface

2 électriques de 2 500 chevaux, 19,5 nœuds en plongée

Autonomie : 14 000 milles à 12 nœuds en surface ; 200 milles à 5 nœuds et 25 milles à 19 nœuds en plongée 

Armement : 4 tubes avant de 533 mm (8 torpilles), 2 canons de 25 mm AA

Profondeur maximale : 200 m

55 hommes d’équipage

Remarque : on envisage une variante équipée de torpilles de 457 mm (8 tubes, 16 torpilles), ou d’une combinaison 457 mm / 533 mm. L’autonomie de cette variante pourrait être portée à 24 000 milles.


Construction – Des capacités de construction très importantes seront libérées grâce à l’annulation des fabrications des modèles I. Les chantiers ont assuré à mon état-major que les nouvelles techniques de préfabrication et de soudure permettront très rapidement une augmentation de la cadence de fabrication. Des commandes de séries importantes permettront d’obtenir une productivité élevée de la part du personnel des chantiers navals. Des réunions entre Mitsubishi (Kobé), Sasebo et Zoshenzo (Tamano) ont conduit à la décision de centraliser la construction chez Mitsushibi (Kobé).


Les deux premiers type K6A peuvent être achevés à bref délai :

RO-39 (Sasebo) : août 1942 ;
RO-40 (Mitsubishi) : novembre 1942.


Le lancement de la construction des bâtiments de type K6B nécessitera évidemment de pouvoir disposer de moteurs électriques de 1 800 chevaux en nombre correspondant.


Le lancement de la construction des bâtiments de type K6C exigera de résoudre la question de la fabrication de moteurs électriques de 2 500 chevaux en nombre correspondant, et celle de la mise au point et de la fabrication de batteries à haute performance en nombre correspondant.

L’objectif fixé est de produire dès que possible deux à quatre bâtiments par mois.


2 – Les sous-marins côtiers
Il est évident, à la lumière de l’évolution du conflit, que nous allons être impliqués dans au moins deux opérations majeures de guerre sous-marine côtière dans des eaux vitales pour nos intérêts. Il s’agit de la Mer d’Andaman et de la côte nord de l’Australie. Ces campagnes s’apparenteront aux opérations sous-marines en Mer du Nord et en Méditerranée lors de la Première Guerre mondiale ainsi qu’aux opérations de même nature actuellement en cours en Méditerranée. Des discussions avec la Regia Marina nous ont convaincus de l’intérêt de disposer de petits sous-marins rapides et bien armés pour ce genre de campagnes. Les Allemands nous l’ont confirmé. Nous avons également pour tâche de défendre nos bases insulaires. Pour ces missions, une classe spéciale de sous-marins a été conçue et est en cours de construction.

Le type KS existant actuellement est un sous-marin moyen (RO) de taille et de masse réduites. Neuf unités sont en cours de construction et neuf autres sont en commande, presque tous aux chantiers navals Kawasaki (Kobé). Ce type de bâtiments est prévu pour la défense côtière de bases insulaires et n’a qu’une autonomie très limitée.


Le premier sous-marin de ce type, le RO-100, est actuellement en construction au chantier naval de Kure. Il a été lancé et sera achevé en septembre 1942, dans sa conception d’origine. Les huit autres unités en cours de fabrication ne sont pas trop avancées pour empêcher les modifications et peuvent être améliorées par l’installation de moteurs électriques plus puissants, si l’on en dispose, ainsi que par un meilleur profilage (type KS-A).


Même avec ces modifications, l’expérience de nos alliés, dont nous avons pu profiter grâce à l’envoi par le chemin de fer trans-sibérien de techniciens et de matériel, montre qu’il est possible de réaliser un sous-marin d’un nouveau type, dit HA, qui rendra le type KS actuel dépassé. Le HA sera plus petit, avec un équipage moins nombreux, mais il aura une puissance de feu quasi-équivalente et davantage de torpilles, tout en possédant de meilleures performances en plongée et une autonomie supérieure.


Kawasaki devra d’abord modifier les types KS en cours de fabrication, comme indiqué ci-dessous.

Au moins un sous-marin expérimental sera nécessaire pour des essais hydrodynamiques et des recherches sur les batteries et les propulseurs électriques.

Dès que les résultats des essais seront satisfaisants et que les moteurs électriques de grande puissance et les batteries nécessaires seront disponibles, le chantier Kawasaki passera du type KS-A au nouveau modèle HA. Les unités de type KS-A déjà fabriquées pourront alors être reversées à une escadre d’entraînement.


KS
525 tonnes

2 diesel de 500 chevaux, 14,25 nœuds en surface

2 électriques de 380 chevaux, 8 nœuds en plongée

Autonomie : 3 500 milles à 8 nœuds (surface) ; 60 milles à 3 nœuds (plongée)

Armement : 4 tubes avant de 533 mm (8 torpilles), 1 canon de 76 mm

Profondeur maximale : 75 m

38 hommes d’équipage

Remarque : seul le RO-100 sera réalisé selon ces spécifications d’origine ; il sera achevé en septembre 1942 aux chantiers de Kure.


KS-A
535 tonnes

2 diesel de 500 chevaux, 14 nœuds en surface

2 électriques de 600 chevaux, 14 nœuds en plongée

Autonomie : 3 500 milles à 12 nœuds (surface) ; 100 milles à 3 nœuds et 15 milles à 14 nœuds (plongée)

Armement : 4 tubes avant de 533 mm (6 torpilles), 1 mitrailleuse de 12,7 mm

Profondeur maximale : 75 m

33 hommes d’équipage

Remarque : l’installation de batteries d’un nouveau modèle ainsi que d’un compartiment de batteries supplémentaire placé à l’avant coûte l’emport de deux torpilles, malgré la longueur légèrement supérieure du type KS-A par rapport au type KS initial.

Dates d’achèvement des exemplaires en construction, RO-101 à RO-108 : octobre 1942 à mars 1943.
Les neuf autres exemplaires prévus seront annulés si la fabrication des sous-marins HA peut être lancée à temps.

Sous-marin expérimental
Les enseignements apportés par le N° 71 (désormais démantelé) ont été nombreux, mais des recherches avancées sont toujours indispensables. Le chantier naval de Kure a signalé que le groupe propulseur et la poupe du N° 71 avaient été préservés, puisque des travaux complémentaires sont toujours en cours sur la base des informations fournies par ces éléments. La documentation sur le N° 71 est bien sûr toujours disponible. Kure va travailler conjointement avec nos propres équipes de recherche et celles de Kawasaki et de Mitsubishi sur l’ensemble du programme d’expérimentations. Les éléments préservés du N° 71 seront transférés chez Kawasaki pour être réutilisés dans le nouveau sous-marin de recherche, décrit comme suit :

N°72

Sous-marin non armé de recherche hydrodynamique et sur les batteries expérimentales

250 tonnes

Dimensions : 42 x 4,50 mètres, tirant d’eau 4,20 mètres

1 diesel de 1 200 chevaux, 14 nœuds en surface

1 électrique de 1 200 chevaux, 21,25 nœuds en plongée

Autonomie : 4 000 milles à 12 nœuds (surface) ; 50 milles à 7 nœuds  (plongée)

Remarque : Lancement chez Kawasaki (Kobe) en mai 1942, achèvement en septembre 1942 grâce à la réutilisation de composants (groupe propulseur et proue, entre autres) du N° 71.


HA
265 tonnes

Dimensions : 45 x 4,70 mètres, tirant d’eau 4,30 mètres

1 diesel de 500 chevaux, 12 nœuds en surface

1 électrique de 2 500 chevaux, 22 nœuds en plongée

Autonomie : 5 000 milles à 12 nœuds (surface) ; 300 milles à 4 nœuds, 50 milles à 7 nœuds, 24 milles à 22 noeuds (plongée)

Armement : 4 tubes avant de 457 mm (8 torpilles), 1 mitrailleuse de 12,7 mm

Profondeur maximale : 75 m

24 hommes d’équipage (26 pour les unités des commandants d’escadrille)


Construction chez Kawasaki
Kawasaki a indiqué à la Sixième Flotte que les sous-marins de type HA pouvaient être construits différemment de la manière traditionnelle. Une méthode britannique datant de la Guerre de Crimée pourra être mise en œuvre, combinée à une chaîne de montage similaire à celles utilisée dans la construction aéronautique, de péniches de débarquement ou bien encore de chars d’assaut. L’assemblage se ferait dans de grands hangars traversés par des voies de chemin de fer. Une fois terminés, les sous-marins seront mis à l’eau par une grue flottante. Il serait ainsi possible d’en construire quatre par mois, construits en six mois chacun pour les huit premiers exemplaires, en cinq mois pour les huit suivants, puis en quatre mois.
Cela, bien entendu, sous réserve de disposer des moteurs électriques de 2 500 chevaux et des batteries nécessaires en nombre correspondant.

3 – L’entraînement des équipages
Si les questions de moteurs électriques et de batteries sont résolues, le facteur limitant les possibilités de déploiement de ces nouveaux sous-marins (K6-C et HA) sera la formation des équipages. Chaque équipage participera à la construction et à l’équipement de son bâtiment pendant la deuxième moitié de sa période de fabrication. Trois mois d’entraînement seront ensuite nécessaires pour l’équipage d’une unité après son achèvement. La Sixième Flotte pourra faire appel au savoir-faire de l’Aviation de la Marine Impériale en matière de constitution rapide d’équipages soudés.

En raison d’un besoin mensuel de 98 hommes d’équipage, chaque bateau sera commandé par un maître principal ou par un jeune enseigne. Les escadrilles seront commandées par un lieutenant de vaisseau, les flottilles (réunissant 3 ou 4 escadrilles) seront commandées par un capitaine de corvette. Les commandants d’escadrille ou de flottille assureront également, sauf exception, le commandement de leur propre sous-marin.


Ecole des sous-mariniers d’Otake
Cette école doit se développer impérativement. Les infrastructures sont suffisantes, mais les possibilités d’entraînement à la mer sont très loin de l’être.

(i) L’école dispose actuellement des unités suivantes :

3 sous-marins de type K4 (RO-26, RO-27, RO-28), aptes aux croisières d’entraînement ;

3 sous-marins de type L3 (RO-57, RO-58, RO-59), aptes aux croisières d’entraînement.

(ii) Les bâtiments suivants sont à transférer immédiatement à l’école d’Otake :

3 sous-marins de type K4 (RO-30, RO-31, RO-32),  aptes aux croisières d’entraînement.
(iii) Les bâtiments suivants sont à remettre en état pour servir à l’entraînement en surface et à immersion périscopique :

I-51 ; RO-51 ; RO-14 (en surface uniquement) ; RO-19 (en surface uniquement).
(iv) Huit sous-marins de poche (Type A, version 1), seront transférés au plus tôt à Otake pour l’entraînement initial aux grandes vitesses en plongée.

Les bâtiments suivants seront transférés au plus tôt (d’ici trois à six mois) à Otake :

Unités de la classe L4 restantes (à ce jour RO-61, RO-62, RO-63, RO-64, RO-65, RO-67, RO-68 ; les RO-66 et RO-60 ayant été perdus) ;
Unités de la classe K3A restantes (à ce jour I-153, I-154, I-155, I-158) ;
Unités de la classe K3B restantes (à ce jour I-156, I-157, I-159, I-160).

4 – Le programme des croiseurs sous-marins

Trois variantes de croiseurs sous-marins font partie du programme actuel :
– croiseurs sous-marins de reconnaissance, équipés d’hydravions

– croiseurs sous-marins amiraux, avec ou sans hydravions

– croiseurs sous-marins d’attaque.

Les bâtiments de ce type sont très aisément détectables en surface par les radars ennemis, ils plongent lentement et sont lents et peu manœuvrables en plongée. Dans la mission d’attaque des formations de navires de guerre ennemis, ils seront remplacés par les sous-marins moyens à grande vitesse en plongée (RO) de type K6-C.

Toutefois, nos grands croiseurs sous-marins ont toujours un rôle important à jouer. Ils seront utilisés pour porter la guerre au loin, aux portes mêmes de l’ennemi. La grande autonomie de ces bâtiments leur permettra de lancer des attaques là où l’ennemi s’y attend le moins. De plus, si l’intérêt de sous-marins équipés d’hydravions va déclinant, les capacités d’emport de ces unités pourront être utilisées dans le cadre d’autres missions.

Cependant, le programme de croiseurs sous-marins sera réduit pour libérer des ressources destinées aux autres programmes.


Modifications du programme de croiseurs sous-marins
KD7
– I-76, I-77 et I-78, achevés tel que conçus (respectivement en août, décembre et décembre 1942).
– I-79, I-80, I-81 et I-82, modifiés en KD7-A pour une vitesse supérieure en plongée.
– I-83, I-84 et I-85, annulés. Economies : 4 800 tonnes en construction de sous-marins, 6 diesel de 4 000 chevaux.

KD7-A
I-79, I-80, I-81 et I-82.
Coque externe profilée
1 600 tonnes
2 diesels de 1 200 chevaux, 14 nœuds (en remplacement de 2 diesels de 4 000 chevaux, 23 nœuds)
2 électriques de 2 500 chevaux, 15 nœuds
Autonomie : 16 000 milles à  12 nœuds en surface (malgré une capacité de carburant plus réduite, grâce à des moteurs moins puissants et un meilleur profilage) ; 25 milles à  14 nœuds et 200 milles à 3 nœuds en plongée (grâce au nouveau type de batteries, les mêmes que sur le K6-C, l’autonomie en plongée est doublée)
Armement : 6 tubes de 533 mm (avant), 12 torpilles, 2 canons de 25 mm escamotables

Profondeur maximale : 80 m

84 hommes d’équipage

Sous-marins de reconnaissance lointaine (type B1)
Les 20 exemplaires prévus de ce type sont à un stade de construction trop avancé pour pouvoir être modifiés. Ils seront achevés conformément aux spécifications initiales.


Sous-marins de reconnaissance lointaine (type B2)
6 exemplaires prévus, lancement du premier au chantier naval de Kure en mars 1942. Commande annulée (premier exemplaire à démonter). Economies : 13 920 tonnes en construction de sous-marins, 12 diesels de  5 500 chevaux.


Sous-marins de reconnaissance lointaine (type B3)
7 exemplaires prévus, lancement du premier au chantier naval de Yokosuka  en juillet 1942. Commande annulée. Economies : 14 980 tonnes en construction de sous-marins, 14 diesels de 2 350 chevaux.

Sous-marins de reconnaissance lointaine (type C2)
6 exemplaires prévus, lancement du premier au chantier naval de Sasebo en février 1942. Commande annulée, démontage du I-46. Economies : 13 104 tonnes en construction de sous-marins, 12 diesels de 6 200 chevaux.

Sous-marins de reconnaissance lointaine (type C3)
5 exemplaires prévus, lancement du premier au chantier naval de Kure en mars 1942. Commande annulée (premier exemplaire à démonter). Economies : 10 475 tonnes en construction de sous-marins, 10 diesels de 2 350 chevaux.

Sous-marins porte-avions de type AM
4 exemplaires prévus, lancement planifié pour début 1943. Commande annulée. Economies : 10 480 tonnes en construction de sous-marins, 10 diesels de 2 200 chevaux.

Sous-marins porte-avions de type STO
18 exemplaires prévus, lancement des premiers début 1943 à  Kure et Sasebo.
– 4 à accélérer et à modifier. Lancement du premier au chantier naval de Sasebo mi-1942, pour utilisation dans le cadre d’attaques de commandos, ainsi que d’unités d’attaque spéciales, les hangars abritant les avions étant maintenus pour abriter les embarcations de débarquement.

– 14 annulés. Economies : 49 420 tonnes en construction de sous-marins, 56 diesels de 1 925 chevaux.

Sous-marins ravitailleurs d’hydravions SH
3 exemplaires prévus, lancements à  Kure et Sasebo début 1943
– 2 à accélérer, lancement à  Kure au plus tôt pour le ravitaillement d’hydravions à grande distance. A réaliser selon les spécifications d’origine (1940).
– 1 annulé. Economies : 2 650 tonnes en construction de sous-marin, 2 diesels de 1 850 chevaux.

Sous-marins amiraux (type A1)
2 exemplaires terminés, 1 en cours d’achèvement, à terminer selon spécifications.

Sous-marins amiraux (type A2)
1 exemplaire commandé, lancement prévu à  Kawasaki fin 1942. Annulé. Economies : 2 390 tonnes en construction de sous-marins, 2 diesels de 2 350 chevaux.


Economies totales :
127 124 tonnes en construction de sous-marins. Cette économie permettra de construire de nombreux sous-marins moyens (RO) : environ 96 type K6-C et 124 type HA, à une cadence indicative de trois K6-C et quatre HA par mois, dès que nous pourrons disposer des moteurs électriques de grande puissance (dix moteurs de 2 500 chevaux par mois) et des batteries de grande capacité en nombre correspondant. Les économies d’échelle envisagées permettront d’aller au-delà.
Par ailleurs, cette refonte du plan de production libère de quoi équiper en moteurs diesels plusieurs dizaines d’escorteurs “Kaibokan” avec une machine (ou deux machines d’une puissance combinée) de 4 000 à 6 000 chevaux, conformément aux recommandations du Vice-Amiral Kondo.



Opérations expérimentales projetées avant fin 1942 par la Sixième Flotte

Opération Oni (27ème et 33ème escadres de sous-marins)

Les croiseurs sous-marins I-5 (de type J1 modifié, construit en 1932 et disposant d’une autonomie de 24 000 milles) et I-6 (de type J2, construit en 1935 et disposant d’une autonomie de 20 000 milles) ont été détachés de la 8ème division de sous-marins. Les sous-marins moyens (RO), également anciens, de type L4 (RO-61, 62, 63, 64, 65, 66 et 67), leur ont été rattachés. Cette opération a déjà permis de vérifier la capacité de nos anciens croiseurs sous-marins (Junsen) à servir de ravitailleurs pour de plus petites unités afin d’étendre leur rayon d’action à des zones que ces petits bâtiments n’auraient pas été capables d’atteindre par leurs propres moyens. La cible choisie a été la côte orientale de l’Australie.

A l’heure actuelle, l’opération n’est pas achevée, mais elle a déjà permis de couler un nombre important de navires ennemis.


Opération Oni 2 (7ème division de sous-marins)

Les quatre croiseurs sous-marins de type J1 I-1, 2, 3, 4 sont dépassés (ils ont été construits entre 1926 et 1929), mais disposent d’une autonomie de 24 000 milles. Avec les I-5 et I-6, ils forment les 7ème et 8ème divisions de sous-marins, 2ème escadre de la Sixième Flotte. Le sous-marin de poche de type A est maintenant bien connu par l’ennemi depuis l’attaque sur Singapour, ce qui diminue fortement sa valeur offensive.

Les trois bâtiments de la 7ème division de sous-marins et le I-4 (de la 8ème division) vont être modifiés pour pouvoir transporter chacun un sous-marin de poche de type A ou B sur leur pont, derrière leur canon de 140 mm arrière. Ils les emmèneront jusque sur la côte Est des Etats-Unis, pour attaquer des ports ennemis. Le sous-marin de poche de type B, ayant un diesel, donc une autonomie plus importante que ceux de type A, munis uniquement d’un moteur électrique, attaquera les installations (chantier naval, arsenal) de Norfolk (Virginie), les trois unités de type A attaqueront le port de New-York.

Après avoir récupéré les équipages des sous-marins de poche, les croiseurs sous-marins attaqueront le trafic marchand local à la torpille et au canon, puis se rendront à Lorient (France) pour y être réapprovisionnés avec des torpilles allemandes avant de réattaquer  les navires marchands au large de la côte Est des Etats-Unis, puis rentreront au Japon.
L’opération Oni 2 est destinée à obtenir un effet de surprise maximal, en utilisant le stock de sous-marins de poche de type A (et l’unique type B) avant qu’ils ne perdent tout intérêt. L’impact psychologique de cette attaque sur l’ennemi comme sur le peuple japonais sera extrêmement important, ainsi que le prestige qu’en retireront la Sixième Flotte et toute la Marine Impériale. 

Opération Oni 3

Le croiseur sous-marin I-10 (de type A1) sera détaché de la 2e escadre de sous-marins. Il prendra le commandement d’un groupe composé, en plus de lui, de cinq croiseurs sous-marins de la 1ère escadre de sous-marins (I-15, 17, 19, 21 et 22, tous de type B1). Le groupe se formera à Kwajalein. Chaque bâtiment emportera dans son hangar à hydravion un canot rapide à deux hélices de 8 m 50. Il emmènera également avec lui 14 membres des commandos de la Marine qui auront subi un entraînement spécial dans la démolition par explosifs. Deux des canots ne porteront que 10 hommes, la place libérée étant occupée par des charges de 500 kg d’explosifs.
Les canots seront entièrement préparés et les hommes y monteront à l’intérieur des hangars ; puis les canots seront roulés sur leur berceau jusqu’à la catapulte et désamarrés, moment où les sous-marins plongeront. A 30 nœuds, la durée estimée du trajet jusqu’à la cible est d’environ 20 ou 25 minutes. Les commandos de la Marine seront armés de pistolets-mitrailleurs, grenades et explosifs. Ils seront vêtus de leurs uniformes, taillés et teints pour qu’ils ressemblent au maximum à ceux de l’US Army, du moins de nuit. Des inscriptions en anglais figureront sur les canots, qui arboreront le pavillon américain jusqu’au moment de toucher terre. Quelques hommes parlant couramment l’anglais des Etats-Unis accompagneront la force d’attaque, afin de répondre aux interpellations éventuelles de manière suffisamment convaincante.

Ces forces spéciales attaqueront et détruiront les écluses de Miraflores sur le canal de Panama. Il y a quatre écluses (deux paires d’écluses successives placées côte à côte), soit un total de six portes. Les écluses se trouvent à 8 km de l’entrée du canal. L’ensemble du complexe qu’elles forment mesure environ un km de long, et de petits bateaux peuvent débarquer des troupes sur une rive ou l’autre à quelques dizaines de mètres des premières écluses. Les portes de ces écluses mesurent environ deux mètres d’épaisseur. Les deux portes aval peuvent être détruites par des charges lourdes d’explosif amenées par les canots, les quatre autres en faisant sauter leurs gonds avec des charges mises en place par les commandos. Le poids de l’eau fera le reste, y compris vider le lac de Miraflores. Si cette opération réussit, le canal de Panama sera fermé au moins un an.

Deux sous-marins attendront à un point de rendez-vous au large pour récupérer les membres des commandos. Les quatre autres monteront la garde pour intercepter tout bâtiment ennemi se dirigeant vers le point de rendez-vous. Les hommes des forces spéciales qui ne pourraient rejoindre ce point se dirigeront vers les pays neutres voisins, d’où ils pourront rejoindre le Pérou, où réside une importante communauté japonaise. Ils seront ensuite rapatriés par sous-marin.

Aucune activité de nos sous-marins n’a encore eu lieu sur la côte Ouest des Etats-Unis. Aucune autre opération de la Marine Impériale n’aura lieu dans ces eaux avant celle-ci, afin de donner à l’ennemi une fausse impression de sécurité. Cette attaque est prévue pour septembre 1942.


Opération Oni 4
Le croiseur sous-marin I-11 est un nouveau croiseur sous-marin de commandement. Quatre autres croiseurs sous-marins lui seront rattachés, et l’escadrille ainsi formée sera mise à disposition de la Deuxième Flotte pour des attaques en surface.


Conclusion
Les plans avec lesquels la Sixième Flotte se prépara et entra dans le conflit, ainsi que les bâtiments destinés aux missions correspondantes, demandent à être adaptés à l’évolution des conditions de la guerre.
Nos observations ont été confirmées par l’expérience acquise par l’Allemagne et l’Italie en matière de guerre sous-marine. La planification résumée ici est en bonne voie. Elle promet une forme de guerre sous-marine aussi nouvelle que fructueuse, et nos forces y obtiendront de nombreux succès.