Annexe 42-1-7

Le rapport soviétique du 27 janvier 1942

 

Note du traducteur (21 juillet 2005)

Ce qui suit est la transcription d’un fichier du “Dossier Ramsay” des Archives Militaires Centrales de la Fédération Russe, Moscou, qui a été récemment publié dans le Voenno-Istoricheskih Zhournal [Journal d’Histoire Militaire], n° 9/2005, rubrique “Dokoumenty i Fakty”.

Le “Dossier Ramsay” est disponible sous la classification Arhiv MO SSSR [Archives du Ministère de la Défense de l’URSS] SpetFond 3 [Fonds Spécial n°3, qui correspond à une partie du matériel archivé par le GRU]. La transcription ci-dessous correspond à une transmission radio de “Source Ramsay” à “Centre Moscou” par l’intermédiaire de “Wiesbaden”, en date du 27 janvier 1942.

Rappelons que “Ramsay” était le nom de code du réseau de Richard Sorge, mais aussi celui de Sorge lui-même. “Wiesbaden” était le nom de code de la station de radio du GRU opérant près de Vladivostok. “Otto” était le nom de code d’Hosumi Ozaki, bras droit de Sorge, conseiller du Prince Konoye et membre du Comité de Mobilisation Industrielle. “Showa” était le nom de code utilisé pour l’Ambassadeur d’Allemagne Eugen Ott qui, en 1939, avait demandé à Sorge de devenir son conseiller privé.

 

Cette transcription révèle à quel point les renseignements militaires soviétiques avaient pénétré au cœur même des relations germano-japonaises. Les points [1] et [2], qui contiennent des indications indirectes sur la date de la future attaque allemande contre l’URSS, sont de quelque intérêt historique. Dans le point [1], il est évident que “les plus hautes autorités allemandes” désigne tout simplement Hitler lui-même.

 

Le message original utilise les désignations administratives japonaises officielles de divers avions. Nous indiquons ci-dessous les désignations correspondantes de l’Air Technical Intelligence Unit alliée :
Chasseur Nakajima Type-97 de l’Armée – C’est le Nakajima Ki-27 “Abdul” ou “Nate”.
Chasseur Nakajima Type-1 de l’Armée – Nakajima Ki-43 “Oscar”.
Chasseur Nakajima Type-2 de l’Armée – Nakajima Ki-44 “Tojo”.
Chasseur Kawasaki Type-3 de l’Armée – Kawasaki Ki-61 “Tony”.
Chasseur biplace Kawasaki Type-2 modèle C de l’Armée – Kawasaki Ki-45 KAIc “Nick”.
Chasseur et avion d’appui au sol bimoteur monoplace Kawasaki Type-4 de l’Armée – Kawasaki Ki-96 “Omar”.
Avion de reconnaissance de commandement Kawasaki Type-100 modèle II de l’Armée – Mitsubishi Ki-46-II “Dinah”.
Hydravion léger de reconnaissance modèle 11 de la Marine Yokosuka Type-0 – Yokosuka “Glen”.

 

Le message original parle d’un Henschel bimoteur d’appui rapproché qui est évidemment le Hs-129 A et B dont le RLM a annulé la fabrication en septembre 1942 quand, après de retentissants accidents, il devint évident que l’usine Gnome & Rhône de Bois-Colombes était “incapable” (pour cause, non d’inaptitude technique, mais plutôt de mauvaise volonté et de véritables sabotages) de produire suffisamment de moteurs GR-14M fiables. La Résistance française a ainsi privé la Luftwaffe d’un avion qui aurait pu lui rendre de réels services.

Il est également question d’obus dotés d’un noyau au tungstène – or, les Allemands n’eurent jamais accès à des quantités suffisantes de tungstène pour fabriquer ces obus à l’échelle industrielle, ce qui ne devait pas handicaper beaucoup le 88 mm, mais les Japonais eux-mêmes ne pouvaient à l’époque qu’espérer mettre la main sur des mines de tungstène, espérance déçue par la suite (ces mines se trouvaient en Birmanie).

 

Enfin, il est intéressant de rappeler que chacun des convois ferroviaires entre l’Allemagne et le Japon (et retour) a connu un “regrettable retard” de deux ou trois jours, laissant le temps aux spécialistes soviétiques de déballer, examiner, démonter, photographier… et remballer avec soin tous les types de matériels et autres plans échangés par Allemands et Japonais.

 

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Moscou, 27/1/42

De : Ramsay

A : MC

Via : Wiesbaden

Direction : (numéro caviardé)

Statut : Extrêmement Important

 

Texte :

L’assistance allemande au Japon et ses implications

 

Sources : Otto et Showa

 

(1) Le gouvernement allemand a accepté de fournir une assistance technique et matérielle au Japon dans sa guerre en Extrême-Orient. Ce sujet a été discuté au plus haut niveau à Berlin au début du mois. Le principal objectif allemand est de dévier vers l’Extrême-Orient et le Pacifique une quantité suffisante de forces américaines et britanniques pour que l’entrée en guerre des Etats-Unis ne se fasse pas sentir en Europe avant le printemps ou l’été 1943. A ce moment, les plus hautes autorités allemandes sont convaincues d’être en position de résister à l’Alliance des Puissances Occidentales et d’avoir résolu leur problème de matières premières.

(2) L’assistance technique et matérielle allemande impliquera plusieurs convois ferroviaires pour le Japon. Il a jusqu’ici été prévu d’en envoyer deux et peut-être trois (les convois “Anton” et “Bruno” sont déjà organisés). Les autorités japonaises au plus haut niveau ont néanmoins été informées, sous le sceau de plus grand secret, qu’aucun convoi ne leur sera plus envoyé après le 10 avril de cette année. Les autorités allemandes ont à plusieurs reprises indiqué à leurs homologues japonaises qu’il est de la plus haute importance que les besoins japonais leur soient clairement exposés avant fin février, afin de pouvoir y répondre par le convoi d’avril, qui sera le dernier avant sans doute la mi-1943.
Les matériels destinés à ces convois sont rassemblés dans le Gouvernement Général de Pologne. Le point de départ est Varsovie.

(3) La composition du convoi “Anton”, qui doit quitter Varsovie le 28 janvier, est la suivante.
(a) Des appareils de radio-détection, qui ont été demandés avec insistance par les autorités japonaises, car il semble qu’ils aient été utilisés avec succès par les forces britanniques pour la défense aérienne de la Malaisie :

– Deux appareillages d’alerte à distance nommés “Freya” et “Freya amélioré”.
– Un appareillage de détection pour l’artillerie nommé “Wurzburg” et un autre nommé “Grand Wurzburg”. Ces deux appareillages sont actuellement l’équipement standard de la défense anti-aérienne allemande, et sont aussi utilisés pour la direction de la chasse de nuit.
– Deux appareillages de détection Air-Mer.
– De la documentation sur ces appareillages et l’utilisation des systèmes de radio-détection par les Britanniques.
(b) Des armes pour les chasseurs et les avions d’attaque au sol japonais, car les forces japonaises semblent en retard sur les pratiques allemandes d’appui au sol et ont eu des problèmes significatifs pour surmonter l’opposition des chars lourds français et britanniques qu’ils ont rencontrés en Indochine et Malaisie. Les armes qui doivent être apportées par le convoi “Anton” comprennent :

– 400 unités du canon automatique Mauser MG-151 de 20 mm, avec les plans et les machines-outils pour la production de ce canon. Un lot de 200 est destiné à équiper la variante du chasseur lourd Nakajima Type-2 de l’Armée et un autre doit équiper le chasseur Kawasaki Type-3 de l’Armée, propulsé par un moteur DB-601 construit au Japon.
– 20 unités du canon automatique d’appui au sol Rheinmetall MK-101 de 30 mm, avec les plans pour la production de ce canon.
– 5 unités du canon automatique d’appui au sol Rheinmetall MK-103 de 30 mm, avec ses plans. Les deux armes sont conçues pour l’utilisation contre les chars par des avions d’appui rapproché. Ils utilisent une munition similaire, qui aurait pénétré le blindage de chars lourds français Type-B capturés au centre d’essai de Rechlin.
– 5 unités du nouveau canon automatique Rheinmetall MK-108 de 30 mm, conçu pour la destruction des bombardiers lourds. Ce canon tire une cartouche spéciale non utilisée sur les modèles précédents. C’est un canon léger, dont le poids est proche de celui du canon de 20 mm Mauser. L’obus aurait un remarquable pouvoir destructeur et l’énergie libérée à la gueule du canon est supposée compatible avec les structures des cellules des avions japonais. Ce canon est livré pour répondre à une demande spécifique des Forces Aériennes de l’Armée et de la Marine, après que les deux services aient rencontré les bombardiers lourds quadrimoteurs américains et les nouveaux bombardiers bimoteurs britanniques. Les rapports arrivant des fronts de Malaisie et d’Asie du Sud décrivent les deux types d’avion comme solidement protégés contre le tir des mitrailleuses de petit calibre. Le canon de 20 mm utilisé par les chasseurs navals actuels ne semble pas avoir un obus assez efficace contre de tels avions.
– 3 unités du canon Rheinmetall BK-3,7 de 37 mm. Ce canon est une variante embarquée de l’actuel canon allemand anti-aérien de 37 mm. Il est issu d’un programme d’urgence lancé après que des tests menés à Rechlin sur des chars lourds britanniques capturés aient démontré que les canons de 30 mm pourraient n’être pas assez efficaces.
(c) Des armes de défense AA, dont 3 unités du canon Flak-37 Rheinmetall-Borsig de 3,7 cm, qui est l’un des deux canons standards de la DCA légère allemande.
(d) Des fusées d’artillerie qui ont été développées pour le Werferabteilung et comprennent des Wurfgranate 41 Spreng und Kh-Nebel de 15 cm stabilisées par tournoiement, des fusées de démolition Wurfkörper Spreng de 28 cm et des fusées incendiaires Wurfkörper M F1 50 de 32 cm. Les deux derniers modèles ont été utilisés d’une façon limitée durant la récente attaque allemande en Grèce et sont réputées extrêmement efficaces pour démolir les points fortifiés. Certaines de ces fusées doivent être livrées à l’Arsenal naval de Yokosuka.
(e) Au moins 47 machine-outils conçues pour la production du moteur d’avion DB-601, avec trois unités du plus récent DB-601E (système à injection de carburant), trois unités du modèle amélioré DB-605 et leurs plans. 15 unités du moteur à injection de conception Bosch doivent aussi être livrées, avec un accord de licence.

(4) Une délégation militaire et technique allemande est arrivée à Tokyo pour discuter d’une coopération plus approfondie et préparer le retour du convoi “Anton”, qui pourrait quitter Dairen le 1er mars.

En paiement pour le contenu du convoi “Anton”, les autorités allemandes ont d’abord demandé des matière premières et en particulier du caoutchouc et des métaux non-ferreux. Le président du Comité Industriel de Planification japonais a déclaré que les livraisons devraient être faites en puisant dans les stocks stratégiques japonais, car la Sphère de Co-Prospérité est pour l’instant incapable de fournir de tels biens, mais les autorités japonaises sont sûres de pouvoir regarnir leurs stocks dès le milieu de 1942. M. Suzuki a dit à la délégation allemande que les stocks de caoutchouc et de matières premières de l’Indochine française n’étaient pas disponibles en raison d’une destruction apparemment systématique ou d’une évacuation avant la guerre. Dans un message envoyé à Berlin par la voie diplomatique, le gouvernement japonais a précisé que les stocks existant au 7 décembre 1941 (qui ne sont donc pas actuellement à sa disposition) peuvent être considérés comme la propriété du gouvernement français de Paris et peuvent être inclus dans tout accord entre ce gouvernement et l’Allemagne, mais que toute nouvelle production sera considérée comme la propriété du Japon.

La délégation allemande, après que certains de ses membres aient passé quatre jours à l’Ecole de Chasse d’Akeno, a spécifiquement demandé qu’un exemplaire et les plans de chacun des avions suivants soient inclus dans le convoi “Anton” à son retour en Allemagne :

– Avion de reconnaissance de commandement Type-100 modèle II de l’Armée.
– Chasseur biplace Type-2 modèle C de l’Armée.
– Chasseur et avion d’appui rapproché bimoteur monoplace Type-4 de l’Armée.
Les officiers de la Luftwaffe qui ont eu la possibilité de piloter des avions japonais à Akeno semblent avoir été favorablement impressionnés par l’avion de reconnaissance de commandement Type-100 modèle II. Ils aimeraient le voir fabriqué en Allemagne et équipé du nouveau moteur en étoile BMW de forte puissance. Ces officiers ont apprécié la maniabilité et le potentiel de développement du chasseur biplace Type-2 modèle C et de son dérivé monoplace, qui est en cours de conception chez Kawasaki.

Ils ont indiqué aux officiers japonais que le nouvel avion “Destroyer” biplace construit par Messerschmitt est très peu satisfaisant. L’un des officiers allemands l’a décrit comme « un échec complet, très dangereux à piloter. » On constate aussi un grande déception à propos du nouveau bimoteur Henschel d’appui au sol. Cet avion, dont le prototype et les appareils de pré-production volent actuellement avec des moteurs allemands de 450 CV ou avec des moteurs français capturés de 660 CV, a de médiocres performances avec les premiers. Les autorités allemandes avaient espéré que la complète coopération du gouvernement français pourrait accélérer la production du moteur de 660 CV. Mais jusqu’ici, en raison de la destruction quasi complète de la ligne de production lorsque le gouvernement pro-britannique a quitté le territoire français en juillet 1940, et des sabotages constants dans les usines françaises, la production est très réduite (jamais plus de 10 moteurs par semaine, et souvent moins) et la qualité est très mauvaise. Plus de 40% de la production de décembre 1941 a été refusé par les représentants du RLM. Les officiers allemands présents à Akeno ont officieusement informé leurs collègues japonais qu’ils doutent que le Henschel d’appui au sol soit produit à grande échelle avant l’été 1942 sinon plus tard, en dépit du fait que ce projet est maintenant hautement prioritaire.

Les officiers allemands ont également parlé aux Japonais du nouveau chasseur américain bimoteur monoplace, mis en œuvre par les forces franco-britanniques au-dessus de la Grèce. Ils sont arrivés à la conclusion qu’un second membre d’équipage sur un chasseur bimoteur est inutile, car la protection arrière qu’il peut fournir ne vaut pas le poids supplémentaire qu’il représente. C’est aussi l’opinion de la direction de l’Ecole de Chasse d’Akeno. De fait, le développement du chasseur bimoteur monoplace Type-4 de l’Armée est attendu avec beaucoup d’espoir, car il doit utiliser une cellule proche de celle du Type-2 actuel, mais allégée et dotée de moteurs plus puissants. Cet avion, dont le premier vol est attendu pour l’automne 1942, doit être utilisé comme chasseur à long rayon d’action, comme avion d’appui au sol lourd et comme bombardier en piqué par les nouveaux Régiments aériens indépendants d’appui au sol créés par l’Armée.

L’officier de liaison de la Marine allemande a exprimé le désir de voir l’hydravion léger de reconnaissance modèle 11 de la Marine Yokosuka Type-0 inclus dans la liste des appareils envoyés en Allemagne lors du retour du convoi “Anton”. Cet hydravion transportable par un sous-marin a en effet soulevé un certain intérêt à l’état-major des forces sous-marines allemandes. Mais il intéresse aussi les unités de coopération air-mer de la Luftwaffe, qui recherchent un petit hydravion capable de se charger de patrouilles côtières ASM en mer Egée.

 

(5) A la suite des discussions entre les délégations militaro-techniques allemandes et les officiers de l’Armée et de la Marine Impériales, M. Suzuki a informé le Comité spécial de Planification Industrielle de la nécessité d’améliorer ou d’accélérer certains programmes déjà en développement.

– Le canon de 75 mm AA Type-88 doit être simplifié et doté d’un train lui permettant d’être rapidement mis en batterie contre des cibles terrestres. La production d’un obus antichar spécial doit être lancée dès que possible, en utilisant les données allemandes sur un obus antichar à haute vélocité et noyau en tungstène utilisé pour le canon de 88 mm Flak-18 et nommé Panzergranate Patrone 40 de 8,8 cm. Cet obus, utilisé dans le canon de 88 actuel, a une vélocité initiale de près de 970 mètres par seconde, contre 860 pour l’obus perforant normal. Ce nouvel obus donnerait au 75 mm Type-88 à peu près les mêmes capacités que le 88 mm Flak-18 utilisant un obus perforant normal.

– La production du canon allemand de 37 mm Flak-37 doit être préparée d’abord pour la Marine, puis pour l’Armée. Les représentants de l’industrie japonaise désirent copier le système de visée du canon allemand, mais sa production demandera beaucoup de temps. M. Suzuki l’a déconseillée à la Marine, en raison de sa complexité industrielle.

– La documentation technique reçue sur un nouveau “char de percée” allemand a été très discutée. Ce véhicule, dont les tout premiers exemplaires doivent entrer en service en mars, est un engin de 36 tonnes développé par Henschel contre un concurrent Porsche. Il doit être armé d’un canon de 75 mm à haute vélocité (43 ou 48 calibres de longueur), mais la plupart des véhicules de pré-production sont encore armés avec le 75 mm à basse vélocité actuellement utilisé par le Panzer IV.

L’état-major technique de l’Armée Impériale est très divisé sur la possibilité de produire sous licence un tel engin. Les rapports arrivant d’Indochine et de Malaisie soulignent la nécessité de disposer d’un char lourd, bien protégé contre les canons antichars de 47 mm et capables d’engager les chars lourds ennemis à une distance de plus de 1000 mètres. Cependant, les représentants de l’Armée allemande (Heer) membres de la délégation militaro-technique estiment qu’un canon de 47 ou 50 mm à haute vélocité est suffisamment efficace et que le passage à un canon de 75 mm à haute vélocité entraîne une augmentation de poids bien trop forte. Le représentant de la Marine Impériale au Comité de Planification s’est exprimé contre le projet, en raison du fait que les moyens de transport actuels de la Marine auraient du mal à prendre en charge un véhicule aussi lourd et que l’acier nécessaire à sa production à grande échelle serait mieux utilisé pour une accélération du programme de construction de destroyers. La mise au point de meilleures armes antichars et l’introduction des Régiments aériens indépendants d’appui tactique, qui s’entraînent actuellement sous la direction de la Marine, représenteraient une meilleure solution.

– Enfin, les conséquences de la modification du programme de chasseurs de l’Armée sont d’une très grande importance.

La production du chasseur Nakajima Type-97 de l’Armée doit être transférée aux installations Mansyu Hikoki Seizo K.K. à Harbin, en Mandchoukouo. Le transfert de la ligne de production doit commencer fin mars et être achevée dans les trois mois suivants. Le chasseur Type-97 ne doit plus être utilisé que par les unités de deuxième ligne ou par les forces aériennes des “pays associés”, avant d’être utilisé, à partir de 1943, comme appareil d’entraînement à la chasse.

Le chasseur Nakajima Type-1, qui est maintenant considéré comme un matériel intérimaire pour l’aviation de l’Armée jusqu’à la production en série du Nakajima Type-2 et du Kawasaki Type-3, doit être fabriqué à partir du printemps 1943 par l’Arsenal Tachikawa et par Mansyu afin de libérer les capacités de production de Nakajima pour le Type-2, mais aussi pour le nouveau chasseur qui doit répondre aux spécifications du Koku Hombu formulées fin décembre dernier pour un avion capable d’atteindre 640 à 680 km/h.

Ces redéploiements impliquent un développement considérable des capacités de production de Mansyu Hikoki Seizo K.K. M. Suzuki a clairement déclaré que ce développement ne pourrait être possible sans l’achat de grandes quantités de matériaux de construction à l’Union Soviétique voisine.

De toute façon, les besoins en bois de construction vont doubler pour satisfaire aux besoins du nouveau programme de constructions navales. Le ministère des Affaires Etrangères japonais doit bientôt contacter le gouvernement soviétique pour conclure un accord commercial, requérant une livraison rapide de bois, de ciment de qualité Portland, de béton et de briques.