La Marine Nationale, début janvier 1942
De : Amiral Lemonnier, chef d’état-major de la Marine Nationale
A : Conseil de Défense Nationale
Objet : Etat des forces et du déploiement de la Marine Nationale après les derniers événements d’Extrême-Orient
Statut : Confidentiel défense, accès limité aux membres du CDN uniquement
Vous trouverez ci-après un état préparé par l’Etat-Major Général de la Marine Nationale sur la situation de nos forces après la bataille de Mer de Chine Méridionale. Ce document a été préparé par les bureaux de l’Etat-Major. Il couvre la situation de nos principales unités de surface, de notre force sous-marine et de l’Aéronavale.
En préliminaire, je tiens à souligner ici le magnifique esprit de combat de nos équipages, qui ont fait preuve d’une bravoure remarquable, d’un engagement total dans l’accomplissement de leur devoir et des plus hautes qualités professionnelles dans des conditions opérationnelles extrêmement difficiles. Je veux rappeler que la Marine Nationale se bat sans le soutien de chantiers navals nationaux parfaitement équipés et sans l’appui de notre industrie.
Malgré tout, cette année 1941 a vu quelques-unes des plus grandes victoires de la Marine Nationale, avec la destruction du redoutable cuirassé allemand Bismarck et de son équivalent italien le Vittorio Veneto, ainsi que d’une grande part de la flotte italienne, qui se trouve à présent réduite à l’impuissance ; mais 1941 a également vu certaines des plus lourdes pertes que nous ayons subies, avec la perte de notre seul porte-avions, le Béarn, celle du cuirassé Bretagne, de deux croiseurs lourds, deux croiseurs légers, dix contre-torpilleurs et destroyers, sept torpilleurs, de nombreux sous-marins et autres navires et embarcations.
Les événements actuels en Mer de Chine Méridionale ont soulevé la question de l’envoi de renforts supplémentaires et d’un éventuel redéploiement de la Marine Nationale. Nous avons déjà tenu compte de la situation en formant une nouvelle flottille de sous-marins (la 2ème Flottille Sous-Marine d’Extrême-Orient) et en constituant un groupe de mouilleurs de mines rapides autour de l’Emile-Bertin et du croiseur léger converti Lamotte-Picquet. Ces mouvements sont les seules options réalistes qui nous soient accessibles.
L’Amiral Tovey, de la Royal Navy, s’oppose avec raison à l’envoi du groupe Richelieu (cuirassé Richelieu, croiseur lourd Algérie et quatre nouveaux destroyers de classe Le Hardi) en Extrême Orient. Il part très justement du principe que ce groupe est nécessaire pour faire face aux puissants navires de guerre allemands qui se trouvent maintenant en Norvège.
L’Amiral Gensoul s’oppose, quant à lui, à l’envoi de deux croiseurs lourds et/ou du Dunkerque et du Strasbourg en Extrême-Orient, parce que (a) nous avons besoin d’une flotte puissante en Méditerranée tant que la flotte italienne n’est pas totalement annihilée, (b) nous avons besoin d’une puissante escadre pour apporter un soutien à l’opération “Crusader/Croisade” à venir et (c) tant que les deux croiseurs de bataille allemands actuellement à Brest ne seront pas mis hors d’état de nuire de façon définitive par les attaques de la RAF, le Dunkerque et le Strasbourg sont nécessaires pour leur faire face.
L’Etat-Major de la Marine Nationale soutient pleinement les positions de l’Amiral Tovey et de l’Amiral Gensoul. Nous ajoutons que, sans une couverture aérienne fournie par au moins deux porte-avions d’escadre, envoyer de nouveaux navires de ligne en Extrême-Orient serait un gaspillage de ressources désastreux.
Nos navires et nos sous-marins ont été aux avant-postes dans les affrontements face à la flotte japonaise. Nous, officiers et marins français, sommes fiers d’avoir navigué au côté du regretté Amiral Phillips, de la Royal Navy, et d’avoir infligé de lourdes pertes à un ennemi en apparence irrésistible.
Nul ne doit se faire d’illusions sur les épreuves qui attendent nos navires et nos équipages dans les jours et les semaines à venir en Extrême-Orient. Ils se battront tous dans le respect de nos traditions navales.
Votre dévoué serviteur
Amiral Lemonnier
Première partie – SITUATION DE LA FLOTTE DE SURFACE
Les unités de la flotte de surface ont été utilisées de manière intensive en Méditerranée, mais aussi en Extrême-Orient. Les pertes ont été lourdes et de nombreux navires ont été endommagés.
A – GRANDES UNITES
I – Cuirassés
Classe Danton
– Le Condorcet, utilisé par l’Ecole de Torpillage à Toulon, a été envoyé à Casablanca en juillet 1940. Il vient d’être converti en ravitailleur de sous-marins, et va être envoyé à Darwin (Australie).
Classe Courbet
– L’Océan (ex Jean-Bart), démilitarisé et servant de ponton d’hébergement à Toulon, a été sabordé pour bloquer la rade le 4 août 1940.
– Le Paris, démilitarisé en juillet 1940, sert de ponton d’hébergement à Plymouth pour nos unités opérant avec la Royal Navy dans les Western Approaches.
– Le Courbet a été utilisé en Mer Egée comme vaisseau de bombardement côtier avec un armement anti-aérien légèrement amélioré (4 canons de 3 pouces, 4 affûts doubles de 25 mm type Armée) ; il a été fortement endommagé le 28 septembre 1941 et se trouve maintenant à Alexandrie. Considérant son âge et les dommages qu’il a subis, nous ne pensons pas qu’il vaille la peine d’être réparé. Il doit être remorqué jusqu’à Benghazi pour être utilisé comme ponton d’hébergement.
Classe Bretagne
– Le Bretagne a été coulé le 17 mai 1941, en Mer Ionienne, par les obus du Vittorio Veneto (explosion de soute à munitions).
– Le Provence a été endommagé le 17 mai 1941 par le Vittorio Veneto, au cours de l’engagement qui a vu la perte du Bretagne. Il a été envoyé au chantier naval de Norfolk pour réparations. La reconstruction prévue comprend la suppression de la tourelle centrale de 340 mm, l’augmentation à 28° de l’angle d’élévation de l’artillerie principale, le remplacement de la totalité de l’artillerie secondaire par 12 tourelles simples de 5 pouces/38 et la pose sur la coque de protections anti-torpilles profilées qui réduiront la vitesse de pointe à 18,5 nœuds. Le Provence doit être remis en service en juin 1942. Il remplacera le Courbet comme navire de bombardement côtier et de soutien aux opérations amphibies.
– Le Lorraine est le navire amiral de l’Escadre de Méditerranée.
Classe Dunkerque
– – Le Dunkerque et le Strasbourg sont opérationnels et détachés auprès de la Force H de la Royal Navy à Gibraltar, où ils forment avec le HMS Renown la 2ème Escadre de croiseurs de bataille. Ils ont pour mission de prendre en chasse le Scharnhorst et le Gneisenau, au cas où ces derniers tenteraient de forcer le passage vers l’Atlantique depuis Brest ou Saint-Nazaire. Les deux navires auraient besoin d’une modernisation sérieuse pour améliorer leur armement antiaérien à courte portée. Il est toutefois impossible actuellement de nous priver de ces bâtiments pour les envoyer dans un chantier naval américain.
Classe Richelieu
– Le Richelieu a terminé ses réparations aux chantiers navals de Philadelphie après son combat victorieux contre le Bismarck. Le contrôle de tir a été modernisé. Six affûts quadruples et huit affûts doubles de 40 mm Bofors antiaériens ont été installés (au total 40 canons AA de 40 mm), ainsi que 24 affûts simples de 20 mm Œrlikon. Le navire est à présent de retour à Scapa Flow.
– Le Jean-Bart est en cours de transformation. Voir Porte-Avions, classe Jean-Bart.
– Le Clemenceau a été abandonné sur cale en cours de construction à Brest en juin 1940.
II – Porte-aéronefs
Classe Joffre
– La coque du porte-avions Joffre, en cours de construction, a été abandonnée à St-Nazaire en juin 1940.
– Le Béarn a été coulé par des bombardiers en piqué le 21 février 1941 au sud-est de la Corse après avoir été gravement touché à cinq reprises.
Classe Lafayette
Il était prévu à l’origine d’utiliser deux pétroliers d’escadre de l’US Navy convertis en porte-avions (l’AO28 Esso Trenton devenant le Lafayette et l’AO29 Seakay le Bois-Belleau). Toutefois, l’US Navy a réclamé la restitution de ces deux navires. En compensation, le gouvernement américain a décidé de nous allouer quatre porte-avions d’escorte construits par conversion de navires marchands.
– L’ex Mormacland a été achevé par Sun en tant que Lafayette et a commencé ses essais en décembre dernier. Il ne peut filer que 16,5 nœuds au mieux et ne peut embarquer que 10 chasseurs (du type Grumman à ailes repliables) et 6 avions de lutte anti-sous-marine (Fairey Swordfish).
– L’ex Rio Hudson a été converti par Sun et se nomme à présent Bois-Belleau. Il sera livré à la fin de février prochain. Il est très similaire au Lafayette.
Ces deux bâtiments, après avoir achevé leurs essais et l’entraînement des équipages, rejoindront la flotte de Méditerranée en avril prochain.
– Le Rio Paraña est en cours de conversion par Sun. Il sera livré en mai 1942 sous le nom de Quentin Roosevelt.
– Le Rio de Janeiro est également en cours de conversion par Sun. Il sera livré en juin 1942 sous le nom de Dixmude.
Ces deux navires sont similaires au Lafayette.
Classe Jean-Bart
– Le Jean-Bart est actuellement en cours de reconstruction sous forme de porte-avions au chantier naval de New-York. Le navire doit être armé de tourelles doubles de 5 pouces/38 et doit recevoir 54 avions, dont 24 chasseurs et 30 bombardiers en piqué et bombardiers-torpilleurs. La remise en service est prévue pour la fin du printemps 1943.
Classe Commandant-Teste
– Le porte-hydravions Commandant-Teste se trouve actuellement à Port-Blair dans les Andamans, où il participe à l’établissement d’une base d’hydravions.
Sa conversion en porte-avions n’est pas une option, car ce navire est trop lent.
Nous tenons à souligner ici que les derniers événements de Mer de Chine méridionale ont confirmé à la fois la valeur stratégique et tactique des porte-avions rapides. Si l’escadre de l’Amiral Phillips avait été soutenue par un second grand porte-avions, l’issue de la bataille aurait pu être sensiblement différente.
III – Croiseurs lourds
Classe Duquesne
– Le Duquesne a été endommagé le 20 décembre 1941 par une torpille d’un sous-marin japonais. Il est en réparations au chantier naval de Cockatoo (Australie) jusqu’en juin 1942.
– Le Tourville a été touché par des bombes près des îles Ananba le 30 décembre 1941. Il a quitté Singapour et fait actuellement route vers l’Australie. Nous estimons que ses réparations dureront jusqu’en mars 1942.
Classe Suffren
– Le Foch a été sabordé après avoir reçu plusieurs obus, bombes et torpilles le 7 mars 1941, au sud-ouest de la Corse.
– Le Suffren a été coulé à Alger le 9 septembre 1941 par des “torpilles lentes” italiennes. Le navire a été renfloué. Toutefois, les dégâts sont si importants qu’il a été décidé de le retirer du service pour l’utiliser comme source de pièces détachées pour ses deux homologues rescapés.
– – Le Colbert et le Dupleix sont basés en Méditerranée (Alger et Benghazi).
– L’Algérie est basé à Scapa Flow.
IV – Croiseurs légers
Classe Duguay-Trouin
– – Le Duguay-Trouin et le Primauguet ont tous deux vu leurs superstructures très endommagées en Mer de Chine Méridionale. Ils ont tous les deux été envoyés dans des chantiers navals de la côte est des Etats-Unis. Du fait de leur armement non standard et relativement dépassé, alors que leurs coques et leurs machineries sont intactes, il a été décidé de les refondre tous les deux en tant que croiseurs anti-aériens (CLAA). Ils doivent recevoir une nouvelle passerelle, deux tourelles doubles de 5 pouces/38 à l’avant, trois à l’arrière, jusqu’à trois affûts quadruples de 40 mm Bofors et le plus possible de 20 mm Œrlikon. Equipés de radars d’alerte aérienne et de guidage de la chasse, ce seront des navires extrêmement utiles. Du fait de la nature même de cette reconstruction, le Primauguet ne sera pas prêt avant février 1943 et le Duguay-Trouin avant avril 1943.
– Le Lamotte-Picquet, endommagé dans une moindre mesure, a été transformé en urgence à Singapour en mouilleur de mines rapides. Il ne conserve que ses canons avant de 155 mm, mais peut porter plus d’une centaine de mines. Il est à nouveau opérationnel et fait équipe avec l’Emile-Bertin.
Classe Jeanne d’Arc
– Le croiseur d’entraînement Jeanne-d’Arc, basé à Tahiti, est le navire-amiral de l’Escadre du Pacifique. Il se trouve actuellement à l’île de Canton.
– L’Emile-Bertin opère depuis Singapour avec le Lamotte-Picquet.
Classe La Galissonnière
– Le Georges-Leygues a été coulé par des bombardiers en piqué à l’ouest de la Corse après avoir reçu une torpille du destroyer italien Tarigo le 18 février 1941.
– Le Jean-de-Vienne a été coulé à Alger le 9 septembre 1941 par des “torpilles lentes” italiennes. Le navire a été renfloué est doit être envoyé fin janvier dans un chantier naval américain pour d’importantes réparations.
– Le La-Marseillaise, qui a été sérieusement endommagé par de multiples obus du Bande Nere et par des bombes, est en cours de reconstruction au chantier naval de Newport News. Le bâtiment doit en ressortir en tant que croiseur antiaérien (CLAA), avec une nouvelle passerelle (similaire à celle de la classe Algérie, mais à une échelle réduite) et avec l’armement suivant : six tourelles doubles de 5 pouces/38 (trois à l’avant et une à l’arrière dans l’axe central, plus deux alternées latéralement à l’arrière), 12 affûts doubles de 40 mm et 8 affûts simples de 20 mm. Deux radars de tir Mk.37 seront ajoutés, la catapulte, le hangar à hydravion et tout l’armement d’origine (sauf les tubes lance-torpilles) seront enlevés. La remise en service de ce navire est attendue pour la fin juin 1942.
– Les La-Galissonnière, Gloire et Montcalm sont opérationnels en Méditerranée. Les deux derniers ont été détachés au sein de l’Escadre de Mer Egée.
– Le De-Grasse a été abandonné sur cale en juin 1940.
Classe Pluton
Le croiseur mouilleur de mines La Tour d’Auvergne (ex Pluton) a été perdu accidentellement suite à l’explosion de l’une de ses propres mines, le 13 septembre 1939, à Casablanca.
Divers
– Le Thionville (ex-autrichien Novara), démilitarisé et utilisé comme ponton d’hébergement à Toulon, a été sabordé le 4 août 1940 pour bloquer la rade.
– Le Strasbourg (ex-allemand Regensburg), démilitarisé et utilisé comme ponton d’hébergement à Lorient, a été abandonné en l’état en juin 1940.
B – NAVIRES DE FLOTTILLE
I – Grands destroyers ou contre-torpilleurs
Classe Chacal
– Le Jaguar a été coulé par deux vedettes lance-torpilles allemandes (les S-21 et S-23), le 23 mai 1940, devant Dunkerque.
– Le Chacal a été coulé le 24 mai 1940, après avoir été touché de quatre bombes par des avions allemands, au Cap d’Alprecht, près de Boulogne.
– Le Panthère a été échoué le 8 décembre 1941 dans la baie de Cam Ranh, après un raid aérien japonais. Il peut être considéré comme perdu. Son équipage a pu être ramené en Algérie.
– Le Tigre a été coulé par une torpille au large de Tourane, dans la nuit du 9 au 10 décembre 1941.
– Le Léopard a été coulé par des obus au large de Tourane, dans la nuit du 9 au 10 décembre 1941.
– Le Lynx est toujours opérationnel à Singapour.
Classe Guépard
– Le Bison a été coulé au large de la Norvège, le 3 mai 1940, par un Stuka allemand.
– Le Valmy a été sabordé après avoir été touché par une torpille lancée par une vedette rapide italienne, le 1er juin 1941 au sud de Corfou.
– Le Lion a été sabordé le 13 juin 1941 près de l’île de Lemnos, dans le nord de la Mer Egée, après avoir reçu une bombe.
– Le Vauban a été perdu après avoir été torpillé au large de l’île de Syros (Cyclades), dans la nuit du 28 au 29 juillet 1941.
– – Le Guépard et le Verdun ont été envoyés en août 1941 aux Etats-Unis pour une refonte. Toute leur artillerie (canons de 138 mm/40 et 37 mm AA) doit être retirée. Un nouvel armement doit être mis en place : quatre canons de 5 pouces/38 (polyvalents) avec bouclier montés sur anneau, trois affûts doubles de 40 mm et six affûts simples de 20 mm, plus un radar de tir Mk.33, quatre lance-grenades ASM et deux râteliers à grenades ASM. Les deux navires ont commencé leurs essais à la mer. Ils seront remis en service en février 1942 et opéreront en Méditerranée.
Classe Aigle
Tous les navires opèrent depuis Dakar et Casablanca. Ils ont déjà été modifiés en 1940 pour la lutte anti-sous-marine par la suppression d’un canon de 138 mm et l’ajout de quatre lance-grenades ASM et deux râteliers à grenades ASM.
L’Albatros et le Milan ont été envoyés aux Etats-Unis il y a un an après la bataille du Cap-Vert, pour réparations et rééquipement.
L’Aigle et le Gerfaut doivent être envoyés aux Etats-Unis pour une modernisation encore plus approfondie dans les semaines qui viennent. L’Epervier et le Vautour doivent également y être envoyés au mois de juin 1942.
Au terme des modifications prévues, leur armement se composera de deux canons de 138 mm (trois pour l’Albatros et le Milan), deux affûts doubles de 40 mm et six affûts simples de 20 mm, deux dispositifs ASM hedgehogs (sauf sur l’Albatros et le Milan), quatre lance-grenades ASM et deux râteliers à grenades ASM. Leur rayon d’action sera considérablement accru et les quatre derniers bâtiments pourront assurer les fonctions de chef de flottille d’escorte ASM et AA.
Classe Vauquelin
– Le Maillé-Brézé a coulé accidentellement le 30 avril 1940 en rade de Greenock, à la suite de l’explosion accidentelle de l’une de ses torpilles.
– Le Chevalier-Paul a été coulé par des bombardiers en piqué à l’ouest de la Corse, au matin du 18 février 1941.
– Les Cassard, Kersaint, Tartu et Vauquelin sont basés en Méditerranée.
Classe Le Fantasque
– L’Audacieux a été sabordé après avoir reçu une torpille au large d’Olbia, à l’aube du 7 mars 1941.
– Le Malin a été sabordé après avoir été touché par des bombes à l’ouest de la Sardaigne, le 16 mars 1941.
– Le Triomphant a été endommagé par des bombes le 11 juillet 1941, au sud du Péloponnèse. Il a été réparé à Oran jusqu’en septembre 1941. Il est à présent basé en Méditerranée.
– Le Fantasque, L’Indomptable et Le Terrible sont basés en Méditerranée.
Classe Mogador
– Le Mogador a été endommagé par des bombes dans le nord de la Mer Egée, le 13 juin 1941. Il a été envoyé dans un chantier naval américain pour des réparations définitives et a été remis en service au début de décembre 1941. Les deux tourelles arrières de 138 mm ont été remplacées par trois canons de 5 pouces/38 avec bouclier montés sur anneau. Trois affûts doubles de 40 mm et six affûts simples de 20 mm ont été ajoutés. Une fois ses essais en mer achevés, il deviendra chef de flottille pour le Guépard et le Verdun quand ces derniers seront remis en service, en février.
– Le Volta est basé en Méditerranée.
II – Destroyers
Classe Bourrasque
– L’Orage a coulé le 23 mai 1940, alors qu’il croisait au large de Dunkerque, après avoir été bombardé et touché à plusieurs reprises par des avions allemands.
– Le Bourrasque a été coulé après avoir sauté sur une mine le 30 mai 1940, devant Nieuport.
– Le Siroco a été torpillé près de West Hinder par les S-23 et S-26 allemands, le 31 mai 1940. Immobilisé, il a été achevé par des Ju-88.
– Le Cyclone a été coulé par un sous-marin allemand le 23 juin 1940, alors qu’il était à la remorque de Brest vers Plymouth, après avoir perdu son étrave, arrachée le 30 mai par une torpille du S-24 allemand.
– – – – Les Ouragan, Simoun, Tramontane et Typhon ont achevé une modernisation limitée à Alexandrie et doivent opérer en Mer Egée. Après l’achèvement de l’opération “Crusader/Croisade”, nous espérons pouvoir les envoyer dans des chantiers navals aux Etats-Unis pour un rééquipement plus approfondi. Au terme des modifications envisagées, leur armement se composerait de deux canons de 5 pouces/38 avec bouclier montés sur anneau, deux affûts doubles de 40 mm et quatre affûts simples de 20 mm, quatre lance-grenades ASM et un râtelier à grenades ASM, plus leurs six tubes lance-torpilles actuels.
– – – – Les Mistral, Tempête, Tornade et Trombe ont été modernisés à Alexandrie, avec la suppression de deux canons de 127 mm sur quatre et leur remplacement par deux canons de 3 pouces AA, huit affûts simples de 20 mm et quatre lance-grenades ASM. Ils ont alors été envoyés en Extrême-Orient. Le Mistral a été coulé (torpillé par un sous-marin) le 31 décembre 1941. Les trois autres bâtiments opèrent avec le Lynx à partir de Singapour.
Classe L’Adroit
– La Railleuse a été perdu accidentellement suite à l’explosion de l’une de ses torpilles, à Casablanca, le 24 mars 1940.
– L’Adroit a été coulé par une bombe de Stuka, devant la plage de Malo-les-Bains (Dunkerque), le 20 mai 1940.
– le Foudroyant a été coulé par quatre bombes de Stukas, le 1er juin 1940, devant Dunkerque.
– le Brestois a été endommagé par une torpille tirée par un sous-marin, le 23 décembre 1941. Il est en cours de réparations à Alexandrie, jusqu’en juin 1942.
– – – – – – – – – – les L’Alcyon, Basque, Bordelais, Boulonnais, Forbin, Le Fortuné, Fougueux, Frondeur, Le Mars, et La Palme sont opérationnels en Méditerranée, à partir d’Alger et de Benghazi. Ces navires et le Brestois doivent être progressivement modernisés pendant la seconde moitié de cette année. Leur armement se composera ensuite de deux canons de 127 mm/40, un affût double et deux simples de 40 mm, six affûts simples de 20 mm, quatre lance-grenades ASM et deux râteliers à grenades ASM.
– – – – Le Hardi, le Foudroyant (ex Fleuret), L’Adroit (ex Epée) et le Casque sont basés à Scapa Flow avec la Home Fleet britannique et opèrent en soutien de l’Algérie et du Richelieu. Au début de l’année 1942, ils doivent être remplacés par les 4 sisters-ships suivants et modernisés à leur tour aux Etats-Unis (montage de radars et de la conduite de tir anti-aérien Mk-37). Leur retour est prévu pour le début de l’automne 1942.
– – Le Cyclone (ex Lansquenet) et le Mameluck ont été achevés à Casablanca en novembre-décembre 1940.
– – Le Siroco (ex Le Corsaire) et le Bison (ex Le Flibustier) étaient terminés à environ 90% après leur évacuation de la métropole. Ils ont vu leur achèvement retardé dans l’attente d’une disponibilité dans un chantier naval américain.
Sur proposition américaine, ces 4 navires ont été envoyés à New York pour achèvement et modernisation (radars et conduite de tir). Les travaux ont été terminés en octobre 1941 et la conclusion des essais opérationnels à Norfolk (essais en mer et exercices de tir anti-aérien) est prévue pour fin janvier 1942. Ils doivent ensuite rejoindre le groupe du Richelieu en remplacement des 4 premiers navires de la classe.
– – – – L’Aventurier, L’Intrépide, L’Opiniâtre et Le Téméraire, les quatre derniers navires de la classe (avec une coque légèrement modifiée) ont été sabordés sur cale en 1940, car insuffisamment achevés pour pouvoir être évacués.
Classe Le Corsaire (annulée)
Cette classe devait comprendre quatre destroyers américains relativement modernes de la classe Farragut (Alwyn, Dale, Dewey et Mac-Donough), qui auraient dû être transférés à la Marine Nationale à l’automne 1941 et nommés respectivement Le Téméraire, Le Flibustier, Le Corsaire et L’Aventurier. Du fait de l’aggravation de la situation entre les Etats-Unis et le Japon, le gouvernement américain a annulé la transaction avant même l’attaque japonaise.
Classe La Combattante
Nous avons obtenu le transfert de la Royal Navy à la Marine Nationale de six destroyers de classe Hunt.
– – – Trois navires Hunt II (les HMS Lauderdale, Wilton et Wolton) deviendront La Combattante , La Flore et La Pomone en mars prochain.
– – – Trois navires Hunt III (les HMS Blean, Haldon et Haydon) deviendront L’Impérieuse, L’Iphigénie et La Résolue en juin prochain.
Même s’ils sont moins puissants que les navires américains cités espérés auparavant, ces destroyers côtiers de la Royal Navy sont rapides, possèdent un bon armement polyvalent et constitueront un atout précieux pour la Marine Nationale sur le théâtre méditerranéen.
Classe Benson (désignation provisoire)
Le gouvernement américain a accepté de nous vendre huit destroyers neufs de classe Benson, qui doivent être livrés par les chantiers fédéraux (Kearny) entre novembre 1942 et avril 1943. Ils seront nommés en hommage à des navires perdus en action.
III – Torpilleurs
Classe La Melpomène
– – La Pomone et La Flore ont été coulés par des torpilles lancées par des MAS italiens et des E-boots allemands, dans la nuit du 27 au 28 février 1941, au sud-est du détroit de Bonifacio.
– L’Iphigénie, gravement endommagé lors du même engagement, a été sabordé peu après.
– – La Baliste et La Bombarde ont été coulés par des bombes, le 15 mars 1941, dans le Golfe de Valinco.
– La Bayonnaise a été coulé par une torpille lancée par une vedette rapide allemande au large d’Andros, le 30 août 1941.
– La Cordelière a été perdu après avoir été endommagé par une torpille au large de Naxos, dans la nuit du 15 novembre 1941.
– La Melpomène a été échoué après avoir été torpillé à Lesbos, le 25 décembre 1941. Elle ne sera pas réparée avant juillet prochain.
– – – – Les navires rescapés, L’Incomprise, La Poursuivante, le Branle-Bas et le Bouclier, ont été modifiés (ainsi que La Melpomène). Leur armement se compose maintenant d’un canon de 3,9 pouces/40, trois affûts simples de 40 mm (canons Bofors du type utilisé par l’Armée), quatre affûts simples de 20 mm, deux lance-torpilles de 540 mm, deux lance-grenades ASM et un râtelier à grenades ASM. Ils opèrent de Rhodes au sein de l’Escadre de Mer Egée.
Classe Le Fier
Les sept navires de cette classe en cours de construction ont été abandonnés ou sabordés en juin/juillet 1940, car insuffisamment achevés pour pouvoir être évacués : L’Agile, L’Alsacien, Le Breton, Le Corse, L’Entreprenant, Le Farouche et Le Fier.
C – NAVIRES D’ESCORTE
I – Avisos
Classe Bougainville
– Le D’Iberville a été endommagé par le corsaire allemand Kormoran et est toujours en réparations en Australie. Il ne sera pas de retour en service opérationnel avant avril prochain.
– – – Les Bougainville, D’Entrecasteaux et Dumont d’Urville opèrent dans l’Océan Indien à partir de Diego-Suarez.
– – – Les Amiral-Charner, Rigault-de-Genouilly et Savorgnan-de-Brazza sont basés à Dakar et escortent les convois le long des côtes d’Afrique de l’Ouest.
– – Les Beautemps-Beaupré et La Grandière (ex Ville-d’Ys) ont été évacués alors qu’ils étaient en voie d’achèvement en juin 1940. Terminés, ils opèrent à présent dans l’Atlantique Sud.
Classe Elan/Chamois
Avisos dragueurs de mines de 630 t utilisés pour la lutte ASM.
Elan : escorte des convois en Méditerranée orientale.
Les 13 autres unités (Chamois, Commandant Bory, Commandant Delage, Commandant Duboc, Commandant Rivière, La Batailleuse, La Boudeuse, La Capricieuse, La Curieuse, La Grâcieuse, L’Impétueuse, La Moqueuse, Commandant Dominé (ex-La Rieuse)) : déployées de Gibraltar, Oran et Port-Lyautey pour des patrouilles ASM à l’entrée de la Méditerranée, en coopération avec les navires britanniques basés à Gibraltar.
Deux unités en construction à Lorient, deux autres à Nantes, ainsi que les matériaux pour plusieurs unités, ont été abandonnées en 1940. Enfin, un navire sur cale à Bordeaux a été détruit.
Classe Chevreuil
Avisos dragueurs série « coloniale » de 647 t
CHEVREUIL en GB ?
GAZELLE, ANNAMITE, LA SURPRISE basés en Méditerranée ?
4 autres sabordés Port-de-Bouc (MATELOT LEBLANC
RAGEOT DE LA TOUCHE
AMIRAL SÉNÈS
EV BALLANDE)
+ matériaux pour d’autres
II - Petits avisos anti-sous-marins, corvettes, frégates et ravitailleurs d’hydravions
Classe Arras
Navires de 850 t datant de la Première Guerre.
– Le Vauquois a sauté sur une mine le 18 juin 1940 dans le goulet de Brest.
– L’Arras est utilisé comme navire d’entraînement à Oran.
– Le Lassigny est utilisé en défense côtière au Levant.
– – Les Coucy et Epinal sont utilisés en défense côtière en Libye.
– Le Les Eparges est désarmé. Rebaptisé Croix-du-Sud, il est utilisé à Nouméa comme navire de surveillance.
– – – L’Amiens, le Belfort et le Calais (2 x 138 mm, 1 x 75mm AA, 1 lance-grenades ASM), basés à la Martinique, escortent le trafic antillais.
– Le Tahure a été coulé le 9 décembre 1941 à Haïphong.
Classe Somme
Petits navires (570 t) datant de la Première Guerre.
– Le Marne se trouve à Haiphong.
– L’Yser est utilisé comme navire d’entraînement à Alger.
– Le Somme est utilisé comme navire d’entraînement à Casablanca.
AVISOS DE 2e CLASSE (1916-18)
Navires datant de la Première Guerre.
Classe ARDENT
Audacieuse : c 20/01/1940
Dédaigneuse
Tapageuse
Etourdi 18/06/1940 Sabordé à Brest
Classe DILIGENTE
Diligente (Portsmouth)
Engageante
Luronne
Conquérante (Falmouth) type mod
Type GRANIT
Granit
Meulière
Classe Ailette
Navires datant de la Première Guerre.
– L’Ailette est utilisé comme navire d’entraînement à Casablanca.
– Le Dubourdieu est utilisé comme navire d’entraînement à Oran.
– Le Suippe est désarmé et utilisé comme navire de servitude pour nos unités opérant avec la Royal Navy au sein du commandement des Western Approaches.
– L’Enseigne Henry a été sabordé à Lorient le 18 juin 1940.
Classe « Flower 1917 »
Aviso de construction anglaise datant de la Première Guerre.
– Le Ville d'Ys II est désarmé et utilisé comme navire de servitude pour nos unités opérant avec la Royal Navy au sein du commandement des Western Approaches.
Classe La Bastiaise
Corvettes de classe Flower.
Treize ont été commandées en 1939 aux chantiers Smith et Pemberton (plus neuf à des armateurs français, détruites sur cale en juillet 1940).
– – – – Parmi les 13 navires de Smith et Pemberton, La Bastiaise a sauté sur une mine le 22 juin 1940, le Poignard et La Paimpolaise ont été coulés par des sous-marins allemands en juillet et en novembre 1941, le Renoncule a été fortement endommagé après avoir éperonné un U-boot le 10 octobre 1941 et a du être sabordé.
– – – – – – La Dieppoise, La Malouine, l’Arquebuse, la Hallebarde, le Sabre et l’Aconit sont basés à Dakar et Casablanca pour effectuer des patrouilles anti-sous-marins pour les convois en provenance d’Amérique du Sud et d’Afrique du Sud et de l’Ouest.
– – – L’Alysse, le Commandant-Détroyat et le Commandant-Drogou opèrent avec la Royal Navy au sein du commandement des Western Approaches.
Classe Escaut
Corvettes de classe Flower.
Neuf ont été commandées à l’été 1940 auprès de Canadian-Vickers (du fait de l’encombrement des chantiers britanniques), pour remplacer les navires de classe La Bastiaise détruits sur cale. Elles sont désignées “avisos anti-sous-marins” au sein de la Marine Nationale. Les dates de livraison ont été les suivantes :
Escaut : 8/41 - Scarpe : 9/41 - Aisne : 9/41 - Meuse : 10/41 - Somme : 10/41 - Yser (ii) : 11/41 - Oise : 11/41 - Ill : 12/41 - Moselle : 12/41.
Les cinq premières opèrent avec la Royal Navy sur les Western Approaches. Les quatre autres sont basées à Casablanca.
Classe Suippe
Huit frégates de type River.
Commandées de concert avec la Royal Navy à Canadian-Vickers, elles ne seront pas livrées avant octobre ou novembre 1942.
Dénominations : Suippe (ii), Les Eparges (ii), Bapaume, Craonne, Lunéville, Montcornet, Péronne, Vimy.
Les quatre ravitailleurs d’hydravions Sans-Souci, Sans-Pareil, Sans-Peur et Sans-Reproche ont été abandonnés en juin 1940 alors qu’ils étaient en début de construction aux chantiers de St-Nazaire.
Pour compenser cette perte, le croiseur auxiliaire Ville-d’Oran a été converti en ravitailleur d’hydravions.
D – COMMENTAIRE GENERAL
La Marine Nationale peut être fière de ses navires et de ses équipages, qui ont respecté leurs traditions malgré des difficultés opérationnelles considérables. L’absence d’un grand porte-avions rapide est à présent le problème le plus important que nous rencontrions pour un déploiement actif. Nous espérons le résoudre avec la mise en service du Jean-Bart.
Les chantiers navals américains réparent et modernisent actuellement de nombreux navires. Même en l’absence de nouvelles livraisons, nous allons bientôt mettre en service trois contre-torpilleurs et un croiseur anti-aérien qui formeront un groupe cohérent pour les opérations dans le théâtre d’opérations méditerranéen. La conversion de deux croiseurs légers de classe Duguay-Trouin en croiseurs anti-aériens va également contribuer à augmenter les défenses anti-aériennes de la flotte en 1943.
Les pertes subies en Extrême-Orient ont été lourdes. L’escadre de surface de la Marine Nationale dans cette région est maintenant réduite à deux croiseurs mouilleurs de mines (Emile-Bertin et Lamotte-Picquet converti), un contre-torpilleur et trois vieux destroyers. L’Amirauté britannique nous a demandé d’envoyer davantage de navires, mais il est maintenant tout à fait impossible de dépouiller davantage notre flotte de Méditerranée. Le Dunkerque et le Strasbourg sont nécessaire pour pouvoir faire face avec la Force H à la menace des croiseurs de bataille allemands.
L’épuisement de nos flottilles de contre-torpilleurs et destroyers est devenu un sérieux problème. En 1941, nous avons perdu neuf contre-torpilleurs, un destroyer standard, et sept petits destroyers ou torpilleurs.
Avec l’arrivée prochaine des six destroyers de classe Hunt cédés par la Royal Navy, il va devenir possible d’accélérer le processus de modernisation des navires. Les affrontements en Méditerranée ont amplement prouvé qu’un puissant armement polyvalent (dual-purpose, DP) est une nécessité impérative pour faire face à la menace air-mer.
La livraison à partir de la fin de l’année des destroyers américains de classe Benson va ensuite améliorer de façon significative la situation de cette classe de navires.
La livraison de navires d’attaque légers (MTB/MGB) est maintenant bien entamée (Higgins et Vospers). Ces vedettes sont extrêmement précieuses à proximité des côtes et par petits fonds, en particulier en Mer Egée.
La livraison, via la loi Prêt-Bail, de navires et embarcations amphibies a nettement amélioré nos possibilités de mener des opérations amphibies à grande échelle en Méditerranée. L’entraînement avec l’Armée est en cours à Benghazi.
L’engagement de marins-pêcheurs d’Afrique du Nord et de nos colonies d’Afrique Occidentale pour fournir des équipages à nos flottes de pêche et marchande a libéré un nombre considérable de marins et d’officiers de réserve hautement expérimentés pour la Marine Nationale. Toutefois, la pénurie en équipages restreindra de façon prévisible toute expansion importante de la Marine Nationale en 1943.
Deuxième partie – SITUATION DE LA FORCE SOUS-MARINE
Les submersibles de la Marine Nationale ont été continuellement engagés en combat depuis les premiers jours du conflit. Sans possibilité de mettre en service de nouvelles unités et privés de nos ateliers spécialisés de Toulon et Brest, l’efficacité au combat a été maintenue par un effort considérable des équipages des sous-marins et des équipes de maintenance. Sur les 78 bâtiments en service en janvier 1940, 47 (60,3%) avaient été lancés depuis dix ans ou davantage. La situation était même pire pour les sous-marins de premier rang (ou océaniques), avec un pourcentage de 67,6 % lancés avant le 1er janvier 1931. Au début de la guerre, nos forces sous-marines étaient donc déjà vieillissantes et le nombre de bâtiments commandés était insuffisant pour remplacer les mises au rebut nécessaires. 19 sous-marins étaient en cours de construction, 2 ont pu être achevés, les 17 autres ont été sabordés ou abandonnés lors de l’évacuation de la Métropole.
Au 2 janvier 1942, la situation est la suivante.
A – SOUS-MARINS DE PREMIER RANG (OCEANIQUES)
Classe Requin
Ces navires à double coque de 974 tonnes ont été les premiers vrais bâtiments océaniques destinés à la Marine Nationale. Des neuf bateaux en service au début de la guerre, trois ont été perdus : le Morse a sauté sur une de nos propres mines entre le 13 et le 16 juin 1940 en Méditerranée, le Narval a été sauté sur une mine le 15 décembre 1940 au large de Stavanger (Norvège) et le Souffleur a été torpillé par un U-boot, le 24 décembre 1940, au large du fjord de Narvik.
Les six navires rescapés ont été envoyés à Fort-de-France, où ils ont opéré pendant la première moitié de l’année 1941 comme navires d’entraînement. Le Requin et le Marsouin, les deux plus anciens de la classe (lancés en 1924), ont été désarmés en juillet.
Les quatre derniers, le Dauphin, le Phoque, l’Espadon et le Caïman, ont été rénovés au chantier naval de Portsmouth, entre juin et novembre. Il était prévu au départ de continuer à les utiliser comme navires d’entraînement. Toutefois, à la demande du gouvernement américain, ils ont été transférés à Balboa (zone du Canal de Panama) pour la défense locale le 20 décembre 1941. Ils partagent leur temps entre patrouille et entraînement.
Classe Redoutable
Ces bateaux à double coque de 1500 tonnes sont les meilleurs dont dispose la Marine Nationale pour les patrouilles de longue durée. Ils ont été utilisés sans restrictions. Des trente et un bâtiments construits, les Phénix et Prométhée avaient été perdus avant-guerre par accident et quatre, en grande maintenance, ont été sabordés à Brest le 18 juin 1940, car ils ne pouvaient être remorqués en Grande-Bretagne : l’Achille, l’Agosta, l’Ouessant et le Pasteur.
Six ont été perdus en opérations depuis le début des hostilités :
L’Ajax a été perdu le 24 octobre 1940, probablement du fait d’une mine sur la côte septentrionale de Norvège.
Le Poncelet a été torpillé par un U-boot au large de Bergen, le 6 juin 1941.
Le Persée a été coulé par des dragueurs de mines allemands au large de Trondheim, le 12 septembre 1941.
Les Protée, Pégase et Le Héros ont été perdus ou mis hors de combat en Extrême-Orient depuis le début de la guerre contre le Japon.
Des 19 bâtiments restants, six opèrent au sein de la 1ère flottille de sous-marins français d’Extrême-Orient, à Singapour : l’Argo, le Centaure, le Pascal, Le Conquérant, Le Glorieux et Le Tonnant.
Quatre bateaux supplémentaires sont en cours de transfert vers Singapour, où ils doivent arriver le 25 janvier, pour former la 2ème flottille : le Béveziers, le Casabianca, le Sfax et le Sidi-Ferruch. Ces quatre bâtiments ont été considérablement modernisés à Alger et Oran, où ils ont notamment été ré-équipés avec des batteries américaines de type Sargo, qui leur assurent une autonomie de 120 nautiques à la vitesse de 5 nœuds en plongée, et leur affût lance-torpilles rotatif arrière a été modifié pour porter trois torpilles de 550 mm au lieu de deux de 550mm et deux de 400mm (ce qui leur donne au total 10 tubes lance-torpilles de 550 mm). Le compartiment à torpilles avant a été modifié et comporte maintenant quatre recharges pour les tubes de proue (soit 14 torpilles au total).
Trois sous-marins sont basés à Alger et utilisés pour les opérations spéciales, les Fresnel, Monge et Henri-Poincaré. Ils ont tous été ré-équipés de batteries Sargo.
Les six derniers bateaux étaient destinés à agir de concert avec la Royal Navy dans le rôle de barrière anti-sous-marine au large de la Norvège. Toutefois, trois d’entre eux, l’Archimède, le Redoutable et le Vengeur, sont en cours de modernisation et de remise en état complète au chantier naval de Portsmouth. Cette remise en état sera achevée fin février ; tous trois seront alors au standard de la 2ème flottille d’Extrême-Orient, avec l’armement amélioré et les nouvelles batteries. Les trois autres, l’Achéron, l’Actéon et L’Espoir, sont actuellement basés à Dundee. Ils entameront à Portsmouth leur cycle de remise en état et modernisation, d’une durée de cinq mois, début mars.
La 2ème flottille d’Extrême-Orient et les six bâtiments actuellement en Grande-Bretagne (à Portsmouth ou à Dundee), ont reçu ou vont recevoir un système de contrôle de tir amélioré d’origine américaine, le calculateur de données pour torpilles (Torpedo Data Computer ou TDC). Cet équipement permet de tirer avec de grands angles de réglage gyroscopique lors d’un tir des tubes arrière. De même, tous les bâtiments modernisés ont reçu ou vont recevoir un radar anglais de type 286 PW. Cet équipement permet la détection d’un navire de la taille d’un cuirassé à une distance de 4 milles nautiques et d’avions volant à 10000 pieds jusqu’à une distance de 10 nautiques.
Il faut noter que, sur nos 19 sous-marins océaniques rescapés, dix sont ou seront sous peu déployés en Extrême-Orient, trois sont nécessaires au soutien des opérations clandestines en France métropolitaine, en Grèce ou en Yougoslavie et six sont destinés aux opérations au large de la Norvège avec la Royal Navy. Ces chiffres prouvent clairement notre contribution à la guerre en Extrême-Orient. En outre, du fait que la Royal Navy va introduire en Mer du Nord davantage de ses bateaux de classe “T”, les six bâtiments océaniques actuellement alloués au groupe de Dundee pourraient être redéployés ailleurs, soit en Extrême-Orient, soit dans le Pacifique Sud.
Classe Roland-Morillot
Variation de la classe Redoutable avec une autonomie plus importante, les trois premiers, les Roland-Morillot, La Praya et La Martinique ont été détruits sur cale à Cherbourg en juin 1940.
B – SOUS-MARINS DE SECOND RANG
Classe Sirène
Ces cinq navires de 600 tonnes ont été conçus pour opérer en Méditerranée.
Le Naïade a été coulé en janvier 1941 par des navires anti-sous-marins italiens.
Le Galatée et le Sirène ont été désarmés à Alger pour constituer un stock de pièces détachées et pour utiliser leurs équipages sur des navires plus modernes.
L’Eurydice est opérationnel à partir d’Alger.
Classe Ariane
Six bâtiments de 600 tonnes.
Le Doris a été perdu le 9 mai 1940 au large des côtes néerlandaises, torpillé par un U-boot.
Le Calypso a été perdu du fait d’un champ de mines italien, probablement le 28 octobre 1940.
Les Ariane, Circé, Danaé et Thétis opèrent à partir d’Alger.
Classe Argonaute
Cinq bâtiments type Schneider de 630 tonnes.
L’Aréthuse a été perdu en janvier 1941 au large de Tarente, sans doute dans un champ de mines.
Le Vestale a été coulé le 21 juin 1941 par des navires anti-sous-marins italiens, au large de Bari.
Les Argonaute, Atalante et Sultane opèrent à partir d’Alger.
Leur remplacement est prévu par les quatre navires de la classe P611 construits en Angleterre et originellement destinés à la Turquie. Ils seront livrés au début de 1942. Il est d’ores et déjà prévu de les baser à Casablanca pour des patrouilles dans le Golfe de Gascogne.
Classe Diane
Neuf bâtiments type Normand-Fenaux de 630 tonnes.
Le Sibylle a été détruit par un sous-marin italien le 5 juin 1941, en Mer Ionienne.
L’Amphitrite a coulé dans un champ de mines en septembre 1941, alors qu’il opérait dans l’Adriatique.
Les Amazone, Antiope, Diane, Méduse, Oréade, Orphée et Psyché sont basés à Benghazi.
L’Amazone et l’Orphée ont été modernisés en octobre 1941, en se voyant dotées de batteries américaines Sargo.
Les autres sous-marins seront progressivement équipés des nouvelles batteries pendant la première moitié de 1942.
Classe Orion
Deux bâtiments type Loire-Dubigeon de 630 tonnes.
L’Ondine et l’Orion ont été désarmés en juin 1941 pour fournir des pièces de rechange aux autres sous-marins de 630 tonnes.
Classe Minerve
Six bâtiments type Amirauté de 630 tonnes.
Le Pallas a été coulé par des navires anti-sous-marins italiens au large de Naples, le 25 octobre 1941.
Les Junon, Cérès, Iris, Minerve et Vénus opèrent en Mer Egée, à partir de Rhodes.
Ces bateaux ont été modernisés par l’installation de batteries américaines Sargo.
Classe Aurore
Deux bâtiments type Amirauté de 800 tonnes (treize autres, en construction, ont été abandonnés ou détruits sur cale en juin 1940).
– L’Aurore était notre sous-marin le plus moderne en 1940, et sa conception est considérée comme très réussie. Elle a été ré-équipée avec des batteries américaines Sargo en octobre 1941, non parce que son jeu de batteries était usagé, mais pour maintenir sa similitude avec La Créole. Elle a également reçu en novembre un radar de type 286 PW, comme les bâtiments de la 2ème flottille d’Extrême-Orient.
– La Créole, inachevée, a pu être remorquée en Grande-Bretagne en juin 1940. Elle a ensuite été achevée avec un panachage d’équipements britanniques et américains. Son sonar et son radar sont anglais. Ses batteries sont du type Sargo et elle a reçu un calculateur (TDC) Mk.3 similaire à celui que l’US Navy a installé sur un sous-marin de taille équivalente, l’USS Mackerel. Le bâtiment, mis en service en septembre 1941, a achevé ses essais opérationnels fin novembre à Casablanca. Il a été évalué en profondeur par des officiers de l’US Navy, désireux de comparer ses performances avec celles de leurs Mackerel et Marlin. En effet, ces deux sous-marins se situent entre les navires de second rang conçus pour la Méditerranée et ceux de premier rang.
Ils ont tous deux été envoyés à Singapour avec le groupe du Sfax de la 2ème Flottille Sous-Marine d’Extrême-Orient.
C – MOUILLEURS DE MINES (classe Saphir)
Avec six bâtiments, la Marine Nationale met en œuvre la plus grande flotte de sous-marins mouilleurs de mines dans les eaux européennes, après la perte par la Royal Navy de quatre bâtiments de classe Grampus en 1940 et 1941. Les navires britanniques semblent avoir pâti de leur taille relativement importante, qui résulte en fait de leur système de mouillage de mines, une chaîne sans fin transportée dans la superstructure du bateau. Nos sous-marins utilisent tous le système Normand-Fenaux, avec lequel les mines sont transportées dans des puits situés sur les côtés de la coque. Cela permet à nos sous-marins de 760 tonnes (en surface) de porter 32 mines, contre 50 pour les bateaux britanniques, mais ceux-ci jaugent 1810 tonnes (en surface). Ces performances remarquables expliquent que nos sous-marins mouilleurs de mines soient très demandés.
– Le Rubis opère avec la Royal Navy à partir de Dundee. Il a jusqu’à présent été extrêmement efficace dans ses opérations de minage au large des côtes norvégiennes, soit en perturbant le transport du minerai de fer en provenance de Narvik soit en posant des champs de mines anti-sous-marins. Il a été fortement endommagé le 21 août 1941, en torpillant à courte portée un cargo allemand de 4000 tonnes, au large du port d’Egersund. Ses réparations ont duré jusqu’à la fin du mois de novembre, mais il a à présent repris le cours normal de ses opérations.
– Le Nautilus, qui opérait avec le Rubis, a été rappelé en novembre à Oran pour une remise en condition bien méritée. Le bâtiment sera de retour en service à la fin de février prochain. Il avait été prévu au départ de le renvoyer à Dundee. Toutefois, l’envoi des Diamant et Perle en Extrême-Orient rend impératif son maintien en Méditerranée.
– – Les Diamant et Perle ont tous deux été remis en condition à la fin de l’été 1941. La décision de les envoyer en Extrême-Orient (ils naviguent à présent vers Singapour avec la 2ème Flottille de Sous-Marins d’Extrême-Orient) a sérieusement réduit nos possibilités de maintenir des opérations offensives de mouillage de mines sur le théâtre d’opérations méditerranéen.
– – En effet, les Saphir et Turquoise, qui opèrent à partir d’Alger ou Benghazi, ont besoin tous les deux d’une remise en condition en 1942. Celle du Saphir pourrait être repoussée jusqu’au mois de juillet prochain, mais pas celle du Turquoise, qui commencera en février. Seul le maintien du Nautilus en Méditerranée permettra de maintenir notre potentiel dans ce domaine, principalement en Adriatique.
– L’Emeraude, premier sous-marin de la classe du même nom (860 tonnes, dérivée de la classe Saphir), en cours de construction en juin 1940, a été détruit sur cale.
D – CROISEUR SOUS-MARIN (classe Surcouf)
La Marine Nationale ne met en œuvre qu’un croiseur sous-marin, le Surcouf. Après une importante modernisation aux chantiers navals américains de Mare Island, ce navire a été envoyé à Papeete. Dès le début de la guerre contre le Japon, il a mené une opération offensive contre l’île de Wake, tout juste conquise par les Japonais, et a semble-t-il sérieusement affecté le moral ennemi à cet endroit, tout en lui infligeant des pertes notables.
Le Surcouf est à présent en patrouille et sera placé sous commandement tactique de l’US Navy.
Etant donné sa taille, il ne doit pas être utilisé dans des eaux peu profondes. Cette taille et son hangar à hydravions, à présent inutilisé, en font une arme formidable pour les opérations de troupes spéciales.
E – SOUTIEN TECHNIQUE ET LOGISTIQUE
Le problème principal rencontré une fois que la Marine Nationale eût quitté la Métropole fût celui de la fournitures de batteries. La fréquence des cycles de déchargement/chargement en conditions de guerre soumet en effet les batteries à rude épreuve. Ce problème a été réglé, début 1941, par l’adaptation de batteries de fabrication américaine, dites batteries Sargo. Elles sont plus efficaces que celles que nous utilisions et elles améliorent l’autonomie en plongée de 10 à 20%.
Un important stock de mines et de torpilles a pu être transféré à temps de Toulon à Oran, Alger et Bizerte, où les stocks d’avant-guerre étaient déjà assez importants. Toutefois, en l’absence de production supplémentaire, nous pourrions nous trouver face à une crise sérieuse début 1943.
– Actuellement, Vickers produit une mine pour sous-marin similaire à la Sautter-Harlé utilisée par la classe Saphir. Cette mine était en fait en production pour un sous-marin mouilleur de mines acquis par la marine turque ! En Extrême-Orient, la Marine Royale Néerlandaise a constitué des stocks pour ses propres sous-marins mouilleurs de mines. Etant donné qu’ils utilisent une mine construite sous licence Sautter-Harlé, avec le même système Normand-Fenaux que sur nos Saphir, les deux sous-marins envoyés en Extrême-Orient devraient pouvoir compter sur les mines néerlandaises pendant un certain temps.
– La question du remplacement des torpilles a été plus difficile à résoudre, même si les stocks de torpilles étaient assez importants. Nos sous-marins utilisent un calibre de torpille différent de celui des bâtiments anglais, néerlandais ou américains. Heureusement, une société américaine a accepté de construire une copie sous licence de la Mk. VIII de 550 mm de la Royal Navy. Cette nouvelle torpille doit être légèrement plus efficace que nos torpilles actuelles et sera disponible à l’automne 1942. Le gouvernement américain a repoussé notre demande d’utiliser leur nouveau système d’amorçage magnétique, car il est considéré comme un équipement trop avancé pour être vendu à un pays étranger. Toutefois, les amorces et détonateurs anglais semblent très fiables.
Etant donné que cette solution résolvait le problème potentiel des torpilles de 550 mm, un choix devait être fait pour nos torpilles de 400 mm. Ces torpilles étaient prévues pour l’attaque des transports et navires civils. L’expérience opérationnelle montre qu’elles ne valent pas la complexité qu’elles entraînent.
Il a donc été décidé de modifier progressivement nos sous-marins pour n’embarquer que des torpilles de 550 mm. Déjà, sept bateaux de la classe Redoutable ont été modifiés, un affût rotatif triple de 550 mm remplaçant celui comportant 2 tubes de 550 mm et 2 de 400 mm. Cette modification doit être progressivement appliquée à l’occasion des remises en état complètes à tous les bâtiments de la classe, mis à part ceux du groupe d’Opérations Spéciales. Les quatre bateaux de la classe Minerve doivent être modifiés pendant les phases d’entretien planifiées pour l’été et l’automne 1942, un affût double de 550 mm remplaçant l’affût rotatif triple de 400 mm situé derrière le kiosque. Pour les classes Argonaute et Diane, l’affût rotatif double de 400 mm doit être supprimé et deux tubes avant fixes de 550 mm ajoutés, donnant ainsi une salve de proue de 5 torpilles. Cette modification doit intervenir entre le printemps 1942 et le début de l’année 1943 pendant les remises en condition.
F – DOCTRINE OPERATIONELLE ET ENSEIGNEMENTS
Nos forces sous-marines ont été utilisées jusqu’à présent de façon très agressive sur de nombreux théâtres d’opérations. La guerre a jusqu’à présent confirmé l’exactitude de notre politique avant-guerre de construction d’une force sous-marine puissante et équilibrée. La force sous-marine constituée avant-guerre a atteint des niveaux importants de compétence et d’expertise professionnelle. Cependant, par comparaison avec les doctrines opérationnelles d’avant-guerre, quelques ajustements importants ont été introduits.
(a) Les distances d’attaque à la torpille ont diminué pour passer de 2500 m en moyenne au début de la guerre à moins de 1000 m actuellement. Les commandants de sous-marins sont prêts à attaquer à une portée considérée avant-guerre comme très faible pour maximiser le nombre de coups au but. Ce fait reflète également la grande agressivité des équipages de nos sous-marins.
Toutefois, les limites du bon sens sont parfois franchies. L’attaque à la torpille effectuée par le sous-marin mouilleur de mines Rubis fin août 1941 en est un bon exemple. Le Rubis a lancé ses torpilles à 200 m de sa cible et a subi en conséquence un choc sévère lorsque les charges ont explosé. Le sous-marin aurait pu être coulé ou forcé de faire surface au milieu d’une formation ennemie. Il ne doit qu’au talent de son capitaine et de son équipage d’avoir survécu. Le 21 décembre, le sous-marin Le Centaure (classe Redoutable) a attaqué avec succès des navires de guerre japonais en Mer de Chine Méridionale, mais il a été sérieusement endommagé par l’explosion de ses propres torpilles, ayant tiré à moins de 400 m et probablement, selon son capitaine, à 350 m.
Je tiens à souligner que dans les deux cas, les attaques ont été couronnées de succès. Le Rubis a coulé un grand cargo allemand et Le Centaure un porte-hydravions japonais. Nous ne devons pas brider nos commandants de sous-marins, mais j’insiste auprès d’eux sur le fait que ces distances très faibles mettent en danger leurs bâtiments. Il est possible qu’au moins un bateau perdu l’an dernier en Méditerranée ait été mis hors de combat par le choc dû à l’explosion de ses propres torpilles et qu’il ait été forcé à faire surface, pour être rapidement coulé par un chasseur de sous-marins italien.
L’introduction progressive des calculateurs (TDC) fabriqués aux Etats-Unis doit permettre à nos bâtiments d’augmenter quelque peu leur distance de tir, tout en conservant une bonne probabilité d’atteindre le but.
(b) Les sous-marins allemands sont connus pour attaquer les convois de nuit et en surface. Cette option est probablement bonne et les navires d’escorte sont fréquemment mis à rude épreuve pour contrer de telles attaques. Toutefois, il a été jusqu’à présent difficile de reproduire cette tactique. Il n’y a pas de grands convois italiens en Méditerranée depuis la défaite italienne en Afrique du Nord. Les convois attaqués dans l’Adriatique ou entre Tarente et le canal de Corinthe sont d’assez petite taille. En Extrême-Orient, jusqu’à présent, nos sous-marins ont attaqué surtout des escadres de navires de guerre et l’ont fait avec beaucoup de succès. Cependant, nous pensons que le déploiement actuel de l’Armée et de la Marine japonaises rend indispensable de grands convois logistiques. Ils doivent être attaqués. C’est pourquoi nous avons spécifiquement ordonné à la 2ème Flottille de sous-marins envoyés en Extrême-Orient de concentrer leur action sur les transports japonais. Ainsi, nous espérons pouvoir attaquer les convois ennemis de la même façon que les U-boot attaquent les nôtres.
(c) L’ennemi améliore progressivement ses forces anti-sous-marines. Nos sous-marins ont découvert qu’il est nécessaire d’opérer à la profondeur maximale pour échapper aux grenadages. Grâce aux importantes marges de sécurité utilisées dans les conceptions avant-guerre, nous évaluons les profondeurs opérationnelles maximales aux chiffres suivants :
– pour les bateaux construits pour une limite de 85 mètres, autorisation est donnée d’opérer à 100 mètres, mais en aucun cas en dessous de 115 mètres.
– pour les bateaux construits pour une limite de 100 mètres, autorisation est donnée d’opérer à 120 mètres, mais en aucun cas en dessous de 140 mètres.
(d) Comme dans le conflit précédent, il a été constaté que les sous-marins peuvent être une arme anti-sous-marine efficace. C’est particulièrement important pour nos bâtiments opérant à partir de Dundee. Les trois en cours de modernisation au chantier naval de Portsmouth (Etats-Unis) ont en conséquence été rendus le plus silencieux possible. Le calculateur (TDC) a été modifié pour pouvoir gérer la manœuvre gyroscopique des torpilles dans le plan vertical. Nous espérons que nos sous-marins, opérant submergés à leur vitesse minimale (2 nœuds), pourront détecter des sous-marins ennemis naviguant en surface à une distance relativement importante (jusqu’à 13500 m) puis s’approcher pour passer à l’attaque.
(e) Les sous-marins sont extrêmement efficaces pour les Opérations Spéciales. Ils peuvent débarquer des hommes avec toute la discrétion nécessaire et même transporter des quantités notables d’armes et d’équipements. C’est un élément important pour soutenir nos forces opérant dans les territoires occupés par l’ennemi.
G – EVALUATION GENERALE DE NOTRE FORCE DE SOUS-MARINS ET OBSERVATIONS
Des 79 sous-marins disponibles ou en cours d’achèvement à la fin 1939, la Marine Nationale n’en opère à présent plus que 54. Quatre ont été sabordés en 1940, cinq ont été désarmés et dix-huit ont été perdus en action, témoignage de la bravoure et de l’agressivité des équipages de nos sous-marins. Des 54 bâtiments restant, trois sont en cours de modernisation à Portsmouth (tous de la classe Redoutable) et un à Oran (le Nautilus de la classe Saphir).
Les 48 bateaux opérationnels sont déployés comme suit :
– 4 (trois océaniques et un mouilleur de mines) opèrent avec la Royal Navy à partir de Dundee.
– 27 opèrent en Méditerranée et Mer Egée (22 navires d’attaque de second rang, deux mouilleurs de mines et trois océaniques utilisés pour les opérations spéciales).
– 14 opèrent ou vont bientôt opérer en Extrême-Orient, constituant les 1ère et 2ème flottilles de sous-marin français d’Extrême-Orient (10 du type océanique, deux de second rang modernes et deux mouilleurs de mines).
– Un (le Surcouf) opère dans le Pacifique Sud et Central.
– Quatre opèrent dans le Pacifique à partir de la zone américaine du Canal de Panama (tous de type océanique ancien).
Cette répartition indique clairement notre priorité stratégique actuelle. Il faut noter que nous allouons un nombre considérable de nos bateaux les plus efficaces au théâtre d’opérations d’Extrême-Orient. Vu nos priorités stratégiques nationales, l’importance de cet effort ne peut qu’être remarquée par nos alliés. De plus, un effet indirect de notre important déploiement en Méditerranée a été de soulager la Royal Navy jusqu’à un certain point. La décision récente de cette dernière d’allouer la Xème Flottille de Sous-Marins à la défense de Singapour aurait été impossible sans notre forte implication dans la guerre sous-marine en Méditerranée.
Maintenir un tel effort sur le long terme n’est pas possible sans mettre en service de nouveaux bâtiments. Toutefois, les perspectives sont médiocres.
– Le gouvernement britannique a accepté de prêter quatre sous-marins de classe “S” construits dans le cadre des programmes War Emergency/1941. Ils ne seront pas livrés avant la fin du printemps 1942 et probablement en janvier 1943 pour le dernier. De plus, ces bateaux ne sont pas à considérer comme de nouvelles unités, mais plutôt comme des remplacements pour les quatre bateaux de classe Ariane opérant actuellement d’Alger et qui, ayant été lancés entre 1925 et 1927, seront usés jusqu’à la corde au printemps 1943.
– Le gouvernement britannique a également accepté de nous louer au moins deux petits sous-marins de classe “U” fin 1942 / début 1943. Ici aussi, ces deux bateaux doivent être vus comme des remplacements pour nos plus anciens bâtiments de 600 tonnes (Galatée et Nymphe) plutôt que comme du sang neuf. L’Amirauté britannique nous a fait comprendre que d’autres submersibles de classe “S” et “U” pourraient être disponibles dans le cadre des Programmes 1942, mais qu’ils ne seraient pas disponibles avant début 1944 au mieux. De plus, aucun sous-marin équivalent à nos Océaniques n’est actuellement en construction dans les chantiers navals anglais. La classe “T” est sensiblement plus petite et son programme a souffert de divers retards, au point que la Royal Navy risque de ne pouvoir respecter ses prévisions pour le déploiement de cette classe. La situation va probablement s’améliorer à la fin 1943 ou au début 1944, mais il n’est pas envisageable de nous voir allouer un tel navire avant la fin de l’année 1944.
– Les négociations avec le gouvernement américain ont été encore moins productives jusqu’à présent. L’US Navy a proposé de nous céder quelques vieux bâtiments de classe “R” ou “S”. Nous estimons que deux sous-marins de classe “S” pourraient avoir un intérêt comme navires d’entraînement pour la flottille de Fort-de-France. Toutefois, ils n’ont aucun potentiel en opérations. Le gouvernement américain a jusqu’à présent repoussé nos demandes d’achat d’au moins deux de leurs nouveaux sous-marins, en cours de construction, qu’ils qualifient de “sous-marins d’escadre” et qui sont proches de nos Océaniques et certainement plus modernes.
– D’un autre côté, les officiers sous-mariniers américains ont été très intéressés par notre expérience du combat et ont suivi de près la mise au point et les essais de La Créole, car celle-ci est proche d’un modèle qu’ils sont en train d’introduire. Si ce “petit” sous-marin américain devait être construit en grandes quantités, nous pourrions espérer acquérir ou louer au moins six unités. Toutefois, aucune décision n’a été prise jusqu’à présent sur ce point et l’US Navy semble partagée sur cette question. Les officiers venant de l’arme sous-marine soutiennent clairement la construction d’un submersible dérivé de la classe Marlin/Mackerel comme complément de la classe actuelle SS-212 Gato. Les officiers supérieurs en charge de la mobilisation industrielle s’y opposent. Le seul officier supérieur qui soutienne fortement la construction de sous-marins de plus petite taille est l’Amiral T.C. Hart, actuellement commandant en chef de l’Asiatic Fleet. Si une décision positive pouvait être prise dans les prochains mois, nous considérons que poser notre candidature pour l’acquisition d’au moins six sous-marins de classe Marlin serait de la plus haute importance, et qu’il faudrait la soutenir par les plus grands efforts politiques. Si l’US Navy décidait de ne pas se procurer ce type de sous-marin, nous recommandons de faire pression politiquement pour obtenir deux et peut-être quatre sous-marins de classe Gato pour la mi-1943.
Pour conclure ce chapitre, il faut noter que la Marine Nationale s’est engagée avec la Royal Navy dans le développement de submersibles de très petite taille. Ce programme est fortement soutenu par l’officier supérieur britannique en charge de l’arme sous-marine, l’Amiral Max Horton. La compagnie Varley Marine espère livrer au mois de mars prochain le prototype d’une embarcation de 27 tonnes. Si les essais sont concluants, la production sera confiée à Vickers-Armstrong. L’Amiral Horton prévoit d’utiliser de tels sous-marins miniatures pour attaquer les navires de ligne de la “Fleet in being” allemande en Norvège. Nous sommes d’accord avec cette idée, mais nous aimerions obtenir au moins six de ces submersibles pour les utiliser pour nos propres Opérations Spéciales.
Troisième partie – SITUATION DE L’AERONAVALE
Avec la perte du Béarn, le seul porte-avions de la Marine Nationale, les unités de l’Aéronavale ont du être redéployées. Avec la mise en service des porte-avions d’escorte construits aux Etats-Unis, la composante basée en mer de l’Aéronavale pourra reprendre une place plus importante.
Voici la situation au 2 janvier 1942.
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I – CHASSEURS (5 flottilles, 80 avions) |
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AC1 |
dissoute après le naufrage du HMS Eagle, elle sera reconstituée lorsque davantage de porte-avions d’escorte seront disponibles |
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AC2 |
16 Grumman G36A/B |
basée à terre à Tunis |
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AC3 |
16 Grumman G36A |
basée à terre à Tunis |
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AC10 |
16 Martin-167 Mod |
basée à terre à Oran-La Sénia |
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AC14 |
16 Grumman G36B |
en cours de formation à Norfolk pour le porte-avions d’escorte Lafayette. |
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AC15 |
16 Grumman G36B |
en cours de formation à Norfolk pour le porte-avions d’escorte Bois-Belleau. |
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II – BOMBARDIERS ET BOMBARDIERS EN PIQUE (5 flottilles, 88 avions) |
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AB5 |
dissoute après le naufrage du HMS Eagle |
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AB6 |
16 Douglas SBD-1 |
basée à terre à Oran-La Sénia |
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AB8 |
20 DB-73 M1/M2 |
basée à terre à Oran-La Sénia |
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AB9 |
20 DB-73 M1/M2 |
basée à terre à Rhodes (Dodecanèse) |
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AB12 |
16 Douglas SBD-3 |
basée à terre à Tunis et Malte |
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AB16 |
16 Douglas SBD-3 |
basée à terre à Tunis et Malte |
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Les AB 12 et 16 doivent être rebasées en Crète pour le début de “Crusader/Croisade”. |
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III – BOMBARDIERS-TORPILLEURS (5 flottilles, 84 avions et hydravions) |
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AT4 |
18 Northrop N3M |
à bord du Commandant-Teste, à destination de Port-Blair |
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AT7 |
16 Fairey Swordfish |
basée à terre à Oran-La Senia |
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AT11 |
18 Northrop N3M |
en cours de formation à Alger, pour être déployée à Lesbos |
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AT17 |
16 Fairey Swordfish |
en cours de formation à La Martinique pour les porte-avions d’escorte Lafayette et Bois-Belleau |
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AT19 |
16 Fairey Swordfish |
déployée de Rhodes, la Crète et Lesbos pour des patrouilles anti-sous-marines |
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Etant donné que la Grande-Bretagne est dans l’incapacité de livrer les Beaufighter que nous avions demandés, nous avons commandé à Douglas 60 bombardier légers A20C modifiés, équipés pour emporter une torpille aérienne (soit la 400 mm française, soit la 18 pouces anglaise) ou des bombes. Trente appareils doivent être livrés avec la verrière du navigateur remplacée par 4 canons Hispano de 20 mm. Ces avions ont reçu dans l’Aéronavale la désignation de DB-73M1 et M2 (M pour “Marine” et non pour “modifié”). |
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IV - RECONNAISSANCE MARITIME (EXPLORATION) (11 flottilles, 109 avions et hydravions) |
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E1 |
8 Hudson III |
opérant d’Alger |
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E5 |
12 Hudson III |
opérant d’Alger |
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E7 |
9 Sunderland II |
opérant de Dakar |
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E21 |
12 Consolidated 28-5MF (PBY-5) |
opérant de Dakar |
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E22 |
10 Consolidated 28-5MF (PBY-5) |
opérant de Oran/Mers-el-Kebir |
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E23 |
12 Consolidated 28-5MF (PBY-5) |
opérant de Benghazi/Rhodes |
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E24 |
9 Consolidated 28-5MF (PBY-5) |
opérant de la Réunion et Diego Suarez |
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E25 |
8 Consolidated 28-5MF (PBY-5) |
opérant de la Martinique |
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E29 |
2 Breguet 521 Bizerte et 3 Hudson |
opérant de Saïgon (statut inconnu) |
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E31 |
12 A-W Whitley VII ASM |
opérant de Casablanca |
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E33 |
12 A-W Whitley VII ASM |
opérant de Casablanca |
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V – RECONNAISSANCE COTIERE (5 flottilles, 35 hydravions) |
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R26 |
8 Grumman G-21A (Goose) |
opérant de la Martinique |
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R27 |
6 Grumman G-21A (Goose) |
opérant de Cayenne |
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R28 |
7 Grumman G-21A (Goose) |
opérant de Libreville |
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R30 |
4 Grumman G21A et 3 Loire 130 |
opérant de Djibouti |
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R32 |
4 Sikorsky S-43 et 3 Loire 130 |
opérant de Nouméa |
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VI – HYDRAVIONS CATAPULTABLES (pour les croiseurs et les cuirassés) (3 flottilles, 26 hydravions) |
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C50 |
3 Loire 130 et 7 Vought Kingfisher |
opérant de Gibraltar avec le Dunkerque et le Strasbourg |
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C51 |
10 Vought Kingfisher |
opérant de Oran et Alger |
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C52 |
4 Vought Kingfisher et 2 Loire 130 |
opérant de Scapa Flow |
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VII – TRANSPORT, COMMUNICATIONS ET AVIATION COLONIALE (8 flottilles, 53 hydravions) |
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Flottilles coloniales |
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EC4 |
3 Loire 130, 2 Grumman G-21A |
opérant de Madagascar et des Comores |
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EC5 |
5 Loire 130 |
opérant de Saïgon (statut inconnu) |
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EC6 |
3 Grumman G-21A et 2 Loire 130 |
opérant de Papeete. |
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Unités de transport et de communication |
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S45 |
4 LeO H-246, 2 LeO H-470, 1 Laté 611 |
opérant de Benghazi. |
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S46 |
5 Grummann G21A et 7 G44 |
opérant d’Alger |
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S47 |
5 Sikorsky S-43 |
opérant de Libreville (hydravions appartenant auparavant aux compagnies Air-Union/Air-Afrique). |
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S48 |
3 Potez 452 et 4 Loire 130 |
opérant de Saïgon (statut inconnu) |
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S49 |
3 Sikorsky S-43, 4 Grumman G-21A |
opérant de Dakar |