Extraits de l’ouvrage de Pascal N’Guyen-Minh, Guerre et Paix en Asie du Sud-Est, tome 1, Paris, 1954 (avec l’aimable autorisation de l’auteur)
En dépit des ses réticences initiales, le gouvernement français décida de renforcer quelque peu les forces françaises en Indochine à la demande du gouvernement américain, durant l’été 1941. Cependant, en raison de la priorité accordée au théâtre d’opérations méditerranéen, seuls des renforts limités pouvaient être envoyés avant 1942. Dans un premier temps, le Conseil de Défense Nationale limita son effort à l’envoi d’un bataillon blindé, dont les engins devaient remplacer les antiques FT-17 encore utilisés en Indochine, et à la création d’une Escadre de Chasse, la 40ème, équipée de Hawk-75A4 de la réserve. Sous la pression du gouvernement américain, le CDN décida le 14 août de renforcer les troupes d’Indochine en y envoyant un groupement blindé taillé sur mesure sous le commandement du Colonel Schlesser, le Groupe Blindé Mobile Schlesser ou GBMS, ainsi que des véhicules blindés devenus superflus en Afrique du Nord grâce à l’accroissement du flux d’équipement américain. Le bataillon blindé déjà envoyé, doté de chars légers M2A4, devait être divisé en compagnies indépendantes afin d’accroître le punch des détachements motorisés. Le GBMS lui-même devait être utilisé comme un groupement autonome.
Mais ces renforts, quoiqu’ils atteignissent la limite des capacités françaises du moment, ne pouvaient modifier la situation stratégique, clairement défavorable à la défense de l’Indochine. Un simple coup d’œil sur la carte montre que l’Indochine était véritablement encerclée.
– Au nord, les forces japonaises étaient présentes en nombre à la frontière chinoise, en face de Lang Son, de Cao Bang et de la région de la RC4, et pouvaient compter sur un puissant soutien aérien venant des unités de l’Armée ou de la Marine basées sur les terrains locaux ou aux îles Haïnan.
– A l’ouest, l’armée japonaise était en train de déployer au Siam (Thaïlande) des forces qui atteindraient à la fin de 1941 pas moins de 150 000 hommes, auxquels il fallait ajouter les 60000 hommes de l’Armée Thaï. Ces troupes disposaient de 350 chars japonais (250 légers et 100 moyens), plus environ 50 chars thaïs (surtout des Vickers “6 toners”). Même si une partie de ces forces allaient évidemment être engagées vers le sud, contre la Malaisie et vers Singapour, au moins un tiers des forces japonaises et toute l’armée thaï étaient destinées à frapper au Cambodge en direction de la Cochinchine et de Saïgon. Ces troupes pouvaient elles aussi compter sur l’aviation japonaise, ainsi que sur les escadrilles thaïs, rééquipées avec des avions japonais modernes.
Les forces françaises ne pouvaient qu’espérer un soutien de la part de l’Armée chinoise opérant de Kunming, et l’aide des forces du Commonwealth en Malaisie et à Singapour. Cependant, les forces aériennes du Far-East Command du Commonwealth (sous l’Air Chief Marshal Sir Robert Brooke-Popham) étaient faibles, même si leurs chefs les estimaient « suffisantes ».
A elles trois, la RAF, la RAAF et la RNZAF réunissaient 6 squadrons de chasse (avec 62 Brewster Buffalo et 16 Hurricane) :
(a) Singapour : 453 Sqn ( RAAF) avec 16 Buffalo à Sembawang, 243 Sqn (RAF) et 488 Sqn (RNZAF) avec 32 Buffalo en tout à Kalang, 4ème flight de reco photo (PRU) avec 2 Buffalo à Seletar.
(b) Malaisie : 21 Sqn (RAAF) à Sungei Patani avec 12 Buffalo.
(c) Birmanie : 67 Sqn (RAAF) avec 16 Buffalo et 17 Sqn (RAF) avec 16 Hurricane à Rangoon.
Les bombardiers comptaient quatre squadrons de la RAF sur Blenheim IV (11, 43, 113, 211) basés à Seletar, Sembawang et Rangoon, deux squadrons de la RAAF sur Hudson à Kota Bahru et Sembawang, un squadron de la RAAF (Sqn 12) sur Wirraway à Sembawang, totalisant 54 Blenheim, 28 Hudson et 16 Wirraway.
Les unités hollandaises avaient pour priorité la défense de l’Indonésie hollandaise, seules quelques unités de chasse pouvant être envoyées à Singapour.
Un soutien des unités américaines basées aux Philippines, au moins sous la forme de raids aériens contre les unités japonaises basées à Haïnan et à Formose, ne pouvait être envisagé avant le printemps 1942.
La géographie locale exerçait aussi ses propres contraintes sur le déploiement des forces françaises. Le Vietnam est essentiellement un pays formé de deux bassins reliés par une longue échine montagneuse, seulement bordée d’une mince plaine côtière (où passe la voie ferrée Saïgon-Hanoï). A la frontière chinoise, le Tonkin (au nord du Vietnam) était relativement isolé du point de vue stratégique. Au contraire, les forces déployées dans le sud pouvaient défendre à la fois la Cochinchine et le Cambodge, d’autant plus que le Mékong pouvait jouer un rôle considérable dans l’acheminement entre ces deux régions des hommes et du matériel. Le Laos était beaucoup plus difficile à défendre ; il pouvait être soutenu à partir du Tonkin (par la route allant d’Hanoï à Louang Prabang, sur laquelle se trouve la bourgade de Dien Bien Phu) ou à partir du Cambodge par le Mékong (mais ce fleuve forme aussi la frontière entre le Laos et la Thaïlande et les mouvements fluviaux dans cette zone pouvaient être contestés). La partie centrale de l’Indochine (l’Annam) ne pouvait être laissée complètement sans défense, car la capitale historique du Vietnam (Hué) s’y trouve, que cette région forme un lien entre le Tonkin et la Cochinchine, et qu’à partir de là, il était possible de soutenir les forces défendant le nord du Cambodge et le sud du Laos par deux routes traversant les hautes terres de la chaîne montagneuse vietnamienne (celle allant de Hué à Savannakhet au Laos, et celle allant de Qui Nhon au nord du Cambodge par Pleiku).
Dans un contexte stratégique aussi difficile, ont pouvait se demander si toute tentative de défendre l’Indochine valait vraiment les efforts nécessaires, dans la situation où se trouvait la France. En fait, il semble que De Gaulle avait d’abord envisagé de se contenter d’une « résistance symbolique ». Cependant, les obligations politiques et militaires de la France rendaient un effort de défense absolument impératif.
Le premier motif était clairement politique. Interdire aussi longtemps que possible l’accès du Tonkin aux Japonais les empêcherait de transformer les terrains de la région d’Hanoï en base d’attaque contre Kunming, la capitale chinoise. Les Français répondaient là à une demande du gouvernement américain. Cela expliquait pourquoi l’AVG avait été basé autour d’Hanoï, même si ses avions, techniquement “chinois”, ne pouvaient accomplir de missions offensives à partir des bases françaises tant que le Japon n’attaquait pas l’Indochine.
Le second motif était plus directement militaire. En défendant la Cochinchine et le Cambodge, les forces françaises contribuaient à la défense de Singapour car elles immobilisaient une bonne partie des forces japonaises basées en Thaïlande et empêchaient les avions japonais d’utiliser les terrains de la région de Saïgon, d’où ils pouvaient complètement contrôler le Golfe de Siam.
Après une visite d’une semaine en Indochine au début de septembre, De Gaulle, en tant que président du CDN, approuva définitivement l’envoi du groupement mobile Schlesser, qui s’entraînait alors en Afrique du Nord, et choisit pour stratégie de créer deux principales zones de résistance, l’une au Tonkin, l’autre en Cochinchine-Cambodge.
La défense de l’Indochine était en fait centrée sur celle de la région Cochinchine-Cambodge. Tant que les forces françaises pouvaient la défendre, la base navale de Cam Rahn pouvait être utilisée, la présence japonaise en Mer de Chine Méridionale pouvait être contestée et Singapour pouvait être soulagée d’une partie du poids de la machine de guerre nippone. La défense du Tonkin n’était au mieux qu’une action de retardement, et les forces françaises qui s’y trouvaient étaient prêtes à battre en retraite vers la Chine à travers la vallée de la Rivière Rouge. Les forces déployées en Annam devaient être utilisées comme une couverture pour les unités basées en Cochinchine. Si elles étaient débordées, elles avaient l’ordre de se replier dans les hautes terres, pour y organiser une guerre de guérilla.
L’organisation des forces françaises fut bâtie selon cette stratégie, et le GBMS commença à préparer son départ pour fin septembre-début octobre.
I. Tonkin (Hanoï, Lang Son, Luang-Prabang)
1. Région d’Hanoï
– 9ème Régiment d’Infanterie Coloniale (9ème RIC) avec 3 bataillons.
– 2/4 Bataillon d’Artillerie Coloniale avec 12 x 75 mm de campagne et 4 x 47 mm antichars.
– 3/4 Bataillon d’Artillerie Coloniale avec 8 x obusiers de 105 mm et 4 x 47 mm antichars.
– Détachement Motorisé du Tonkin (DMT) avec une compagnie de chars légers (12 x M2A4), un peloton d’autos blindées (3 White/Dodge et une Citroën-Kégresse P-28), un peloton motocycliste (11 motos et side-cars, avec 30 hommes), un peloton d’autos de reconnaissance (4 autos blindées Berliet VUDB), un peloton de transport (4 chenillettes Renault UE31R).
2. Frontière chinoise
– 5ème Régiment Etranger d’Infanterie (5ème REI) avec 3 bataillons.
– Bataillon Etranger d’Artillerie Légère (BEAL) avec 12 x 75 mm de campagne.
– Détachement Motorisé de la Légion (DML), même composition que le DMT.
– Trois Bataillons Laotiens d’Infanterie de Montagne basés à Luang-Prabang et Vientiane, soutenus par deux pelotons d’autos de reconnaissance (4 autos blindées Berliet VUDB chacun).
– Des Compagnies Régionales de Défense ont été recrutées dans la population des régions montagneuses du Laos, le long de la frontière thaïlandaise.
– Un train blindé avec des obusiers de 105 mm et des canons de 75 et 37 mm est basé à Hanoï et chargé de la sécurité de la ligne Hanoï-Kunming.
II. Annam (Hué et Tourane, avec un quartier général spécial pour les hautes terres à Pleiku)
– 10ème Régiment de Marche d’Infanterie Coloniale (10ème RMIC) avec 3 bataillons.
– 2ème Régiment de Tirailleurs Annamites (2ème RTA) avec 4 bataillons.
– 4ème et 5ème Bataillons Annamites d’Infanterie de Montagne (formés avec des hommes des tribus du Centre-Annam) à Pleiku et Kontum.
– 1/4 Bataillon d’Artillerie coloniale (16 x 75 mm de campagne).
– Détachement Motorisé d’Annam (DMA), même composition que le DMT.
III. Cochinchine-Cambodge (Saïgon, Phnom-Penh et Thu Dau Mot)
– 11ème RIC avec 4 bataillons.
– 1er Régiment de Tirailleurs Cambodgiens (1er RTC) avec 4 bataillons.
– 1er Régiment de Tirailleurs Annamites (1er RTA) avec 4 bataillons.
– 3ème Régiment de Tirailleurs Annamites (3ème RTA) avec 4 bataillons.
– 5ème Régiment d’Artillerie Légère Coloniale (5ème RALC) avec 24 x 75 mm de campagne et 12 x 47 mm antichars.
– Détachement Motorisé de Cochinchine (DMC), même composition que le DMT.
– Un train blindé avec des 75 mm de campagne et des mortiers de 81 mm, circulant sur la ligne à voie étroite entre Phnom-Penh et Poipet.
Groupement Blindé Mobile Schlesser (GBMS) (Col. Schlesser).
– Un bataillon blindé avec 4 compagnies de combat composées chacune de quatre pelotons de 3 chars moyens SAV-41, plus un peloton de 3 chars (avec des camions légers et des autos de reconnaissance) pour le QG du bataillon, une compagnie du Train avec 6 x ARV, 6 poseurs de ponts et des camions pour les ateliers d’entretien, les provisions de bouche… Soit en tout 51 SAV-41, 6 autos de reconnaissance et 12 véhicules blindés de soutien technique (360 hommes).
– Un bataillon d’infanterie mécanisée avec 4 compagnies de combat composées chacune de quatre pelotons de 4 half-tracks M3 (portant chacun 2 hommes d’équipage et 9 grenadiers-voltigeurs), un groupe QG avec divers M2 et M3 de commandement et de communication, 4 autos de reconnaissance, une compagnie de soutien (4 x VPM-81, 4 x AU-75 mod.41, 8 x AUAC-47 et des half-tracks M2 pour les munitions), une compagnie du Train avec des véhicules ARV M2/M3 et des camions POL. Soit en tout 70 x M3 half-tracks, 15 x M2, 4 autos de reconnaissance, 4 x 75 mm SP, 8 x 47 mm SP, 4 mortiers de 81mm SP, 64 mit. de 12,7 mm (montées sur M3), 900 hommes (dont 576 grenadiers-voltigeurs).
– Un bataillon d’infanterie motorisée avec 790 hommes, 4 mortiers de 81 mm, 8 x 47 mm antichars, 4 x 25 mm AA/AT.
– Un groupe d’artillerie mécanisée mixte, avec une batterie de 6 canons de 105 mm remorqués, deux batteries de mortiers de 81mm automoteurs (chacune avec 6 x VPM-81 sur half-tracks), et soutien technique : soit en tout 320 hommes, 6 x 105 mm remorqués et 12 mortiers de 81mm SP.
– Un groupe du Génie d’Assaut, avec 2 compagnies sur half-tracks M2 transportant des mines, du matériel de déminage et différents matériels de démolition. Soit 380 hommes.
– Une batterie AA mobile composée de 8 x VAA-13, 2 x M2 utilisés comme poste de commandement et 4 camions GMC pour les munitions. Soit 120 hommes et 32 x 12,7 mm en affûts quadruples.
– Un groupe de reconnaissance mécanisé avec une compagnie indépendante de chars légers (15 x M3F), une compagnie mécanisée (16 x M3 half-tracks), 4 x AU-75 mod.41 (75 mm automoteurs), 4 x AUAC-47 (47 mm antichars automoteurs) et un peloton de Commandement et Communication : 400 hommes, 12 chars légers M3F, 4 x 75 mm SP, 4 x 47 mm SP.
– Un groupe de commandement avec 8 autos de reconnaissance et des équipements radios : 170 hommes.
– Une colonne de ravitaillement, avec des camions pour le matériel d’entretien, les munitions, la nourriture (cuisines roulantes) : 255 hommes.
– Une colonne sanitaire : 60 hommes.
Total : 3755 hommes, dont 720 grenadiers-voltigeurs (assaut) et 790 soldats d’infanterie motorisée. 51 chars moyens SAV-41 et 15 chars légers M3F (tous armés de canons de 47 mm L-53), 8 x 75 mm automoteurs, 20 x 47 mm automoteurs, 20 x mortiers de 81 mm dont 16 automoteurs, 6 x obusiers de 105 mm (remorqués), 4 x 25 mm AA/AT, 8 affûts quadruples de 12,7 mm AA automoteurs (+ 80 mit. de 12,7 mm montées sur les M3 de l’infanterie motorisée), 18 autos de reconnaissance.
IV. Division Navale d’Assaut (DNA), comprenant une escadre de canonnières, des bateaux de transport sur le Mékong et de l’infanterie de marine
– Francis Garnier : 639 t, 2 x 98 mm, 1 x 75 mm, 2 x 37 mm, 4 mit.
– Argus et Vigilante : 218 t, 2 x 75 mm, 2 x 37 mm, 4 mit., 1 mortier de 81mm.
– Mytho et Tourane : 95 t, 1 x 75 mm, 1 x 47 mm, 2 mit., 1 mortier de 81mm.
– Commandant Bourdais et Avalanche : anciens chasseurs de sous-marins (respectivement CH-111 et CH-112), construits en 1920, reconvertis en « chaloupes canonnières fluviales »; 130 t, 1300 ch, 16,5 nœuds, 2 x 75 mm, 2 mit., 8 charges de profondeur de 75 kg, 1 torpille remorquée Pinocchio, 31 hommes.
– Tahure : aviso de classe Arras/Amiens datant de la Première Guerre, 850 t, 2 x 138,6 mm, 2 x 76 mm AA modèle US, 4 lance-grenades.
– Marne : aviso de classe Somme datant de la Première Guerre, 570 t, 4 x 100 mm/40, 1 x 75 mm.
– La Pérouse, Octant, Astrolabe : bâtiments hydrographiques convertis en dragueurs.
– Armand Rousseau, Capitaine Coulon, Paul Bert : navires de réquisition gréés en arraisonneurs-dragueurs.
– divers sampans, jonques, transports légers et chaloupes, quelques-uns équipés d’un mortier de 60 mm ou de mitrailleuses.
– des canots à moteur Fairmile type B s’y ajouteront fin septembre.
D’autres navires ont été cédés à la Chine au cours des années précédentes, en partie du fait de leur obsolescence, mais aussi suite à un accord avec le gouvernement de Tchang Kaï Check (ces négociations entreront en compte dans la décision d’utiliser les moyens de l’AVG au service de la défense de l’Indochine) : La Grandière (1937), Doudart de Lagrée (1939), Altaïr et Balny (1940).
3ème Régiment d’Infanterie de Marine, avec 3 bataillons et une batterie de 4 x 75 mm de campagne.
Au total, les forces françaises en Indochine comptent 68 000 hommes, dont 50 000 des troupes coloniales[1].
Les forces aériennes françaises en Indochine n’ont pu être accrues qu’en respectant de sévères contraintes en matériel et en hommes. Début novembre 1941, le Commandement Aérien d’Indochine (CAI), avec ses trois Zones Opérationnelles, Tonkin et Nord Laos (ZOTON, Hanoï), Annam et Centre/Sud Laos (ZOAL, Hué), Cochinchine et Cambodge (ZOCOC, Saïgon) devait disposer des forces suivantes.
– 40ème Escadre de Chasse (I/40, II/40, III/40) avec 60 Hawk-75A4 et 28 en réserve. Déploiement terminé en octobre 1941. Deux GC autour de Saïgon, un autour de Phnom Penh.
– 4 Patrouilles de Protection (petites unités indépendantes) créées avec un total de 24 Morane MS-410 et 8 Brewster Buffalo prêtés par la RAF : deux PP autour de Hué et deux au nord-Cambodge (5 MS-406 en réserve).
– L’American Volunteer Group (AVG, trois squadrons) est à l’entraînement opérationnel dans la région d’Hanoï avec un total de 100 Hawk-81 (60 avions opérationnels).
– 62ème Escadre de Bombardement (I/62, II/62, III/62) avec 60 Martin 167 et 36 en réserve. Un GB autour de Saïgon, deux autour de Hanoï.
– 52ème Escadre ACCS (I/52, II/52) avec 34 Potez 63/11 et 16 Wirraway organisés en deux Groupes mixtes, avec 12 Potez et 6 Wirraway chacun, tous deux déployés de Saïgon avec des détachements au Cambodge et au Laos (Ventiane, Luang-Prabang).
– 5 Escadrilles Régionales d’Observation formées avec 32 très vieux Potez-25 TOE biplans, opérant de petites pistes au Cambodge et au Laos.
– 5ème Escadrille Coloniale (EC-5) dotés d’hydravions légers : 10 x Loire 130 et 1 CAMS-37, avec des détachements à Saïgon, Cam-Rahn et Tourane.
– Flottille E29 (ex-E9), unité de l’Aéronavale équipée de 3 Bréguet 521 Bizerte (recherche et sauvetage) et 8 Lockheed Hudson Mk. III (prêtés par la RAF).
– Flottille S48 (ex-S8), unité de l’Aéronavale équipée de petits hydravions de repérage et réglage de tir, déployés à bord des croiseurs : 4 x Potez 452 et 4 x Loire 130.
Huit avions civils (3 DC3, 3 Lockheed-18, 2 Dewoitine 338) ; huit bombardiers convertis (5 Potez 542, 3 Farman 221) et 7 CASEVAC Potez-25.
En tout, l’Armée de l’Air et l’Aéronavale déploient en Indochine 337 avions, auxquels il faut ajouter les 100 chasseurs de l’AVG. Sans compter les Patrouilles de Protection, la défense de l’Indochine peut utiliser 244 avions de combat de première ligne, en incluant les trois squadrons de l’AVG et les 8 Hudson de la flottille E29.
L’Escadre de Mer de Chine (basée à Cam Rahn) fut formée autour des deux croiseurs lourds Duquesne (amiral) et Tourville, avec trois croiseurs légers, Duguay-Trouin, Lamotte-Picquet et Primauguet, quatre contre-torpilleurs de classe Chacal, Léopard, Lynx, Panthère et Tigre, et quatre destroyers de classe Bourrasque modernisés, Mistral, Tempête, Tornade et Trombe.
En raison de leur lenteur, les quatre avisos de classe Bougainville furent envoyés dans l’Océan Indien : Dumont d’Urville et Bougainville basés à Diégo-Suarez ; D’Entrecasteaux et D’Iberville basés à La Réunion. Trois croiseurs auxiliaires (AMC) leur furent ajoutés : Aramis (17 537 t, 19 nœuds, 8 x 138 mm, 2 x 75 mm AA), Victor Schœlcher (4 504 t, 17 nœuds, 5 x 138 mm, 2 x 75 mm AA) et Quercy (3 100 t, 13 nœuds, 5 x 138 mm, 1 x 75mm AA).
Neuf grands sous-marins de classe Le Redoutable furent basés à Cam Rahn.
Au 1er septembre : Pascal, Argo, Centaure, Pégase, Protée, Le Conquérant, Le Glorieux, Le Héros, Le Tonnant.
La marine nationale stocka des torpilles et différentes pièces détachées à Singapour pour pouvoir l’utiliser comme base si Cam Rahn devenait trop exposée.
[1] contre 60 000 et 50 000 historiquement : l’écart semble faible, mais la différence d’équipement est bien plus importante ; le Groupement Schlesser (et les trois Escadres aériennes, voir ci-après) donnent aux forces françaises des capacités combatives beaucoup plus puissantes.