De : Bureau Combiné d’Extrême-Orient
Service “Y”, Singapour
Service “Y” (Indes Orientales Néerlandaises), Bandung
30 décembre 1941
12h30 (heure locale de Singapour)
Trafic radio décodé venant de la section de transport de la 2ème Flotte japonaise – De la base japonaise de soutien et de réparations des îles Paracels à toutes les unités de réparations et d’entretien de la Flotte.
Transmis au préalable au QG naval de Tokyo et à tous les commandants de flotte.
Classification : secret maximal ULTRA
[Traduit du japonais avec suppression des expressions fleuries et romantiques, sauf cas particulier, et conversion des dates Showa. La date du document originel est inconnue.]
Emetteur : commandant de la 2ème Flotte [vice-amiral Kondo]
Sujet : conclusions initiales et recommandations concernant la perte du Nisshin liée à des causes autres que l’action ennemie
Le [22 décembre 1941], des transports escortés par des détachements de la Flotte de Mer de Chine du Sud et de la Flotte Combinée sont entrés dans le Golfe de Lingayen. Les porte-hydravions de la Troisième Flotte [vice-amiral Takahashi] avaient pour mission de soutenir le débarquement à partir du côté ouest du golfe, du fait du mauvais temps venant de l’ouest. Les débarquements dans le sud du golfe et le long de sa côte est ont été perturbés par cette météo. L’Armée a été débarquée malgré le temps et a occupé les aérodromes visés bien plus tôt que prévu. La résistance était dispersée, mais très légère. Notre supériorité aérienne était totale. L’ennemi n’a lancé aucune opération aérienne, mais de nombreux sous-marins ont été signalés.
Pendant la nuit, il fut décidé de redéployer la majeure partie de l’escorte. La raison en était l’absence de résistance ennemie et le besoin de préparer les opérations à venir. Les forces retournant aux [Paracels] comprenaient les éléments de la Troisième Flotte affectés temporairement à la 2ème Flotte [section manquante].
… transit avec [7 mots inconnus] 2ème Flotte [vers les Paracels ?]…
… groupe de couverture Nord, incluant le [porte-hydravions] Nisshin. Le bâtiment opérait avec la force principale de l’amiral Kondo et était en train de lancer et récupérer des avions lorsqu’il a été torpillé. Deux de ses vingt hydravions étaient en patrouille anti-sous-marine et avaient été dirigés vers le golfe de Lingayen pour y être récupérés. Deux hydravions supplémentaires avaient été lancés et huit autres étaient en cours de préparation pour un lancement pendant la nuit pour de possibles patrouilles nocturnes. Tous avaient le plein d’essence et étaient armés. Les avions de la patrouille nocturne ne devaient pas être récupérés en mer par le navire, mais devaient voler jusqu’aux [Paracels] pour rejoindre [de Lingayen ?].
Le Nisshin avait été engagé dans des opérations de soutien intensif de l’Armée pendant la journée. Son groupe aérien était composé de [12 mots perdus].
Ces avions avaient conduit 42 [missions] des types suivants :
12 F1M2, 26 [missions], dont 19 attaques, 7 patrouilles [trad. : sens inconnu]
6 E13A1, 13 [missions] de patrouilles offensives [trad. : sens inconnu]
2 E8N, 3 [missions] de port [trad. : sens inconnu]
23 décembre 1941
À 21h30 [heure locale], la 2ème Flotte [de l’amiral Kondo] a été attaquée par plusieurs des sous-marins ennemis opérant dans la zone [note de l’état-major de Singapour : il y avait un seul sous-marin, identifié par l’officier de liaison de la Marine Nationale (MNLO) à Singapour comme le sous-marin français Le Centaure. Le sous-marin français Le Glorieux opérait plus au nord].
Le cuirassé rapide Haruna [trad. : classe Kongo] évita une attaque. Une deuxième attaque toucha le [porte-hydravions] Nisshin de deux torpilles. Une troisième attaque toucha le croiseur de type A [trad. : croiseur lourd] Maya d’une torpille. Le Maya fut touché à bâbord au niveau de la tourelle numéro 1 [trad. : A]. Les magasins furent noyés. Le Maya fut capable de continuer sa route vers les [Paracels] à vitesse réduite.
Le [porte-hydravions] Nisshin était en feu. Les incendies ne purent pas être maîtrisés et le Nisshin fut abandonné. Le Nisshin fut coulé par une torpille à 23h45 [heure locale].
La 2ème Flotte fut attaquée de nouveau par deux sous-marins ennemis. Le [porte-avions] Shoho [trad. : nom et classe inconnus. Probablement une confusion avec un navire auxiliaire inconnu. Peut-être une nouvelle classe de porte-avions si la traduction alternative RYUKAKU est correcte ?] évita deux torpilles qui passèrent à proximité [note de l’Etat-Major : le sous-marin HMS Severn affirme avoir lancé 6 torpilles à grande distance contre un cuirassé et un porte-avions à 01h45, malgré un angle de tir défavorable. Au moins un grand navire auxiliaire de type inconnu a également été signalé par le Severn].
Rapport sur la perte du Nisshin
À 21h32, le Nisshin fut touché par deux torpilles. Celles-ci avaient été aperçues juste avant l’impact. Le navire était en train de virer [sèchement] au moment de l’impact pour essayer [de les éviter]. La première torpille fit mouche à bâbord au niveau du canon n°1 à 21h32. La seconde frappa à bâbord au niveau de la passerelle environ 5 secondes après la première. Le navire fut stoppé immédiatement. Il prit une gîte de 12 degrés sur bâbord. Celle-ci fut réduite à 6 degrés par contre-inondation vers 21h45.
À 21h55, le Nisshin signala qu’il était en route pour rentrer dans le Golfe de Lingayen à 4 nœuds.
À 22h05, le Nisshin signala que, parmi les avions positionnés sur son pont supérieur, les trois à la poupe avaient été endommagés par le soubresaut du navire lors de l’impact et qu’une catapulte arrière était hors service pour la même raison.
À 22h12, le Nisshin signala qu’il lançait des avions pour abaisser son centre de gravité. Les avions avaient pour ordre de retourner à Lingayen. Cinq avions furent lancés. Le navire possédait 12 F1M2, 6 E13A1 et 2 E8N. 5 E13A1 et 4 F1M2 furent sauvés. 8 F1M2, 1 E13A1 et 2 E8N furent perdus avec le bâtiment.
À 22h45, le reste de la 2ème Flotte avait achevé [une manœuvre d’évitement ?] et apercevait le Nisshin et son escorte.
À 22h47, une lumière brillante fut aperçue [provenant du Nisshin].
À 22h49, le Nisshin signala qu’il avait subi un incident interne. Au même moment, un violent incendie en arrière de la superstructure était visible depuis le navire-amiral. Une boule de feu de couleur rouge fut aperçue en train de s’élever verticalement au-dessus du navire.
À 22h59, le Nisshin signala qu’un incendie d’essence s’était déclenché et qu’il n’était pas possible de couper les “élévateurs d’essence” [trad. : on suppose qu’il s’agit du système de conduites d’essence d’aviation desservant le hangar et le pont supérieur] et que le hangar était en feu.
Aucun autre signal ne fut [reçu] du Nisshin. Le navire amiral pu observer le feu s’étendre en moins d’une minute tout le long du navire jusqu’à la poupe.
L’équipage était incapable de combattre l’incendie. L’amiral Kondo ordonna de couler le navire à la torpille à 23h45 [trad. : ceci indique que le navire-amiral resta à proximité immédiate].
[section intraduisible]
La plus grande part de l’équipage fut sauvé, bien que son [commandant] ait refusé d’abandonner le Nisshin. Le portrait de l’Empereur fut sauvé.
L’amiral Kondo ordonna une enquête immédiate sur le Nisshin [la perte du Nisshin]. Celle-ci se passa à bord du navire-amiral. Les faits les plus importants sont résumés ci-dessous.
[nouvelle section du document]
L’officier opérationnel Yomura (Nisshin) fournit de nombreuses informations, ainsi que les équipages des avions et le personnel du hangar. Une compilation succincte de ce qui s’est passé suit.
Les dégâts occasionnés par les torpilles étaient sérieux, mais pas fatals. Le second impact était [lit. : dégâts très faibles. Commentaire : les deux projectiles étaient des torpilles de 550 mm embarquant 683 livres de TNT. L’officier de liaison de la Marine Nationale estime que la seconde torpille a souffert d’une détonation partielle de sa charge explosive]. Toutefois, elle provoqua la [rupture] de réservoirs d’essence d’aviation dans le hangar et à bord des trois avions endommagés à l’arrière du pont supérieur. Le pont supérieur fut nettoyé par des lances à incendie avant que les avions restant opérationnels ne soient lancés. L’essence dans le hangar ne put pas être nettoyée à la lance, mais dut être [épongée ? lit. : absorbée]. Les vapeurs furent dispersées en lançant le système de ventilation. Ce fut une erreur [très sérieuse]. [trad. : cette dernière phrase constitue une affirmation très énergique qu’une erreur a été commise. C’est un fait exceptionnel dans le trafic radio de la Marine Impériale japonaise]. Le système n’était pas conçu pour cela et des vapeurs passèrent dans la ventilation. Il n’y avait aucun moyen de purger toutes les conduites d’essence et les réservoirs traversant le hangar jusqu’au pont supérieur. Il n’y avait aucun moyen de remplir le système d’alimentation en essence par un [lit. : gaz ininflammable].
[mots perdus]
Une détonation caractéristique d’une explosion de vapeur d’essence se produisit dans les canalisations du système de ventilation juste à l’avant du hangar. Ceci [ouvrit ?] une brèche dans la cloison du hangar avant, ainsi que dans le plafond de la salle des machines. L’explosion se produisit dans un petit ventilateur et fut [extrêmement] puissante. L’incendie se répandit immédiatement à l’extrémité avant du hangar. L’équipe du hangar [commença immédiatement à utiliser] les lances à incendie. Celles-ci restèrent sans effet. Le feu progressa au-dessus de leurs têtes le long du plafond du hangar [sans entrave. Lit. : expression poétique : comme une lame de fond qui détruit tout sur son passage sans s’arrêter si ralentir]. La chaleur irradiée était [si importante qu’elle] mit le feu aux avions situés dans le hangar et força l’équipage à se replier. Tous souffraient de brûlures du haut du [corps]. Le hangar fut complètement la proie des flammes [lit. : comme s’il faisait partie d’une maison de démons] en moins de deux minutes. D’autres explosions suivirent dans le système de ventilation et l’incendie du hangar devint très violent. L’équipe de la salle de pompage de l’essence signala que, bien que les pompes soient coupées, la chaleur forçait l’essence à circuler dans le système à partir des réservoirs principaux. Les équipes de pont ne remarquèrent pas d’essence, [celle-ci devait donc] couler dans le hangar par des conduites rompues. Les seules vannes de coupure étaient dans la salle de pompage, dans laquelle il n’y a eu aucun survivant. Il ne semble pas qu’ils aient eu la possibilité de fermer les vannes.
Le pont supérieur était à ce moment-là devenu si chaud qu’il [rougeoyait] à certains endroits. Un effort fut entrepris avec succès pour fermer les ascenseurs et les aérations extérieures vers le pont du hangar. Ceci sembla isoler le feu, qui montra des signes d’étouffement. Le [rougeoiement] du pont supérieur cessa. De façon regrettable, les avions sur le pont d’envol qui avaient été catapultés avaient été armés et avaient dû être allégés pour pouvoir être catapultés, du fait de la gîte. Les [charges de profondeur ou bombes] avaient été retirées et laissées sur le pont d’envol dans l’empressement du catapultage. Elles n’avaient pas été redescendues dans les magasins ou jetées par-dessus bord. Une ou plusieurs d’entre elles explosèrent à cause de la chaleur et plusieurs autres suivirent. Les explosions firent des trous dans le pont supérieur, ce qui rouvrit le hangar. L’incendie reprit avec une violence accrue. Les responsables de l’abandon des [charges de profondeur ou bombes] sur le pont d’envol furent tués [lorsqu’elles explosèrent]. Peu de temps après, l’incendie provoqua l’abandon de la salle des machines à cause de la fumée. Les moteurs Diesel continuèrent à fonctionner, mais le manque de lances à incendie et de combinaisons de protection signifiait que l’équipage ne pouvait que contenir les flammes, mais pas les repousser. Le contrôle de l’incendie ne fut jamais possible.
[Extrait d’un nouveau document. L’auteur est différent, probablement l’amiral Kondo, commandant la 2ème Flotte. Le style est beaucoup plus direct et reflète l’habitude de donner des ordres. Ceci est inhabituel dans les documents japonais et indique une forte préoccupation.]
La perte du Nisshin n’aurait pas dû avoir lieu. Le navire a été perdu non pas du fait des torpilles, mais à cause de l’incendie. Ceci a pu se produire à cause de procédures défaillantes, d’une conception erronée et d’un manque d’équipement et d’entraînement anti-incendie.
Le Nisshin a été conçu selon les standards des porte-aéronefs modernes. Ses défauts sont partagés par tous les porte-aéronefs. La liste suivante indique les améliorations urgentes et impératives qu’il faut leur apporter.
Aucun avion avec le plein d’essence ne devrait être maintenu dans le hangar.
Tout le système d’alimentation en essence doit pouvoir être vidangé rapidement et doit rempli par du gaz inerte lorsqu’il n’est pas utilisé.
Le système d’alimentation en essence doit pouvoir être utilisé partiellement, de telle sorte qu’il ne faille pas remplir tout le système pour faire le plein d’un appareil.
Il doit y avoir des valves de fermeture disposées dans de nombreux endroits. Il doit y avoir des vannes de fermeture à distance sur le pont supérieur.
Aucune munition ne doit être stockée en dehors des magasins à munitions, en aucun endroit et en aucune circonstance, en particulier sur le pont d’envol. Si une munition ne peut pas être remise en stock, elle doit être jetée par-dessus bord.
Les hangars doivent être équipés d’arroseurs au plafond, ceux-ci doivent pouvoir être actionnés depuis l’intérieur du hangar et depuis le pont supérieur.
Les hangars doivent être équipés de rideaux d’amiante ignifugés pouvant être fermés rapidement.
De nombreuses lances à incendie sont nécessaires pour combattre des feux d’essence.
Tous les hangars doivent être équipés d’ouvertures pour évacuer les liquides vers l’extérieur (que ce soit de l’essence ou l’eau utilisée pour combattre l’incendie).
Les équipes d’intervention du Nisshin ont été employées dans leur totalité pour combattre l’inondation, ce qu’elles ont fait avec succès. Il ne restait personne pour les équipes spéciales anti-incendie. Des équipes d’intervention plus spécialisées sont nécessaires sur les porte-avions.
Davantage d’équipements d’intervention sont nécessaires.
Davantage de pompes portatives sont nécessaires à la fois pour combattre l’incendie et pour évacuer l’eau.
Aucun homme d’équipage ne doit être autorisé à rester sur un navire perdu. Bien que sa mort ait été admirable, cette expiation pour la perte du navire signifie que le commandant du Nisshin ne peut plus à présent participer à la noble tâche de remporter la victoire sur les ennemis de l’Empereur.
Une enquête complète pour tirer les leçons de tous les aspects de ce naufrage est en cours sous mes ordres aux [Paracels]. Tant que … [les hommes et les souvenirs sont récents ?]
[section(s) manquante(s)]
Je recommande fortement qu’aucun porte-aéronefs qui n’est pas en mer actuellement ne soit autorisé à lever l’ancre avant que les recommandations vitales mentionnées dans ce message n’aient été mises en œuvre. Les porte-aéronefs sous mon commandement font tous leurs efforts pour se conformer à toutes celles de ces recommandations que les ressources locales permettent d’appliquer. Ils doivent s’y conformer entièrement à la première occasion, même si cela revient à les rendre temporairement indisponibles pour d’autres activités.
[plusieurs sections manquantes]
Enseignements tactiques
Notre stratégie est d’utiliser nos sous-marins pour causer des pertes à une flotte ennemie qui se rapproche. Il est maintenant évident que l’ennemi a la même stratégie. Il l’applique avec succès. Ce n’est pas notre cas. Une leçon majeure des combats jusqu’à ce jour est notre incapacité à empêcher les sous-marins ennemis de couler nos navires de guerre et des transports essentiels.
Il est connu que des avions sont capables de forcer des sous-marins ennemis à plonger pendant le jour. De petits porte-avions sont indispensables pour accompagner les convois vitaux et ceux de l’Armée. La Marine n’a pas construit d’escorteurs pour attaquer et détruire les sous-marins ennemis qui s’en prennent à nos convois vitaux et à notre flotte. Nos destroyers ne sont pas adaptés à cette tâche, car ils ont des missions plus importantes. Nos convois et notre flotte vont attirer les sous-marins ennemis sur eux pour que nous puissions les détruire.
L’expérience du combat montre à présent la sagesse de la décision de construire les canonnières [désignation inconnue, canonnière est un terme voisin] de classe Shumishu [classe inconnue]. Beaucoup d’autres de ces canonnières et de chasseurs de sous-marins de type [caractère inconnu] doivent être construits pour détruire les sous-marins ennemis appâtés par les convois et les navires de guerre. Des moyens de détection des sous-marins ennemis en plongée comme en surface de nuit doivent être installés sur ces navires…
[section manquante]
… nombre [des charges de profondeur ?] doit être augmenté et les navires doivent en embarquer davantage.
[Fin ? manquante. Des fragments indiquent que de meilleures communications et l’utilisation d’avions basés à terre sont ordonnés, sans être discutés.]
Fin de la transcription
Note de la station d’écoute : ceci est une partie d’un document beaucoup plus long transmis par d’autres moyens, probablement par copie papier. Cette partie a été envoyée via un système moins protégé en tant que notification urgente pour les équipes de maintenance. Les références internes (non incluses) indiquent la présence, dans l’original, de diagrammes, tableaux et figures détaillés.
Rapport définitif de l’amiral Kondo
De : V.Am. Kondo, Commandant de la 2ème Flotte.
A : Am. Yamamoto, Commandant de la Flotte Combinée,
V.Am. Nagumo, Commandant de la 1ère Flotte Aérienne,
V.Am. Takahashi, Commandant de la 3ème Flotte.
Sujet : Découvertes et Recommandations sur de Récentes Opérations Incluant :
Perte des Porte-Aéronefs Kimikawa Maru et Nisshin du fait d’Erreurs de Procédures et de Défauts de Conception ;
Résultats Opérationnels de nos Sous-Marins par rapport à ceux de l’Ennemi ;
Manque de Moyens Efficaces pour Leurrer, Trouver et Attaquer les Sous-Marins Ennemis ;
Résultats Opérationnels de nos Capacités de Combat de Nuit par rapport à celles de l’Ennemi.
Rapport Résumé et Commentaires sur les Opérations jusqu’au 23 Décembre 1941.
Invasion de l’Indochine Française
Le débarquement a été bien conduit et sans anicroche. Il y avait dans la région des forces navales et aériennes ennemies notables et la Bataille au large de Haïnan en a découlé.
8 décembre 1941
1. Zone de Tourane et Hué, 8 décembre, 09h45
Sous la protection de la 2ème Force d’Attaque Surprise (contre-amiral Nishimura), croiseur léger Naka, porte-hydravions Kamikawa Maru (8 F1M2, 2 E13A2, 2 E8N), Kimikawa Maru (6 F1M2, 2 E13A1) et Mizuho (14 F1M2s, 8E13A1, 2 E8N), 7 destroyers (Murasame, Yudachi, Harusame, Samidare, Asagumo, Minegumo, Natsugumo), 6 chasseurs de mines, 9 chasseurs de sous-marins, 6 cargos rapides ont débarqué une force combinée de la Marine et de l’Armée près de Tourane. Les défenseurs locaux français ont très rapidement été repoussés. Les hydravions F1M2 ont fourni une couverture de chasse et abattu deux bombardiers légers Maryland français, stoppant une tentative menée par 6 bombardiers pour perturber le débarquement. À midi, une contre-attaque française a été lancée. Nos hydravions ont fourni un puissant appui aérien et cette attaque a été défaite. Nos troupes ont pris l’aérodrome ainsi que les stocks d’essence cette même nuit et les avions de l’Armée se sont posés le lendemain, ce qui a permis à la 2ème Force d’Attaque Surprise de se retirer.
Enseignements – L’utilisation des forces combinées de grands porte-hydravions et de porte-hydravions auxiliaires est une grande réussite contre une opposition de force moyenne et doit être poursuivie. Un porte-hydravions et deux auxiliaires sont un minimum pour une telle force. Le F1M2 est à peine suffisant en tant que chasseur contre les avions ennemis. La conversion A6M2-N est déjà en retard. Elle est maintenant nécessaire immédiatement. Encore plus important est le développement très urgent de l’hydravion de chasse à hautes performances 15-Shi N1K1, capable d’affronter des chasseurs ennemis modernes basés à terre, et d’un hydravion de bombardement en piqué rapide, également capable d’emporter une torpille (pour cette seconde mission, une variante légèrement différente serait acceptable). En attendant, un E13A2 avec un moteur plus puissant (peut-être le Kinsei 54 de 1300 CV pour remplacer le Kinsei 43 de 1080 CV) et des points d’attache pour emporter aussi bien une charge de bombes importante (une tonne) et une torpille est nécessaire rapidement. Une fois ces avions disponibles, de telles forces seraient capables d’entrer dans une zone et d’en prendre le contrôle, et même de fournir une couverture contre les raids menés par un ou deux porte-avions ennemis.
2. Panne mécanique sur le porte-avions Junyo au large de la côte d’Indochine, 8 décembre, 18h00
La turbine bâbord du porte-avions Junyo est tombée en panne, endommageant sérieusement les arbres de transmission et la machinerie. Cet incident a été attribué par l’Etat-Major de la Flotte à des erreurs d’assemblage et au manque d’expérience de l’équipe des mécaniciens, ces deux problèmes résultant d’une mise en service hâtive du bâtiment. Comme le navire ne pouvait plus donner plus de 16 nœuds, il n’y avait pas d’autre solution que de le renvoyer au chantier Mitsubishi de Nagasaki, avec deux destroyers pour escorte.
Enseignements – Envoyer au combat des navires mis en service rapidement, avec des équipages novices, est rétrospectivement (et au vu des capacités à présent connues des sous-marins ennemis) une erreur. Ce navire s’est bien comporté avec ses avions. Mais, avec le recul, il n’aurait pas dû être risqué. Cette leçon est combinée avec les autres leçons ci-dessous concernant la perte de deux porte-aéronefs ce mois-ci. Ce type de navire est extrêmement vulnérable et doit être parfaitement rodé avant d’être envoyé au combat. Il présente également de nombreux défauts qui n’ont pas été mis en évidence en temps de paix.
3. Perte du porte-hydravions auxiliaire Kimikawa Maru et du destroyer Murasame au large de la côte d’Indochine, 8 décembre, 12h00
Les éléments de la 2ème Force d’Attaque Surprise, se retirant pour accomplir des nouvelles missions, sont tombés dans une embuscade tendue par des sous-marins ennemis au sud de l’île de Haïnan.
La première attaque s’est traduite par un coup au but sur le porte-hydravions auxiliaire Kimikawa Maru. La torpille a touché sans avoir été détectée à la hauteur de la cale n°2, en avant de la passerelle. Le bâtiment n’était pas en train de mettre en œuvre ses appareils, mais ceux qui se trouvaient sur les catapultes avant étaient ravitaillés et armés. L’avarie en elle-même ne risquait pas de faire couler le navire, bien que la voie d’eau soit importante. Toutefois, l’explosion a provoqué un très violent incendie, du fait de la rupture du système d’alimentation en carburant. Le feu était si violent que les équipes de lutte anti-incendie n’ont pas été capables de le contenir, bien que la plupart de leurs hommes aient été tués ou brûlés. Leur équipement était inadéquat et il n’y avait aucun moyen d’isoler ou de rendre inoffensif le système d’alimentation en essence, qui avait été coupé et purgé, mais qui était encore rempli de vapeurs explosives. Le commandant a stoppé son navire immédiatement et commencé à catapulter les avions déjà prêts vers Hainan. D’autres ont été mis à l’eau et ont ainsi pu décoller. Du groupe aérien, 4 F1M2 sur 6 et 1 E13A1 sur 2 ont été sauvés. L’incendie étant devenu incontrôlable et s’étendant à la superstructure et aux salles des machines par conduction, le Contre-Amiral Nishimura a décidé à 22h30 qu’il était nécessaire de saborder le navire pour permettre à son escadre de remplir sa mission de protection d’un autre débarquement. Je soutiens la décision qu’il a prise. Le Kimikawa Maru était stoppé et largement illuminé par les flammes, tandis que les sous-marins ennemis continuaient à attaquer nos navires.
Lors de la deuxième attaque, des torpilles destinées au croiseur léger Naka ont manqué leur cible.
Lors de la troisième attaque, une torpille a touché le destroyer Murasame (classe Shiratsuyu). Le navire a été atteint au niveau de la passerelle et stoppé par une voie d’eau massive. Environ quatre minutes après avoir stoppé, le Murasame a commencé à se briser en deux, coulant environ 12 minutes plus tard. Les pertes dans l’équipage ont été légères.
Un sous-marin ennemi a été localisé et attaqué. Malgré les premières annonces revendiquant l’élimination de ce sous-marin, je n’ai pu en trouver aucune preuve. Il n’y a eu aucun débris, aucune tache d’huile et aucun autre signe que ce sous-marin ait été coulé.
Nos propres sous-marins peuvent apprendre beaucoup de cette attaque. L’ennemi a agi comme les Allemands, attaquant en petites “meutes de loups” et de façon répétée.
Enseignements
– Kimikawa Maru. Le navire a été perdu à cause de l’incendie et cette perte était évitable. Les leçons qui s’appliquent ici sont exactement les mêmes que pour la perte encore plus grave du porte-hydravions Nisshin. Des dégâts sérieux mais non fatals ont été encaissés mais, du fait d’un système d’alimentation en essence dangereux, l’incendie a causé la perte du navire.
Problème. Notre contrôle des incendies et des dommages est défaillant. Nos porte-aéronefs souffrent de sérieux défauts, qui peuvent causer leur perte suite à des dégâts non fatals en eux-mêmes. Ces défauts ne pouvaient pas être anticipés avant la guerre. Ces points sont traités en détail dans la discussion sur le Nisshin. Un rapport détaillé sur la perte du Kimikawa Maru a été envoyé séparément.
– Murasame. La perte de ce navire doit être considérée comme une fortune de guerre. Il aurait pu rester à flot, mais son sort a été scellé lorsqu’il a commencé à se casser en deux. L’équipage n’aurait pas pu faire plus que ce qu’il a fait.
– Opérations anti-sous-marines. Nos sous-marins étaient supposés couler des navires ennemis au fur et à mesure de leur avance. Au contraire, c’est l’ennemi qui coule nos navires alors que nous avançons. Nos destroyers ont revendiqué la destruction de six sous-marins ennemis, tandis que l’aviation affirme de son côté en avoir détruit deux. Ces chiffres sont faux. Il n’y a aucune preuve que l’ennemi ait perdu le moindre sous-marin face à nos forces.
Problème 1. Les navires revendiquent une victoire après chaque attaque avec des charges de profondeur, sans aucune preuve. Nous ne disposons d’aucune procédure de confirmation, similaire à celle que nous utilisons pour valider les victoires en combat aérien. J’ai ordonné la création d’une telle procédure pour la 2ème Flotte. Il sera transmis au Commandant de la Flotte Combinée avec ma recommandation de le généraliser à toute la Marine Impériale.
Problème 2. Nos chasses anti-sous-marines sont trop brèves. Un sous-marin ne peut rester immergé qu’une journée. Nous ne les chassons pas suffisamment longtemps pour les forcer à faire surface. J’ai ordonné à la 2ème Flotte de chasser les sous-marins jusqu’à l’épuisement en organisant des équipes de navires et d’avions.
Problème 3. Nous avons besoin de nettement plus de navires pour pouvoir corriger le Problème 2. Ceux-ci doivent être simples à construire et à manœuvrer, peu coûteux et rapides à construire (pas plus de 6 mois, dans l’idéal 4), avoir une bonne tenue à la mer, jauger environ 1000 tonneaux, donner 20 nœuds, être armés de 2 canons de 4.7” double rôle, posséder un équipement de détection sous-marine par ultrasons de type allemand et de nombreuses charges de profondeur. Ils doivent également pouvoir être gréés en chasseurs de mines. De telles canonnières peuvent protéger les transports de l’Armée contre les sous-marins et les avions, être utilisés comme chasseurs de mines, maintenir l’ordre dans les territoires nouvellement conquis et attaquer et détruire les sous-marins ennemis attirés par nos convois transportant vers le Japon les ressources de la Sphère de Co-Prospérité.
Problème 4. Les sous-marins ennemis traversent nos écrans facilement et effectuent des attaques réussies. Il est maintenant évident que nous avons été pris par surprise par les sous-marins ennemis et que nous sommes très vulnérables face à eux. Nos navires manquent de charges de profondeur. Nos hydrophones sont bons, mais nous n’avons pas les moyens dont dispose l’ennemi pour repérer les sous-marins en plongée. Selon des rapports allemands, l’ennemi possède un système de détection ultrasonique très efficace. Les Allemands ont développé un système similaire. Il doit être acquis et fabriqué de façon extrêmement urgente. Lorsque l’ennemi coulera des navires transportant des troupes de l’Armée – non pas s’il en coulait, mais quand il en coulera – l’embarras de la Marine Impériale sera extrême. Nous en avons la preuve par l’exemple de la perte de transports de troupes pendant la guerre de 1904-1905 – l’Amiral Kamimura reçut à l’époque un blâme personnel pour cette perte. Nous devons lancer d’urgence un programme pour pouvoir utiliser nos patrouilleurs (vieux destroyers), canonnières et mouilleurs de mines pour repérer, attaquer et détruire les sous-marins ennemis attirés par nos convois et nos escadres de navires de guerre. Ces navires devront bénéficier très vite d’un entraînement spécifique aux techniques de chasse anti-sous-marine et être équipés pour repérer les sous-marins ennemis en plongée de façon à pouvoir les attaquer. Comme mesure intérimaire, j’ai ordonné que les convois soient escortés de jour par l’aviation. Nous manquons également de moyens pour que nos avions puissent attaquer des sous-marins. Les bombes actuelles ne sont pas efficaces, il leur faut toucher directement le sous-marin pour l’endommager. Les charges de profondeur doivent être modifiées pour pouvoir être larguées par nos avions afin de leur permettre d’attaquer utilement les sous-marins ennemis. Enfin, nous devons tout simplement déterminer à quelle profondeur les sous-marins ennemis peuvent plonger. Les Allemands nous ont affirmé que leurs sous-marins peuvent plonger jusqu’à 250 mètres. Nos grands sous-marins ne peuvent plonger que jusqu’à moins de 100 mètres (certains jusqu’à 120 mètres, en prenant des risques), mais certains sous-marins ennemis sont plus petits. Peut-être traversent-ils nos écrans en plongée profonde. Nous avons besoin de charges capables d’atteindre de grandes profondeurs. Les nôtres ne peuvent pour le moment être réglées plus bas que 100 mètres.
9-10 décembre 1941 – Bataille de Haïnan
Nos avions de reconnaissance m’avaient informé qu’une force ennemie avait pris la mer. On supposait qu’elle était composée de croiseurs français que nous savions basés en Indochine. Les sous-marins de la 6ème Flotte avaient été positionnés pour couler ces navires à leur sortie du port. Ils ne les ont même pas repérés. Par contre, les transmissions radio ennemies montraient que leurs sous-marins avaient aperçu nos forces et les avaient signalées.
La force et de la position de l’ennemi étant inconnues, et ayant subi des pertes, le Contre-Amiral Nishimura a bien agi en demandant des renforts à la 2ème Flotte. Je lui ai immédiatement envoyé les croiseurs lourds Atago et Takao et les destroyers Nowaki et Hagikaze. Ces navires s’ajoutaient au croiseur léger Naka et aux six destroyers restant sous le commandement de Nishimura. Il organisa cette force en deux colonnes protégeant le convoi de renforts de l’Armée. Celui-ci étaient composé de 6 cargos, des deux porte-hydravions Mizuho et Kamikawa Maru, de 6 chasseurs de mines et de 9 chasseurs de sous-marins.
L’aviation ennemie était active et deux bombardiers Lockheed Hudson ennemis ont été abattus par des hydravions F1M2 du Mizuho. Un équipage a été sauvé et pris à bord du Takao. Ils ont indiqué appartenir à la “flotille E29 de l’Aéronavale”. C’est une unité de reconnaissance composée de 8 Hudson et de 3 vieux hydravions Bréguet 521 Bizerte.
Interrogatoire des prisonniers – Les Français ont été interrogés à propos de leurs sous-marins, sur mon ordre. Bien qu’ils en sachent peu, ils ont été très clairs sur le fait que les sous-marins français ont toujours l’ordre d’attaquer les navires ennemis qu’ils aperçoivent, quel que soit leur type. Ceci constitue une grande surprise. Les prisonniers ne connaissaient pas la profondeur de plongée de leurs sous-marins, mais l’estimaient supérieure à 150 mètres.
Recommandations – Etant donné que les sous-marins ennemis coulent plus de nos navires que nos sous-marins ne coulent de navires ennemis, j’ai transmis à la 6ème Flotte le conseil d’envisager de permettre à nos sous-marins d’attaquer tout navire ennemi aperçu, ce qui n’est pas notre pratique actuelle. Je recommande également que nous demandions à l’Amiral Dönitz les informations suivantes :
– son opinion au sujet de cet ordre français et s’il diffère des ordres qu’il donne à ses propres sous-marins,
– les informations dont il dispose au sujet de la profondeur de plongée des sous-marins ennemis,
– les tactiques qu’il pense efficaces pour nos navires de surface contre les sous-marins ennemis.
On estimait que la force ennemie était composée d’un grand croiseur léger (Primauguet) et trois petits croiseurs légers. Ces navires étaient très rapides et bien armés, mais peu blindés. Le Contre-Amiral Nishimura avait l’intention d’utiliser le canon plutôt que la torpille comme arme principale contre l’ennemi, en raison de la grande vitesse et du faible blindage de ce dernier.
La force du Contre-Amiral Nishimura faisait route au 240 à 11 nœuds. Il avait placé trois destroyers (Asagumo, Minegumo et Natsugumo) en avant-garde du convoi. Celui-ci était escorté sur bâbord par le croiseur léger Naka (amiral) et le croiseur lourd Atago, conduisant les destroyers Yudachi, Harusame et Samidare et sur tribord par le croiseur lourd Takao, ainsi que les destroyers Nowaki et Hagikaze. J’ai fait l’éloge du Contre-Amiral Nishimura pour cette formation et je l’ai proposé pour une décoration pour le résultat de cette bataille, qu’il a bien menée. C’était une formation prudente, grâce à laquelle il était possible d’attaquer et détruire les forces ennemies attirées par le convoi.
Recommandation – La croyance qu’une escorte de convoi est purement défensive est erronée. Ce n’est pas le cas. Ce fait a été prouvé dans la guerre de 1904-1905. L’escorte de convoi est offensive au sens le plus pur. Le Contre-Amiral Nishimura l’a clairement démontré. La présence du convoi a agi comme un leurre et une provocation intolérable, qui a forcé l’ennemi à effectuer une sortie et à se battre où nous étions les plus forts et lui le plus faible. Comment cela pourrait-il être considéré comme défensif ? La doctrine de la Marine Impériale doit être modifiée pour tenir compte de cette réalité.
À 23h26, le destroyer de tête aperçut deux formations ennemies et transmit l’information à tous les navires. La formation sur bâbord, la plus proche, était menée par un grand croiseur à quatre cheminées. Les destroyers réalisèrent qu’ils n’avaient pas encore été détectés et engagèrent immédiatement le combat à la torpille, puis virèrent sur tribord, vers la seconde formation ennemie, avec l’intention de l’engager au canon. L’ennemi aperçut les destroyers d’avant-garde et ouvrit le feu au canon. L’ennemi n’utilisait pas de poudre sans éclair et, dans la confusion, la seconde formation ennemie disparut. Le Contre-Amiral Nishimura avait déjà ordonné au convoi de faire demi-tour. Les deux groupes sur les flancs se lancèrent dans la mêlée, le Contre-Amiral Nishimura voulant rejoindre son avant-garde et virant au 280 pour démasquer les canons du Naka et de l’Atago. Le groupe du Takao était à ce moment-là à la recherche du second groupe ennemi. Le croiseur à quatre cheminées en tête de la formation ennemie alluma ses projecteurs à 23h37, offrant une cible parfaite à nos canonniers. Le croiseur ouvrit le feu sur l’Asagumo, le touchant de trois obus avant que le Naka et l’Atago ne l’écrasent et ne le réduisent au silence. A 23h41, le croiseur ennemi (à présent clairement identifié comme un croiseur américain de classe Omaha) avait été écrasé sous les obus et était désemparé. Il fut alors touché par au moins une torpille (et sans doute deux, vu la vitesse à laquelle il coula) et chavira à 23h51.
Note – Les rescapés recueillis affirment que ce croiseur était le USS Marblehead et qu’il avait été touché plus de quinze fois par des obus allant du 8 pouces au 5 pouces. Selon eux, la passerelle avait été presque complètement détruite, que la casemate de 6 pouces tribord avant avait été détruite (un coup direct d’un obus de 8 pouces suivi probablement par deux de 5,5 ou 5 pouces), que la tourelle arrière avait aussi été détruite et que la salle des machines avait été atteinte par deux fois et les chaudières avant mises hors service. La partie avant du navire devint la proie des flammes lorsqu’elle fut touchée par au moins une torpille sous le mât principal. La torpille brisa l’échine du bâtiment et mit ses machines hors d’usage. Il chavira et coula rapidement. Le commandant s’appelait Robinson, il périt avec son navire. D’autres survivants ont déclaré que le Marblehead était accompagné de quatre vieux destroyers américains, les Stewart, Parrott, Bulmer et Barker, dirigés par le Commandant Binford. La présence de cette force américaine n’était ni connue ni envisagée.
Recommandations – Etant donné la grande utilité des informations qu’ils fournissent, j’ai ordonné à la 2ème Flotte de prendre soin des survivants ennemis selon le principe du “Bushi no nasake” issu du Bushido, choix de la bienveillance délibérée envers un adversaire courageux mais défait, de la part de celui au pouvoir duquel il est tombé dans la bataille.
Les destroyers ennemis ont engagé les destroyers de l’avant-garde au canon et à la torpille, ces dernières ratant leurs cibles. Nos destroyers infligèrent des dégâts importants à au moins deux destroyers ennemis. À 23h44, le Contre-Amiral Nishimura ordonna à ses navires de venir au 350, puis au 010, pour éviter de possibles torpilles et protéger le convoi. L’affrontement des destroyers se poursuivit, le Samidare touchant un autre destroyer ennemi, mais les deux formations de destroyers commençaient à perdre leur cohésion tactique.
À 23h42, la seconde formation ennemie réapparut. Elle fut détectée à la fois par le groupe du Takao et par les destroyers d’avant-garde, étant située entre eux. Du fait de leur changement de cap, les destroyers croyaient avoir affaire au groupe Takao. Le Takao pensait qu’il s’agissait des destroyers d’avant-garde. À 23h45, le navire ennemi de tête alluma un projecteur, illuminant le Takao et ouvrant le feu sur lui. La portée était inférieure à 3700 mètres. A cette distance, les canons de 6 pouces firent des ravages et le Takao encaissa durement à l’avant, perdant ses trois tourelles de proue et voyant sa passerelle gravement atteinte, un incendie s’y déclenchant. À 23h48, le centre du navire fut sévèrement atteint, des obus pénétrant dans la salle des chaudières avant et d’autres touchant les hydravions, provoquant un incendie très violent. Une fois de plus, cet incendie était attisé par le système d’alimentation en carburant, qui avait été rompu par des éclats d’obus. Le Takao, le Nowaki et le Hagikaze ne restèrent pas silencieux. Leur riposte, à très courte portée, réduisit au silence les canons de l’ennemi en moins de 11 minutes. Brûlant fortement, ce navire disparut. On pensa à ce moment-là qu’il avait été coulé, mais aucun survivant ne le confirma et un croiseur endommagé de classe Primauguet fut aperçu par la suite par nos avions.
Pendant que cette action se déroulait, trois croiseurs légers ennemis similaires à notre Yubari (identifiés par la suite par des survivants comme étant le Lynx, le Tigre et le Léopard) affrontèrent les destroyers d’avant-garde endommagés. Leur feu concentré désempara l’Asagumo, déjà gravement touché. Vers 23h48, l’Asagumo était totalement désemparé et brûlait à la poupe. Les croiseurs légers ennemis souffraient aussi, l’un d’entre eux était en feu à ce moment. À 23h50, l’un des croiseurs ennemis fut torpillé (on estime que le responsable était le Nowaki, grâce à une torpille qu’il avait lancée contre le Primauguet) et coula immédiatement. Un second croiseur ennemi était au ralenti et se trouvait alors en feu. Le Natsugumo et le Minegumo l’avaient mis en pièces avec leurs canons et il stoppa. Ce navire fut identifié (à nouveau par le témoignage des survivants) comme le croiseur Léopard. Le croiseur ennemi restant attaqua l’Asagumo, stoppé et en flammes, à la torpille. L’une d’entre elles toucha à 23h55 et l’Asagumo commença à couler par la poupe. Le Minegumo et le Natsugumo s’en prirent alors à ce navire, identifié plus tard comme étant le croiseur Lynx, qui s’enfuit.
A peu près au même moment, les destroyers américains furent localisés par le groupe Atago/Naka du Contre-Amiral Nishimura. L’ennemi faisait route au 045 à grande vitesse. Les navires de Nishimura les aperçurent à 23h45, mais ne purent pas les identifier en tant qu’ennemis avant 23h51, nos navires ouvrant alors le feu immédiatement. L’ennemi lança des torpilles et fit demi-tour pour fuir. L’Atago dut changer de cap aussi brutalement qu’un destroyer pour éviter ces torpilles. Les destroyers ennemis combattirent bravement sous le feu nourri de nos deux croiseurs et trois destroyers. La formation ennemie se divisa en deux. Nos destroyers poursuivirent les navires ennemis les plus rapides, l’Atago et le Naka se concentrant sur les deux navires ennemis qui avaient été endommagés. Les rapports des survivants indiquent qu’il s’agissaient du chef de flottille, l’USS Stewart (touché par un obus de 8 pouces et trois de 5 pouces/40) et de l’USS Parrot (de nombreux impacts de 5,5 pouces). Le Naka et l’Atago tirèrent des torpilles contre eux. À 23h58, l’USS Parrott fut touché et mis en pièces par les impacts de torpilles. L’USS Stewart fut stoppé et coulé par les obus du Naka à 00h17 (le 10 décembre). Les deux tiers environ de son équipage et les rares survivants de l’USS Parrott furent secourus par l’Atago. Les deux destroyers ennemis restants s’échappèrent, mais tous deux étaient endommagés et en flammes.
Je propose de récompenser le Contre-Amiral Nishimura pour son action. Les pertes reflètent bien la fureur de la bataille au large de Haïnan. Le Contre-Amiral Nishimura a perdu un destroyer (l’Asagumo, coulé), et un croiseur (le Takao) et un destroyer (l’Hagikaze) ont été si sérieusement endommagés qu’ils ont dû se rendre tous deux à Haïnan pour premières réparations, avant de pouvoir rentrer au Japon.
Toutefois, la totalité de la force ennemie a été coulée ou endommagée. L’ennemi a perdu un grand croiseur léger (l’USS Marblehead), deux petits croiseurs légers (les MN Tigre et Léopard) et deux destroyers (les USS Stewart et USS Parrott). Plus important encore pour le prestige de la Marine Impériale vis-à-vis de l’Armée, l’engagement n’a pas retardé le convoi de plus de deux heures et aucun soldat n’a été perdu.
Des quatre navires ennemis survivants connus (grand croiseur léger MN Primauguet, petit croiseur léger MN Lynx et deux destroyers USN Bulmer et Barker), tous sont endommagés, la plupart sérieusement. La résistance navale ennemie en Indochine a cessé de représenter une menace, du moins en surface, pour mes forces.
Le contre-amiral Nishimura a fait l’éloge des navires alliés pour leur persévérance dans leurs attaques du convoi. Sa force a été prise par surprise par la présence de non pas une, mais deux forces ennemies. La force américaine a combattu bravement, mais avec des tactiques dépassées et a révélé ses positions avec des projecteurs et des poudres avec éclair. Les navires français se sont également bien battus, mais là aussi avec des tactiques dépassées et des poudres avec éclair. Toutefois, leurs obus faisaient de gros dégâts à courte portée lorsqu’ils faisaient mouche. L’analyse de leurs obus à partir des fragments et des munitions non explosées se poursuit. Les Français sont handicapés par la très faible cadence de tir de leurs canons. Nos destroyers ont été capables de submerger d’obus leurs petits croiseurs rapides, un par un. L’ennemi est mal préparé aux actions nocturnes à courte portée. De nombreuses informations ont été obtenues des survivants ennemis. La politique du contre-amiral Nishimura de traiter ces hommes selon le “Bushi no nasake” nous a valus de nombreuses informations de valeur. Pour cette raison, j’ai adopté cette politique au sein de la 2ème Flotte et de ses unités associées et je recommande son adoption par toute la Marine.
Recommandations – Nos tactiques de combat nocturne ont été validées. Notre armement est excellent et l’entraînement a bien préparé nos hommes au combat de nuit. Nous avons systématiquement vu l’ennemi avant qu’il ne nous voie.
Identification. Toutefois, nos capacités de reconnaissance des navires peuvent être améliorées. Nos hommes doivent être mieux entraînés à reconnaître et identifier les navires ennemis par type et par classe. Ceci a des implications tactiques importantes à tout moment, mais en particulier de nuit. Ces recommandations s’appliquent à tout le personnel de la Marine Impériale, mais plus spécialement aux officiers, aux vigies et aux équipages de notre Aviation.
Incendie. Le Takao a été durement touché à courte distance par des obus ennemis étonnamment lourds (obus de 6 pouces de 124 livres) et en a fortement souffert. Ce fait aurait pu être prévu. Ce qui n’était pas prévisible était la vulnérabilité au feu de ce croiseur lourd, provoquée par les dégâts causés au système d’alimentation en carburant de ses hydravions. Si l’incendie s’était propagé aux torpilles, le navire aurait bel et bien pu être perdu. Le Kimikawa Maru, le Nisshin, le Takao : nous avons un sérieux problème dans la Marine Impériale avec l’inflammabilité et la vulnérabilité de nos systèmes d’alimentation en carburant et avec la difficulté à combattre les incendies déclenchés par l’atteinte de ces systèmes. Nos navires sont trop vulnérables au feu. La 2ème Flotte a reçu l’ordre d’utiliser toutes les ressources locales et celles des navires pour retirer les matériaux inflammables des bâtiments, pour improviser des systèmes de gaz inertes pour les systèmes d’alimentation en carburant et pour améliorer leur capacité interne de lutte anti-incendie.
L’Ingénieur de la Flotte a conçu un système simple de production de gaz inerte utilisant un filtre sur un échappement de diesel qui mène à une compression et à un stockage dans des bouteilles de gaz. Tous les navires équipés de systèmes fixes d’alimentation en carburant ont reçu cette information et improvisent de tels systèmes. Des procédures sont à présent en vigueur pour combler les lacunes dans la manipulation du carburant et le rangement impropre des munitions en dehors des magasins.
Invasion de Bornéo
Miri, Bornéo
17 décembre 1941
À l’aube, des avions de transport L2D2 ont largué 570 parachutistes sur Miri. L’assaut aéroporté était coordonné avec un bombardement effectué par des bombardiers de la Marine G4M1 basés à Bin Dinh et les avions des Zuiho et Shoho. À 07h30, un régiment complet de Troupes Spéciales de Débarquement de la Marine a été débarqué par la force Takahashi. Les troupes du Commonwealth stationnées à Miri furent empêchées de détruire la raffinerie et les infrastructures pétrolières associées. Vers 14h00, nos Troupes Spéciales contrôlaient Miri et d’autres étaient débarquées en baie de Brunei. Les porte-hydravions Chiyoda et Nisshin étaient en train d’établir une hydrobase.
Des bombardiers ennemis firent une première attaque vers midi. Aucun objectif important ne fut touché. Une autre attaque, vers 16h00, fut interceptée par nos chasseurs (A5M4, A6M2 et hydravions F1M2), trois bombardiers hollandais furent détruits et deux autres endommagés pour la perte d’un A5M4 et un F1M2. Le transport Yayo Maru fut touché par une bombe et incendié à l’avant. L’incendie fut éteint vers 17h00. Le navire n’était pas gravement endommagé.
Des sous-marins alliés étaient présents dans la zone et menèrent plusieurs attaques. Bien que plusieurs sous-marins aient été donnés comme détruits, aucune preuve indiscutable, épave, survivants ou débris, n’a été découverte. Aucune poursuite de sous-marin par des navires de surface n’a été menée à son terme. Un E13N2 rapporte une destruction certaine près du mouillage et son équipage a été très insistant dans sa revendication. Ceci doit être encore vérifié par des recherches, mais c’est actuellement la meilleure possibilité d’un victoire sur un sous-marin.
Perte du destroyer Asakaze.
À 18h55, le destroyer Asakaze fut frappé par une torpille et coula en 25 minutes. L’impact se produisit à l’arrière. Son capitaine tenta de le rapprocher de la plage, mais fut dans l’incapacité de l’échouer. Il réussit néanmoins à le conduire en eaux peu profondes avant qu’il ne coule. Le navire pourrait être renfloué, car il se trouve en position quasi verticale dans seulement 50 pieds d’eau. Il a été touché par la torpille dans une zone où le fond se trouvait à seulement 80 pieds, mais le sous-marin responsable ne fut pas localisé. L’ennemi est capable de nous infliger des pertes en utilisant des sous-marins avec une totale impunité, même dans des eaux peu profondes dans lesquelles nos propres submersibles de classe I et même RO sont trop grands pour opérer. Les Hollandais ont revendiqué ce torpillage par la suite.
Recommandations – L’ennemi fait un bon usage de petits sous-marins dans les eaux côtières. Les sous-marins hollandais ne font que 600 tonneaux en surface. Nous avons prouvé que les sous-marins petits et rapides de type A sont très utiles en eaux peu profondes comme celles de Singapour, mais ces sous-marins de poche nécessitent un bâtiment de type I pour opérer. Nous avons donc besoin d’un sous-marin côtier de petite taille, peu coûteux et rapide, capable d’opérer sans le soutien des bâtiments de type I. Une discussion avec le Commandant de la Sixième Flotte a conduit à préciser ce besoin. D’un type inconnu jusqu’à présent, le nouveau sous-marin serait plus grand que le type A, mais plus petit et nettement moins coûteux que les submersibles RO existants, pouvant être construit rapidement et en nombre substantiel. Un certain nombre de sous-marins basés sur le “numéro 71” seraient d’une grande utilité dans la campagne actuelle. En accord avec la Sixième Flotte, nous recommandons qu’un nombre substantiel de sous-marins de la classe “numéro 71”, avec quatre torpilles de 18 pouces et quatre recharges, soient construits. Ils seraient capables de soutenir des opérations offensives, telles que celles dans lesquelles nous sommes impliquées. La Sixième Flotte souligne que de tels sous-marins satisferaient également à sa demande de petits submersibles peu coûteux et assez nombreux pour la protection des bases insulaires telles que Truk, ainsi que celles que nous sommes sur le point de saisir.
18 décembre 1941
Les attaques ennemies dans la zone de Miri se sont poursuivies. Environ six bombardiers néerlandais ont attaqué peu après l’aube. Trois furent aperçus s’écrasant après avoir été pris en chasse par des chasseurs A5M des Shoho et Zuiho. Une seconde attaque menée par trois bombardiers et quelques chasseurs Brewster se produisit dans l’après-midi. Ce raid fut totalement annihilé, un A5M4 et un F1M2 étant perdus. Le cargo Hanoi Maru fut touché et un incendie se déclencha à bord. Bien que fortement endommagé, le feu fut éteint et le navire ancré avec succès dans des eaux peu profondes. Le porte-hydravions auxiliaire Sanuki Maru fut endommagé par trois near misses, mais resta capable de faire manœuvrer ses appareils.
Perte du croiseur léger Kuma.
Vers le milieu de la journée, la force de couverture du Vice-Amiral Takahashi et les cargos en état de prendre la mer quittèrent la rade de Miri, ayant débarqué toutes les troupes et tout l’équipement. À 11h53, le croiseur léger Kuma, appartenant à l’escorte, fut frappé par deux torpilles lancées par un sous-marin ennemi. La première toucha sous la passerelle, sur tribord, alors que le navire était en train de zigzaguer. La seconde torpille toucha les salles des machines quelques secondes après la première. Le navire stoppa très rapidement et prit une gîte de 15 degrés. Vers 00h15, la gîte était passée à 25 degrés, la plage arrière était inondée et il devint évident que le navire ne pouvait pas être sauvé. Il fut immédiatement abandonné avec des pertes extrêmement faibles. Le Kuma chavira à 00h22 et coula peu après, son équipage étant secouru par les escorteurs. Bien que l’épave repose en eaux peu profondes, à seulement 30 mètres de profondeur, elle ne peut pas être renflouée, un plongeur ayant en effet signalé qu’elle se trouve sur le flanc et que le fond est boueux.
Problème – Une fois de plus, un sous-marin ennemi nous a infligé une perte sérieuse, et ce, en eaux peu profondes. Ce submersible n’a pas été poursuivi jusqu’à épuisement et il n’y a aucune preuve qu’il ait jamais été localisé, malgré toutes les charges de profondeur utilisées. La leçon est la même que précédemment. Notre capacité à localiser, attaquer et détruire un sous-marin ennemi en plongée est sérieusement défaillante, si ce sous-marin était bien en plongée. Comme la nuit était nuageuse, ce submersible pouvait très bien avoir été en surface. Nous avons besoin de percer l’obscurité pour localiser des cibles telles que des sous-marins en surface ou des navires ennemis situés hors de portée de vue de nos vigies. Les récentes informations sur le développement des radio-détecteurs semblent prometteuses et doivent être suivies de près. Toutes ces pertes face aux sous-marins ennemis indiquent que nous devrions demander immédiatement à nos alliés allemands des renseignements, non seulement sur la meilleure façon de s’opposer aux sous-marins ennemis (comment les localiser et les couler, quelles armes et tactiques fonctionnent le mieux et ce que l’ennemi utilise contre les sous-marins allemands), mais également comment mieux utiliser nos propres sous-marins contre l’ennemi.
Perte du transport de l’Armée Hayo Maru.
Nos forces commencèrent à débarquer dans le Golfe de Lingayen le 18 décembre 1941. L’opération toute entière fut un temps compromise à cause du mauvais temps. Nos patrouilles aériennes aperçurent dans la zone une grande partie de la trentaine de sous-marins américains basés aux Philippines, alors qu’ils essayaient d’intervenir. Toutefois, en prévision, nos forces avaient été conduites dans des eaux très peu profondes. Malgré cette précaution, des sous-marins ennemis réussirent à pénétrer dans ces eaux. Le rapport de combat signale :
« … à 06h45, un périscope fut aperçu par nos destroyers, mais il disparut. À 07h10, quatre torpilles manquèrent les transports de l’Armée. Les destroyers commencèrent le grenadage, l’eau n’étant profonde que de 25 mètres. À 07h59, deux torpilles touchèrent le transport de l’Armée de 5445 tonneaux Hayo Maru, qui explosa, provoquant de nombreux morts parmi les soldats. Les destroyers menèrent de nouvelles attaques. Ils détectèrent un sous-marin ennemi grâce à leurs hydrophones et attaquèrent en fonction de ces relèvements. Comme le sous-marin se trouvait en eaux peu profondes (15 à 25 mètres de profondeur) et était audible, la chasse se poursuivit tout au long de la journée. Pourtant, le sous-marin s’échappa vers 22h00 et ne fut plus détecté par la suite. Ce sous-marin ou un autre fut également actif le lendemain, lançant des torpilles contre le groupe du porte-hydravions Nisshin. Cette attaque se produisit dans des eaux allant jusqu’à 60 mètres de profondeur. Là aussi, le sous-marin fut poursuivi grâce aux hydrophones pendant toute la journée, mais il s’échappa à nouveau… »
Cette attaque est très préoccupante. Au moins un (et probablement deux ou trois) sous-marins ennemis ont opéré dans des eaux très peu profondes, à l’intérieur de notre mouillage, pendant deux jours, menant au moins quatre attaques à la torpille et coulant un transport de l’Armée. Nous ne fûmes pas en mesure de couler un seul de ces sous-marins, malgré la faible profondeur de l’eau et malgré un nombre énorme de navires de surface équipés d’hydrophones.
Notre entraînement anti-sous-marins et insuffisant, nous avons besoin d’urgence de détecteurs sous-marins ultrasoniques pour repérer les sous-marins ennemis et des tactiques pour les utiliser au mieux. Tout comme nous avons une Flotte de sous-marins pour traiter des besoins spécifiques de cette arme, je propose la création d’une Flotte anti-sous-marine, pour satisfaire les besoins spécifiques de cette arme, cette flotte devant également s’entraîner avec les destroyers de la Flotte Combinée aux particularités du combat anti-sous-marin. Cette forme d’entraînement en collaboration entre les flottes est à présent utilisé. Cette nouvelle flotte pourrait également contribuer à l’entraînement des sous-marins de la Sixième Flotte pour permettre à nos sous-marins d’éviter les attaques ennemies.
Les leçons sont les mêmes. Nous avons besoin de détecteurs sous-marins, de charges de profondeur plus nombreuses et plus efficaces, de charges de profondeur pour les avions et d’un grand nombre de canonnières telles que décrites ci-dessus (peu coûteuses, simples, 4 mois de construction, 2 canons polyvalents de 4,7 pouces, 20 nœuds, un sonar, environ 1000 tonneaux) et nous avons besoin de tout cela de façon urgente.
23 décembre 1941
Attaque sous-marine contre la 2ème Flotte
À 21h30, la 2ème Flotte a été attaquée par plusieurs des sous-marins ennemis opérant dans la zone.
La première attaque était dirigée contre mon propre navire-amiral, le cuirassé rapide Haruna, qui évita quatre torpilles à 21h30. D’autres torpilles ont également été observées par d’autres navires dans la formation, mais il s’agissait probablement de celles que le Haruna avait évité.
La deuxième attaque se produisit à 21h32, lorsqu’un second sous-marin toucha le porte-hydravions Nisshin de deux torpilles.
Une troisième attaque sous-marine à 21h40 toucha le croiseur de type A Maya d’une torpille. Le Maya fut atteint à bâbord au niveau de la tourelle A. Le navire fut sérieusement endommagé et un incendie se déclara. Bien que celui ne fût pas critique, la décision fut prise de noyer les magasins avant par précaution. Le Maya fut capable de continuer sa route vers les Paracels à vitesse réduite.
La quatrième attaque se produisit bien plus tard, vers 01h45, lorsque le porte-avions Shoho aperçut au moins quatre torpilles. Il réussit à virer pour les éviter, et les torpilles passèrent de part et d’autre. S’il ne les avait pas détectées, je pense que le bâtiment aurait été perdu.
Il s’agissait là d’une embuscade nocturne bien planifiée. S’il l’ennemi avait été plus chanceux, nous aurions perdu le Haruna, le Maya, le Shoho et le Nisshin en une seule nuit, sans infliger aucun dégât à la flotte ennemie ! Ce n’est pas acceptable. Nous n’avions aucune information sur l’ennemi jusqu’au moment où nous avons vu ses torpilles. Nos navires n’ont jamais établi le contact avec ne serait-ce qu’un seul sous-marin ennemi, pour toutes les raisons discutées ci-dessus.
Si nous ne résolvons pas ce problème maintenant, les sous-marins ennemis pourront saigner notre flotte et les convois vitaux de navires marchands que nous devons envoyer dans la Zone de Ressources Sud et pour soutenir l’Armée.
Bien évidemment, j’ai ordonné à tous nos navires marchands sur ce théâtre de naviguer en convois. Mon état-major estime que si les transports de l’Armée avaient navigué isolément, les pertes infligées par les seuls sous-marins ennemis auraient été prohibitives.
Perte du Nisshin
À 21h32, le Nisshin fut touché par deux torpilles. Celles-ci avaient été aperçues juste avant l’impact. Le navire était en train de virer sèchement au moment de l’impact pour essayer de les éviter. La première torpille fit mouche à bâbord au niveau du canon n°1 à 21h32. La seconde frappa à bâbord au niveau de la passerelle environ 5 secondes après la première. Le navire fut stoppé immédiatement. Il prit une gîte de 12 degrés sur bâbord. Celle-ci fut réduite à 6 degrés par contre-inondation vers 21h45.
J’ai reçu ce rapport pendant que les gros de mes forces effectuait une manœuvre d’esquive.
À 21h55, le Nisshin signala qu’il était en route pour rentrer dans le Golfe de Lingayen à 4 nœuds.
À 22h05, le Nisshin signala que, parmi les avions positionnés sur son pont supérieur, les trois à la poupe avaient été endommagés par le soubresaut du navire lors de l’impact et qu’une catapulte arrière était hors service pour la même raison.
À 22h12, le Nisshin signala qu’il lançait des avions pour abaisser son centre de gravité. Les avions avaient pour ordre de retourner à Lingayen. Cinq avions furent lancés. L’un emportait le portrait de l’Empereur. Le navire possédait 12 F1M2, 6 E13A1 et 2 E8N. 5 E13A1 et 4 F1M2 furent sauvés. 8 F1M2, 1 E13A1 et 2 E8N furent perdus avec le bâtiment.
À 22h45, le reste de la 2ème Flotte avait achevé une manœuvre d’esquive en huit à grande vitesse vers le nord. Sur mon ordre, nous nous sommes rapprochés de la position du Nisshin pour évaluer ses dommages et le localiser avec précision. Nous l’avions aperçu, avec son escorte, à environ 8000 mètres.
À 22h47, une lumière brillante fut aperçue provenant du Nisshin, qui disparut alors à notre vue. Nous avons su ensuite que la fumée de l’incendie l’avait masqué.
À 22h49, le Nisshin signala qu’il avait subi un incident interne. Au même moment, un violent incendie en arrière de la superstructure était visible depuis le navire-amiral. Une boule de feu de couleur rouge fut aperçue en train de s’élever verticalement au-dessus du navire, avec des flammes s’élevant au-dessus de la cheminée.
À 22h59, le Nisshin signala qu’un incendie d’essence s’était déclenché et qu’il n’était pas possible de couper les pompes à essence élévatrices, qui déversaient du carburant dans le hangar, où elles alimentaient un incendie incontrôlable. Tous les efforts furent faits pour couper le système de pompage du carburant, mais il fut impossible de contacter la salle des valves et des pompes.
Les communications furent brutalement coupées à ce moment et ne furent plus rétablies, sauf par projecteur.
Aucun autre signal ne fut reçu du Nisshin. Le navire amiral pu observer le feu s’étendre en une minute ou deux tout le long du navire jusqu’à la poupe. L’équipage était incapable de combattre l’incendie.
Le Nisshin signala par projecteur qu’il n’avait plus que ses générateurs d’urgence, car les machines avaient dû être évacuées en raison de la chaleur et de la fumée. Il y eut une nouvelle explosion, très violente, à 23h25, et la superstructure commença à brûler. L’équipage était forcé de se jeter à la mer, et le navire fut abandonné. J’ai donné l’ordre à 23h45 de le couler au canon, ce qui fut fait par les batteries secondaires du Haruna1.
J’ai retenu le navire amiral pour recueillir les survivants pour deux bonnes raisons. Je voulais connaître la cause de cet incendie, et savoir pourquoi le navire avait été perdu de façon si catastrophique. J’ai donc ordonné que l’interrogatoire des survivants – de chaque membre de l’équipage – commence immédiatement. Cet interrogatoire a depuis permis de tracer un tableau complet des événements dans toutes les parties du navire. En effet, la plus grande partie de l’équipage a été sauvé, bien que son commandant ait refusé d’abandonner le Nisshin, choisissant la mort. Le portrait de l’Empereur fut sauvé.
Les faits les plus importants sont résumés ci-dessous. L’ensemble des documents est envoyé à bord du Maya. Il s’agit de plus de 2000 pages d’informations très détaillées, qui révèlent de graves défauts jusqu’alors inconnus dans nos procédures et dans la conception de nos porte-avions.
L’officier opérationnel Yomura (Nisshin) a fourni de nombreuses informations, ainsi que les équipages des avions et le personnel du hangar. Une compilation succincte de ce qui s’est passé suit.
Les dégâts occasionnés par les torpilles étaient sérieux, mais pas fatals. Le second impact était beaucoup plus faible, soit que la torpille n’ait détonné que partiellement, soit qu’elle ait explosé par sympathie avant de toucher le navire. Pourtant, ce fut le coup fatal, car il provoqua la rupture de réservoirs d’essence d’aviation dans le hangar et à bord des trois avions endommagés à l’arrière du pont supérieur. Les dommages les plus graves ne furent pas immédiatement évidents, mais nous savons maintenant qu’au moins l’une des canalisations des pompes élévatrices de carburant venant des réservoirs inférieurs fut rompue. Cette canalisation ne pouvait être isolée par des valves d’arrêt sur son trajet, ce qui est une faute de conception critique.
Le pont supérieur fut nettoyé par des lances à incendie avant que les avions restant opérationnels ne soient lancés. L’essence dans le hangar ne put pas être nettoyée à la lance, mais dut être épongée avec du sable, qui fut ensuite jeté à la pelle. Les vapeurs furent dispersées en lançant le système de ventilation. Ce fut une erreur très sérieuse. Deuxième faute de conception : il n’y avait aucun moyen de modifier la ventilation normale pour chasser l’air du hangar directement à l’extérieur sans passer par un local de ventilateur. Le système n’était pas conçu pour cela et des vapeurs passèrent dans la ventilation.
Troisième faute de conception : il n’y avait aucun moyen de purger toutes les conduites d’essence et les réservoirs traversant le hangar jusqu’au pont supérieur.
Mais la pire faute de conception fut qu’il n’y avait aucun moyen de remplir le système d’alimentation en essence par un gaz ininflammable.
Cette accumulation de fautes de conception causa la perte du Nisshin. Il faut se souvenir que ce vaisseau était neuf, conçu selon les plus récents standards de la Flotte. Les mêmes défauts existent donc sur tous les porte-aéronefs de la Marine Impériale, et doivent être éradiqués d’urgence.
Une détonation caractéristique d’une explosion de vapeur d’essence se produisit dans les canalisations du système de ventilation juste à l’avant du hangar. Ceci ouvrit une brèche dans la cloison du hangar avant, ainsi que dans le plafond de la salle des machines. L’explosion se produisit dans un petit ventilateur et fut extrêmement puissante pour le volume réduit de ce local. L’Ingénieur de la Flotte a effectué des essais sur le Haruna, qui ont montré que des vapeurs d’essence à concentration suffisante peuvent avoir une puissance explosive égale au tiers de celle d’un volume semblable de TNT. Cette explosion avait donc la puissance d’une à deux tonnes de TNT.
L’incendie se répandit immédiatement à l’extrémité avant du hangar et des débris enflammés furent projetés sur toute la longueur de celui-ci. L’équipe du hangar commença immédiatement à utiliser ses lances à incendie, mais sans effet. Le feu progressa au-dessus de leurs têtes le long du plafond du hangar, avec la puissance d’un tsunami. Nous savons maintenant qu’il était alimenté par les conduites d’essence, qui était sans doute à ce moment en pression positive. La chaleur irradiée était si importante qu’elle mit le feu aux avions situés dans le hangar et força l’équipage à se replier. Tous souffraient de brûlures par irradiation du haut du corps. Le hangar devient un enfer de feu en moins de deux minutes. D’autres explosions suivirent dans le système de ventilation et l’incendie du hangar devint très violent. L’équipe de la salle de pompage de l’essence signala que, bien que les pompes soient coupées, la chaleur forçait l’essence à circuler dans le système en l’aspirant à partir des réservoirs principaux. Les équipes de pont ne remarquèrent pas d’essence, celle-ci devait donc couler dans le hangar par des conduites rompues. Les seules vannes de coupure étaient dans la salle de pompage, dans laquelle il n’y a eu aucun survivant. Il ne semble pas qu’ils aient eu la possibilité de fermer les vannes avant d’être tués.
Le pont supérieur était à ce moment-là devenu si chaud qu’il rougeoyait à certains endroits. Un effort fut entrepris avec succès pour fermer les ascenseurs et les aérations extérieures vers le pont du hangar. Ceci sembla isoler le feu, qui montra un court moment des signes d’étouffement. Le rougeoiement du pont supérieur cessa, mais des gaz très chauds filtraient autour de l’ascenseur. De façon regrettable, les avions sur le pont d’envol qui avaient été catapultés avaient été armés et avaient dû être allégés pour pouvoir être catapultés, du fait de la gîte. Les bombes avaient été retirées et laissées sur le pont d’envol dans la hâte à catapulter les avions. Elles n’avaient pas été redescendues dans les magasins ou jetées par-dessus bord. Une ou plusieurs d’entre elles explosèrent à cause de la chaleur et plusieurs autres suivirent. Les explosions firent des trous dans le pont supérieur, ce qui rouvrit le hangar, permettant à l’air d’y pénétrer. L’incendie reprit avec une violence accrue. Les responsables de l’abandon des bombes sur le pont d’envol furent tués lorsqu’elles explosèrent. Peu de temps après, l’incendie provoqua l’abandon de la salle des machines à cause de la chaleur et de la fumée. Les moteurs Diesel continuèrent à fonctionner, mais le manque de lances à incendie et de combinaisons de protection signifiait que l’équipage ne pouvait que contenir les flammes, mais pas les repousser. Le contrôle de l’incendie ne fut jamais possible.
La perte du Nisshin n’aurait pas dû avoir lieu. Le navire a été perdu non pas du fait des torpilles, mais à cause de l’incendie. Ceci a pu se produire à cause de procédures défaillantes, d’une conception erronée et d’un manque d’équipement et d’entraînement anti-incendie.
Le Nisshin a été conçu selon les standards des porte-aéronefs modernes, et il était neuf. Ses défauts sont partagés par tous les porte-aéronefs. La liste suivante indique les améliorations urgentes et impératives qu’il faut leur apporter.
Aucun avion avec le plein d’essence ne devrait être maintenu dans le hangar.
Tout le système d’alimentation en essence doit pouvoir être vidangé rapidement et doit rempli par du gaz inerte lorsqu’il n’est pas utilisé.
Le système d’alimentation en essence doit pouvoir être utilisé partiellement, de telle sorte qu’il ne faille pas remplir tout le système pour faire le plein d’un appareil.
Il doit y avoir des valves de fermeture disposées dans de nombreux endroits. Il doit y avoir des vannes de fermeture à distance sur le pont supérieur.
Aucune munition ne doit être stockée en dehors des magasins à munitions, en aucun endroit et en aucune circonstance, en particulier sur le pont d’envol. Si une munition ne peut pas être remise en stock, elle doit être jetée par-dessus bord.
Les hangars doivent être équipés d’arroseurs au plafond, ceux-ci doivent pouvoir être actionnés depuis l’intérieur du hangar et depuis le pont supérieur.
Les hangars doivent être équipés de rideaux d’amiante ignifugés pouvant être fermés rapidement.
Davantage de lances à incendie sont nécessaires pour combattre des feux d’essence.
Tous les hangars doivent être équipés d’ouvertures pour évacuer les liquides vers l’extérieur (que ce soit de l’essence ou l’eau pour combattre l’incendie).
Les équipes d’intervention du Nisshin ont été employées dans leur totalité pour combattre l’inondation, ce qu’elles ont fait avec succès. Il ne restait personne pour les équipes spéciales anti-incendie. Des équipes d’intervention plus spécialisées sont nécessaires sur les porte-avions.
Davantage d’équipements d’intervention sont nécessaires.
Davantage de pompes portatives sont nécessaires à la fois pour combattre l’incendie et pour évacuer l’eau.
Aucun homme d’équipage ne doit être autorisé à rester sur un navire perdu. Bien que sa mort ait été admirable, cette expiation pour la perte du navire signifie que le commandant du Nisshin ne peut plus à présent participer à la noble tâche de remporter la victoire contre les ennemis de l’Empereur.
Je recommande fortement qu’aucun porte-aéronefs qui n’est pas en mer actuellement ne soit autorisé à lever l’ancre avant que les recommandations vitales mentionnées dans ce message n’aient été mises en œuvre, au moins sous la forme de mesures provisoires prises avec les ressources locales. Les porte-aéronefs sous mon commandement font tous leurs efforts pour se conformer à toutes celles de ces recommandations que les ressources locales permettent d’appliquer. Ils doivent s’y conformer entièrement à la première occasion, même si ceci revient à les rendre temporairement indisponibles pour d’autres activités.
Enseignements tactiques de cette perte
Notre stratégie est d’utiliser nos sous-marins pour causer des pertes à une flotte ennemie en mouvement. Il est maintenant évident que l’ennemi a la même stratégie. Il l’applique avec succès. Ce n’est pas notre cas. Une leçon majeure des combats jusqu’à ce jour est notre incapacité à empêcher les sous-marins ennemis de couler nos navires de guerre et des transports essentiels.
Il est connu que des avions sont capables de forcer des sous-marins ennemis à plonger pendant le jour. De petits porte-avions sont indispensables pour accompagner les convois vitaux et ceux de l’Armée. La Marine n’a pas construit d’escorteurs pour attaquer et détruire les sous-marins ennemis qui s’en prennent à nos convois vitaux et à notre flotte. Nos destroyers ne sont pas adaptés à cette tâche, car ils ont des missions plus importantes. Nos convois et notre flotte vont attirer les sous-marins ennemis sur eux pour que nous puissions les détruire, mais nous avons besoin des navires pour le faire.
L’expérience du combat montre à présent la sagesse de la décision de construire les kaibokan de classe Shumishu et Etorofu. Beaucoup d’autres kaibokan et de chasseurs de sous-marins de type CH-13 doivent être construits pour détruire les sous-marins ennemis appâtés par les convois et les navires de guerre. Des moyens de détection des sous-marins ennemis en plongée comme en surface de nuit doivent être installés sur ces navires, comme évoqué plus haut.
1 Curieuse contradiction avec le premier rapport, d’autant plus qu’il apparaît dans les archives japonaises que le Nisshin n’a été ni torpillé ni canonné, mais, moins honorablement, sabordé.