Annexe 41-12-5

Rapports envoyés à leurs supérieurs par différents responsables britanniques et français en Asie du Sud-Est
du 14 au 18 décembre 1941

 

1 – Rapports du Major-Général Barstow (14 décembre)

 

1a – Rapport sur la situation à Kuantan à 04h30, 14 décembre 1941

 

A : Général Sir Archibald Wavell, G.O.C. Malaya Command

 

Les 15ème et 22ème Brigades Indiennes n’ont rapporté aucune activité ennemie.

 

Nos forces sont maintenant déployées pour défendre le terrain de la R.A.F. contre les attaques par la mer ou par les airs. Comme notre force aérienne paraît diminuer, le déploiement de nos forces terrestres, destiné à protéger la base pour pouvoir l’utiliser, ne devrait-il pas être ajusté au but d’empêcher son utilisation par l’ennemi ? Si c’est le cas, faut-il donner la priorité à l’interdiction de la base ou à la préservation de la 9ème Division ? Car un déploiement pour interdire la base aérienne uniquement pourrait entraîner un grave risque d’encerclement de tout ou partie de notre force. La défense de la base à notre usage serait encore plus dangereuse. Notre position exige d’être avertis de l’approche ennemie pour ajuster notre déploiement pour faire face à la menace. Nous avons une ligne de postes de veille au nord et au sud, mais en mer et, idéalement, le long de la route de la côte nord, des reconnaissances aériennes sont nécessaires.

 

Je pose ces questions car, comme vous le savez, la ligne de communications de la division suit une unique route exigeant la traversée d’au moins un fleuve important par un lent ferry pour véhicules (ou punt). Les unités déployées du côté nord de Kuantan ont aussi une rivière à traverser, également par un punt.

 

Votre dévoué serviteur,

 

Major Général A.E. Barstow,

G.O.C. 9ème Division Indienne

 

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1b – Rapport sur la situation à Kota Bharu à 04h30, 14 décembre 1941

 

A : Général Sir Archibald Wavell, G.O.C. Malaya Command

 

Les 13ème et 16ème Brigades Indiennes n’ont rapporté aucune activité ennemie. Ce fut une grande et heureuse surprise, mais je ne pense pas que ce sera bien longtemps le cas, car je soupçonne les Japonais de nous préparer un mauvais coup.

 

Le programme d’interdiction a été effectivement mené à bien à Kota Bharu. Les installations portuaires et ferroviaires ont été complètement détruites. Le Sultan, sa famille, les membres du gouvernement local et leurs familles, ainsi que les familles des Volontaires de Kelantan et de Tengganu ont déjà été évacués. De nombreux civils de toutes races sont eux aussi déjà partis par le train, y compris les non-combattants de la communauté européenne. Leur évacuation était nécessaire de crainte que les Japonais n’exercent des représailles sur eux en raison de leur collaboration au programme d’interdiction dans les plantations et à d’autres travaux. Le contenu de quelques entrepôts de la RAF a aussi été envoyé au sud. Toutes les unités ont été réduites à leur personnel combattant et tous les non-combattants de la garnison ont été évacués avec les équipes de la RAF en surplus.

 

A moins que la situation stratégique ne l’exige, je recommande le retrait de la brigade de Kota Bharu à Machang. Comme les deux ponts de chemin de fer à partir de la frontière thaïlandaise ont été détruits, la brigade de défense de la frontière devrait aussi se replier sur Machang. Si la défense de Machang reste d’importance vitale, il faut tenir la ville en force. Sinon, mieux vaut nous replier maintenant et non lorsque nous serons attaqués, car le mouvement de repli ne pourra se faire que par un chemin de fer à voie unique, grâce à des relais de train et en utilisant, là où elles existent, des voies secondaires d’entretien. Je crains que même dans des circonstances favorables, nos pertes en matériel et équipement soient élevées.

 

Ce qui peut nous sauver est le fait que les Japonais, pour des raisons logistiques, auront besoin de la voie ferrée dans un aussi bon état que possible. Donc, si nous endommageons la ligne suffisamment pour retarder la poursuite, mais sans la dévaster, leurs bombardements sur notre voie de retraite seront très limités. En revanche, s’ils constatent que, de toute façon, nous rendons la ligne irréparable, ils ne restreindront pas leurs bombardements de celle-ci. Les nuages, la pluie et le tracé de la voie dans des vallées encaissées au milieu des montagnes seront notre seule défense contre la coupure de la ligne. Si celle-ci est inutilisable, ce sera une très longue marche à pied et à dos de mule. Pour parer à toute éventualité, nous avons dissimulé des dépôts de ravitaillement pour que nos forces restent opérationnelles, mais en l’absence de trains, la marche prendra des semaines et nos pertes en hommes seront élevées.

 

Votre dévoué serviteur,

 

Major Général A.E. Barstow,

G.O.C. 9ème Division Indienne


2 – Rapport du Contre-Amiral Spooner (17 décembre)

 

A : Gouverneur Sir Shelton Thomas

Field Marshal Lord Gort

Amiral Sir Thomas Phillips

 

Le flux de réfugiés arrivant par la chaussée qui relie la Malaisie à l’île de Singapour augmente quotidiennement. Pour l’instant, ce n’est qu’un petit ruisseau, mais je crains qu’il ne devienne bientôt une marée. Les derniers raids sur Kuala-Lumpur ont été particulièrement destructeurs et les réfugiés se dirigeant vers le sud sont devenus assez nombreux pour gêner par moments les mouvements de troupes.

Pour l’instant, les autorités civiles se contentent de laisser les gens acheter leurs propres billets aux compagnies de navigation s’ils désirent quitter Singapour. Mais je crains que ce problème ne devienne très vite important. Transporter, loger et nourrir une grande masse de réfugiés pourrait causer des problèmes de communications et de ressources aux autorités civiles et militaires de l’Ile.

Je recommande que toutes les familles des personnels civils et militaires dont la présence ne serait pas nécessaire au service soient évacuées. De même pour ce qui est des familles des personnes dont l’efficacité serait améliorée par le fait de savoir que leurs familles sont en sécurité, par exemple les volontaires locaux, les personnalités pro-britanniques et toute autre personne concernée. En effet, certaines personnes quittent déjà leur travail après chaque raid aérien pour aller s’assurer que leurs familles vont bien. Bien entendu, nous ne pouvons nous permettre de laisser paraître une quelconque préférence raciale ; chaque bateau devrait donc emmener des passagers d’origines sociales et ethniques diverses.

Je propose que l’évacuation soit conduite à la capacité maximale de tous les navires quittant Singapour ; l’achat de l’ensemble des billets et leur distribution par le gouvernement devrait être la méthode préférentielle, et non l’achat individuel de ces billets.

Beaucoup d’Européens, notamment, donnent un mauvais exemple aux Asiatiques, en considérant qu’on travaille comme d’habitude et qu’il n’y a rien d’autre à faire que de laisser les militaires “montrer aux Japs de quel bois on se chauffe” avant de retourner au pays faire de l’argent. Je crains que cette impression de tranquillité et de sécurité que nous avons sur l’Ile ne devienne la cause d’un problème majeur.

Par ailleurs, les entrepôts de Keppell Harbour et les Bond Stores contiennent d’énormes quantités de produits de luxe, dont du whisky et du tabac. Ces biens devraient être saisis et exportés pour aider à payer le coût de l’évacuation et, ce qui est plus important, pour libérer un espace de stockage vital pour améliorer l’efficacité du port. Nous devons aussi exporter tout le caoutchouc, l’étain, etc. que nous avons entreposés, car les bombardements et l’encombrement du port peuvent nous en empêcher par la suite. Il faut aussi dégager le port pour accélérer le déchargement rapide et la rotation des bateaux car, si l’on en juge par la tendance actuelle, l’aviation japonaise va tenter d’empêcher le débarquement des renforts et du ravitaillement militaire à leur arrivée.

 

J’ai l’honneur d’être votre dévoué serviteur,

 

Contre-Amiral Spooner

Officier Général de la Base Navale de Singapour et des Défenses locales


3 – Rapport du Haut-Commissaire Jean Sainteny (17 décembre)

 

A : M. le Président du Conseil, Paul Reynaud

M. le Ministre de la Guerre, Général Charles de Gaulle

M. le Ministre de la Marine et des Colonies, Henri de Kérilis

 

Vous trouverez ici un rapport sur la situation actuelle en Indochine. La plupart de ses éléments ont été réunis par les états-majors du Général Mordant et du Colonel Tavera.

 

(1) La situation militaire, qui s’était significativement dégradée ces quatre derniers jours, semble se stabiliser. Nos forces tiennent solidement au Tonkin et au Cambodge, et la descente japonaise sur la route côtière vers Saïgon a été arrêtée. L’ennemi a subi des pertes significatives et aura probablement besoin de deux ou trois jours pour se reconstituer avant de reprendre une offensive quelconque. La menace d’un complet effondrement en Annam a été parée grâce à l’action résolue des forces blindées du Colonel Schlesser.

 

(2) Cependant, à moyen terme, la situation apparaît extrêmement inquiétante, pour deux raisons. La première est l’épuisement presque complet de toutes nos réserves de soldats entraînés. La diminution rapide de nos forces blindées du fait de l’utilisation d’équipes suicides antichars par l’infanterie japonaise devient elle aussi un réel problème. La seconde raison, et sans doute la plus grave, est la supériorité aérienne quasi totale que possèdent les forces japonaises. Le Colonel Tavera m’a envoyé les chiffres suivants à propos de nos forces aériennes disponibles :

 

a/ Chasseurs – En Cochinchine et au Cambodge, 13 Hawk-75A4 (dont 7 à Phnom-Penh) et 4 Hurricane (Sqn 243 de la RAF) sont en état de vol. On pourrait y ajouter 4 vieux Morane MS-406 et 3 Brewster B-339, opérationnels dans les Escadrilles de Protection du Laos, mais cela laisserait nos forces terrestres près de Pakse sans aucune couverture aérienne.

Au Tonkin, l’AVG est en bien meilleur état, avec 47 chasseurs, dont 34 en état de vol. Les avions de l’AVG ont joué un rôle décisif dans l’évacuation en bon ordre de Lang Son et la stabilisation du front à Thai Nguyen. Dans une certaine mesure, ils ont compensé la réduction drastique de notre force de bombardement.

 

b/ Bombardiers – Nous ne disposons plus que de 17 Maryland en état de vol, dont 8 avec le GB I/62 en Cochinchine et les 9 autres dans la région d’Hanoï. L’officier commandant notre force de bombardement, le Colonel Pujeaud, a été gravement blessé en conduisant un raid contre l’aérodrome de Tourane, tombé aux mains de l’ennemi. Selon un message du chirurgien militaire de l’hôpital d’Hanoï reçu par le Colonel Tavera, il est clair que ses jours sont comptés.

Les escadrilles de coopération avec l’Armée et d’appui rapproché disposent encore de 8 Potez-63/11 et 5 Wirraway opérationnels (mais la plupart d’entre eux sont basés au Laos) et de 21 très vieux Potez-25 TOE, dont certains ont cependant déjà été utilisés pour des missions d’appui tactique.

 

(3) La seule lueur d’espoir provient de la situation politique. Les bombardements aveugles menés par les Japonais contre des objectifs civils en Cochinchine et au Cambodge, et les nouvelles des atrocités commises par l’ennemi ont modifié l’état d’esprit de la population locale et de ses élites. Jusqu’ici, le comportement japonais a considérablement renforcé la résolution et le désir de combattre de la population locale. Cependant, ces sentiments dépendent en grande partie de notre volonté de partager le pouvoir politique. La légalisation des organisations nationalistes a considérablement amélioré leurs relations avec notre administration. Le bagne de Poulo-Condor était une honte, comme je l’ai déclaré devant le Conseil de Défense Nationale avant de quitter Alger. La fermeture de cette vieille et barbare prison était une obligation morale. Mais cette mesure a aussi eu un impact politique très favorable. Si un gouvernement de coalition pouvait être constitué sous la direction de S.M. Bao Daï, avec la participation des différents groupes nationalistes (y compris, j’y insiste, les pro-communistes), une mobilisation nationale pourrait être mise en œuvre. Le Général Mordant m’a assuré que nos réserves actuelles d’armes et de munitions pourraient nous permettre d’armer 50 000 hommes et de les approvisionner pendant au moins six mois. Leur entraînement serait cependant une contrainte majeure. Certains dépôts de la Légion Etrangère pourraient être utilisés pour la formation initiale, ainsi que le centre d’entraînement des troupes de montagne. Le personnel naval libéré par l’abandon des installations de Cam Ranh pourrait être utilisé pour l’encadrement.

 

(4) Renforcer nos unités aériennes en Cochinchine est cependant de la plus haute importance pour mettre en œuvre quelque plan de défense que ce soit. A l’heure qu’il est, notre force de chasse en Cochinchine et Cambodge est presque épuisée. Le Général C.L. Chennault a dit au Colonel Tavera que, si on le lui ordonnait, il pourrait envoyer à Saïgon un squadron (le 2ème de l’AVG), mais qu’il doute sérieusement de l’efficacité d’un tel mouvement. Transporter à Saïgon les pièces détachées et le matériel de réparation des Hawk-81 de l’AVG serait difficile. Au demeurant, l’importance militaire de la dizaine de chasseurs ainsi transférés serait douteuse. Qui plus est, amoindrir l’AVG pourrait rompre l’équilibre actuel au Tonkin. J’ai dit personnellement au Colonel Tavera que je préférerais voir l’AVG combattre dans son intégralité pour la défense du Tonkin. Nous ne pouvons espérer aucun renfort de Malaisie, car la RAF là-bas semble dans une situation très difficile. La seule solution serait d’envoyer rapidement au moins 30 chasseurs modernes dans la région de Saïgon. Pour être efficace, ce déploiement devrait se faire aussi vite que possible.

 

Votre dévoué

 

Jean Sainteny

Haut-Commissaire pour l’Indochine


4 – Rapport du Colonel Schlesser (18 décembre)

 

A : M. Le Ministre de la Guerre, Général Charles de Gaulle

Général Keller, Inspecteur de la Cavalerie et des Forces Blindées

Général Mordant, Commandant en Chef des Forces Terrestres en Indochine

 

Je suis heureux de rapporter que jusqu’à présent, les idées qui ont conduit à la création du Groupement Blindé Mobile que j’ai l’honneur de commander ont pleinement démontré leur bien-fondé à l’épreuve du feu. Le GBMS a réussi à repousser avec succès des forces ennemies beaucoup plus nombreuses par une combinaison de mouvement et de feu. Le jumelage des chars moyens et de l’infanterie mécanisée est à coup sûr une combinaison gagnante. Disposer d’une artillerie autopropulsée pour créer des “poches de feu” très mobiles est très coûteux pour un ennemi en train d’avancer. Dès le premier jour, le GBMS a été constamment engagé, soit au Cambodge soit, plus récemment, sur la route côtière. Nos pertes ont été très notables, en particulier lorsque nous avons repoussé les troupes japonaises sur la route côtière. L’ennemi a utilisé des escouades suicides comme armes antichars, ses canons étant le plus souvent inefficaces. Ces escouades sont composées de groupes de 4 ou 5 hommes, utilisant des bouteilles d’essence ou des charges de démolition. En général, ils se cachent sur le côté de la route ou des axes les plus probables d’avancée des chars, se redressent à moins de 20 mètres d’un char et le chargent sans tenir compte des tirs des protection. Jusqu’alors, 19 SAV-41 ont ainsi été détruits, sans compter ceux qui ont été détruits par des canons de campagne de 100 mm utilisés en tir direct. Ces tactiques suicidaires de l’ennemi ont choqué nos hommes, mais en dépit des pertes récentes, leur moral reste élevé. Nos troupes ont confiance dans leur capacité à utiliser le mouvement et le feu pour infliger de lourdes pertes à l’ennemi et le forcer à battre en retraite chaque fois que le GBMS peut être utilisé en nombre.

 

Les principales leçons tactiques apprises depuis dix jours sont les suivantes :

 

(a) Le SAV-41 est un splendide outil de combat, bien protégé, mobile et doté d’une arme dévastatrice contre les chars ennemis. Même en tenant compte de la minceur du blindage des chars japonais, chaque coup au but a en général entraîné la destruction d’un char ennemi. Certains tirs ont été efficaces à une portée de 800 à 1000 mètres. Il est donc de la plus grande importance de maintenir la supériorité dont jouit actuellement le SAV-41 avec son canon de 47 mm mod.37. Cependant, si les obus perforants (AP) ont été extrêmement efficaces et les obus à mitraille utiles, les obus explosifs (HE) sont trop légers.

Comme il faut s’attendre à ce que l’ennemi se dote tôt ou tard de chars plus lourds et mieux protégés, et comme nos propres chars doivent être capables d’engager des objectifs non protégés et de l’infanterie en fortifications de campagne légères à une distance d’au moins 1500 mètres, un canon de 75 mm avec une vélocité initiale d’au moins 700 m/sec doit être adopté pour nos futurs chars moyens.

La bonne combinaison entre protection et mobilité est aussi un sujet majeur. Lors des batailles au Cambodge, ou contre l’offensive sur la route côtière, ce qui a compté n’était pas seulement que le blindage du SAV-41 était absolument invulnérable aux canons antichars et à ceux des blindés ennemis, mais qu’il fournissait une protection suffisante sans alourdir le véhicule au point de limiter sa mobilité. Je dois souligner que la mobilité tout-terrain n’implique pas seulement une faible pression au sol et un bon rapport puissance/poids, mais aussi un véhicule de dimensions modérées. Le simple fait que le SAV-41 ait une largeur de 250 cm est un atout considérable pour traverser certains ponts, mais aussi pour se frayer un chemin le long de divers chemins et sentiers.

 

(b) Une coordination étroite avec l’infanterie mécanisée est absolument vitale pour un emploi efficace des chars, tant en défense qu’en attaque. L’infanterie mécanisée doit être protégée contre l’artillerie ennemie et en particulier contre les obus à déclenchement retardé. Le fait même que les half-tracks américains que nous utilisons soient découverts limite sérieusement leur emploi. Par ailleurs, l’infanterie mécanisée doit avoir ses propres armes organiques, utilisables aussi bien pour le tir anti-aérien que pour le tir de suppression. La mitrailleuse lourde que nous utilisons actuellement (la M2 américaine de 12,7 mm) est particulièrement efficace. Cependant, il arrive que cette arme manque de portée et de pouvoir destructeur. Une tourelle fermée dotée d’un canon automatique de 20 mm, voire de 25 mm, serait parfaite.

 

(c) Le soutien d’artillerie est aussi un problème très important. Les mortiers utilisés, qu’ils soient de 81 mm ou de 120 mm, sont des armes à courte portée très utiles. Ils sont mobiles et extrêmement efficaces contre les armes antichars ennemies. Ils peuvent poser très vite un écran de fumée en cas de besoin. Cependant, leur portée est faible.

Une faiblesse dans l’arsenal du GBMS est le manque d’un obusier autopropulsé de 105 mm ou même de 155 mm. Les unités blindées pouvant pénétrer profondément dans le dispositif de défense ennemi, il est important que l’artillerie organique puisse suivre les unités de pointe et engager l’artillerie ennemie en contre-batterie. Une combinaison d’obusiers de 105 mm ou de canons-obusiers et d’un canon similaire à notre 155 mm GPF sur un affût automoteur serait probablement la formule optimale.

 

(d) Les unités blindées sont appelées à devenir les cibles prioritaires de l’aviation ennemie. Leur fournir des canons anti-aériens autopropulsés, avec une possible polyvalence pour le tir antichar et le tir de suppression, serait un apport d’une valeur considérable.

 

Votre dévoué

 

Colonel Schlesser

Officier commandant le Groupement Blindé Mobile