Annexe 41-12-3

Etats des forces japonaises dans le Pacifique et en Asie du Sud-Est au moment du début des hostilités contre les Alliés,

7 décembre 1941 (heure de Pearl Harbor)

 

Marine Impériale Japonaise (IJN)

 

I - Flotte Combinée (au Japon)

Amiral I. Yamamoto

BB Nagato, Mutsu. CV Hosho (11 A5M4s et 8 B4Y1), Destroyers.

 

II - Force d’attaque de Pearl Harbor

Vice-Amiral C. Nagumo.

CV Akagi, Kaga, Soryu, Hiryu, Shokaku, Zuikaku. BB rapides Hiei, Kirishima.

CA Tone, Chikuma.

DD Tanikaze, Urakaze, Isokaze, Hamakaze, Kasumi, Arare, Kagero, Shiranuhi, Akigumo.

 

III – 2ème Flotte

Vice-Amiral N. Kondo.

Chargée du soutien général des opérations navales et amphibies en Mer de Chine du Sud, la 2ème Flotte a été considérablement renforcée depuis le début de 1941 pour affronter les forces de la RN et de la MN.

CV Zuiho (16 A5M4 et 12 B5N2), Shoho (16 A5M4 et 12B5N2) et Junyo (24 A5M4, 8 D3A1, 18 B4Y1). BB rapides Haruna, Kongo. BB lents Fuso, Yamashiro, Hyuga, Ise.

CA Atago, Takao. 10 DD.

 

IV – 3ème Flotte

Vice-Amiral I. Takahashi

IV.I. - Le Groupe Nord de Couverture doit notamment appuyer les débarquements dans le nord de Luçon (île de Batan, Aparri, Vigan), mais doit aussi participer à d’autres missions, notamment contre l’Indochine.

Porte-hydravions Chiyoda (12 F1M2, 8 E13A1, 4 E8N) et Nisshin (12 F1M2, 6 E13A1, 2 E8N). Ravitailleurs d’hydravions Sanyo Maru, Sanuki Maru (chacun 6 F1M2 et 2 E8N).

CA Ashigara, Maya (après la réussite du débarquement à Vigan, ces deux CA doivent rejoindre la 2ème Flotte). CL Kuma. DD Asakaze, Matsukaze.

IV.II. – 1ère et 3ème Forces d’Attaque Surprise.

IV.III. - 2ème Force d’Attaque Surprise (Contre-Amiral S. Nishimura).

Porte-hydravions Kamikawa Maru (8 F1M2, 2 E13A2, 2 E8N), Kimikawa Maru (6 F1M2, 2 E13A1) et Misuho (14 F1M2, 8 E13A1, 2 E8N).

CL Naka. DD Murasame, Yudachi, Harusame, Samidare, Asagumo, Minegumo, Natsugumo.

6 dragueurs de mines, 9 chasseurs de sous-marins.

Cette force doit escorter les 28 transports du débarquement à Vigan, à J+3. Elle est cependant chargée d’appuyer auparavant des attaques contre l’Indochine.

 

V. – Force Sud, opérant à partir de l’île de Palau pour soutenir les débarquements à Legaspi (sud de Luçon) et à Davao (Mindanao).

Contre-Amiral T. Tagaki

V.I. –4ème Force d’Attaque Surprise (Contre-Amiral K. Kubo)

CV Ryujo (25 A5M4 et 18 B5N2). Porte-hydravions Chitose (12 F1M2, 8 E13A1, 4 E8N).

CA Nachi, Haguro, Myoko. DD Shiokaze.

V.II. - Groupe spécial (Contre-Amiral R. Tanaka)

CL Jintsu. DD Kuroshio, Oyashio, Hatsukaze, Natsushio, Hayashio, Amatsukaze.

 

VI. – Aviation de l’IJN basée à terre

VI.I – Basés à Formose

– 23ème Koku Sentai avec :

3ème Kokutai (la moitié de l’unité : 48 A6M2, 15 A5M4 de chasse et 6 C5M2 de reconnaissance)

Tainan Kokutai (96 A6M2 et 15 A5M4 de chasse et 6 C5M2 de reconnaissance)

Takao Kokutai (54 bombardiers G4M1)

– 21ème Koku Sentai avec :

Kanoya Kokutai (la moitié de l’unité : 27 bombardiers G4M1).

1er Kokutai (36 bombardiers G3M2)

Toko Kokutai (24 grands hydravions H6K)

– Total à Formose : 174 chasseurs, 117 bombardiers, 24 grands hydravions, 12 avions de reconnaissance.

VI.II – Basés aux Paracels

Ne pouvant accéder à l’Indochine, les Japonais ont construit des aérodromes aux îles Paracels, à 450 km de Tourane (aujourd’hui Da-Nang), 650 km de Cam Ranh et 1000 km de la baie de Manille. La souveraineté sur ces îles, ainsi que les Spratley, plus au sud, était revendiquée par la Chine, puis la France les avait annexées en 1933, avant qu’en 1939, le Japon, profitant du début de la guerre en Europe, ne mette la main dessus. Le rayon d’action maximum en combat du A6M2 avec son réservoir supplémentaire dépassant 1400 km, les forces basées dans les Paracels peuvent attaquer l’Indochine aussi bien que les Philippines, et bien sûr les unités navales le long de la côte de Cochinchine.

– 22ème Koku Sentai avec :

Détachement spécial : 25 A6M2 et 15 A5M4 de chasse et 6 C5M2 de reconnaissance)

3rd Kokutai (la moitié de l’unité : 48 A6M2 de chasse)

Mihoro Kokutai: (36 bombardiers G3M2)

Genzan Kokutai (36 G3M2)

Kanoya Kokutai (la moitié de l’unité : 27 bombardiers G4M1)

Total aux Paracels : 88 chasseurs, 99 bombardiers, 6 avions de reconnaissance.

VI.III – Basés à Roi-Namur (Kwajalein)

– 24ème Koku Sentai avec :

Chitose Kokutai (36 bombardiers G3M2)

Yokohama Kokutai (24 grands hydravions H6K).

 

Force aérienne de l’Armée Impériale Japonaise (IJAAF)

 

I. Force d’attaque des Philippines

– Unités basées à Formose et faisant partie du 5ème Hikoshidan :

4ème Hikodan : 50ème Sentai (36 chasseurs Ki-27), 14ème Sentai (18 bombardiers bimoteurs Ki-21), 16ème Sentai (27 bombardiers légers Ki-30), 8ème Sentai (27 bombardiers bimoteurs légers Ki-48, 9 Ki-15 et 2 Ki-46 de reconnaissance).

24ème Sentai (indépendant) avec 36 chasseurs Ki-27.

10ème Dokuritsu Hikotai (unité de coopération avec l’Armée) : 52ème Dokuritsu Chutai (13 bombardiers d’appui rapproché Ki-51), 74ème Dokuritsu Chutai (10 avions d’appui et de reconnaissance Ki-36), 76ème Dokuritsu Chutai (9 Ki-15 et 2 Ki-46 de reconnaissance).

– Total: 72 chasseurs, 18 bombardiers bimoteurs lourds, 27 bombardiers bimoteurs légers, 40 avions d’appui et de bombardement léger, 10 avions d’appui et d’observation, 22 avions de reconnaissance.

– Force aérienne totale allouée par l’Armée à la force d’attaque des Philippines : 189 avions de combat de première ligne. Il faut y ajouter 303 avions de la Marine basés à Formose.

 

II. Force d’attaque de la Malaisie, de l’Indochine et de la Birmanie

II.I. Unités basées dans le Hainan et en Chine, près de la frontière avec l’Indochine

Une partie du 4ème Hikoshidan (166 avions) avec 54 chasseurs (36 Ki-27, 18 Ki-43), 42 bombardiers bimoteurs lourds Ki-21, 40 bombardiers légers (21 Ki-48, 19 Ki-30), 30 avions d’appui rapproché (18 Ki-51, 12 Ki-36).

II.II. Unités basées en Thaïlande

– 3ème Hikoshidan :

3ème Hikodan avec 24 chasseurs Ki-43, 40 bombardiers bimoteurs légers Ki-48, 15 bombardiers monomoteurs légers Ki-30, 23 avions d’appui rapproché Ki-51.

7ème Hikodan avec 35 chasseurs Ki-43, 6 chasseurs Ki-27, 102 bombardiers bimoteurs lourds Ki-21.

10ème Hikodan avec 27 chasseurs Ki-27, 22 bombardiers bimoteurs lourds Ki-21, 24 bombardiers bimoteurs légers Ki-30, 8 Ki-15 avions de reconnaissance.

12ème Hikodan avec 81 chasseurs Ki-27.

15ème Dokuritsu Hikotai avec 7 Ki-15 et 4 Ki-46 de reconnaissance.

83ème Dokuritsu Hikotai avec 19 avions d’appui rapproché Ki-51 et 12 avions d’appui rapproché et d’observation Ki-36.

81ème Sentai indépendant avec 9 Ki-15 et 7 Ki-46 de reconnaissance.

Total : 473 avions. 173 chasseurs (dont 59 Ki-43), 124 bombardiers bimoteurs lourds Ki-21, 40 bombardiers bimoteurs légers Ki-48, 39 bombardiers monomoteurs légers Ki-30, 50 avions d’appui rapproché Ki-51, 12 avions d’appui rapproché et d’observation Ki-36, 35 avions de reconnaissance dont 11 Ki-46.

– Unités de la Force Aérienne Royale Thaïlandaise (RthAF) :

27 chasseurs Ki-27, 12 bombardiers bimoteurs lourds Ki-21, 21 Ki-30 bombardiers monomoteurs légers, 14 Ki-36 d’appui rapproché et d’observation.

– Force aérienne totale allouée par l’Armée à la force d’attaque de la Malaisie, de l’Indochine et de la Birmanie : 713 avions de combat de première ligne (y compris la RThAF).

193 avions ont été basés sur des aérodromes nouvellement construits dans les îles Paracels et peuvent appuyer aussi bien l’attaque sur les Philippines que l’attaque sur l’Indochine.

 

III. Totaux

902 avions, dont 74 appartiennent à la RThAF.

L’IJAAF a fortement renforcé ses unités destinées à opérer contre la Malaisie et l’Indochine quand il est apparu que les Français et les Anglais n’allaient pas se contenter de déléguer des forces symboliques. Ces unités, totalisant 166 avions, ont été prélevées en Chine, ce qui devait réduire considérablement l’intensité des opérations aériennes sur ce théâtre, sans doute plus longtemps que ne l’avaient escompté les planificateurs japonais. En tenant compte des avions laissés au Japon, il restait 550 avions en Chine, dont au moins 250 en Mandchourie (force aérienne de l’Armée du Kwantung). Mais à cette époque, la faiblesse de l’aviation chinoise était telle que les opérations au sol n’ont pas été très affectées.


Quelques types d’avions japonais

 

Aichi D3A “Val” (bombardier en piqué naval)

Aichi E13A “Jake” (hydravion de bombardement léger)

Kawanishi H6K “Mavis” (grand hydravion)

Kawasaki Ki-32 “Mary” (bombardier)

Kawasaki Ki-48 “Lilly” (bombardier bimoteur dérivé du Tupolev SB2 soviétique)

Mitsubishi A5M4 “Claude” (chasseur ancien)

Mitsubishi A6M “Zeke” (Zéro) (chasseur moderne)

Mitsubishi F1M “Pete” (hydravion de chasse)

Mitsubishi G3M2 “Nell” (bombardier bimoteur)

Mitsubishi G4M1 “Betty” (bombardier bimoteur)

Mitsubishi Ki-15 (ou C5M2 naval) “Babs” (monomoteur de reconnaissance rapide, dépassant 510 km/h, dérivé du « Kamikaze » de record des années 1936-37)

Mitsubishi Ki-21 “Jane” puis “Sally” (bombardier bimoteur)

Mitsubishi Ki-30 “Ann” (bombardier monomoteur, comparable au Fairey Battle et très utilisé en Chine et en Mandchourie depuis 1937)

Mitsubishi Ki-46 “Dinah” (avion de reconnaissance très rapide, dont la variante II avait dépassé 600 km/h fin 1941)

Mitsubishi Ki-51 “Sonia” (avion de soutien rapproché et d’attaque au sol, conçu par la même équipe que les Ki-15 et Ki-30 et très utilisé en Chine)

Nakajima B5N “Kate” (bombardier-torpilleur naval)

Nakajima E8N “Dave” (hydravion de bombardement léger)

Nakajima Ki-27 “Nate” (chasseur)

Nakajima Ki-43 Hayabusa “Oscar” (successeur du Ki-27)

Nakajima Ki-44 Shoki “Tojo”

Tachikawa Ki-36 “Ida” (petit avion de coopération aussi utilisé pour l’entraînement avancé – sous l’étiquette Ki-55 – et de concept similaire à celui du Wirraway australien, utilisé avec un grand succès en appui des troupes japonaises en Chine)

Yokosuka B4Y1 “Jean” (bombardier naval)


Armée Impériale Japonaise (IJA)

 

I – Déploiement général en Asie du Sud-Est

I-1 – Forces destinées aux débarquements aux Philippines et à Bornéo : 16ème et 48ème D.I., unités de soutien et unités spéciales de débarquement de la Marine (“Marines Impériaux”).

I-2 – Forces prélevées sur le théâtre chinois, déployées à Haïnan et sur la frontière sino/indochinoise : en tout, 80 000 hommes et deux bataillons blindés (80 chars).

I-3 – Forces déployées en Thaïlande : 150 000 hommes, plus 60 000 soldats thaïs.

 

II –Armée de la Zone Sud, sous le commandement du Maréchal Comte Hisaichi Terauchi

II-1 – 20ème Armée (Lt-Gén. Yamashita) – Front de Malaisie

5ème D.I. (Lt-Gén. Matsui) : 9ème Brigade (11ème et 41ème Rgts) et 21ème Brigade (21ème et 42ème Rgts).

18ème D.I. (Lt-Gén. Mutaguchi) : 23ème Brigade (55ème et 56ème Rgmts) et 25ème Brigade (114ème et 124ème Rgts).

Division de la Garde Impériale (Lt-Gén Nishimura) : 3ème, 4ème et 5ème Rgts.

3ème Brigade blindée : trois régiments.

3ème Brigade d’artillerie lourde de campagne.

En tout 33 bataillons, réunis dans les règles, en dehors de l’urgence, et n’ayant pas eu à déléguer des forces pour un débarquement.

 

II-2 – 6ème Armée (Lt-Gén. Tôji) – Front du Cambodge

7ème D.I. (Lt-Gén. Nobory) : 13ème Brigade (25ème et 26ème Rgts) et 14ème Brigade (27ème et 28ème Rgmts).

23ème D.I. (Lt-Gén. Kanji).

1ère Brigade blindée (Lt-Gén. Yasuoka) : 3ème et 4ème Rgts.

4ème Brigade d’artillerie lourde de campagne.

Armée venant du Kwantung. Les deux D.I. et la brigade blindée ont combattu à Khalkhin-Ghôl.

 

II-3 – 7ème Armée (Lt-Gén. Jûichi) – Front de Birmanie

33ème D.I.

55ème D.I. (Lt-Gén. Hanaya).

9ème Brigade blindée (Col. Takehi) : 5ème et 7ème Rgts.

5ème Brigade d’artillerie lourde de campagne.

 

Commentaires

Pour pouvoir attaquer en même temps Singapour, l’Indochine et la Birmanie (Rangoon), l’état-major impérial a prélevé des forces importantes sur l’Armée du Kwantung. Deux raisons expliquent cette décision.

– D’une part, l’Armée Rouge, prenant conscience d’une réelle menace allemande, a commencé à transférer des troupes du Front TransBaïkal à l’ouest dès fin février 1941. De plus, les Japonais estimaient qu’aucune opération militaire majeure n’était envisageable d’octobre à fin mai en Mandchourie (certes, le commandement soviétique avait peut-être une idée différente, mais c’était l’opinion japonaise). Un succès rapide en Asie du Sud-Est permettrait donc de renvoyer les troupes en Mandchourie à temps pour faire face à une éventuelle offensive soviétique en juin 1942.

– D’autre part, l’état-major impérial était scandalisé par le comportement de l’Armée du Kwantung en 1939. Il avait été décidé dès avril 1941 de ne pas défier l’Union Soviétique. Réduire la force de l’Armée du Kwantung permettait de calmer quelques têtes chaudes.

 

Par ailleurs, cette organisation ouvrait plusieurs possibilités au commandement japonais.

– Un puissant déploiement de la 20ème Armée en Thaïlande durant les mois précédant l’attaque permettait une organisation plus efficace contre la Malaisie qu’un débarquement à Singora juste avant l’offensive.

– Dès le 8 décembre, une triple attaque simultanée était possible : celle de la 20ème Armée contre les forces du Commonwealth en Malaisie, vers Singapour ; celle de la 6ème Armée vers Saïgon à travers le Cambodge, avec l’aide de l’armée thaï ; celle de la 5ème Armée vers Moulmein et Rangoon.

 

 

III – Les divisions d’infanterie japonaises

Elles sont en général du type “triangulaire”, avec 12000 hommes en 3 régiments de 3 bataillons. Chaque régiment a une batterie de 4 x 37mm AT et une de 4 x 75mm de montagne. Chaque bataillon a 2 x 70mm obusiers légers. Le régiment d’artillerie possède 5 x 37 mm AT, 24 x 75 mm et 12 x 100 mm.

Le soutien d’artillerie est en général assuré par les brigades d’artillerie lourde de campagne comprenant deux régiments, l’un avec 16 x obusiers de 150 mm (2 bataillons, chacun avec 2 batteries de 4 obusiers) et l’autre avec 16 x canons de 100 mm. Les forces déployées en Thaïlande n’ont pas reçu plus de trois brigades d’artillerie, dont une seule motorisée (les autres étant hippomobiles). L’approvisionnement en munitions est calculé sur la base d’une réserve de 5 jours de tir, avec 50 coups par jour pour les obusiers de 150 mm et 60 coups par jour pour les canons de 100 mm.

 

 

IV – L’arme blindée japonaise

IV-1 – Les unités blindées japonaises

– Une brigade blindée comporte deux ou trois régiments, normalement un de chars moyens et deux de chars légers, totalisant jusqu’à 170 chars, dont 38 Type-97 moyens, 20 Type-89 moyens, 91 Type-95 légers et 20 “tankettes” Type-94.

Le régiment de chars moyens inclut trois compagnies de ligne avec chacune 10 Type-97 moyens CHI-HA, une compagnie de ligne avec 13 Type-95 légers HA-GO, un peloton de 4 Type-97 attaché au QG du régiment et jusqu’à 7 tankettes.

Le régiment de chars légers inclut normalement trois compagnies de ligne avec chacune 10 Type-95 légers HA-GO, une compagnie de réserve avec 7 Type-95 légers (37 Type-95 en tout), une compagnie de ligne avec 10 Type-89 moyens CHI-RO et 3 tankettes.

– Un régiment indépendant inclut deux compagnies de ligne dotées chacune de 10 chars moyens Type-89, une compagnie de réserve avec 7 Type-89, un peloton de 4 chars moyens Type-97 et 10 tankettes, soit 41 véhicules.

– L’armée thaï met en ligne quelques Vickers “7-toners” (avec un canon de 37 mm) et des tankettes Carden-Lloyd.

 

IV-2 – Les chars japonais mis en œuvre fin 1941

– Les chars moyens Type-89 et Type-97 (CHI-HA) sont encore, fin 1941, armés du 57 mm tirant des obus à faible vélocité initiale : 420 m/sec. Cette arme ne peut, au mieux, pénétrer que 19 mm à 30° à 100 m et sans doute moins de 15 mm à 500 m. Les Type-89 n’ont en général que des obus explosifs (HE), les Type-97 ayant aussi des perforants (AP). Les deux types de chars ont un équipage de 4 hommes, dont 2 dans la tourelle. Le Type-89B pèse 12,8 tonnes, avec un blindage allant jusqu’à 17 mm, de très bonnes capacités de mouvement tout-terrain et une faible vitesse, de 25 km/h. Le Type-97 pèse 15 tonnes environ, avec un blindage allant jusqu’à 25 mm, et peut atteindre 38 km/h.

– Le char léger Type-95 (HA-GO) est armé d’un canon de 37 mm tirant des obus d’une vélocité initiale de 675 m/sec, capables de pénétrer 32 mm à 30° à 100m et 28 mm à 500m. Il pèse 7,5 tonnes, avec un blindage léger (pas plus de 12 mm), un équipage de 3 hommes, dont un dans la tourelle, et peut atteindre une vitesse élevée, de 45 km/h. Deux mit. de 6,5 mm (une dans la coque, une derrière la tourelle) s’ajoutent au 37 mm.

– Les “tankettes” Type-94 sont armées d’une mit. de 6,5 mm.

 

Fin 1941, seul le Type-95 possède un canon capable d’affronter des chars modernes, mais il est très vulnérable. Il est à peu près équivalent aux M2A4 des forces américaines, mais il faut noter que les deux bataillons de ces engins expédiés par l’US Army aux Philippines en octobre 1941 sont à peine opérationnels et que leurs équipages manquent totalement d’expérience, non seulement du combat, mais encore de l’utilisation de leur char.

Face au SAV-41, avec son blindage de tourelle atteignant 63 mm, ses 57 mm de blindage frontal et son blindage latéral de 38 mm, aucun char japonais ne peut avoir beaucoup d’espoir. Au contraire, le canon français de 47 mm, avec sa vélocité initiale de 855 m/sec, peut traverser au moins 63 mm de blindage à 100 m (et à 30°) et jusqu’à 45 mm à 1200 m.

 

IV-3 – La doctrine d’emploi des chars japonais fin 1941

Fin 1941, la doctrine japonaise d’emploi des blindés est assez confuse.

En 1937, l’IJA a créé une “brigade mobile mixte” de deux régiments de chars soutenus par un régiment d’infanterie motorisée. Mais cette brigade a été dissoute en 1938.

En Chine, les chars sont utilisés en unités de l’ordre de la compagnie (le régiment n’ayant qu’une existence administrative), comme soutien de l’infanterie. Avec le déploiement des Type-95 et Type-97, les blindés commencent à être de plus en plus utilisés de façon “indépendante” et les mots “charge de chars” à être usités de plus en plus fréquemment dans les rapports de combat comme dans les instructions. Cependant, de telles “charges de chars” sont effectuées par les chars seuls, sans soutien d’infanterie et contre un ennemi dépourvu de canons antichars et mal entraîné.

Lorsqu’elles ont été essayées contre les troupes soviétiques au Nomonhan (l’offensive de début juillet 1939), ces tactiques ont échoué avec de lourdes pertes face à des troupes bien retranchées derrière un réseau de champs de mines et de barbelés, au milieu de positions de canons antichars de 45 mm se couvrant réciproquement. Pourtant, l’IJA a refusé d’admettre les leçons de cette bataille.

En dépit d’une acceptation réticente que le matériel de l’IJA était inadéquat pour faire face à l’armée soviétique, il a été constamment réaffirmé que « l’esprit domine la matière ». De plus, les chars soviétiques rencontrés en 1939 étaient des cibles assez fragiles (avec un blindage ne dépassant pas 15 mm) et les Japonais sont tombés dans une certaine facilité en ce qui concerne leur défense antichar. Comme avant le Nomonhan, l’IJA adhère à la notion “l’opération commande, la logistique suit”, qui implique que l’infanterie et l’artillerie doivent être engagées avec une réserve de munitions et d’armes très limitée. Les canons japonais sont précis et leurs servants sont en général bien entraînés, mais ils consomment leur dotation standard très rapidement en cas de combat à haute intensité. L’efficacité de l’artillerie est ainsi réduite par le petit nombre de coups alloués à chaque pièce. Au Nomonhan, les canons japonais ont été incapables de répondre aux “barrages mobiles” des Soviétiques.

Il a néanmoins été constaté que le canon soviétique de 45 mm portait bien plus loin que les armes antichars et les canons des blindés japonais. Mais ces chars ne seront pas améliorés avant le printemps 1942 (avec l’adoption du 47 mm long pour le Type-97) et l’idée d’employer des formations associant infanterie et blindés ne sera pas mise en œuvre avant décembre 1942, quand deux divisions blindées seront créées … sur le papier.

Globalement, les forces japonaises peuvent donc compter sur une très bonne infanterie et une réelle aptitude à utiliser des véhicules blindés en terrain difficile (jungle), mais n’ont aucune compréhension de l’utilisation de l’arme blindée. L’idéologie de la bravoure individuelle et de l’approche de l’ennemi à tout prix pour l’affronter au contact aura un coût terrifiant contre des troupes bien armées et disciplinées.