Annexe 41-1-1

Les forces françaises au 1er janvier 1941

En ce début d’année, les forces françaises combattent dans une situation historiquement peu commune, exilées de l’essentiel de leur territoire national.

 

Marine Nationale

 

A. Déployés avec la Home Fleet à Scapa Flow : BB Richelieu, CA Algérie, 4 contre-torpilleurs récents : Le Hardi, Foudroyant, L’Adroit, Casque, 6 sous-marins de classe Redoutable et 1 de classe Saphir (mouilleur de mines), le Rubis, détaché à Scapa Flow pour opérer contre les navires allemands au large de la Norvège.

 

B. Escadre d’Extrême-Orient et de l’Océan Indien (Saïgon, Cam Rahn, La Réunion et Diégo-Suarez) : CA Duquesne et Tourville, CL Duguay-Trouin, Lamotte-Picquet, Primauguet, contre-torpilleurs Lynx, Tigre, Léopard, Panthère, 4 torpilleurs de la classe Bourrasque, 4 grands avisos de la classe D’Entrecasteaux, 9 grands sous-marins (1500 t) de la classe Le Redoutable (2ème et 3ème séries).

 

C. En Méditerranée Orientale (sous le commandement de l’Amiral Cunningham) :
BB Courbet, CL/poseur de mines rapide Emile-Bertin, 5 contre-torpilleurs de la classe Guépard (remplaçant la classe Le Fantasque utilisés durant les opérations dans le Dodécanèse), 4 torpilleurs de la classe Bourrasque. 1 aviso de la classe Elan en couverture des convois.

 

D. Région Atlantique Sud (escortes de convois) opérant de Dakar : 6 contre-torpilleurs de la classe Aigle, après conversion ASM (artillerie réduite à 4 x 5,5in) et 3 grands avisos de la classe D’Entrecasteaux.

 

E. Flotte méditerranéenne principale, basée à Alger et Oran : CV Béarn.

BB: Dunkerque, Strasbourg, Bretagne, Provence, Lorraine. CA: Suffren, Colbert, Foch, Dupleix. CL: 6 bâtiments de la classe La Galissonnière.

DL: Volta et Mogador.

Contre-Torpilleurs : 6 navires de la classe Le Fantasque et 5 de la classe Vauquelin, tous après conversion AA : remplacement de 1 x 5,5in par 3 x 3in AA simples, de brevet américain.

Torpilleurs : 11 navires de la classe L’Adroit.

Note – Depuis début novembre, les Dunkerque et Strasbourg, accompagnés du CL Gloire et des CT Cassard, Chevalier-Paul et Kersaint, sont basés à Gibraltar.

Sous-marins : tous ceux de la classe 600/630t, et les poseurs de mines de la classe Saphir (sauf le Rubis), opèrent d’Alger, Oran, Bizerte ou Malte. Les 1500t, plus anciens, sont à Mers-el-Kébir ou à Dakar.

 

F. Région Corse : 11 torpilleurs de classe La Melpomène, basés à Bône (base arrière, aujourd’hui Annaba), Ajaccio, Bonifacio et Cagliari.

 

G. Détachements de patrouille anti-sous-marine : 13 avisos AS/MS de la classe Elan et 12 corvettes Flower basés à Gibraltar, Oran et Alger.

 

H. Détachements spéciaux : Porte-hydravions Commandant-Teste, utilisé pour transporter des avions achetés aux Etats-Unis. Croiseur sous-marin Surcouf et croiseur d’entraînement Jeanne d'Arc déployés dans le Pacifique à partir de Tahiti.


Armée de l’Air

 

I. Commandement Aérien d’Afrique du Nord (CADAN)

Zone de responsabilité : Afrique du Nord, Malte (avec la RAF), Corse et Sardaigne.

I.1. Chasse

6 Groupes ré-équipés de Hawk-81 (P-40A ou B) : GC I/4, II/4, III/4, I/5, II/5, III/5 – total : 120 avions opérationnels et environ 70 en dépôts. Déploiement : 4e Escadre à Malte, 5e Escadre autour de Tunis et Bizerte.

6 Groupes volant encore sur Hawk-75 (P-36) : GC III/6, I/9, I/10, III/13, IV/13, V/13 – total : 120 avions opérationnels et environ 120 en dépôts. Les GC III/6, I/9 et I/10 passeront sur Hawk-81 avant la fin de février ou de mars 1941. Déploiement : 13e escadre en Sardaigne, à Cagliari-Elmas et Villacidro, les autres groupes à Alger-Maison Blanche.

6 Groupes volant sur Dewoitine D-520 : GC I/3, II/3, III/3, II/6, II/7, III/7 – total 120 avions opérationnels et environ 100 en dépôts. Déploiement : 3e Escadre à Solenzara (Corse). II/6 à Calvi-Sainte Catherine (Corse). II/7 et III/7 à Oran-La Sénia.

2 Groupes, GC I/13 et II/13, volant sur Potez-631 bimoteurs, peu à peu remplacés par des DB-7A avec une modification effectuée sur place (au dépôt aérien d’Oran-La Senia) en installant à l’avant, à la place du navigateur/bombardier, 4 mitrailleuses MAC de 7,5mm et 1 canon HS de 20mm. Total 40 avions et 40 en dépôt. Déploiement : GC I/13 à Villacidro (Sardaigne) et GC II/13 à Tunis.

I.2. Bombardement

8 Groupes équipés de Lioré et Olivier LeO-451, représentant la principale « force de frappe » de l’Armée de l’Air : GB I/11, II/11, I/12, II/12, I/23, II/23, I/31, II/31 – total 160 avions et pas plus de 50 en dépôts. Déploiement : 11e et 12e Escadres à Ajaccio-Campo del Oro (Corse), 23e et 31e Escadre à Alger-Maison Blanche. Il est déjà prévu que des North American B-25 remplacent les LeO-451 à la fin de 1941.

8 Groupes de bombardement léger sur Martin-167 Maryland : GB I/32, II/32, I/34, II/34, I/62, II/62, I/63, II/63 – total 160 avions et 120 en dépôts. Déploiement : 32e Escadre à Decimomannu (Sardaigne), 34e Escadre à Malte, 62e et 63e à Oran-La Sénia.

8 Groupes de bombardement léger sur Douglas DB-7 (A-20), en cours de remplacement par des DB-7A plus rapides et plus puissants : GB I/25, II/25, I/21, II/21, I/19, II/19, I/61 – total 140 avions et 100 en dépôts. Déploiement : I/61 à Villacidro (Sardaigne), 21e et 25e Escadres à Bône, 19e à Oran-La Sénia.

L’Armée de l’Air prévoit de former trois Groupes de bombardement lourd entre mars et mai 1941, grâce à la livraison de 120 Consolidated Model-32 (B-24A), achetés dès fin 1939.

I.3. Reconnaissance

3 Groupes de reconnaissance à longue distance : GR I/33 (équipé de bombardiers Amiot 351/354 convertis, 20 avions et 10 en dépôts, opérant de Tunis avec des détachements à Malte et Cagliari-Elmas) ; GR II/33 (équipé de Marcel Bloch MB-174/175, 20 avions et 12 en dépôts, opérant d’Ajaccio-Campo del-Oro) ; GR I/35 (équipé de Martin-167 Maryland, 20 avions et 10 en dépôts, opérant d’Alger-Maison Blanche).

8 Groupes de reconnaissance tactique et de bombardement léger, sur Potez 63/11 (après modification par le dépôt d’Oran-La Sénia pour transporter jusqu’à 200 kg de bombes, et qui seront progressivement remplacés par des Douglas DB-7, puis par des DB-7A) : GR I/22, II/22, I/36, II/36, I/52, II/52, I/55, II/55 – total 160 avions et 160 en dépôts. Déploiement : 22e Escadre à Meknès (Maroc), 36e Escadre à Oran-La Sénia, I/52 à Bonifacio (Corse) et II/52 à Alghero (Sardaigne), 55e Escadre à Bône (Annaba).

I.4. Transport

La grande taille du théâtre des opérations exigeait de nombreux avions de transport. Quatre groupes furent mis sur pied avec de vieux bombardiers et des avions d’Air-France.

GT I/64 : transport long-courrier, avec 8 Farman 223.3 et 1 Farman 222 (bombardiers quadrimoteurs convertis).

GT II/64 : transport moyen-courrier, avec 12 Bloch MB-210 et 6 en dépôts (bombardiers bimoteurs convertis).

GT III/64 : transport moyen-courrier, avec 15 MB-210 et MB-200 convertis.

GT IV/64 : transport moyen-courrier, avec des avions d’Air-France : 11 Dewoitine D-338 (trimoteurs) et 9 Bloch MB-220 (bimoteurs).

I.5. Total et répartition pour le CADAN

Sans compter les avions en dépôts, 1080 avions de combat de première ligne (400 chasseurs, 460 bombardiers, 220 avions de reconnaissance et bombardement léger). Une bonne partie de ces appareils sont déployés à Malte (105 avions), en Corse (200 avions) et en Sardaigne (166 avions). Plus 69 avions de transport.

 

II. Commandement Aérient du Levant (CAEL)

Des unités déployées en Syrie et au Liban ont été envoyées à Chypre, puis à Rhodes. Elles forment la 39e Escadre composite : 60 avions de première ligne et 28 en dépôts.

Chasseurs : GC I/39 (ex-GC I/7) sur D-520 (20 + 10 avions).

Bombardiers : GB I/39 sur Martin-167 (20 + 8 avions).

Reconnaissance : GR II/39 sur Potez 63/11 (20 + 10 avions).

 

Forces de la RAF en Méditerranée

6 squadrons de chasse : Sqn 73, 261, 274, sur Hurricane, Sqn 33, 80, 112 sur Gladiator (tous trois devant passer sur Hurricane dans les premiers mois de l’année). Total : 144 monomoteurs.

2 squadrons de chasse de nuit/à long rayon d’action : Sqn 30, sur Blenheim IV et IVF (36 avions) et, à partir de mai, Sqn 251 sur Beaufighters IC (24 avions).

5 squadrons de bombardement léger sur Blenheim IV : Sqn 11, 39, 54, 113, 211 (total : 120 avions). Le Sqn 39 sera rééquipé de Maryland au printemps. De plus, 3 squadrons de la SAAF sur Maryland vont être transférés d’Afrique Orientale : Sqn 12 et 24, opérationnels à partir de mai, Sqn 21 opérationnel à partir de Juillet.

3 squadrons de bombardement moyen sur Wellington : Sqn 37, 38, 70 (total : 72 avions).

2 squadrons de coopération sur Lysander : Sqn 6, 208 (total : 48 avions).

Déploiement :

– A Malte, 48 chasseurs et 53 bombardiers.

– A Rhodes, 24 chasseurs (tous des Gladiator).

Les autres squadrons à Benghazi ou Tripoli. Les squadrons de la SAAF à l’entraînement à Alexandrie. La RAF paraît avoir la possibilité de couvrir Malte tout en conservant une réserve stratégique pour des opérations en Grèce, si besoin, avec 3 squadrons de chasse (Sqn 33, 73, 80), 1 squadron de chasse de nuit (Sqn 30), 4 squadrons de bombardement (Sqn 11, 37, 113, 211), 1 squadron de cooperation (Sqn 6).

 

Evaluation qualitative

I. Evaluation technique

Chasseurs monomoteurs

Le Hawk-81 est, fin 1940, l’égal du Bf-109E mais inférieur au 109F. Il est de loin supérieur à n’importe lequel des chasseurs italiens en ligne jusqu’à la fin de 1941 (Fiat CR.32 et 42, Fiat G-50, Macchi MC-200, Reggiane Re-2000).

Le D-520 est à peu près dans la même classe que le Hawk-81 – un peu plus lent à basse altitude, mais plus rapide au-dessus de 6000 m et probablement plus agile.

Le Hawk-75 est inférieur au Bf-109E, mais pas de façon catastrophique. Il est complètement surclassé par le 109F. En revanche, il est supérieur aux chasseurs italiens anciens (y compris le G-50), du même niveau que le Macchi MC-200 et un peu inférieur au Re-2000 (mais la Regia Aeronautica n’a vu arriver ce dernier que tardivement).

Comparés aux chasseurs britanniques, le Hawk-81 et le D-520 sont entre le Spitfire I et le Hurricane, et le Hawk-75 au niveau du Hurricane ou un peu au-dessous. Tous sont très supérieurs aux Gladiator encore utilisés par la RAF et la FAA.

Hawk-81 et D-520 n’ont aucune difficulté pour intercepter tous les bombardiers de l’Axe, Ju-88A compris. Le Hawk-75 peut avoir du mal à intercepter des Ju-88 volant à haute altitude ou des Do-215 de reconnaissance, mais aucun bombardier italien.

Chasseurs bimoteurs

Le Potez-631 est surclassé par les Bf-109 et par le Macchi MC-200. Il avait de bonnes chances contre les chasseurs italiens plus lents et peut intercepter la plupart des bombardiers de l’Axe, sauf le Ju-88A.

Le DB-7A fait un bon chasseur de nuit et à long rayon d’action.

Bombardiers

Le LeO-451, correctement utilisé, ne peut être intercepté que par le Bf-109F.

Martin-167 et DB-7 sont un peu inférieurs, mais restent une cible très difficile pour tous les pilotes italiens. Le DB-7A est dans la même catégorie que le LeO-451.

Par rapport aux bombardiers britanniques, le LeO-451 est bien plus rapide mais transporte une charge de bombes bien moindre que le Wellington, tandis que les trois bombardiers de l’Armée de l’Air sont supérieurs au Blenheim I.

Reconnaissance

Le MB-174/5 ne peut être intercepté que par le Bf-109F.

L’Amiot 351/4 est vulnérable aux Bf-109E et F, au Bf-110 et, à l’extrême, au Macchi MC-200, mais il a un rayon d’action bien plus long que le MB-174/5 (jusqu’à 3000 km).

Le Potez 63/11 était vulnérable sans escorte de chasse.

II. Disponibilité des avions

Le principal problème est l’entretien opérationnel des avions construits en France.

L’importante réserve de D-520 a d’abord pu être utilisée pour maintenir une petite force de chasseurs opérationnels, mais le relais de ces appareils par des Hawk-81 puis 87 d’origine américaine est une priorité. Le Hawk-75 pourrait facilement être entretenu avec des pièces détachées américaines, mais il est démodé.

Un certain nombre de LeO-451 seront remotorisés avec des Pratt & Whitney « Twin Wasp » et baptisés LeO-455, améliorant leur disponibilité opérationnelle. Cependant, le gouvernement français a acheté des B-25, qui seront livrés à partir de fin 1941.

Les Martin-167 devaient être remplacés en 1942 par des Baltimore, ils le seront finalement par des Marauder.

Le Douglas DB-7 sera progressivement remplacé par des DB-7A (Boston II) à moteurs Wright. Dès le début de 1940, 951 DB-7A avaient été commandés et 75 acceptés avant la fin de juin. Les derniers DB-7 seront retirés à la fin de l’année 1941. Comme dans la RAF, certains seront transformés en chasseurs de nuit et en avions de pénétration rapides.

 

Aéronavale

Forces

A – Avions basés sur le CV Béarn : 16 chasseurs Brewster B-339 (Buffalo), en cours de remplacement par des Grumman G36A (F4F3 Wildcat), 16 bombardiers en piqué Curtiss SBC4, 8 torpilleurs Fairey Swordfish.

Les Swordfish viennent des réserves de la FAA, où l’Albacore doit entrer en service. Aucun autre torpilleur n’est utilisable sur le très lent Béarn (le Devastator américain ne pourrait pas en décoller avec sa torpille). Les B-339 ex-belges sont utilisés pour l’entraînement avancé et comme réserve stratégique.

B– Avions basés à terre.

Chasseurs : 3 flottilles de 12 G36A (plus 20 en dépôts) à Bizerte et Oran. 1 flottille avec 12 Martin Maryland convertis (plus 6 en dépôts).

Avions d’attaque et de reconnaissance : 2 flottilles de 12 Laté-298 (plus 6 en dépôts) ; 3 flottilles de 12 Maryland (plus 20 en dépôts) ; 2 flottilles de 12 Hudson I (plus 12 en dépôts) à Bizerte et Oran.

 

Evaluation

Le Béarn n’est pas beaucoup plus lent que l’Eagle, surtout après la grande révision effectuée à Oran après l’opération du Dodécanèse, de fin novembre 1940 à début janvier 1941. Il lui est évidemment difficile d’opérer en même temps qu’un porte-avions du type de l’Illustrious (ce ne fut le cas que pour l’exceptionnelle opération « Judgement »).

L’Aéronavale est capable de déployer 64 chasseurs (dont 12 bimoteurs) et 108 avions de frappe et de reconnaissance, dont 32 torpilleurs spécialisés (8 Swordfish et 24 Laté-298) et 16 bombardiers en piqué basés sur porte-avions – soit plus que ce dont dispose alors la FAA en Méditerranée.

Le G36A est clairement supérieur au Fulmar I et la FAA ne dispose pas à cette époque de bombardier en piqué spécialisé. Cependant, la FAA met en ligne plus d’avions torpilleurs.

En fait, les capacités de l’Aéronavale et de la FAA sont très complémentaires.

 

La Fleet Air Arm en Méditerranée

Squadron 806 sur l’Illustrious : 15 Fulmar I et 4 Sea-Gladiator.

Un flight spécial de 6 Sea-Gladiator sur l’Eagle (qui seront remplacés en février 1941 par 10 Fulmar I).

30 Swordfish répartis entre 3 squadrons (2 sur l’Illustrious, 1 sur l’Eagle).

Squadron 69 basé à Malte : 5 Maryland.

 


Armée de Terre

 

Les forces de terre françaises comprennent :

– une « Armée d’Afrique » très renforcée par une mobilisation à grande échelle de la population nord-africaine, favorisée par la promesse d’attribuer la citoyenneté à la famille de chaque enrôlé ;

– les forces françaises évacuées de Dunkerque et de Norvège ;

– les forces françaises évacuées de France métropolitaine jusqu’au mois d’août 1940.

Leur équipement ne peut plus provenir que des usines britanniques ou américaines, une fois épuisés les matériels stockés en Afrique du Nord.

 

Composition et matériel

Globalement, une force de 14 Divisions d’Infanterie (dont 6 « coloniales », d’Afrique du Nord et d’Afrique Noire), 2 Divisions Blindées et 2 Divisions Légères (« cavalerie motorisée ») a pu être reconstituée.

1 – La Division d’Infanterie

Unité traditionnelle de 16 000 hommes et officiers, avec un bataillon de blindés (45 Valentine Mk I britanniques, puis des M2A4 et M3 américains).

2 – La nouvelle Division Cuirassée (DC)

Les DC1 et DC2 ont été ainsi baptisées sous l’influence de De Gaulle. Leur structure diffère légèrement de l’ancienne DCR française :

        deux « brigades » dotées chacune de deux bataillons blindés (45 blindés par bataillon) et d’un bataillon d’infanterie motorisée ;

        un régiment à deux bataillons d’infanterie motorisée ;

        des unités d’Artillerie, du Génie et de Ravitaillement.

Total : pour une DC, environ 9 000 hommes et officiers, 180 chars et 54 canons et obusiers, sans compter les canons antichars et anti-aériens.

Les premiers matériels sont des blindés légers américains M2A4 et M3.

Une version « spéciale » du M3 est rapidement imaginée, où le canon français de 47mm remplaçait le 37mm M6 américain : ce fut le M3A1(F), livré à partir de juin 1941.

A partir de l’excellent Somua S-35/S40, l’usine américaine payée par le gouvernement français va commencer à construire, au printemps 1941, un engin du même type mais possédant une tourelle à deux hommes et un moteur américain. L’usine étant située près de la ville de Savannah, ce sera le SAV-41, dont les premiers seront livrés en juillet 1941.

L’artillerie est américaine (75, 105 et 155 mm).

L’infanterie motorisée est en théorie montée sur half-track, mais ces véhicules ne sont d’abord disponibles qu’en petit nombre, les troupes utiliseront des camions.

3 – La Division Légère de Cavalerie (DLC)

Unité très fortement motorisée avec près de 160 autos blindées (Marmont-Herrington), de l’infanterie motorisée et deux bataillons de blindés (au début, 2 x 45 Cruisers A13 britanniques). Total : 8500 hommes et officiers.

4 – Autres

Cinq unités indépendantes du type de la fameuse « Demi-brigade de la Légion Etrangère » (DBLE), formées notamment grâce aux Républicains Espagnols. Elles possédaient en général deux bataillons d’infanterie, une compagnie de blindés (13 chars), une unité organique du génie, des canons antichars, antiaériens et de campagne, et comptait 3000 à 3500 hommes et officiers.

Un régiment aéroporté appelé « Infanterie de l’Air ».

 

Déploiement

1. Corse et Sardaigne : 2 divisions d’infanterie et 2 DBLE en Corse, 2 divisions d’infanterie coloniale et 1 DBLE en Sardaigne.

2. Dodécanèse : 1 division d’infanterie coloniale et 1 DBLE.

3. Afrique du Nord : 9 divisions d’infanterie, 2 DC et 2 DLC.

4. Réserve rapide : 1 DBLE et le régiment aéroporté.