Novembre 1942 (1/3)
1er novembre
Chungking (Tchoung-king)
Wendell Willkie ouvre (avant de quitter Chungking) une grande réunion d’état-major interalliée, à laquelle Madame Tchang participe en tant que ministre de l’aviation chinoise (tandis que son mari en est ostensiblement absent).
L’US Navy demande à l’état-major de la ROCAF et de la CATF d’envoyer les B-17 nouvellement arrivés en Chine effectuer un raid sur les chantiers navals japonais pour y surprendre les grands bâtiments de l’IJN qui s’y trouvent en cale sèche. Cette requête provoque le premier débat sérieux faisant intervenir les décideurs chinois dans la planification de l’offensive de bombardement stratégique prévue contre le Japon.
Opposés à la proposition des marins, les responsables de l’USAAF défendent vigoureusement leurs vues : il faut chercher à obtenir le meilleur rapport qualité-prix des futurs bombardements, autrement dit les plus grandes destructions pour chaque bombe (« Best bang for buck »). Il s’agit, expliquent-ils, de savoir ce qui est à la fois important et vulnérable dans la machine de guerre japonaise. Leur réponse (comme toujours) est la suivante : les usines aéronautiques, de moteurs d’abord, de cellules ensuite. Les Japonais ont en effet construit des usines très centralisées, donc d’une très grande surface au sol. Comme ces usines sont (pour le moment) peu ou pas défendues, ce sont des cibles faciles dont l’atteinte pourrait avoir des effets très importants. En revanche, les chantiers navals sont bien défendus, les navires en cale sèche sont des cibles difficiles à atteindre et une réussite occasionnelle n’aurait que des effets limités. De plus, si la destruction d’une usine de moteurs d’avions serait positive pour l’ensemble des services et des nations alliées (US Navy et USAAF, Etats-Unis, Chine, Grande-Bretagne, Australie, France), celle d’un navire n’intéresserait vraiment que l’US Navy…
Mme Tchang intervient alors (comme elle l’avait fait en 1939 après la destruction de la première ROCAF et son remplacement par un corps expéditionnaire soviétique) pour reconnaître que, si elle est politiquement responsable des B-17 chinois, elle ne peut prétendre en exercer le contrôle opérationnel. Comme le général Hutton devait l’observer sans fard dans ses souvenirs de guerre, « Mme Tchang ne devait pas être dans son assiette ce jour-là, car elle n’était pas femme à accepter facilement de céder le moindre contrôle sur quoi que ce fût ! » Cependant, elle fait observer qu’au niveau stratégique, la Chine doit avoir son mot à dire pour le choix des objectifs ! Or, les avions japonais frappent sans pitié les populations chinoises depuis de longues années et frapper leurs usines lui semble une bonne idée.
Les participants à la réunion finissent par s’accorder sur un projet d’attaque des usines aéronautiques japonaises. Il est même prévu de passer à des bombardements de nuit utilisant des bombes incendiaires lorsque la défense aérienne japonaise se sera renforcée (le compte-rendu officiel de la réunion précise que cette décision est prise à l’instigation de Mme Tchang, alors que la suggestion est en réalité venue d’un officier chinois). Ces attaques nocturnes devront viser des zones abritant de nombreux sous-traitants de l’industrie aéronautique, qui sont aussi des zones très peuplées, ce qui n’échappe pas à Mme Tchang. « En lançant beaucoup de bombes incendiaires sur ces secteurs, observe-t-elle, de nombreux Japonais pourraient bien brûler vifs dans leurs lits ! » Une lettre de Chennault rapporte que tous les officiers occidentaux présents sont frappés de stupeur par l’expression extatique qui se peint à ce moment sur son visage.
Truk
Pendant que d’importants travaux de fortifications sont en cours à la base de Rabaul, les discussions tactiques vont bon train à l’état-major de la Marine Impériale dans le Pacifique Sud-Ouest. Pour les amiraux japonais, les divisions de quatre croiseurs sont désormais inadaptées aux opérations de nuit. Elles semblent pouvoir être avantageusement remplacées par des divisions associant deux croiseurs lourds et quatre destroyers, plus maniables et dotées d’une plus grande puissance de torpillage. La 6e Division (les quatre croiseurs lourds de Goto) a déjà été dissoute, après la destruction de deux de ses navires (Furutaka et Kako) et les graves dommages infligés aux deux autres (Aoba et Kinugasa, en cours de transformation en croiseurs anti-aériens). La 7e Division (commandée par Kurita jusqu’au 20 juin et par Nishimura depuis) est coupée en deux : Goto (encore mal remis de ses blessures du 9 août : il a notamment un bras en écharpe) prend le commandement d’une nouvelle 6e Division, avec les CA Mogami et Mikuma et quatre destroyers ; Nishimura conserve une 7e Division à présent composée des CA Kumano et Suzuya et de quatre destroyers.
2 novembre
Chungking (Tchoung-king)
A peine Willkie parti, Tchang Kai-chek prononce un grand discours radiodiffusé vantant les réformes politiques et les accords signés ou en passe de l’être avec les Occidentaux sur la restitution des concessions. Grâce au réseau de récepteurs installés par les Américains dans les principales villes contrôlées par le KMT, une partie importante de la population chinoise est ainsi informée ; la crédibilité de Tchang en est fortement accrue.
Truk
Le grand cargo Onoe Maru, endommagé le 22 octobre devant Rabaul et partiellement réparé, est sur le point d’entrer dans le lagon où il doit achever sa remise en état quand il est torpillé par le sous-marin américain Flying Fish. Cette fois, le transport n’en réchappe pas, mais le Flying Fish, repéré par un avion de patrouille, est coulé par les escorteurs japonais après quatre heures de chasse.
Guadalcanal
De fortes pluies réduisent les deux camps à prendre leur mal en patience dans la boue. Pendant ce temps, les renforts de l’AMF fraîchement débarqués remplacent leurs compatriotes épuisés autour de Bloody Ridge. La 28e Bde est repliée dans la zone d’Aola, ainsi que certaines unités de marines, pour repos et réorganisation. La 1ère Bde (2e, 33e et 41e bataillons d’infanterie) prend sa place. Elle est soutenue par l’artillerie divisionnaire de la 1ère Division AMF (18-livres des 1er et 9e bataillons RAA, 2-livres antichars du 103e RAA).
3 novembre
Guadalcanal
Iishi, sur le G-352 accompagné des G-1 et G-3, est surpris par les PT-38, PT-48 et PT-60 alors qu’il piste quelques bateaux de la RNZN. Les vedettes américaines ont profité de grains de pluie pour approcher sans être vues ; elles mitraillent les G-1 et G-3, qui ont plusieurs morts et blessés, mais elles sont repoussées par l’intensité du tir du G-352.
Effarés par les calibres utilisés par les Japonais, les commandants américains en parlent au commandant de la base de Tulagi, un Australien. Celui-ci envoie un appel urgent à Sydney, réclamant des canonnières Fairmile D (familièrement surnommés “Dogboats”). Bien qu’ayant ses propres problèmes dans les eaux birmanes, la Royal Navy répond rapidement et décide d’envoyer dans les Salomon toutes les canonnières à vapeur disponibles. Cette classe s’est montrée trop fragile pour la Mer du Nord, mais s’est très bien comportée lors de l’opération Pedestal. Leur taille, leur tenue à la mer et leur rayon d’action en font des bateaux bien adaptés aux grands espaces du Pacifique, pourvu qu’elles soient utilisées comme des torpilleurs (à la mode des années 1890) plutôt que comme des vedettes lance-torpilles des années 1940. La construction de cette classe est donc poursuivie. Ces canonnières se voient cependant ajouter quelques plaques de blindage léger, qui réduisent légèrement leur vitesse mais les rendent moins vulnérables.
L’envoi de ces vedettes s’ajoute aux autres efforts des Britanniques pour renforcer un peu la marine australienne : après le transfert à la RAN du croiseur léger Jamaica, rebaptisé Brisbane, les deux vieux croiseurs légers Danae et Dragon ont été envoyés à Port Moresby pour appuyer les opérations prévues pour reprendre Milne Bay.
4 novembre
Région de Buna (Nouvelle-Guinée)
La 21e Brigade commence à se mettre en route vers Soputa à partir de ses positions avancées à Popondetta. Les Japonais ont endommagé la piste de Popondetta, mais elle a pu être partiellement réparée : de petits avions (comme des Tiger Moth) peuvent s’y poser et des avions de transport peuvent y parachuter du ravitaillement, ce qui a été très utile pour préparer l’offensive.
Le Brigadier Potts dispose de trois bataillons, les 2/14e, 2/16e et 2/27e. Le 2/27e doit mener l’attaque, couvert par le 2/14e sur son flanc sud. En pointe, le 2/27e avance rapidement, débordant les positions japonaises à Hihonda, à moins de deux kilomètres de Soputa. Ce n’est qu’à moins de 800 mètres du bourg que les Australiens se heurtent à des lignes de défenses solides, très bien camouflées. Ces positions sont défendues par des nids de mitrailleuses dont les feux croisés impénétrables font de lourdes pertes à la compagnie de tête.
A ce moment, Potts a la surprise d’apprendre que les Japonais contre-attaquent avec l’aide de blindés, car on ignorait qu’il y en avait dans le secteur. Ce sont une dizaine de chars légers Ha-Go débarqués par l’Okinoshima Maru. Mais le pire est qu’ils sont soutenus par l’artillerie. L’attaque est brutalement brisée et le 2/27e est obligé de se replier de 500 mètres. Mais c’est au tour des contre-attaquants d’être surpris, car l’infanterie australienne laisse passer les chars pour pouvoir s’en prendre aux fantassins qui suivent.
C’est alors que les Japonais apprennent que d’autres Australiens les ont pris à revers. C’est le 2/14e, qui a traversé successivement deux petits cours d’eau, Hihonda Creek et Middle Creek, puis a passé la Girua, franchi 1 500 mètres de marais et repassé la Girua pour apparaître sur l’arrière des positions japonaises, coupant la piste Jumbora-Soputa-Ango. Les premiers éléments du 2/14e sont arrêtés à moins de 250 mètres de la dernière voie de retraite japonaise, la piste Soputa-Sanananda. Dans la confusion, le commandant en chef des troupes de la région de Buna, le général Horii, est tué. Son état-major réagit malgré tout très vite et rappelle les blindés pour bloquer l’attaque du 2/14e et permettre aux 450 défenseurs de se replier de cinq kilomètres, jusqu’aux positions préparées à la “tête de piste” de Killerton.
Guadalcanal
Des heurts entre petites unités se poursuivent le long de la Lunga, tandis que les deux camps s’efforcent d’améliorer leurs positions. Ce sont maintenant les Alliés qui tiennent l’aérodrome et tentent de le remettre en état, mais surtout de le soustraire aux tirs ennemis.
Dans la nuit, Tanaka avec son Jintsu et ses destroyers, accompagné de Goto avec ses deux croiseurs lourds, bombardent les positions alliées. Les MTB américaines tentent d’attaquer Goto, mais sont repoussées. Le sous-marin de garde dans la baie ne parvient pas à repérer les Japonais, car la visibilité est très médiocre.
Cependant, un petit convoi de péniches atteint la base japonaise de Lambi Bay. Grâce à l’utilisation d’un grand nombre de petits navires prenant le relais des cargos rapides pour la dernière étape, le système logistique japonais est bien au point, mais s’il peut ravitailler les garnisons des Salomon en nourriture et en munitions pour les armes légères et l’artillerie de campagne, il ne peut rien apporter de plus lourd.
De leur côté, les Alliés continuent de faire la navette entre Nouméa et Guadalcanal avec des destroyers convertis ou des croiseurs légers.
5 novembre
Région de Buna (Nouvelle-Guinée)
La perte de Soputa est un désastre tactique pour les Japonais. Le général Horii avait prévu de défendre la zone délimitée par Jumbora au nord-ouest, Soputa au centre et le triangle Arigo-Siremi-Dobodura au sud-est, grâce aux pistes qui les relient et devaient permettre à ses chars de se porter sur les points menacés. La prise de Soputa a détruit cet édifice. Les Japonais doivent maintenant se reposer sur les embarcations livrées par l’Okinoshima Maru, qui peuvent, sous la protection des avions venus de Lae, assurer les communications entre Gona, Buna et Dobodura le long de la côte.
Mais alors que les Japonais, sachant que toute une division est en train de franchir les montagnes, s’attendent à une attaque sur un large front, les plans de Vasey sont tout autres. N’ayant ni artillerie, ni blindés et l’aviation ennemie dominant le ciel, il ne peut prétendre utiliser un marteau-pilon et a décidé de tenter un coup de poignard. Chaque composante de la 7e Division AIF a un rôle à jouer. La 21e Brigade (Potts – 2/14e, 2/16e et 2/27e) a pour objectif de percer au centre des positions japonaises et de s’emparer de Sanananda. Le 25e Brigade Group (Eather – 2/25e, 2/31e, 2/33e et 2/1er Pionnier) doit ensuite s’emparer de Buna et la 18e Brigade (Wootten – 2/9e, 2/10e et 2/12e) doit enfin prendre Gona.
De plus, la 30e Brigade, c’est à dire ce qui reste de la 39e AMF et de la 49e AMF, doit tenir Kokoda, former les unités qui traversent les monts Owen Stanley et protéger l’aérodrome. En effet, Kokoda est quotidiennement attaqué par l’aviation de l’Armée Impériale (raids de Ki-48 [Lily] escortés de Ki-43 [Oscar]) : il faut camoufler et disperser à l’écart des pistes les dépôts, l’hôpital et la zone administrative de la garnison.
Enfin, la 14e Brigade reste à Port Moresby pour protéger la zone.
Guadalcanal
Un hydravion Swordfish de reconnaissance observe les activités japonaises à Lambi Bay. Il est chassé par une violente DCA, mais la base japonaise a été repérée.
Pendant ce temps, seize B-17 de l’USAAF, profitant d’une trouée dans les nuages, bombardent à moyenne altitude les positions japonaises. Les Japonais ne peuvent répondre que par des raids de harcèlement menés dans la nuit par des Ki-21.
De son côté, Iishi voit avec joie arriver des renforts: la vedette lance-torpilles G-354, les vedettes lance-torpilles légères G-10 et G-11 et la canonnière H-15. Elles s’ajoutent aux G-1, G-3, G-352 et G-353, qui ont toutes plus ou moins souffert les semaines précédentes.
Tarawa
Quatre G4M guidés par un H8K attaquent un Liberty ship de 7 660 GRT au nord-est des Fidji. Touché par cinq bombes, le cargo coule, mais non sans avoir abattu l’un des G4M.
6 novembre
Région de Buna (Nouvelle-Guinée)
« Après Soputa, le lieutenant-général Hitoshi Imamura, commandant l’Armée de la Huitième région, commença à avoir quelques doutes quant à l’idée même de tenir ce secteur. En effet, il n’avait tout simplement pas assez de troupes pour suffire à toutes les tâches qui lui incombaient. L’Armée Impériale commençait à être exagérément étirée dans tout le Pacifique, alors même que l’accroissement graduel des capacités militaires chinoises commençait à limiter ses possibilités d’action. Imamura avait cependant un atout, sa puissance aérienne, avec des appareils modernes et un réseau de bases de bonne qualité.
Les quelques centaines d’hommes récemment arrivés avaient renforcé le 144e Régiment (colonel Yazawa) qui en avait bien besoin. En plus de ce régiment, les forces japonaises dans le secteur de Buna-Gona-Sanananda comprenaient le 41e Régiment et quelques petites unités indépendantes (dont la dizaine de chars amenés par l’Okinoshima Maru). L’ensemble – 7 500 hommes au total – était commandé par le colonel Yokoyama, qui avait remplacé le général Horii après la mort de celui-ci. » (C. Mathieu, L’Armée Impériale japonaise dans la Seconde Guerre Mondiale)
En face, la situation des Australiens n’est pourtant guère enviable. Peu de ravitaillement, pas assez d’artillerie et pas de chars. Transporter l’artillerie par voie de terre à travers les Owen Stanley est carrément impossible. Du coup, ses propres mortiers sont le seul appui que puisse espérer l’infanterie. Car le soutien aérien ne peut guère être garanti, les aviations de l’Armée et de la Marine japonaises dominant le ciel.
Dans ce domaine, l’aide des Alliés est encore très réduite. Les Français ont envoyé des bombardiers en piqué, mais ils ne peuvent guère faire plus. C’est évidemment du côté de l’USAAF que les Australiens se tournent, mais les Américains consacrent l’essentiel de leur effort à l’Europe et, dans le Pacifique, la Nouvelle-Guinée se trouve au bout d’une très longue chaîne stratégique dont tous les anneaux demandent à être renforcés, à commencer par l’Australie elle-même. Les unités de l’USAAF qui parviennent à se déployer dans la région (pour la plupart dans le Queensland) doivent passer par Port Moresby pour intervenir. C’est une escale dangereuse, car elle est fréquemment la cible de raids japonais et le ravitaillement en essence des grands B-17 les rend très vulnérables. En résumé, la RAAF est pour l’essentiel livrée à elle-même.
Dans ces conditions, face à des maîtres des tactiques défensives, sachant construire et utiliser des fortifications de campagne, les Australiens sont obligés d’être inventifs. C’est ainsi qu’il est décidé de démonter des canons de 25 livres et de les envoyer par avion jusqu’à Popondetta. Aucune attaque ne sera possible sans ces armes. Afin de les transporter, le choix se porte sur les derniers Handley-Page Harrow, pour la robustesse de leur construction et leur aile haute. Ces vieilles machines peuvent à peine emporter les segments les plus lourds des canons. Pour éviter les mauvaises rencontres, elles arriveront au crépuscule et s’enfuiront à l’aube. Entretemps, les infatigables Lodestar hollandais apporteront munitions et servants, tous repartant chargés de blessés et de malades. Les 25-livres arriveront ainsi à dix ou douze kilomètres de leur cible, distance qu’ils devront parcourir grâce aux bras de l’infanterie. Ce transfert est organisé de façon très primitive – par exemple, la piste est éclairée par des feux de branchages entourés de talus de terre.
7 novembre
Lae (Nouvelle-Guinée)
L’aviation de l’Armée Impériale dans la région est en pleine réorganisation. Au 12e Hikodan (1er et 11e Sentais de chasse), équipé d’une centaine de Ki-43 Hayabusa (Oscar), s’est ajouté le 5e Sentai, équipé d’une vingtaine de chasseurs lourds Ki-45 Toryu (Nick) et de quelques Ki-46 (Dinah) de reconnaissance (Dokoritsu Hiko Chutai).
Mais les Ki-43 sont en cours de remplacement par les Ki-44 Shoki (Tojo), dont les premiers exemplaires sont arrivés à Rabaul en septembre. Ce nouveau chasseur est bien plus rapide que le Hayabusa, mais il est moins maniable, au point que les Japonais vont décider, après les premiers combats, de confier les nouveaux avions à des pilotes peu expérimentés, car les habitués du Ki-43 ont du mal à profiter de ses points forts et cherchent au contraire encore le combat tournoyant. Huit appareils sont arrivés à Rabaul en septembre pour évaluer l’adaptation au climat tropical et les premiers éléments du 14e Hikodan (68e et 78e Sentais) les ont suivis en octobre. Début novembre, le Ki-44 a commencé à être déployé à Lae.
Truk (Iles Salomon)
Arrivée des six premiers G3M3 équipés de radars opérationnels. Ces appareils du 850e Hikotai sont accompagnés par deux L3Y2 apportant des mécaniciens et des techniciens radar et trois radars Lichtenstein, les premiers envoyés hors du Japon. Ces radars sont destinés à équiper trois des huit J1N de chasse de nuit basés à Truk (et déjà dotés d’armes tirant en oblique de type Shrage Musik), mais l’adaptation de l’électronique et l’entraînement des équipages se révèleront impossibles en raison du manque de matériel et de personnel qualifié ; techniciens au sol et équipages devront être renvoyés à Tokyo pour y être formés au laboratoire de recherche de l’Université de Physique.
De fait, les équipages des six G3M3 ont été formés au Japon (douze autres appareils du 850e Hikotai sont à l’entraînement, mais l’unité ne sera pas au complet avant avril 1943). Leur radar est un Type H-6, fabriqué au Japon avec le concours des Allemands de Gemma et Telefunken. Le résultat est un appareillage de bonne qualité pour l’époque, mais dont l’efficacité souffre considérablement du manque de personnel qualifié en électronique dans l’aviation de la Marine comme de l’Armée Impériale. Les conseillers envoyés par la Luftwaffe au début de 1942 s’en sont d’abord étonnés, estimant ces appareils faciles à entretenir, mais il est vite apparu que ce que les Allemands considèrent comme des personnels simplement compétents en radio-électronique est rarissime dans les forces japonaises en 1942.
Guadalcanal
Le remorqueur néozélandais Rimu arrive à Aola Bay, tirant deux lourdes péniches. Toutes deux portent une massive rampe de bois.
8 novembre
Chungking (Tchoung-king)
Le général Chen Cheng est nommé commandant en chef des forces alliées en Chine. Cette décision est applaudie tant par le maréchal Wavell, en Inde, que par le général Wedemeyer. Roosevelt et Churchill envoient leurs félicitations à Tchang Kai-chek pour cette décision, promettant un appui accru pour les opérations offensives prévues vers la mi-1943.
Le général Hsueh Yueh, le vainqueur de Changsha, se voit proposer le choix entre la retraite et l’intégration de toutes ses forces (dont la moitié sont des troupes de seigneurs de la guerre) dans l’Armée Nationale Républicaine, lui-même étant nommé commandant de la Zone de Guerre de Chine du Sud. « Le Kuo-Min-Tang estime que le temps des seigneurs de la guerre est passé, lui explique Chen. Il a donc été décidé d’offrir à tous les hommes qui, comme vous, ont montré leurs qualités de chef militaire, les meilleures places au commandement de l’ANR, pourvu bien sûr qu’ils comprennent les valeurs de la Chine que nous construisons, fidèles à l’enseignement de notre maître Confucius. » Yueh n’est pas seulement un général habile, c’est aussi un patriote chinois : après une réflexion bienséante de quelques jours, il accepte. « J’ai pu voir ce que nos forces pouvaient faire, avec l’aide de votre matériel, dira-t-il plus tard à Wedemeyer (dont la 41e DIUS et ses unités d’appui poursuivent, par petits paquets, leur voyage des Etats-Unis en Chine et leur concentration près de Chungking). Je pense que, pour la première fois depuis deux siècles, nous pouvons mettre la Chine à l’abri des invasions. »
Pendant ce temps, l’ANR continue de réduire ses effectifs et d’améliorer ses capacités combatives selon ce que le général Chen appelle la Stratégie du Bambou. « Nous améliorons d’abord la qualité de nos réserves centrales, explique-t-il à Wedemeyer, et seulement ensuite celles de nos forces sur le front. Ainsi, quand les Japonais regardent à leurs pieds, ils peuvent voir que la forêt de bambous pousse lentement, mais même en levant la tête, ils ne peuvent s’apercevoir que les bambous poussant sur une crête éloignée croissent bien plus vite. »
La plus puissante unité de l’ANR, la fleur de ses réserves centrales, est la fameuse 200e Division Blindée. Fin 1942, elle compte 166 véhicules blindés, dont 96 chars dignes de ce nom, plus un régiment d’infanterie mécanisée, un régiment de cavalerie, un d’artillerie et un du génie.[1] Chen a même prévu, avec quelque optimisme, la formation de trois autres divisions blindées, les 201e, 202e et 203e – quoique la plupart de leurs véhicules n’existent encore que sur le papier et que les autres soient des engins fatigués de provenances variées.
Parmi les changements engagés par Chen, le principal est le plus élémentaire : chaque soldat possède une arme individuelle, des chaussures (en général, des sandales en caoutchouc de pneu) ainsi qu’un uniforme très simple et un paquetage minimal (en dehors de l’arme, le tout est le plus souvent fabriqué en Inde).
« Autre changement élémentaire mais capital : celui de l’intendance, chargée de répartir entre les unités le matériel occidental. L’intendance de la nouvelle ANR devait être principalement composée par des Chinois “de l’étranger”, venus notamment de l’Empire Britannique, et par des employés du Service des Douanes Chinoises (Chinese Customs Service)[2] – c’était une exigence anglaise, exprimée avec diplomatie et acceptée avec… une certaine hypocrisie. La corruption dans le système fut ainsi réduite à de faibles proportions. Hélas, cette réduction devait s’entendre selon les standards chinois de l’époque… Le ver était dans le fruit depuis bien trop longtemps pour un traitement rapide et radical de la maladie. Néanmoins, les réformes ainsi entreprises permettraient au Kuo-Min-Tang d’apparaître, à la fin de la guerre, comme le seul représentant sérieux de la Chine. Cette apparence masquait une situation quelque peu différente, mais jusqu’à la fin des hostilités contre le Japon, les exigences de la défense contre de l’Armée Impériale et la pression exercée par les Occidentaux allaient concourir à maintenir l’illusion. » (D’après Jack Bailey, Canberra University Press : Birth of Modern China, 1996)
Quoi qu’il en soit, à la fin de 1942, la puissance de l’ANR sera nettement supérieure à ce qu’elle était un an plus tôt.
Port Moresby
Le port est attaqué tous les deux ou trois jours par une douzaine de bombardiers accompagnés de nombreux chasseurs. Qu’il s’agisse d’appareils de l’Armée ou de la Marine japonaise, ces raids cherchent à user les forces de chasse de la RAAF. Cependant, la DCA locale (redoutable, surtout pour l’époque) oblige les Japonais à bombarder à haute altitude, donc avec peu de précision, et le tonnage de bombes déversé n’est pas tel qu’il menace gravement le fonctionnement du port ou de l’aérodrome, même si ces bombardements font de réels dégâts. Comme l’expliquera par la suite l’Air Vice-Marshall Goble : « Pour nous, c’était un choix. Nous aurions pu utiliser toutes nos forces pour défendre plus efficacement Port Moresby et laisser Milne Bay et la Papouasie se débrouiller, mais nous avons préféré accepter des pertes au sol et apporter un certain appui aux offensives de l’Armée – malheureusement, nous n’aurions pas pu faire les deux. »
Guadalcanal
Les G3M3 du 850e Hikotai équipés de radars commencent à patrouiller de nuit autour de l’île, repérant les allées et venues d’un certain nombre de navires alliés. Cependant, le petit nombre d’appareils disponibles implique qu’il va falloir du temps aux Japonais pour se faire une idée précise de ce trafic.
Pendant ce temps, une série de petites attaques nocturnes permet aux Australiens de consolider la branche sud de l’encerclement de Bloody Ridge. Les Marines en font autant au nord, tout en sondant les défenses japonaises sur la rive ouest de la Lunga.
Au crépuscule, quatre Whitley de la RAAF bombardent Lambi Bay, provoquant plusieurs violentes explosions secondaires. Les bombardiers s’échappent sans pertes.
9 novembre
Port Moresby
Neuf Ki-44 du 1er Sentai menés par le capitaine Gosuke Ohta escortent trois Ki-21 sur Port Moresby. Ils sont interceptés par 10 Hurricane IIC du Sqn 77. Bien positionnés par l’opérateur radar au sol, les Hurricane abattent les trois bombardiers, mais sont contre-attaqués par les Shoki, furieux d’avoir vu les Ki-21 se faire détruire avant de pouvoir esquisser un geste. Consternés, les pilotes des Hurricane découvrent qu’ils ne peuvent s’échapper en piquant, comme ils en ont l’habitude contre les Ki-43, puis que ce nouveau chasseur japonais est bien mieux armé (quatre 12,7 mm au lieu de deux) et qu’il est plus résistant (il possède un blindage, très inhabituel à l’époque sur les chasseurs japonais). Trois Australiens sont abattus contre un seul Japonais, qui s’écrase sur les hauts-fonds au nord du port. Trois autres Hurricane, criblés de balles, sont inutilisables, et deux Ki-44, endommagés, vont se poser à Wau. En dépit de la perte des bombardiers, les Japonais sont ravis, car la supériorité de leur nouveau chasseur sur le Hurricane est apparue très nette.
Nagoya
A la grande consternation de l’état-major japonais, seize B-17F (huit de la ROCAF et huit de la CATF) venant de Chungking effectuent une audacieuse attaque en plein jour sur Nagoya. Ces machines ont été spécialement modifiées pour emporter jusqu’à 4 000 lb de bombes (3 000 seulement lors de ce raid) et un gros réservoir supplémentaire fixé sous chaque aile, entre le moteur interne et le fuselage. Les avions ont fait escale la veille au soir sur un terrain de fortune au sud de Nanchang, à près de 2 000 km de leur objectif – l’extrême limite avec cette charge de bombes. Ils ont décollé bien avant l’aube et ont largué leurs réservoirs supplémentaires une fois le carburant qu’ils contenaient épuisé.
A Nagoya, ils doivent attaquer les usines aéronautiques Akashi (moteurs et cellules), qui représentent la totalité de la production japonaise de moteurs Ha-40. La formation a suivi un trajet trompeur et n’a pas été identifiée comme ennemie par le système de défense aérienne des îles nippones, encore squelettique, avant d’être parvenue sur l’objectif. Attaquant par beau temps et sans la moindre opposition, les avions effectuent un bombardement à haute altitude parfait – il est vrai qu’il est difficile de rater la cible. Légèrement construits, les bâtiments souffrent beaucoup du souffle des explosions ; du fait de la surprise, personne ne s’est mis à l’abri et les pertes humaines sont nombreuses. Les machines-outils sont cependant moins atteintes que l’état de dévastation des bâtiments ne peut le laisser supposer. Cependant, les dommages sont sévères et les lignes de production du Ha-40 très endommagées : 50% des ateliers sont détruits et 30% endommagés ; la fabrication du moteur Ha-40 sera totalement interrompue pendant deux mois.
Les chasseurs Ki-43 décollant de Nagoya sont incapables de rattraper les B-17, qui volent trop haut pour eux.
L’honneur de la chasse de l’Armée va être sauvé par des Ki-61 Hien (Tony), dont les premiers exemplaires sont opérationnels depuis septembre. Ce nouveau chasseur a d’abord souffert du manque de fiabilité de son moteur Ha-40 (dérivé du Daimler-Benz DB-601 et premier moteur en ligne à équiper un avion de combat japonais produit en série), mais fin 1941, l’assistance d’ingénieurs allemands pour le contrôle qualité dans les usines et la modification de certains composants a permis de résoudre la plupart des problèmes. L’avion n’a pas été débarrassé de tous ses défauts – sa pompe à injection reste peu fiable et impose un entretien minutieux et très régulier – mais il a été mis en service. Son armement relativement lourd (quatre 12,7 mm au lieu de deux pour le Ki-43[3]) en fait aussi un meilleur appareil de défense du Nippon contre les bombardiers américains.
Au-dessus de Kitakyushu, les Hien rattrapent les B-17 ; l’un de ceux-ci est endommagé et les intercepteurs, s’acharnant sur lui, réussissent à l’abattre près de Sasebo. Tous les membres de l’équipage sont tués. Mais à ce moment, un nouveau choc attend les Japonais – l’équipage de l’appareil abattu, qui appartient à la ROCAF, est entièrement composé de Chinois ! Les papiers trouvés sur les morts révèlent que ces hommes sont récemment rentrés en Chine après un entraînement suivi aux Etats-Unis et en Inde ; ce vol était leur première mission offensive.
Dans la nuit, quatre autres B-17 reviennent bombarder l’usine, en se guidant sur les lueurs des incendies. En l’absence de chasseurs de nuit dans la région, ils n’ont aucune perte.
Les Américains congratulent publiquement leurs alliés chinois, mais en privé, ils sont moins ravis. Beaucoup estiment que cette attaque est prématurée. Ils soupçonnent que Madame Tchang est pour beaucoup dans l’organisation de ce coup d’audace et de propagande, qui lui rapporte de juteux dividendes politiques. Il est d’ailleurs probable que la redoutable Madame Tchang n’est cette fois qu’une couverture pour le Généralissime. Cependant, l’impact sur le moral chinois est assurément très positif et l’état-major américain se fait une raison.
A Tokyo, l’état-major japonais est épouvanté. Il réalise qu’en concentrant la production des moteurs d’avion dans quelques usines géantes, il a rendu son outil de production très vulnérable à ce type de bombardement et qu’il n’y peut plus grand-chose, sinon lancer en hâte un programme de construction de murs anti-souffle et espérer qu’il n’y aura pas d’autre raid.
La principale usine de Ha-40 ainsi dévastée, des cellules sans moteur de Ki-61 Hien vont vite s’accumuler dans les dépôts de l’aviation de l’Armée Impériale. C’est un sérieux revers pour l’IJAAF, qui espérait bien faire rapidement de cette machine son nouveau chasseur standard. Il semble que le raid ait coûté l’équivalent de quatre mois de production.
« Pour relancer celle-ci, l’Armée dut même corriger une de ses erreurs. En effet, beaucoup d’ouvriers de chez Akashi avaient été mobilisés. Il fallut bien admettre qu’ils étaient plus utiles à Nagoya qu’en Chine et ces hommes furent rappelés à l’usine. Cependant, plutôt que de les démobiliser, l’Armée Impériale prit la décision étrange (pour un Occidental du moins) de les remettre à leur poste de travail en uniforme, ce qui n’alla pas sans créer des tensions entre les ouvriers.
Les effets des dégâts subis par l’usine Akashi auraient été encore pires si les Allemands n’avaient pas envoyé au Japon au début de 1942 des machines-outils permettant de monter une ligne de production de moteurs DB-601F. Celle-ci, installée près de Nagano, compensa en partie le déficit en Ha-40 à partir du début de 1943. Le DB-601 s’avéra si satisfaisant que Kawasaki décida d’interrompre le développement du moteur Ha-140, qui s’annonçait mal parti. Néanmoins, les DB-601F, rebaptisés par Kawasaki Ha-40F, ne furent jamais aussi fiables que les moteurs fabriqués en Allemagne – la “dilution” de la force de travail qualifiée et la détérioration progressive des contrôles qualité se traduisirent par une durée de vie des Ha-40F inférieure de 30% à celle des DB-601F.
Par ailleurs, le Ha-40F était trop lourd pour remplacer le Ha-40 dans le Ki-61 tel qu’il était. Les ingénieurs de Kawasaki furent donc conduits à poursuivre les travaux entrepris dans la perspective de l’utilisation du Ha-140 pour renforcer la cellule de l’appareil, qui fut dénommé Ki-61-II. »
(D’après C. Mathieu, L’Armée Impériale japonaise dans la Seconde Guerre Mondiale)
Guadalcanal (côte est)
Deux petits transports hollandais atteignent Aola Bay, avec à leur bord une surprise pour les Japonais : six obusiers de 9,2 pouces (230 mm), qui prenaient tout doucement la poussière au fond d’un hangar australien depuis 1918. Ils sont accompagnés de quatre tracteurs à vapeur du même millésime, remis en état par les ateliers des Chemins de Fer de Chullora. Obusiers, caissons et tracteurs sont soulevés par des mâts de charge doublés (et renforcés) et déposés sur les lourds pontons de bois arrivés deux jours plus tôt, ce qui leur permet de débarquer dans la nuit sur le rivage.
Guadalcanal (côte ouest)
La vedette PT-60, en patrouille solitaire, attaque un convoi japonais de trois petits transports et torpille un chalutier de 350 GRT, qui explose avec une boule de feu qui aurait honoré un croiseur de bataille (il était chargé d’obus de mortier). Les deux patrouilleurs d’escorte, des Cha, ripostent, mais sans succès. Un peu plus tard, un Swordfish endommage à la bombe un second transport. Mais ce dernier parvient à accoster à Lambi Bay avec l’autre survivant et 500 tonnes de ravitaillement sont déchargées.
Au même moment, un convoi de sept péniches, escortées par sept péniches blindées, atteint Point Cruz sans incident, couvert par les vedettes d’Iishi. Cependant, celui-ci est mécontent : pendant qu’il joue les escorteurs, il ne peut plus attaquer le trafic allié…
10 novembre
Port Moresby
La veille, les officiers du Combined Operational Intelligence Centre et du Sqn 77 ont repéré et fait surveiller le point de chute du seul Ki-61 abattu. Il gît sous 2,50 mètres d’eau, désarticulé mais non incendié. L’épave est vite récupérée et expédiée au plus vite à Melbourne pour évaluation.
Guadalcanal
Les reconnaissances japonaises repèrent au petit matin les deux transports hollandais, qui achèvent de décharger les munitions de 9,2 pouces devant Aola. A 10h00, 18 hydravions attaquent les deux petits bateaux, à présent vides. Malgré l’intervention de quatre Floatfire, qui abattent un A6M2-N, ils sont coulés.
La nuit suivante, deux MTB américaines appuyées par le HMZNS Moa attaquent devant Point Cruz un convoi de deux péniches escortées par une péniche blindée. Malgré les tirs de celle-ci, les MTB réussissent à incendier une péniche, qui coule au large de la plage, avant de devoir rompre le combat avec un mort et trois blessés. Le Moa intervient alors et détruit la péniche blindée à coups de 12-livres. Pour sa peine, le Néo-Zélandais reçoit cinq obus de 57 mm qui perforent son blindage et font deux morts et dix blessés. Mais le Moa ne subit aucun dégât sérieux malgré deux petits incendies qui, signalera Phipps à Auckland, ne font que lui donner « une allure positivement canaille ».
[1] 1er (Hu Hsien-chun) et 2e Régiments Blindés (chacun à 18 chars Valentine et 24 chars Stuart) ; 598e Régiment d’Infanterie Mécanisée (sur camions escortés de 12 chars légers Mk VIc) ; 200e Compagnie antichars indépendante (12 Mk VId à canon de 2 livres en tourelle ouverte) ; 200e Régiment de Reconnaissance (35 Mk VIc) ; 200e bataillon de patrouille routière (35 automitrailleuses Marmon-Herrington) ; 200e Régiment du Génie (Li Shu-cheng) ; 200e Régiment d’Artillerie à 24 canons de 75 mm américains (Chu Mo-chin) ; 200e Régiment de Cavalerie (350 cavaliers).
[2] Le CCS, créé en 1854 par les consuls étrangers de Shanghaï, était en grande partie dirigé par des étrangers (dont son directeur en 1942, l’Anglais Sir Frederick Maze), mais travaillait directement pour le gouvernement chinois. Il faisait preuve d’une honnêteté devenue à l’époque rarissime dans les services officiels du pays.
[3] La version suivante, mise en service en 1943, sera équipée de deux 12,7 et de deux canons allemands de 20 mm, dont plusieurs centaines ont été importés par le dernier train Berlin-Mandchoukouo en avril 1942.