Juin 1942 (2/4)

 

6 juin

Front russe

– Secteur nord et opérations en Baltique

Liepaja– L’attaque allemande reprend dès l’aube, mais tourne vite à un combat de rues, où chaque maison est transformée en fortin. La plus grande partie de la vieille ville de Libau est gravement endommagée par les tirs d’artillerie.

Le Maréchal K.V.Vorochilov, commandant du Front Nord, ordonne à la Marine d’appuyer de son mieux les défenseurs. Le Vice-Amiral Tributs s’inquiète de la proximité des bases de vedettes lance-torpilles allemandes, mais décide d’organiser un nouveau convoi de renfort direct et d’y associer une puissante opération de bombardement côtier. A Tallinn, deux bataillons d’infanterie de marine sont embarqués sur les DD Artem, Volodarskij, Engel’s et Kalinin (de l’ancienne classe Novik) et sur les plus récents Serdityi, Silnyi, Smertlivyi et Steregushcyi. Le bombardement doit être effectué par une escadre venant de Kronstadt. Commandée par le Capitaine de 1er rang N.E. Feldman, elle comprend le vieux cuirassé Marat, le croiseur Kirov, les DL Leningrad et Minsk et les DD Skoryi, Slavnyi, Smelnyi, Statnyi, Stoikyi, Strashnyi, Stroinyi et Surovyi. L’ensemble doit être couvert par des forces légères et notamment par douze vedettes G5, chargées de poser des mines au sud-ouest de Liepaja. Tous les chasseurs dépendant de la Flotte de la Baltique sont concentrés sur les terrains de Tallinn et des îles du Golfe de Riga pour protéger ce qui doit être l’opération navale soviétique la plus ambitieuse organisée jusqu’alors.


Secteur Centre

Le président du GOSPLAN et Premier Ministre délégué, N. Vojnesensky, se rend à Minsk pour superviser l’évacuation de la plupart des usines locales vers la région de Moscou. Un décret du SovNarKom (Conseil des Ministres ou techniquement “Conseil des Commissaires du Peuple”) organise la répartition des réfugiés dans la région de Moscou et de Kalinine.

Secteur Sud
Le XXXème Corps d’Armée (corps germano-roumain) lance une offensive limitée contre Kishinev. Après quelques progrès, l’attaque est bloquée par les fortifications de campagne et l’artillerie des Soviétiques. La 13ème D.I. roumaine subit des pertes particulièrement lourdes. En fin de journée, le commandant du XXXème Corps, le Général von Salmuth, constatant que la première ligne de défense soviétique n’a pas été percée, rappelle l’attaque.

Chine – Campagne de Chekiang et Kiangsi

L’offensive de la 11e Armée japonaise continue de progresser. La ville de Linchuan, à 40 km de Nanchang, tombe.

Pendant ce temps, plusieurs colonnes parties de Nanchang traversent le lac Po-yang et débarquent sur la rive est, occupant sans résistance les villes de Po-yang, Juihung et Yuchien (celle-ci est située à 10 km du lac).

 

Iles Andaman

Port-Blair est de la plus grande importance pour relier Singapour, Penang et Sabang à la Birmanie et à l’Inde. Les unités du génie travaillent fiévreusement à y bâtir un aérodrome. Le commandement espère que des chasseurs pourront s’y poser dès le 20 juin et que des Beaufighter pourront s’y installer à la fin du mois. Pour l’instant, la protection de Port Blair Station repose sur les sous-marins de la Xème Flottille, la DCA du navire AA auxiliaire HMS Tynwald et du ravitailleur d’hydravions français Commandant-Teste (avarié mais utilisé comme base), les 16 hydravions Northrop N3M de la Flottille AT-4 de l’Aéronavale et 12 hydravions de chasse Supermarine 355 “Floatfire” (il s’agit de Spitfire qui ont été équipés de flotteurs sur demande expresse de l’Amirauté ; ces douze appareils sont les premiers d’une brève série).

 

Détroit de Malacca/Singapour

Depuis le début du siège, les liens de Singapour avec l’extérieur n’ont jamais été complètement coupés. Les grands sous-marins Otway et Clyde ont tous deux fait le voyage en passant par le Détroit de la Sonde, naviguant de nuit en surface et restant posés sur le fond dans la journée. Ils ont apporté du ravitaillement exceptionnel, notamment des médicaments (dont 200 000 doses de pénicilline) et quelques matériels hautement prioritaires. Mais chacun n’a pu transporter que six tonnes. Dans le même temps, de petits sous-marins de classe U de la Xème Flottille ont apporté un peu de ravitaillement (des médicaments surtout) à Penang.

Fin mars et début avril, c’est presque chaque nuit qu’un Sunderland ou un Short classe C a fait le long voyage de Port Blair à Singapour, calculant l’heure d’arrivée pour pouvoir amerrir à l’aube. Le plus souvent, un autre hydravion a fait en même temps le trajet inverse, décollant de Keppel Harbour au crépuscule. Mais dès la mi-avril, ces liens aériens ont été considérablement renforcés par la montée en puissance du Sqn 119 de la RAF. Aux quatre Sunderland II et aux deux Short de classe C (les S.23M Clio et Cordelia) se sont en effet ajoutés deux Short de classe G (les S.26M Golden Hind et Golden Horn), quatre PB2Y-2 prêtés par l’US Navy (ces gros hydravions quadrimoteurs, dépourvus de réservoirs auto-obturants, ne sont pas considérés apte aux missions de combat) et cinq Blackburn B.20 Balmoral (le second prototype et quatre des six appareils de pré-série). Original et innovant avec sa coque rétractable, le Balmoral est nettement plus rapide que les autres hydravions de transport et peut même tenter sa chance de jour. Enfin, le 6 juin, la Flottille de Transport et Communication S-45 de l’Aéronavale, arrivée de Benghazi, commence à opérer à Trincomalee. Elle est équipée de quatre LeO H-46, de deux LeO H-470 et de l’unique Laté 611.

Les Alliés comptent à ce moment vingt-quatre hydravions répartis sur leurs bases de l’Océan Indien, avec lesquels ils assurent des « lignes aériennes régulières » vers Singapour et Penang. Cette flotte est vite (mais officieusement) baptisée “Singapore Airlines” (l’actuelle compagnie aérienne revendique d’ailleurs avec elle une filiation symbolique). Ses pilotes seront les seuls de l’aviation de transport alliée dont la célébrité ait pu approcher celle des pilotes de chasse.

 

Singapour

Des bombardiers bimoteurs japonais touchent durement Simmes Road, endommageant gravement les bâtiments en bois des bureaux de l’administration du QG du Commandement de Malaisie.

Au large de l’île de Singapour, deux bateaux de pêche chinois sont détruits quand des mines japonaises explosent dans leurs filets. Cette découverte est une surprise fort déplaisante, car aucun indice n’a signalé le mouillage de mines par les Japonais. Des mesures sont prises pour repérer l’emplacement des champs de mines, leur profondeur et leur étendue, en raison du risque qu’ils pourraient faire courir au convoi attendu en juillet comme à tout forceur de blocus, sous-marin ou navire de surface.

 

Les vieux canons reprennent du service (extrait du livre de Robin “Doc” Meyrson, Le Grand Siège – Singapour face au Soleil Levant, New-York, 1948)

« Singapour était un vrai musée de l'artillerie côtière anglaise, car lorsqu’un nouveau modèle de canon était mis en service, cela coûtait trop cher de renvoyer les vieux canons en Europe. On les entreposait donc sur place, et les artilleurs de la forteresse n’eurent qu’à se servir.

Ainsi, pour gagner du temps, un vieux canon de 9,2 pouces Mk IV et deux 6-pouces furent installés dans des positions d’artillerie existantes mais désaffectées sur l’île de Blakang Mati.

A Singapour même, fut menée à bien la reconstruction du Fort Tanjon Katong (opérationnel de 1878 à 1918) à l’est de Kallang Airfield sur les plans de 1918, y compris les fossés défensifs, les obstacles contre l’infanterie et les deux vieux 8-pouces Mk VII de défense côtière (le fort n’avait été démoli qu’au dessus du niveau du sol). Bon nombre de dispositifs durent être improvisés à partir des magasins de la Royal Navy, modifiés ou entièrement recréés par des ateliers locaux pour parachever cette réinstallation. Le principal problème fut l’absence de toute table de tir, obligeant à se contenter d’un tir direct ou réglé à vue (il faut se souvenir qu’à la fin du XIXème siècle, les performances des canons dépassaient fréquemment de beaucoup les capacités des canonniers de régler leur tir). De plus, on manquait d’obus de 180 livres de 1880, qu’il fallut remplacer par des 200-livres pour obusier du même calibre datant de la Première Guerre, avec des fusées modifiées. De tels obus étaient disponibles car les obusiers de 8 pouces Mk VII et VIII, portant à 12000 mètres, avaient été modernisés et convertis en 7,2-pouces (y compris ceux venant des anciens stocks de l’US Army) et leurs réserves d’obus étaient devenues inutiles. Les obus modernes de 250 livres des croiseurs lourds de la Royal Navy, avec leurs puissantes charges propulsives, auraient soumis ces vieux tubes à des contraintes trop brutales.

Durant la Bataille d’Avril, on avait constaté que la démolition des structures de béton protectrices pour améliorer les champs de tir vers la terre exposait dangereusement les batteries côtières aux bombardements aériens et navals. Ces structures furent donc remplacées, pour permettre aux batteries côtières de jouer leur rôle principal et de compenser les insuffisances des défenses de la côte sud.

Pour améliorer la puissance de feu à longue portée de l’Armée, quatre canons de défense côtière de 9,2 pouces Mk IV furent remontés sur des affûts Vavasseur de la Première Guerre, munis de dispositifs Elswick de 1916 accroissant l’élévation maximale de 28 à 35 degrés et allongeant la portée à 22500 mètres. Ces canons furent alors installés sur une version statique pivotant sur 360° des tourelles d’artillerie ferroviaire Mk II ou III.

De plus, devant les pertes subies du fait des actions ennemies, des canons de 6 pouces ou moins pouvant être déplacés par la route furent préférés à des canons purement statiques. De nombreux anciens canons navals entreposés sans l’île de Singapour furent montés sur des affûts de construction locale. Leurs principaux défauts étaient le poids de ces affûts, qui devaient pouvoir résister au puissant recul de ces canons, et la trajectoire aplatie de leurs obus à haute vélocité initiale. Néanmoins, ils représentaient un apport important à la puissance de feu à longue portée de l’Armée. La topographie de Singapour restreignait cependant le déploiement de la plupart de ces canons mobiles à la région est, et en particulier aux plantations du sud-est de l’île.

Par ailleurs, les attaques aériennes affectant gravement le ravitaillement en munitions des canons, un grand nombre de dépôts avancés furent construits, contenant de quoi ravitailler les canons voisins pendant 24 heures de combat. »

 

Des défenses ancien style contre l’infanterie (R. Meyrson, op. cit.)

« La menace principale ne venant pas des chars, mais de l’infanterie, les officiers du génie réévaluèrent entièrement les obstacles installés autour de la forteresse de Singapour, en s’attachant spécifiquement à lutter contre des fantassins. Des défenses “ancien style”, qui n’étaient pas aussi vulnérables que des obstacles d’un type plus récents à un bombardement par l’artillerie ou l’aviation, furent ainsi remises à la mode. Différents systèmes furent expérimentés et certains installés en grand nombre.

La “Fougasse” était un simple trou creusé dans le roc, face à l’ennemi, et rempli avec un baril de poudre à canon et des éclats de pierre. On pouvait le mettre à feu comme un mortier primitif – mais non moins meurtrier.

Le “Profil Twydall” était une pente douce descendant jusqu’à 5 ou 6 mètres au-dessous du niveau du sol. En bas, l’assaillant tombait sur une palissade métallique de la même hauteur, impossible à escalader et garnie de barbelés au sommet. Ce système avait parfois été utilisé à la fin du XIXème siècle à la place d’un fossé profond. »

 

Malaisie

Bataille navale au large de Rengit

16h00 – Sous le couvert d’un orage, un convoi de ravitaillement quitte le bras ouest du Détroit de Johore. Ce convoi, qui marche à 9 nœuds, est composé d’un remorqueur tirant deux péniches (une de munitions et une de carburant en barils de 5 gallons) et de trois péniches motorisées transportant divers types de ravitaillement, le tout escorté par deux canonnières (Queen Charlotte et William III), un bateau anti-aérien (Alor Gajah) et deux bateaux à moteur armés de mitrailleuses.

01h11 – Au large de Rengit, un bâtiment non identifié filant à 12 nœuds sur un cap inverse est signalé à 3000 mètres à bâbord (vers le large) et interpelle le convoi au projecteur à éclats peu avant d’ouvrir le feu. Il s’agit d’une canonnière japonaise qui abat rapidement sur tribord pour accroître la distance. La Queen Charlotte[1] (commandant du convoi) riposte au 12-livres et signale immédiatement cette attaque à Singapour, indiquant que le convoi a reçu l’ordre de changer de cap d’un point sur tribord.

01h12 – La Queen Charlotte , alors qu’elle accélère de son mieux (sa vitesse maximum est de 12 nœuds) est frappée par un obus qui ricoche sur l’eau et, en remontant, troue la coque de bois à bâbord au dessus de la chaudière, emportant des débris de renforts en acier au passage, puis ressort en perçant le pont métallique par dessous avant d’exploser au dessus du bastingage bâbord. Les débris des structures transpercées font beaucoup de dégâts et l’explosion endommage sévèrement la superstructure. Des éclats coupent une conduite de vapeur et plusieurs câbles électriques. Cinq hommes sont tués et onze blessés.

01h13 – Deux autres obus explosent tout près et les éclats provoquent de nouveaux dégâts – l’antenne radio est brisée, les chaloupes endommagées prennent feu – tandis que le choc entraîne une voie d’eau. La vitesse tombe à 10 nœuds et les servants des canons doivent combattre les incendies, car le petit équipage de la canonnière a déjà beaucoup souffert.

Les deux petits bateaux à moteur commencent à émettre de la fumée pour masquer le convoi et le William III contourne le convoi par l’avant pour se rapprocher de l’ennemi, mais se rend compte que ses 14 nœuds sont impuissants à y parvenir tant que le navire japonais refuse de réduire la distance, et son 12-livres ne peut faire mieux qu’illuminer l’adversaire avec des obus éclairants. Venant à 12 nœuds de l’arrière du convoi, l’Alor Gajah[2] abat sur bâbord pour tenter de barrer le T à l’ennemi. Voyant distinctement le Japonais, il peut le mitrailler avec ses deux Bofors et le touche de nombreuses fois.

01h14 – La vedette rapide Rochore, revenant d’une mission secrète à Sumatra et alertée par le message radio du Queen Charlotte, survient sur ces entrefaites. Elle ouvre les gaz de ses moteurs Rolls Royce Merlin et, venant du sud-ouest, tombe sur le Japonais à plus de 28 nœuds dans un tourbillon d’écume. L’ennemi décroche alors et s’éloigne vers le nord-ouest. On suppose qu’il a pris le Rochore pour une vedette lance-torpilles, et que son arrivée, s’ajoutant aux impacts de 40 mm, a convaincu le capitaine japonais qu’il était tombé dans un piège. Il a cependant eu le temps de toucher la péniche chargée de carburant, allumant un incendie qui force peu après le remorqueur à abandonner cette péniche.

01h15 – Cette brève escarmouche est terminée, mais la Queen Charlotte est forcé de retourner à Singapour. Le type de navire engagé et l’importance des dommages infligés restent incertains.

Les actions offensives des bâtiments japonais contre les lignes de communications de la Force Ouest commencent à devenir très préoccupantes. Elles sont aggravées par l’action de l’aviation japonaise – ainsi, des avions mitraillent et coulent une péniche de ravitaillement, immobilisée la nuit précédente au large de Benut par une panne de moteur.

 

• Du côté de la Force Est, les patrouilles de reconnaissance de l’armée régulière se heurtent à des patrouilles adverses. La Dalforce, la Force 136 et les bandes de guerilleros communistes chinois poursuivent leur observation attentive de la montée en puissance japonaise et le recueil de renseignements. Le sabotage des communications ennemies est moins pratiqué, car les risques deviennent bien plus élevés, les Japonais ayant fortement accru le nombre d’hommes consacrés à la défense de leurs lignes de communications.

 

• Devant la Force Principale, les Japonais décrochent de la ligne Simpang Rengam – Rengam.

La 22ème Brigade de la 9ème Division Indienne signale que le 2/12ème Frontier Force Rgt s’est ouvert un passage le long de la voie ferrée et est entrée dans Rengam en repoussant le II/1er Bataillon d’Infanterie de Chine japonais. Deux mille à 2500 mètres plus à l’est, le 2/18ème Royal Garhwal Rifles est au contact de ce qui semble être des arrières-gardes des I/3ème et III/3ème Bataillons d’Infanterie de Chine. Mille mètres à l’ouest de Rengam, les 1er et 5ème bataillons composites du 11ème Sikh Rgt lancent dans la matinée une attaque en règle avec le soutien de neuf chars Valentine et de l’artillerie. Ils progressent facilement jusqu’à la route Simpang Rengam - Rengam avant de commencer à changer de direction pour couper la voie ferrée derrière Rengam.

A gauche de la 22ème Brigade, les deux bataillons de tête de la 12ème Brigade (5/2ème Punjab Rgt à gauche, 1 et 2/13ème Frontier Force Rifles composite à droite) signalent que leurs éclaireurs n’ont repéré que les arrières-gardes du I/148ème Bataillon japonais. Le 4/19ème Hyderabad, en réserve, commence à recevoir des tirs d’artillerie à très longue portée alors qu’il avance le long de la voie ferrée.

La 11ème Division Indienne signale qu’elle a perdu tout contact avec les Japonais. Dans la matinée, le 2/7 Rajput Rgt, qui conduit la 15ème Brigade, repousse le III/146ème Bataillon japonais, qui tentait de défendre le pont sur le Sungei Benut, près de la borne routière des 48 miles. Quelques heures plus tard, les sapeurs des 22ème Field Companies S&M achèvent de réparer les destructions incomplètes effectuées par les Japonais et l’avance peut se poursuivre, sous la conduite du 3ème Indian Cavalry.

 

La Force Ouest est occupée à des opérations de nettoyage contre de petits groupes de Japonais, voire contre des soldats isolés, qui se battent jusqu’au dernier, tout en contrôlant l’établissement de nouvelles lignes de défense. Sur le champ de bataille des jours précédents, il faut recueillir, soigner et évacuer les blessés, retrouver et identifier les morts et les rassembler pour des enterrements collectifs, mais aussi récupérer les armes, le matériel et le ravitaillement britannique ou japonais.

L’attaque d’Ayer Hitam se prépare. Il faut déployer les batteries d’artillerie (moyenne et de campagne à longue portée), leur réseau de communication et leurs dépôts de munitions.

Pour réduire les efforts demandés aux lignes de ravitaillement, le nombre d’unités sur le front doit être réduit. D’abord, quatre bataillons d’infanterie (ou leur équivalent en compagnies) et deux batteries d’artillerie doivent être retirés avant d’être redéployés sur la côte ouest, pour améliorer sa protection. Un autre bataillon et une autre batterie vont être repliés dans le Sud-Johore et remis en réserve du IIIème Corps Indien. Enfin, deux bataillons d’infanterie et une batterie d’artillerie retourneront à Singapour pour un repos bien gagné.

 

Piste de Kokoda (Papouasie - Nouvelle-Guinée)

Les Japonais qui tentent de traverser la Kumusi à Wairopi sont repoussés par des tirs nourris. Ils cherchent alors à traverser ailleurs.

 

 

7 juin

Péloponnèse
La 50ème D.I. britannique s’embarque pour Benghazi, car elle est maintenant remplacée au sein du XXXème Corps par la 1ère Division Sud-Africaine (Maj.Gén. Brink). Les navires qui emmènent la 50ème D.I. viennent de débarquer plus de cent chars pour la 7ème Division Blindée : 63 M3(medium) et 46 Crusader.

Front russe

– Secteur nord et opérations en Baltique

Liepaja – Les combats se poursuivent toute la journée, mais les forces allemandes, incapables de percer vers le port et la base navale, subissent de lourdes pertes. En revanche, les défenseurs, débordés, sont à bout de forces.
Dans la journée, des chasseurs soviétiques se redéploient sur les îles du Golfe de Riga, pendant que l’escadre, qui a quitté Tallin à l’aube, approche de Liepaja.
Au même moment, l’escadre allemande qui a bombardé la ville l’avant-veille s’apprête à recommancer (opération Weststurm II).
22h35 – Le Marat et le Kirov ouvrent le feu sur les positions allemandes au sud et à l’est de la ville, à 22 000 mètres.

22h41 – Les S-Boots envoyés en éclaireurs, entendant le canon, signalent au Kpt.zS. Stichling la présence d’importantes forces russes.

22h57 – Les S-Boots détectent des forces légères soviétiques au sud-ouest de Liepaja. Ce sont les vedettes G5, qui viennent d’achever de mouiller leur champ de mines. Mais les S-Boots évitent d’attaquer et s’éloignent pour ne pas donner l’éveil, pendant que l’escadre allemande continue vers le nord-est.
23h05 – Les destroyers chargés de troupes entrent dans le port de Liepaja et l’infanterie débarque sous la protection des 300 mm du Marat, qui martèlent les positions allemandes, avec les 180 mm du Kirov et les 130 mm des destroyers.


Secteur Centre

Alors que le Colonel-Général Ivan Boldine est convoqué à Moscou, des combats éclatent près de Starya Dorogi. Le commandement soviétique local se retrouve très vite obligé de porter secours à une nouvelle tentative de percée de troupes encerclées. Les avions d’appui au sol des VVS effectuent plusieurs missions, et la réaction allemande est relativement faible. Les restes de la 3ème Armée Blindée du Major-Général M.G. Khatskilevich (environ 45 chars), soutenus par les parachutistes du 4ème Corps Aéroporté, se retrouvent plongés dans ce qui devient bientôt la plus importante bataille de la “phase de stabilisation” de juin. Dans la nuit, les parachutistes, jouant le rôle d’infanterie légère, atteignent les abords de Starya Dorogi.


Secteur Sud
La Luftwaffe attaque Rovno et Jitomir, mais les quelques avions utilisés n’ont que peu de succès. Plus au sud, Odessa est la cible d’une attaque aérienne bien plus puissante. Une importante formation germano-roumaine perd six bombardiers et trois chasseurs d’escorte, pour seulement dix chasseurs soviétiques abattus.

Singapour

Extrait d’un document envoyé au C.I.G.S. par le Commandement de Malaisie en réponse à une demande d’information du Premier Ministre sur la révision des plans de défense de l’île-forteresse de Singapour

 

« Nous estimons que la situation opérationnelle connaît trois modifications importantes :

a.         Les Japonais vont exécuter une préparation plus intense avant d’attaquer.

b.         Ils auront étudié en profondeur nos tactiques, notre organisation et notre matériel et auront pu modifier les leurs.

c.         Plus longtemps durera la bataille, plus nous serons privés des raffinements modernes de la guerre au vingtième siècle, en particulier dans le domaine des communications.

Sur ces bases, nous pouvons conclure que les Japonais s’adapteront mieux qu’au mois d’avril aux systèmes de défense que nous avons mis en œuvre à l’époque, et qu’étant donné l’état de notre défense, ils seront victorieux. Nous devons donc modifier nos mesures de défense, dans la mesure où l’entraînement et le moral de nos troupes nous y autorise, en jouant notamment sur les caractéristiques techniques et matérielles de nos installations défensives, en fonction de trois principes :

1.         L’infanterie, aux niveau des unités et des sous-unités, décidera de la bataille ; elle doit donc être la pierre angulaire de notre défense.

2.         Nos méthodes de défense ne doivent pas être uniformes ; elles doivent varier afin que chaque attaque ennemie rencontre une surprise tactique et technique.

3.         L’une des grandes surprises de la guerre moderne a été l’incroyable résistance des anciennes fortifications aux armes modernes. Contre des forteresses d’une époque différente, il faut recréer des tactiques et des armes adaptées. En 1940, l’Armée allemande n’a pu s’emparer aisément des ports français fortifiés des côtes de la Manche que parce que leurs garnisons étaient trop peu nombreuses et sous-équipées.

Nous pouvons ici recourir à l’aide d’un grand nombre de travailleurs non spécialisés. Nous disposons de grandes quantités de bois de charpente, de deux briquetteries, d’une fabrique de ciment, de quatre carrières de pierres, de diverses forges et fonderies, etc. Nous avons donc pu bâtir toute une variété d’ouvrages de défense dont la conception était empruntée aux spécialistes de la guerre de siège de diverses époques, depuis les précurseurs de l’antiquité romaine et du Moyen-Âge jusqu’aux ingénieurs militaires des 17ème, 18ème et 19ème siècles, qui ont couché leurs travaux par écrit.

(…)

Les cinq lignes de défenses officielles détaillées dans le rapport au Cabinet britannique de l’état-major général de 1937 ont été achevées (voir Exemplaire Secret – Carte 3, page 81 – War Office 1937 : Installations, lignes de défense, batteries côtières et leurs arcs de tirs). D’ouest en est, ce sont : la ligne Singapour Ouest (ligne Alexandra), la ligne du Mont Faber, la ligne Kalang, la ligne Singapour Est (ligne Seragoon), la ligne Changi. Ces lignes ont été conçues pour défendre les deux directions de tir de la défense côtière (directions de tir du Mont Faber et de Changi), pour barrer le chemin de la cité de Singapour à toute force ennemie débarquant sur la côte sud et (dans le cas de la ligne Seragoon) pour interdire l’accès direct à la base navale. Ces lignes sont renforcées par les zones dévastées en Sud Johore et dans l’île de Singapour par les combats du printemps (la zone à l’ouest des Réservoirs Pierce et MacRitchie en est un bon exemple).

Les défenses de la côte sud, à l’est du village de Pasir Panjang jusqu’à la ville de Singapour et Keppel Harbour, sont intactes et ont même été considérablement améliorées par rapport à décembre 1941.Les défenses de la côte est, jusqu’à la Base Navale, sont maintenant extrêmement puissantes. Un assaut direct dans l’un de ces secteurs serait ruineux pour l’attaquant. Les côtes nord et ouest, sites des débarquements japonais en avril, n’ont que de légères défenses, mais certaines des lignes défensives à l’intérieur des terres, derrière les zones de débarquement, ont été reconstruites et devraient infliger d’importants retards à l’ennemi.

(…)

La faiblesse principale des Japonais est la vulnérabilité de leurs unités, et notamment de leur aviation, à l’usure opérationnelle. Leurs bombardiers ne portant qu’une charge de bombes relativement faible, ils doivent effectuer plus de sorties pour déverser un tonnage donné d’explosifs sur un objectif. Cela entraîne davantage de fatigue des machines comme des équipages, qui exigent respectivement davantage d’entretien et de repos. Le nombre d’avions opérationnels dans les unités d’appui au sol diminue donc progressivement. Par ailleurs, le fait que la Marine Impériale soit obligée d’apporter un soutien direct à l’Armée, par des attaques aériennes, des bombardements navals ou des opérations de débarquement affaiblit d’autant cette arme, qui est le principal atout japonais dans la guerre du Pacifique. (…) »

 

Johore (Malaisie)

Activités du IIIème Corps Indien

Les premiers éléments de la 17ème Division Indienne, venant de Singapour, sont passés sous le contrôle opérationnel et administratif du IIIème Corps Indien dès leur arrivée en Johore. La 64ème Division Britannique (London) a reçu l’ordre de replier une de ses brigades vers Singapour ; quand le gros de la 17ème Division Indienne sera arrivée, le reste de la 64ème brigade retournera à Singapour et passera dans la réserve du Commandement de Malaise, pour repos et réorganisation. Par ailleurs, pour alléger l’encombrement du nombre réduit de routes en dur et réduire les besoins en ravitaillement, huit batteries d’artillerie ont été renvoyées à Singapour.

 

• Force Est

Rapport du QG opérationnel : « Calme, en dehors de quelques activités de patrouilles. »

 

• Force Principale

Après leur retrait de la ligne Simpang Rengam – Rengam, les Japonais ont reconstitué une position défensive en profondeur entre le défilé dans la jungle où passe la voie ferrée, à l’est, tenu par la 27ème Division, et le défilé entre jungle et marais où passe la route, à l’ouest, tenu par la 56ème Division.

Le défilé ferroviaire, où se trouve la halte de Sungei Sayong (près de la borne 429), est constitué par des plantations d’hévéas d’environ 3 km de large. Il est trop solidement tenu pour pouvoir être enlevé d’assaut par la 9ème Division Indienne, de plus en plus fatiguée. Celle-ci s’arrête et se déploie dans la jungle pour attendre des troupes fraîches et du ravitaillement. Il est évident que les Japonais vont tenir à tout prix Sungei Sayong. En effet, positionnées à Rengam, l’artillerie lourde et l’artillerie moyenne à longue portée des Anglais peuvent déjà bombarder Kluang. Mais si les troupes alliées repoussaient encore un peu la 27ème Division, les canons de 25-livres pourraient se joindre à ce bombardement, qui passerait du rang de gêne pénible à celui de grave problème.

A l’ouest, sur le défilé de la route principale, le front est très étroit. Les Japonais battent lentement en retraite, des ouvriers militaires préparant au fur et à mesures de nouvelles positions. Dans ces conditions, la 11ème Division Indienne ne peut avancer que très lentement, forcée à chaque fois de se déployer pour s’apercevoir ensuite que les défenseurs ont reculé de 800 mètres. A la fin de cette journée frustrante, le front s’établit à la borne routière 25, à environ 10 km au sud du carrefour d’Ayer Hitam.

 

• Force Ouest

Les forces légères mécanisées qui patrouillent le long de la côte entrent en contact avec des patrouilles japonaises et repèrent des avant-postes ennemis à la borne routière 104.

Pendant ce temps, rendant visite au QG et aux unités de la Force Ouest, le Général Gort en profite pour appeler à tous les officiers que le terrain des prochains combats, en direction du nord-est, vers Ayer Hitam et Kluang, est particulièrement difficile. On estime que, dans un rayon de 5 km autour de Kluang, il y a, depuis les combats de janvier à mars, au moins un million de cratères inondés d’obus et de bombes. Dans les secteurs où les combats ont été les plus intenses, la végétation a été ravagée, hachée et par endroits totalement balayée, alors qu’à quelques centaines de mètres, elle peut être pratiquement intacte. Les officiers qui ont servi en France et en Belgique durant l’autre guerre sont bien d’accord pour ne pas trop exiger de leurs troupes sur un pareil terrain, car les hommes sont bien trop précieux pour être gaspillés en attaques hâtives mal planifiées.

La préparation de l’attaque d’Ayer Hitam est gênée par de fortes attaques aériennes, qui retardent l’acheminement du ravitaillement et le déploiement de l’infanterie sur les positions d’attaque prévues, et par la nécessité de consolider les voies de communication pour le passage de l’artillerie. Cependant…

Vingt-deux siècles après Hannibal (extrait du livre de Robin “Doc” Meyrson, Le Grand Siège – Singapour face au Soleil Levant, New-York, 1948)

« Là où les routes sont encombrées ou endommagées, ou le terrain trop difficile pour les véhicules à moteur, le portage à dos d’animal apparaît comme une bonne réponse. Grâce à différents modèles de bâts, un cheval peut porter huit obus de 18-livres, quatre de 4,5-pouces, deux de 60-livres, etc. Mieux encore : les éléphants possèdent la puissance de trait de cinquante hommes (voire de cent hommes, pour les plus forts) et se montrent très efficaces pour tracter les canons lourds en position, à l’aide de chaînes de halage de troncs d’arbres. Ces grosses bêtes sont aussi très utiles pour traîner en terrain accidenté des chariots de ravitaillement (ces derniers, dotés de roues et d’essieux démontables, peuvent même flotter). »

 

Piste de Kokoda (Papouasie - Nouvelle-Guinée)

Des Japonais réussissent à traverser la Kumusi à dix km en aval de Wairopi, grâce à un canot pliant qui leur permet d’installer un pont de singe. Tout un régiment ne pourrait traverser de cette manière, mais près d’un bataillon parvient à passer avant que le 39ème ne soit alerté.

 

Nouméa
Arrivée du croiseur français Lamotte-Piquet.


8 juin

Grande-Bretagne
Le croiseur lourd Algérie quitte la Clyde, où il a passé quatre semaines après le départ du Richelieu de Scapa Flown pour un bref carénage bien mérité. La dernière catapulte a été enlevée et les canons AA de 37 mm ont été remplacés par quatre affûts doubles de Bofors de 40 mm. Enfin, le dispositif radar a été modernisé, avec un Type-281 pour la veille aérienne, un Type-284 pour le contrôle de tir principal et trois Type-282 pour le contrôle de tir de la DCA. L’Algérie va rejoindre l’escadre française de Méditerranée occidentale.

Front russe

– Secteur nord et opérations en Baltique

00h02 – Les deux destroyers et les trois torpilleurs allemands se hâtent sur les traces des S-Boots. Ceux-ci, ayant contourné les vedettes russes (et, sans le savoir, leur champ de mines), approchent de la position des navires qui bombardent les forces terrestres allemandes. Le plan allemand est de prendre les Russes entre les S-Boots et les destroyers et torpilleurs. Mais à ce moment, le Z-27 saute sur une mine soviétique, qui détruit la proue du destroyer jusqu’à sa tourelle avant. Les vedettes soviétiques, jusqu’alors inconscientes de la présence allemande, se réveillent en sursaut et commencent à tirer un peu au hasard, ainsi que les navires allemands.

00h03 – Comprenant que l’effet de surprise est perdu, le commandant de la 2ème Flottille ordonne d’attaquer immédiatement les navires ennemis les plus proches. Il s’agit de certains des dix DD et DL qui escortent le Marat et le Kirov. Leurs équipages sont plus attentifs que ceux des vedettes, mais leurs adversaires sont insaisissables et leurs torpilles sont précises. Le DL Minsk et le DD Slavnyi, touchés dès la première salve, coulent rapidement. Ensuite, le S-43 est incendié par les DD Stoikyi et Strashnyi, mais le Skoryi est immobilisé par une nouvelle torpille. Les autres S-Boots se replient alors à toute vitesse derrière un rideau de fumée, non sans avoir aperçu ce qu’ils croient être « un cuirassé, un croiseur lourd et un léger » (sans doute le DL Leningrad).
Plus au sud, les quatre destroyers et torpilleurs allemands intacts font du dégât chez les vedettes soviétiques : trois des G5 sont coulées, et une quatrième si endommagée qu’elle devra être sabordée.

00h14 – Alors qu’il tente de se replier, le Z-27 saute sur une autre mine. Les sources soviétiques affirment qu’il s’agissait d’une autre mine du nouveau champ de mines. Cela semble peu probable ; selon les Allemands, l’équipage du Z-27 aurait perdu la notion de la position du navire après l’explosion de la première mine et se serait égaré dans un champ de mines allemandes… Quoi qu’il en soit, le destroyer malchanceux commence à couler. Le T-7 le rejoint et récupère l’équipage.
00h23 – Informé par les S-Boots que la flotte soviétique est puissante et en alerte, le Kapt.s.Z. Stichling décide de rentrer à Pillau. La bataille est terminée.

01h02 – Les destroyers soviétiques qui ont débarqué des troupes à Liepaja s’en vont, à la suite des navires qui ont bombardé.

01h07 – Le Skoryi, dont les machines sont irréparables, doit être sabordé.
Les Soviétiques ont perdu un DL, deux DD et quatre vedettes, contre un DD et une vedette seulement. Mais le résultat de ce que certains historiens appellent “bataille de Liepaja”, d’autres “bataille du Golfe de Riga” ne satisfait personne.

« Le Vice-Amiral Tributs accusa à juste raison la médiocrité des équipages des G5, incapables de jouer efficacement leur rôle de sentinelles dans cette opération. Les deux premières pertes subies par les Soviétiques auraient sans doute pu être évitées si l’alerte avait été donnée à temps. Néanmoins, Tributs félicita N.E. Feldman pour son idée de combiner un convoi de renforts pour Liepaja avec un puissant bombardement naval. Le double écran établi autour des unités lourdes de la Flotte de la Baltique avait empêché l’ennemi de les attaquer ou même de les approcher. De plus, le Marat et le Kirov, bien regroupés, avaient pu infliger d’autant plus de dégâts. Les concepts opérationnels mis en œuvre dans le cadre de cette opération étaient sains, même s’ils pouvaient être améliorés. Finalement, Tributs attribua à l’absence d’entraînement réaliste la plupart des défauts qu’il avait pu observer dans les réactions des équipages soviétiques lors de ce combat. » (A.A. Sagoyan, Korabel’naja Artillerija v Velikoj Otechetsvennoj Vojne, Naval Publishing House, Moscou, 1952, pp. 34-35).
Côté allemand, la réaction est encore plus négative. Bien que la Kriegsmarine ait infligé à l’ennemi des pertes nettement supérieures à celles qu’elle a subies, elle n’a pu empêcher ni l’acheminement de renforts à Liepaja, ni un bombardement naval qui a occasionné des pertes sérieuses aux troupes allemandes. Ce dernier point en particulier soulève la colère de Hitler. Il convoque à son QG de Rastenburg le Vice-Amiral Bey, commandant de la Flotte de la Baltique, et le Grand-Amiral Raeder.

 

Secteur Centre

Les combats près de Starya Dorogi se font plus violents, avec l’engagement, du côté allemand, de 30 à 35 chars du PanzerGruppe de Guderian. La Luftwaffe effectue dans la journée 154 missions dans ce secteur, contre 213 des VVS ; sept avions allemands et 19 soviétiques sont abattus. En fin de journée, la ligne de front initiale est rétablie. Les Soviétiques ont perdu 27 blindés et les Allemands 16. Mais les forces soviétiques ont réussit à récupérer un groupe important de combattants. Ce sont 2 765 hommes et femmes qui ont réussi à rentrer, sur un groupe que son commandant improvisé, un colonel vétéran de la Guerre Civile, estimait à 5 600 au début des combats. Frank Capra fera une place à cet épisode dans la partie consacrée à l’URSS de “Pourquoi nous combattons” afin de montrer la volonté de combattre des Russes. Et bien entendu, le cinéma soviétique célèbrera à plusieurs reprises les héros des combats de Starya Dorogi, morts ou vivants, hommes ou femmes, tankistes, paras, fusiliers ou aviateurs, dans des films sortis pendant la guerre et jusqu’aux années Soixante.

Secteur Sud
Au nord d’Ivanovo-Frankovsk, les Soviétiques lancent une attaque limitée pour élargir leur périmètre défensif. L’attaque est repoussée, car l’artillerie soviétique manque de munitions pour mettre en œuvre le tir de barrage prévu.

Singapour et Malaisie

Des pluies torrentielles noient la région. Tous les avions sont cloués au sol. Par moments, le bruit de l’eau couvre la voix normale et la visibilité est réduite à 50 mètres en terrain dégagé. Tout travail en extérieur devient à peu près impossible et toutes les tranchées, trous d’hommes et autres positions au-dessous du niveau du sol sont inondés. Certaines routes sont totalement impraticables, en particulier entre Kota Tinggi et Jemaluang.

Des milliers de pièces de bois coupées par les équipes de bûcherons et de troncs abattus par les tirs d’artillerie sont entraînés dans les rivières et dans le détroit de Johore, gênant considérablement les activités des péniches de transport. Les berges de la rivière Johore sont profondément érodées par le courant et l’accumulation de bois flotté détruit le pont récemment réparé de Kota Tinggi, oblige les Royal Engineers à démonter le pont de bateaux pour le mettre à l’abri et force les bateaux à roues de la rivière China et du détroit de Johore à rester au port. De nombreux remorqueurs et autres petits bateaux s’efforcent de nettoyer et de protéger la zone d’amerrissage des hydravions, mais aussi de dévier le bois flotté à l’écart des installations de la défense côtière (mines, lignes de communication sous-marines, etc.). Malgré ces efforts, quelques troncs flottants provoquent de spectaculaires explosions en heurtant des mines. Sapeurs et pionniers doivent déblayer des passages en utilisant des explosifs et même des grenades ASM. Néanmoins, une partie des amas de bois flotté est conservée pour servir de barrière anti-invasion sur la côte nord-est.

Le bois flotté arrivant en mer fera les semaines suivantes détonner un certain nombre de mines britanniques et bien davantage de mines japonaises dans le détroit de Singapour.

 

• Force Est

Rapport du QG opérationnel : « Sans changement : calme en dehors de quelques escarmouches mineures là où les avant-postes de chaque camp sont forcés de changer d’emplacement par les inondations dues aux pluies diluviennes. »

 

• Force Principale

La 9ème Division Indienne est forcé d’interrompre toutes ses opérations (en dehors des tirs d’artillerie de harcèlement) sur le front de la voie ferrée. Du côté de la route, la 11ème Division Indienne tente de maintenir la pression sur l’ennemi en avançant vers Ayer Hitam à partir du sud pour soutenir l’attaque de la Force Ouest. Mais elle échoue, car la visibilité dans la jungle, dès que l’on n’est plus sur la route, tombe à presque rien. Les rideaux de pluie masquent tout au delà de quelques mètres et le combat devient une sorte de jeu de hasard meutrier où les hommes errent à l’aveuglette.

 

• Force Ouest

L’artillerie lourde ouvre le feu sur le front de la route Batu Pahat - Ayer Hitam et l’artillerie de campagne sur le front de la route Yong Peng - Ayer Hitam. De ce côté, l’infanterie de la 1ère F.M.S.V.F. (Federated Malaya States Volonteer Force), soutenue par des blindés, avance à partir de la borne routière 64 face aux Japonais retranchés sur des hauteurs, leurs flancs appuyés sur des marais, entre les bornes 61 et 62. Sous la pluie, l’attaque s’enlise vite, dans un décor cauchemardesque de trous d’obus remplis de boue, de barbelés et de tirs de mitrailleuses évoquant bien plus les Flandres de 1917 que la Malaisie de 1942. Quant à l’artillerie de campagne, incapable d’observer le résultat de ses tirs, elle doit se contenter de tirer sur des coordonnées géographiques en accroissant peu à peu les marges de sécurité pour tenir compte des progrès théoriques de l’infanterie. De plus, les servants travaillent dans des conditions épuisantes et doivent être régulièrement relevés pour maintenir la cadence de tir. Les chars et le manque de visibilité évitent aux Alliés de subir de lourdes pertes, mais avec un pareil terrain et sur un front de 800 à 1200 mètres seulement, l’infanterie ne peut progresser.

 

Piste de Kokoda (Papouasie - Nouvelle-Guinée)

Les Japonais qui ont traversé la Kumusi sont attaqués par une compagnie du 39ème et repoussés sur près de 2 km. En effet, les Australiens ont pour une fois l’avantage de l’artillerie, car ils possèdent quelques mortiers bien approvisionnés en obus.

 

Nouméa
CinCPac (l’Amiral Nimitz) arrive de Pearl Harbor en début de journée. Dans l’après-midi, il est rejoint par le Maréchal Wavell et le Contre-Amiral Crace.

 

9 juin

Fort Knox
 Le chef de l’US Armored Force, le Général Jacob Devers, annonce lors d’une conférence d’état-major sa décision d’accélérer le déploiement des 1ère et 2ème Armoured Divisions en Afrique du Nord. Un second camp d’entraînement doit être installé au Maroc.

Lors de cette même conférence, les leçons des récents combats du Péloponnèse sont activement discutées. L’une des mesures prises est l’addition à chaque division d’un QG d’artillerie divisionnaire pour faciliter la coordination des trois bataillons d’artillerie.

 

Essen

Nouveau raid aérien britannique, sans grands résultats. Treize avions sont perdus.

 

Front russe

– Secteur nord et opérations en Baltique

Liepaja – L’infanterie de marine soviétique contre-attaque. En fin de journée, le commandement du Groupe d’Armées Nord suspend l’opération Gustav.


Secteur Centre

Timochenko vient à Minsk informer l’état-major de Boldine de la partition du Front de Biélorussie. Boldine, qui doit transférer son QG à Gomel, demande à la plupart de ses officiers de rester avec Timochenko pour l’aider à organiser au mieux la contre-offensive prévue.

Secteur Sud et opérations navales
Le sous-marin roumain Delfinul attaque les vieux destroyers Zheleznjakov et Nezamozhnik (classe Novik) au large d’Odessa, mais sans succès.

Dans l’ouest de l’Océan Indien

Opération D

Depuis le début de l’opération D sur les côtes d’Afrique de l’Est, les cinq sous-marins de la 8e Escadre ont coulé huit cargos alliés. Aux deux premiers, torpillés le 5 juin, se sont ajoutés le Susak (3 889 GRT) et l’Agios Georgios (4 847 GRT), coulés les 6 et 8 juin par l’I-16, le Wilford (2 158 GRT), coulé le 8 juin par l’I-18, le Jonestown (5 086 GRT) et le Christos Markettos (5 209 GRT), coulés les 7 et 8 juin par l’I-20, enfin le King Lud (5 224 GRT), coulé le 8 juin par le sous-marin amiral I-9. L’I-30 a dû se contenter de couler au canon trois voiliers de quelques centaines de tonnes chacun.

Jouant son rôle d’amiral, l’I-9 envoie un premier message à ses équipiers, destiné à les répartir dans différentes zones de patrouille. Pendant une quinzaine de jours, il enverra d’autres messages du même type.

 

Singapour

Le 1er Bataillon de Garnison britannique et le Bataillon de Garnison australien sont transformés en bataillons d’entraînement et les personnels en excédent sont versés au pool de renforts.

Des bateaux de pêche et d’autres petits navires sont utilisés pour éliminer les mines japonaises. Ils en ont détruit 23 ces trois derniers jours.

 

Johore (Malaisie)

• Force Est

Rapport du QG opérationnel : « Tout est calme. »

 

• Force Principale

Alors que le temps s’améliore, les patrouilles de la 9ème Division Indienne retrouvent les Japonais de la 27ème Division, bien retranchés en travers de la voie ferrée.

La 11ème Division Indienne, elle, a perdu tout contact avec l’ennemi sur la route principale. Son avance est cependant gênée par des arbres abattus par les Japonais ou par le déluge de la veille. Les unités de pointe subissent quelques pertes, car les torrent de boue qui coupent la route charrient parfois des mines au milieu d’amas de branches et de feuilles. Il semble cependant que les Japonais aient effectué un important repli, soit jusqu’à Ayer Hitam, soit même jusqu’à Kluang.

 

• Force Ouest

L’attaque sur le front ouest d’Ayer Hitam (à partir de Batu Pahat) est suspendue, car tout l’appui d’artillerie doit être concentré sur le front nord-ouest (à partir de Yong Peng), où l’infanterie progresse sur mille mètres de large. A cet endroit, les Japonais ont déployé trois compagnies appuyées par des mortiers pour couvrir les approches nord-ouest d’Ayer Hitam sur des collines dominant la route, en avant du cours du Sungei Semberang et d’une zone de marais, de broussailles et de jungle. Les défenseurs ont de bons champs de tir, mais ne peuvent compter pour se dissimuler sur les hautes herbes et les fougères qui couvraient les pentes des collines, car elles ont été très dégradées par les tirs d’artillerie.

Fatiguée, la 1ère F.M.S.V.F. est mise au repos vers midi et la 4ème F.M.S.V.F. la remplace sur la route. Pendant ce temps, les 2ème et 3ème F.M.S.V.F. se sont déployées sur les flancs. L’attaque est reprise dans l’après-midi. En fin de journée, le poids de l’artillerie et la supériorité numérique des attaquants se font sentir. L’infanterie japonaise, qui a une fois de plus démontré son endurance et sa résolution héroïques, se retire en bon ordre dans la nuit à travers les marais. Les Japonais tiennent cependant encore le village d’Ayer Hitam et son carrefour.

 

Piste de Kokoda (Papouasie - Nouvelle-Guinée)

Les combats se poursuivent, mais les Australiens ne parviennent pas à déloger les Japonais qui ont passé la rivière.

 

Nouméa
Conférence d’état-major interalliée sur l’Extrême-Orient et le Pacifique[3]

Le sujet le plus important discuté lors de cette conférence est représenté par les prolongements possibles de la bataille de la Mer de Corail. L’Amiral Nimitz a hâte d’exposer ses vues sur les actions japonaises envisageables dans les semaines à venir. L’Air Commodore Lucas (RAAF) s’alarme : « L’aérodrome de Tenaru, qui est en construction à Guadalcanal, pourrait être achevé par les Japonais vers la mi-juillet. Cela leur donnerait le contrôle de la Mer des Salomon et peut-être la possibilité d’attaquer Espiritu Santo ou Nouméa avec leurs bombardiers à long rayon d’action. »

– Pas seulement, ajoute le Maréchal Wavell. Les précédentes opérations amphibies de l’ennemi se sont toujours déroulées de la même façon : la prise de contrôle d’un terrain d’aviation, puis nouvelle poussée, couverte par les avions basés à terre. L’aérodrome de Tenaru donnerait aux Japonais la possibilité de renouveler leur attaque vers Port Moresby ou de progresser vers le sud.

– C’est-à-dire vers les Nouvelles-Hébrides… et la Nouvelle-Calédonie, poursuit le Contre-Amiral Thierry d’Argenlieu, préoccupé. L’US Navy serait-elle en mesure d’y parer ?
Les Américains Fletcher et Spruance ne sont pas enthousiastes : « Une bataille à l’est des Salomon reproduirait celle du mois dernier en inversant quelques données essentielles, commente Spruance, mais dans des conditions bien plus défavorables. Les avions de l’USAAF et de la RAAF basés en Nouvelle-Guinée et dans le nord de l’Australie ne pourraient pas nous aider beaucoup, alors que des avions ennemis basés à Guadalcanal pourraient nous faire beaucoup de mal. Si nous observons la chaîne logistique déjà mise en place par les Japonais entre Truk, Rabaul et les Shortland, ils ne pourraient pas rêver mieux que de nous affronter à l’est des Salomon une fois l’aérodrome de Tenaru pleinement opérationnel. »
Sur un plan strictement opérationnel, il pourrait paraître intéressant d’attendre l’assaut japonais sur Nouméa, avec de bons espoirs de le briser en mer grâce à l’appui des avions basés à Nouméa ou d’écraser les forces terrestres une fois débarquées. Mais ce choix impliquerait d’accepter pendant plusieurs mois l’interruption ou le rallongement de la chaîne logistique reliant l’Australie et les Etats-Unis. Or, cette chaîne est absolument essentielle, entre autres, pour assurer la montée en puissance de deux des branches de la triple contre-offensive prévue pour 1943, à partir de la Birmanie vers le sud-est, de l’Australie vers le nord-ouest et dans le Pacifique central en direction de l’ouest.

Il est donc stratégiquement nécessaire d’attaquer Guadalcanal, même dans des conditions difficiles, contre des troupes ennemies sans doute nombreuses et face à une Flotte Combinée toujours forte de cinq grands porte-avions.

Après avoir pesé différentes propositions, l’Amiral Nimitz décide d’aviser le CNO et l’Amiral King de la nécessité de lancer une offensive préventive dans les Salomon pour reprendre aussitôt que possible Guadalcanal et Tulagi. Il demande que chacun commence immédiatement à se préparer pour une telle opération. « Cependant, ajoute-t-il, nous devons tous être bien conscients qu’il faudra exécuter cette opération sans mettre en danger la consolidation de nos défenses à Midway et sur les atolls de la Frégate Française, et surtout sans interférer avec la préparation des opérations offensives en Europe, qui a reçu la priorité absolue. » L’un des officiers américains grommelle alors : « We then will have to start on a shoe-string ! – Alors, il faudra qu’on lance tout ça avec des bouts de ficelles ! »

 

 

10 juin

Panama
Le cuirassé North Carolina, en compagnie des CA Quincy et Vincennes, du CLAA San Juan et de sept destroyers, passe le Canal de Panama et met le cap sur le Pacifique Sud.

Barrow-in-Furness (Grande-Bretagne)
Le croiseur léger Jamaica (classe Fiji ou Colony) est transféré à la Royal Australian Navy après avoir été rebaptisé HMAS Brisbane. Mais la Royal Navy n’est pas perdante : le même mois, trois autres “classe Colony” sont mis en service, les HMS Ceylon (le 2), HMS Newfoundland (le 14) et HMS Uganda (le 28).

Plymouth

Le convoi qui lève l’ancre pour l’Océan Indien doit être escorté jusqu’à Trincomalee par le cuirassé HMS Rodney (fraîchement réparé après les dommages subis en Mer de Chine Méridionale), le CL Newfoundland, les CLAA Phoebe et Coventry, les DD de classe Q et R Quadrant, Quality, Queenborough, Quentin, Quiberon, Quickmatch, Quilliam (amiral) et Raider, les quatre DD de classe “Emergency” HMS Obdurate[4], Opportune[5], Onslaught[6] et Porcupine[7], les DD/MS HMS Sabre, Saladin, Sardonyx, Scimitar, Shikari et Skate (six des huit vieux DD de classe S et T convertis en dragueurs de mines rapides) et les avisos Flamingo et Pelican.

Quelques heures plus tôt, le Premier Ministre Winston Churchill est venu en grand secret « rendre personnellement hommage à ces braves qui partent pour l’une des opérations les plus audacieuses et les plus dangereuses de l’histoire militaire. »

 

Benghazi

Douze DC-3 du GT III/17, dont six remorquent chacun un planeur GA Hotspur-Ib et les autres emportent 72 hommes du 1er “Commando France Combattante” du Colonel d’Astier de la Vigerie, décollent pour un long voyage vers Colombo et Port-Blair.

 

Berlin

Le haut commandement de la Luftwaffe décide de redéployer plusieurs unités de chasse de nuit en Pologne et en Prusse Orientale.

 

Détroit de Zante (Mer Ionienne)
Une partie de la “Flottille de Pyrgos”, les MTB yougoslaves Kajmakcalan et Suvobor et les vedettes françaises VTB-104 et 107 (type Higgins) et VGB-110 et 112 (type Fairmile), vont poser des mines à l’entrée du Golfe de Corinthe pour gêner les navires de l’Axe allant d’Italie au Pirée. Des vedettes italiennes en profitent pour les attaquer au large de Zante. La VGB-110 est si endommagée qu’elle doit être sabordée. Les Alliés pensent avoir détruit deux vedettes italiennes, mais celles-ci n’ont en réalité subi que de légers dommages.

Front russe

– Secteur nord et opérations en Baltique

Daugavpils (Dunaburg) – Les forces soviétiques commencent à sonder les défenses allemandes.
Liepaja et Ventspils – Des avions allemands frappent durement ces deux ports. A Ventspils, ils coulent le dragueur de mines T-206 (classe Tral).
Rastenburg (QG d’Hitler) – Bey et Raeder subissent deux heures durant le déchaînement de la colère du Führer. « Les résultats déplorables de votre Kriegsmarine ne peuvent que rappeler l’échec lamentable de la Marine Impériale, qui s’est toujours montrée incapable de soutenir les forces terrestres ! Il faudra un jour ou l’autre que je fasse mettre au rebut tous ces navires inutiles et que leurs équipages soient versés dans l’infanterie, au moins ils serviraient à quelque chose ! » Cette séance aura des conséquences importantes. En sortant du QG de Hitler, Raeder, pâle de rage, autorise en effet Bey à engager toutes ses unités navales pour empêcher la répétition de ce qui est considéré comme un succès soviétique.


Secteur Centre

La partition de l’ancien Front de Biélorussie en deux entités est officiellement annoncée. Le “Front Centre” qui vient d’être créé aura son QG à Gomel. Les limites entre ce Front et le nouveau Front de Biélorussie doit être une ligne est-ouest passant par Zlobin.

Secteur Sud
Le Colonel-Général A.A. Novikov, commandant des VVS, et le Major-Général S.A. Khudyakov, son chef d’état-major, visitent Kiev et Jitomir, pour inspecter les unités aériennes soviétiques sur le Front d’Ukraine. Les deux officiers en profitent pour recueillir le plus possible de témoignages de première main sur les trois premières semaines de la guerre.

A la fin de leur visite, Novikov envoie un message aux ingénieurs d’Illyoushine, afin qu’ils élaborent aussi vite que possible une variante biplace de l’Il-2 d’attaque au sol, car le besoin d’un mitrailleur dorsal sur ces appareils se fait cruellement sentir. En guise de réponse provisoire aux lourdes pertes que ces appareils très efficaces ont subies, Novikov et Khoudyakov s’accordent pour remettre en service de vieux chasseurs I-153 dans les régiments de Shturmovik. Armés de roquettes de 82 mm, les I-153 doivent escorter les Il-2 pour faire taire la flak légère. Une fois leurs roquettes tirées, ils doivent fournir aux solides mais peu manœuvrants bombardiers une escorte rapprochée. A très basse altitude, l’extraordinaire agilité du I-153 en fait un avion capable d’affronter les chasseurs de l’Axe.


Truk
Le Contre-Amiral Tanaka est nommé commandant de la 1ère Flotte japonaise, en charge des opérations dans les Salomons.

Piste de Kokoda (Papouasie - Nouvelle-Guinée)

Les Japonais ont mis en batterie quelques canons de montagne de 70 mm. Ils bombardent les arrières du 39ème Bataillon près de la piste, et les pertes commencent à s’accumuler côté australien. Chaque blessé en civière exigeant douze brancardiers qui se relaient pour le porter et chaque blessé capable de marcher ayant besoin de quatre personnes qui se relaient pour le soutenir, il devient vite nécessaire de décrocher, car les “Anges” qui assistent les blessés (les “Fuzzy-Wuzzy Angels”, des indigènes volontaires) ne sont pas assez nombreux.

 

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[1] Un 12-livres, un 40 mm Bofors AA, deux jumelages de mitrailleuses Lewis de 0,303 AA.

[2] Deux 40 mm Bofors AA, un 20 mm AA, deux mitrailleuses Vickers de 0,303.

[3] Maréchal Wavell (Commandant suprême allié en Extrême-Orient), Amiral Nimitz (CINCPAC), Vice-Amiral Ghormley (SOPAC), Contre-Amiral Callaghan (chef d’état-major de Ghormley), Contre-Amiral Fletcher, Contre-Amiral Spruance, Contre-Amiral Crace (commandant de l’escadre britannique du Pacifique), Contre-Amiral Thierry d’Argenlieu (commandant des Forces Françaises du Pacifique et faisant fonction de Haut-Commissaire des Territoires Français du Pacifique), Contre-Amiral McCain (commandant de l’aviation de la zone Pacifique Sud), Major-Général A.M. Patch (commandant la division Americal, US Army), Lt-Général Brett, US Army (de l’état-major de Wavell, commandant les forces aériennes alliées en Extrême-Orient), Air Commodore F.W.F. Lucas, RAAF (de l’état-major de Wavell) et Brigadier-Général DeWitt Peck, USMC (de l’état-major de Ghormley).

[4] Quatre tourelles simples de 4-pouces HA.

[5] Quatre tourelles simples de 4-pouces HA.

[6] Quatre tourelles simples de 4,7-pouces, une de 4-pouces HA.

[7] Deux tourelles doubles de 4-pouces HA.